Diagnostics et perspectives pour la Nouvelle évangélisation en Amérique latine

ROME, Dimanche 11 mars 2007 (ZENIT.org) – Les travaux du Congrès-Séminaire « Diagnostics et perspectives pour la Nouvelle évangélisation en Amérique latine », organisé à l’auditorium de la Maison des Passionnistes dans le district de La Molina à Lima (Pérou), ont été inaugurés, le 5 mars dernier, par le Cardinal Juan Luis Cipriani Torne

Cardinaux, archevêques, évêques, prêtres, laïcs intellectuels et dirigeants à la tête d’activités pastorales et sociales d’Amérique Latine, se sont réunis jusqu’au 8 mars, en vue de la préparation de la Vème Conférence générale de l’épiscopat latino-américain, qui se tiendra au Brésil du 13 au 31 mai et qui sera inaugurée par le pape Benoît XVI.

Lors de l’ouverture des travaux, l’archevêque de Lima et primat de l’Eglise péruvienne a mis l’accent sur les défis et les difficultés que l’Amérique latine est appelée à affronter : l’assaut d’idéologies fondées sur de fausses conceptions théologiques, le manque de prêtres et de religieux pour la multitude de fidèles, et la présence agressive des sectes.

Pour le cardinal Cipriani, bien que leur emprise ne soit pas aussi agressive qu’en Europe ou dans les pays économiquement développés, le relativisme et l’utilitarisme sont déjà bien présents sur le continent.

« Ces idéologies, qui excluent tout principe moral, valable et contraignant en lui-même, ne cessent de promouvoir des idées qui portent atteinte à la vie, dès sa conception jusqu’à sa fin naturelle ; attaquent l’institution du mariage entre un homme et une femme pour toute la vie ; attaquent la famille, cellule fondamentale de la société ; et attaquent la femme au nom d’un féminisme idéologique. Autant de situations nuisibles qui désavouent la loi naturelle », a-t-il expliqué.

Cette réalité n’efface toutefois pas l’espérance qui habite le continent latino américain, héritier d’une tradition chrétienne profonde et aux expressions de piété populaire diffuses dans le pays. L’identité catholique des peuples latino-américains, a-t-il fait remarqué, est une réalité qui nous interpelle tous.

La présence de l’Eglise dans l’éducation est un fait positif, a ajouté le cardinal Cipriani, relevant toutefois une baisse notable de son influence, sous la pression d’une fausse ouverture relativiste. « La crédibilité de l’Eglise, qui est maîtresse de foi et guide de nos peuples, engendre encore la confiance, surtout parmi les plus nécessiteux ».

L’archevêque de Lima a souligné parmi les grands défis de l’Eglise en Amérique latine, celui de renforcer l’identité catholique dans les démarches entreprises, pour favoriser une meilleure formation et éducation des personnes, à tous les niveaux de l’instruction.

Pour cela, a-t-il affirmé, il est nécessaire que le Message de Salut soit proclamé dans son intégralité, qu’il arrive à pénétrer au plus profond des racines de la culture et puisse s’incarner dans ce moment historique qu’est en train de vivre l’Amérique Latine. « Laissons de côté nos complexes d’infériorité face aux idéologies relativistes, matérialistes, sous prétexte de vouloir être ‘à la mode’ », a-t-il exhorté.

« La crise planétaire, à laquelle l’Amérique latine n’échappe pas, renvoie à la responsabilité des moyens de communications et à leurs contenus. Je ne parle pas seulement de la presse écrite et orale, mais surtout de la mise en circulation de nouvelles techniques modernes par le biais d’internet, de la télévision et, de plus en plus, par le téléphone portable dont les formes d’utilisation sont multiples ».

Le cardinal Cipriani voit cette situation comme un défi urgent qui nécessite une bonne préparation de la part de tous les fidèles laïcs. Il estime que seuls le témoignage et la cohérence de vie permettront d’obtenir des résultats transcendants pour l’Amérique latine.

Selon le cardinal, la hiérarchie de l’Eglise a le devoir particulier de faire connaître la Doctrine sociale de son très riche magistère. Elle ne peut en revanche agir ou donner l’impression d’agir comme un agent politique. Ce n’est pas son rôle. Seuls les laïcs sont appelés à s’y consacrer, de façon généreuse et courageuse.

« Le signe de cette Nouvelle évangélisation est, sans équivoque, la profonde piété mariale » a conclu le cardinal Cipriani qui souhaite « que la récitation du Rosaire demeure l’arme principale ».

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