Benoît XVI : Mateo Ricci, « messager intrépide de l’Evangile du Christ »

Mateo Ricci

Pour le IVe centenaire de la mort du grand missionnaire jésuite, Benoît XVI invite à connaître Matteo Ricci et son œuvre. Ce prêtre jésuite, en plus d’avoir été un « messager intrépide de l’Evangile du Christ » en Chine, a su mettre en pratique « une méthodologie scientifique et une stratégie pastorale fondées d’une part sur le respect des sains usages du lieu, que les néophytes chinois ne devaient pas abandonner en embrassant la foi chrétienne, et d’autre part sur la conscience que la Révélation pouvait les mettre encore plus en valeur et les compléter ».

Benoît XVI invite à « approfondir la connaissance » de la « personnalité » et de l’ « activité » du P. Matteo Ricci, sj, et spécialement du Traité sur l’Amitié (De amicitia – Jiaoyoulun) dans lequel le pape voit un « modèle de rencontre fructueuse entre les civilisations européenne et chinoise » et pour « l’inculturation du christianisme en Chine ».

Le pape Benoît XVI a en effet adressé un message à Mgr Claudio Giugliodori, évêque de Macerata-Tolentino-Recanati-Cingoli-Treia, à l’occasion de différentes initiatives pour la célébration du IV centenaire de la mort, survenue à Pékin le 11 mai 1610, du P. Matteo Ricci, jésuite, apôtre en Chine, et originaire de Macerata.

Benoît XVI rappelle que le Père Ricci est né à Macerata – dans les Marches, non loin de Lorette – le 6 octobre 1552, et qu’il était doté « d’une foi profonde et d’un génie culturel et scientifique extraordinaire ». Il est resté 28 ans en Chine où il a tissé « un dialogue fructueux entre l’Occident et l’Orient, en menant de façon contemporaine une action efficace d’enracinement de l’Evangile dans la culture du grand peuple de Chine ». le pape y voit pour aujourd’hui aussi « un modèle de rencontre fructueuse entre les civilisations européenne et chinoise ».

Benoît XVI salue en lui « un ministre de l’Eglise obéissant » et « un messager de l’Evangile du Christ intrépide et intelligent ».

Devant cette « activité scientifique et spirituelle intense », le pape dit être « favorablement frappé de la capacité innovante particulière avec laquelle il a abordé, en tout respect, les traditions culturelles et spirituelles chinoises dans leur ensemble ».

Le pape souligne la façon dont il a toujours cherché « l’harmonie entre la civilisation chinoise, noble et millénaire, et la nouveauté chrétienne, qui est un ferment de libération et de renouveau authentique à l’intérieur de toute société ». L’Evangile est en effet, souligne le pape « un message de salut universel, destiné à tous les hommes, à quelque contexte culturel et religieux qu’ils appartiennent ».

Plus encore qu’ « original », le pape considère cet apostolat comme « prophétique » du fait de « la sympathie profonde qu’il nourrissait pour les Chinois, pour leur histoire, pour leurs cultures et leurs traditions religieuses ».

Le pape citait en exemple ce « Traité sur l’Amitié » (De amicitia – Jiaoyoulun), « qui remporta un large succès dès sa première édition à Nankin, en 1595 ».

Le pape y voit un « modèle de dialogue et de respect pour les croyances d’autrui ». Car le P. Ricci « a fait de l’amitié le style de son apostolat ».

Le P. Ricci, souligne encore le pape, a ainsi mis en pratique « une méthodologie, si l’on peut dire, scientifique, et une stratégie pastorale fondées d’une part sur le respect des sains usages du lieu, que les néophytes chinois ne devaient pas abandonner en embrassant la foi chrétienne, et d’autre part sur la conscience que la Révélation pouvait les mettre encore plus en valeur et les compléter ».

« Il a imposé ce prévoyant travail d’inculturation du christianisme en Chine, en recherchant une constante entente avec les savants de ce pays », a fait observer le pape.

En 2007, à l’occasion d’un colloque organisé à Macerata, Benoît XVI avait déjà souligné que le P. Matteo Ricci a été un « précurseur » du lien d’amitié entre la Chine et le christianisme.

Et, déjà, en 2001, à l’occasion d’un colloque à l’université grégorienne, alors que d’autres rencontres se déroulaient à Pékin, le pape Jean-Paul II avait cité le traité sur l’amitié en rappelant que l’Église ne réclame aucun privilège mais veut construire avec la nation chinoise une amitié « fondée sur le respect mutuel et sur une compréhension plus profonde ».

Il avait ajouté : « La Chine et l’Eglise catholique, sous des aspects certainement différents mais qui ne sont en aucune façon opposés, se trouvent historiquement parmi les plus anciennes « institutions » vivantes et actives du monde : toutes deux, bien que dans des domaines différents – politique et social, pour l’une, religieux et spirituel, pour l’autre -, comptent plus d’un milliard de fils et de filles ».

Dans ce discours, Jean-Paul II soulignait que « l’activité du Saint-Siège, au nom de toute l’Eglise catholique et – je crois – au nom de toute l’humanité, souhaite l’ouverture d’un espace de dialogue avec les Autorités de la République populaire de Chine, dans lequel, les incompréhensions du passé ayant été surmontées, l’on puisse travailler ensemble pour le bien du Peuple chinois et pour la paix dans le monde. »

Source : Zenit

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