Archives de catégorie : Actualité de l’évangélisation

Destinée à toute l’actualité concernant la mission première de l’Eglise.

En avant pour la mission !

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« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, Il vous introduira dans la vérité tout entière. » (Jn 16,13)

Ce week-end, les 25, 26 et 27 septembre, se déroulera un congrès pour la mission organisé à Paris par Anuncio. A cette rencontre sont associés plusieurs partenaires : Alpha, la Communauté de l’Emmanuel et Aïn Karem.

Comme l’indiquent les organisateurs, tous impliqués depuis longtemps dans l’évangélisation, ce Congrès Mission « se veut un temps fondateur pour (re)trouver l’élan missionnaire par la prière, la formation et l’expérimentation de l’annonce directe. »

Parmi les thèmes abordés, acquérir des clés concrètes pour annoncer, mettre sa paroisse en mission, annoncer dans l’espace public, l’évangélisation à l’heure du numérique, l’évangélisation des périphéries, l’annonce du Christ aux musulmans.

« C’est l’occasion de prendre les moyens de répondre à l’appel du Seigneur qui attend des ouvriers pour la moisson et à la soif urgente du monde qui meurt de notre silence !, précisent les organisateurs. Ensemble, au fil des prières, tables rondes, prédications, ateliers, missions… nous voulons être renouvelés dans notre amour pour Jésus sauveur et notre zèle missionnaire. »

Avec de nombreux intervenants comme Mgr de Dinechin, Mgr de Moulins-Beaufort, Mgr Ravel, Marc de Leyritz, Koz toujours, l’abbé Grosjean, Carlos Payan, Etienne Villemain, Véronique Lévy, Alexis et Caroline Fleury, Père David Gréa (Lyon Centre), Richard Borgman(Mercy Wins), Jean-Pierre Denis (La Vie), Bertrand Carron et Emilie Pourbaix (L’1visible), Samuel Pruvot (Famille chrétienne/Aïn Karem), Raphaël Cornu-Thénard…

Tous disent « partager le désir d’annoncer à tous que l’amour de Dieu triomphe de tout et peut guérir même les cœurs les plus blessés ».

Pour plus d’informations : www.congresmission.com

Attraction-communication : une nouvelle idée de l’évangélisation !

Attraction Communication est une toute nouvelle agence qui vient de naître en Suisse, et dont on parle déjà beaucoup ! Fondée par un jeune couple (Matthias et Régine Rambaud) dans le but d’aider l’Eglise dans sa mission première, l’évangélisation, nous avons voulu les interviewer. Matthias est un habitué d’Anuncioblog : nous l’avions déjà interrogé ici en… 2007 ! Nous l’avons retrouvé avec plaisir sept ans plus tard !  

Anuncioblog : Pourquoi avoir créé Attraction Communication Services, d’où vous est venue cette idée ?

Matthias : Attraction est un élan, un appel né du constat qu’une génération se lève mondialement au cœur de l’Eglise catholique pour annoncer le Salut de manière renouvelée, mais ne sait pas forcément comment le faire et avec quels moyens. Il nous a donc semblé urgent de lancer une agence pro & catho pour équiper cette nouvelle génération de leaders avec les outils professionnels nécessaires à une communication qui libère l’Evangile dans le monde avec pertinence.

D’où vient ce nom ?

Le nom Attraction vient de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François. Texte qui a été pour nous une réelle confirmation de ce que nous portions en créant notre agence. Le souverain pontife y insiste, à la suite de son prédécesseur, que tout le monde à le droit à l’Evangile et que «les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable ». Il relève ensuite avec brio que « L’Eglise ne grandit pas par prosélytisme, mais « par attraction » ». Tout est dit !

Que propose concrètement votre agence ?

Nous proposons aux leaders catholiques un coaching individualisé qui comprend leur identité et qui leur apporte un éclairage spécialisé ainsi que des outils professionnels en communication dans une profonde communion avec l’Eglise universelle. Cela va de la réalisation d’un identité graphique complète à un logo ou une affiche, en passant par le positionnement stratégique (cibles, message, etc.) et le media training ou la formation à la recherche de fonds et l’organisation événementielle.

Quelle est l’importance de la communication pour l’évangélisation ?

Elle est incontournable ! Si nous voulons annoncer le Christ au monde, nous devons aussi nous adresser à lui grâce aux moyens de communication contemporains qui sont omniprésents dans nos quotidiens. Mais cette communication, pour être crédible, doit être de qualité, car si nous ne sommes pas responsables de la manière dont les gens accueillent le message salvateur de l’Evangile dans leur vie, nous devons pouvoir répondre de la crédibilité et de la qualité de notre annonce.

Quelles sont vos attentes ?

Que nous puissions contribuer, avec les responsables catholiques, à mettre debout une génération qui aime le Christ ainsi que son Eglise et qui se mobilise pour communiquer l’Evangile dans la société avec pertinence! « Dieu à tant aimé le monde »! Equiper d’outils professionnels est nécessaire, mais nous voulons aussi rappeler qu’il est d’abord central de se laisser renouveler par le Christ pour rayonner autour de soi.

Pour aller plus loin : www.attraction-communication.com

La Mante Religieuse : L’Empire contre-attaque !

Film La Mante Religieuse © La Mante Religieuse 2014

Plus c’est gros, plus ça passe. L’orgueilleux empire médiatique, mécontent qu’un tel film soit sorti au cinéma – chasse gardée d’une dictature culturelle ? – n’a pas attendu pour lancer ses vaisseaux à l’assaut de l’OVNI Mante Religieuse. Sa stratégie est simple : quand il en parle, chercher à ridiculiser le film en critiquant la réalisation plutôt que le message lui-même. Quant à ceux qui sont sensés être les prescripteurs d’un tel message, ils crient à la « complaisance » sans se frotter aux codes du monde moderne. A croire que Christian Clavier a raison (dernier Figaro Magazine) lorsqu’il dit qu’en France, la critique ne supporte pas ceux qui pensent autrement. Sur Allociné, la moyenne critique presse est de 1,7 contre 3,7 pour la note spectateurs, ce qui, rapporté en %, fait 34% des journalistes contre 74% des spectateurs qui ont aimé ! Autant dire que le public, lui, adore ! Le film ayant fait couler « beaucoup d’encre » (Ouest France), voici une revue de presse en 12 points avec l’avis des fans, pour tout savoir (ou presque) sur La Mante Religieuse.

1. Sur la réalisation

« Une collection de clichés dignes de la pire littérature de gare, dans un film réalisé et interprété à la truelle » condamne d’un trait Le Bien Public. « Pour ses débuts de réalisatrice, reprend Le Monde, Natalie Saracco propose une variation contemporaine très premier degré du mythe de Marie-Madeleine, dans laquelle l’outrance du propos le dispute à l’indigence de la mise en scène. » Etes-vous sûr ? Chez France télévisions, un critique cinéma déclare au contraire qu’il s’agit d’un film « carné » : « Ce qui frappe d’emblée dès les premières scènes de « La Mante religieuse », commence-t-il, c’est le professionnalisme de la réalisation de Natalie Saracco. La qualité du cadrage, de la lumière, des décors, des costumes… une esthétique non esthétisante, une véritable patte, rarement détectable dans un premier long métrage. »

Et comment expliquer que Jean-Claude Fleury, producteur d’Almodovar et de Jane Campion pour « La leçon de piano », ait vu le film et témoigné en vidéo combien il l’appréciait, en précisant qu’il y avait « tout » pour un excellent film ? Nous avons un début de réponse avec la critique du Parisien, intitulée « Un enfer » : « Scènes surjouées, dramaturgie appuyée, ce film piqué par le mystique est un match de catch à l’issue duquel le spectateur, qu’il ait la foi ou non, finit au tapis. » Peur du KO de la conversion ? Est-ce parce qu’il s’agit de religion ?

Heureusement, plusieurs avis comme celui-ci, posté sur Première, prennent la défense de la réalisatrice : « Le film de Nathalie Saracco est un chef d’oeuvre ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film de cette qualité. Les acteurs jouent tous exceptionnellement bien, le scénario est très intéressant et la mise en scène très bien ficelée. On se laisse complètement envouter par ce film qui ne s’oublie pas par son originalité et son talent. » Un autre ajoute, sur la réalisation : « De très beaux plans de tournage avec une belle lumière. » Précisons que le film a été tourné en 35 mm, avec les talents du chef opérateur Giovanni Fiore Coltellacci, vieux routier du cinéma italien…

Les vieux singes du cinéma ne s’y trompent pas : ainsi Xavier, ancien animateur de ciné-club, se dit « impressionné par la densité » de la Mante Religieuse : « Votre film sera promoteur d’échanges et de discussions passionnées et passionnantes, prophétise-il : un vrai cadeau dont tous les cinéphiles et tous les amateurs de sujets pointus et contemporains vont se régaler, car vos acteurs comme vos images sont justes et de grande qualité.  Votre Mante Religieuse va faire causer dans les chaumières et pas que catholiques, moi j’vous le dis, en tant qu’ancien animateur de ciné-clubs et des ciné-forums. »

2. Sur les acteurs

La Voix du Nord déboule : « La réalisatrice s’applique, à chaque plan, à prouver son incapacité à construire un plan, à diriger un acteur (ils sont tous calamiteux), à exprimer un sentiment. Fort heureusement, le ridicule ne tue plus. » Mais là encore France télévisions répond : « Une exigence (de réalisation) qui se retrouve dans le choix des acteurs. Mylène Jampanoï, beauté troublante, sulfureuse qui se définit comme « pro de la vie en 3D » (Dope-Destroy-Dégoût). Face à elle, Marc Ruchmann campe un très convaincant jeune prêtre à la foi communicative, pétri de modernité. »

Il faut bien dire que lorsqu’on est journaliste et qu’on veut chercher le gros insecte, mygale géante digne de Star Wars ou simple mante religieuse, on n’est pas à une contradiction près. Comme en témoigne cette difficulté des directeurs de publication à se placer d’un côté ou de l’autre de la force obscure. Ainsi, Le Figaro a publié une critique à quatre étoiles sous la plume de Marie-Noëlle Tranchant, tandis que son supplément du week-end démolit le film, sous les griffes acérés et un tantinet moqueuses (notamment envers la Providence) de Jean-Claude Buisson. Cela donne : « C’est une histoire de foi qui déplace les montages, et de buzz qui souffle où il veut » contre « La Mante Religieuse est un chemin de croix dans son format cinématographique ». Cherchez l’erreur ! Cette dernière critique conclut que de toute façon, les films vus à Cannes étaient bien meilleurs. Y compris Welcome to New York, M. le critique ?

Nice Matin monte à l’assaut ? « Découverte dans Sous le soleil, la malheureuse Mylène Jampanoi, honnête croisement entre Sophie Marceau et Laura Smet, fait tout ce qu’elle peut pour avoir l’air sulfureux et son partenaire Marc Ruchmann pour paraître sexy, rien n’y fait, tout sonne faux. ». Cette phrase que l’on croirait tirée d’un mail groupé est reprise telle quelle par La Provence, qui rajoute (dur labeur : ont-ils vraiment vu le film ?) la sentence « nanar du mois ». Aussitôt, un fan poste le commentaire contraire : « Quel film ! Ça remue, bouscule, émeut, mais après réflexion, tout est juste, réfléchi, inspiré. Dans une société où tout laisse à croire que le mal n’existe pas, on voit bien que la spirale infernale du péché mène à la mort. Cela pose à chacun la question du sens profond de son existence. Et dans un monde qui banalise, ignore ses prêtres et leurs actions, cela met en évidence qu’ils donnent leur vie pour nous, dans toute leur humanité. Ce sont nos héros des temps moderne ! »

Sur le jeu des acteurs, une fan écrit aussi : « J’en ai été émerveillée, ils sont si justes chacun, si vrais dans leur rôle. Et puis je trouve que ce film en dit juste ce qu’il faut. Il va à l’essentiel, dans les prises de vue, dans le message et dans le jeu des acteurs. Bravo, je pressens que ce film va faire du bien ! »

 

3. Sur le scénario

 

Trop dérangeant le scénario ? Pour le journal La Croix, un peu dépassé, ça va trop vite : « Le scénario, on le constate aisément, ne s’embarrasse pas de fioritures pour parvenir à la rencontre attendue entre le diable et le Bon Dieu. Et c’est bien le défaut artistique de ce film. »

« Un scénario et à une réalisation peu subtils. Court extrait : au bord du péché mortel, le P. David, enlacé à la tentatrice Jézabel, voit la croix pendue à son cou tomber. Et là, zoom sur le pendentif, dont le prêtre se saisit d’une main ferme avant de revenir à la raison… » Le journaliste n’a donc pas compris cette scène et commet un abominable « spoiler » (révélation de l’intrigue)…

Heureusement qu’il y a France télévisions(!) : « La cinéaste signe un scénario original dont une grande partie repose sur la définition de personnages complexes et évolutifs. » Ouf, on a eu chaud ! Et on peut lire, rassurés, sur le Skylab : « Sur fond de religion et de débauche, l’histoire est avant tout centrée sur l’amour. Celui qui peut redonner l’envie de vivre à une jeune-femme excessive. ». La Dépêche du Midi : « La force du film réside dans son scénario original et ses idées véhiculées. En effet, le film livre ici une leçon tolérance, d’amour et de sens des valeurs atypique. » Stéphane, un fan, conclut : « L’intrigue, qui va crescendo, est passionnante. »

Mathilde, a aimé « l’âpreté et l’originalité du scénario » : « on veut la version longue », ajoute-elle ! Un autre fan s’extasie : « Du « vrai » cinéma ! Un film superbe, un excellent casting, les sentiments humains les plus profonds à l’état brut ! Des questions existentielles traitées sans pathos et en vérité. Il n’y a aucune vulgarité dans ce film, car aucune scène « osée » n’est gratuite ou déplacée, elles donnent au contraire du sens, de l’humanité, de l’épaisseur aux personnages et aux sentiments vécus. Le jeu de Mylène Jampanoï est une véritable révélation. Une très belle réussite de Natalie Saracco ! On en redemande ! »

Et encore : « Jézabel est exceptionnelle dans son rôle d’artiste peintre talentueuse paumée et dépravée qui va faire une rencontre décisive bouleversant sa vie. »

Malgré tous ces fans, La Vie, par exemple, a tout simplement oublié (c’est ballot !) d’aller voir les témoignages publiés sur Jaimelamante.com : « Qui se sentira touche par pareille histoire ? Qui se reconnaîtra dans ces personnages sans nuances ? ».

Redonnons encore la parole aux fans, comme Emmanuelle : « J’ai été très touchée et bouleversée par le message profond du film qui est celui d’avancer chacun qui que nous soyons, quelle que soit notre vie dans notre chemin de foi. »

La 2366ème critique publiée par Titoo sur Allociné est sur la Mante Religueuse : « du grand cinéma, une qualité de réalisation et les deux comédiens principaux savent nous émouvoir ». Jean-Paul poste aussi : « Moi qui ne suis pas croyant, j’ai trouvé film étonnamment audacieux et juste. Le film est bien construit, et la fin, superbe ». Et Agnès écrit à son tour : « Très bon film. Une surprise ! Je ne comprends pas pourquoi la critique a boudé ce film ». (Bah nous, si !). Dylan, lui, écrit : « bizarre seuls quelques sites cathos disent du bien de ce film, les critiques sont sévères avec ce mélo ! ».

Auféminin.com en fait son coup de cœur de la semaine ? Lucie, elle, répond que le film son « coup de cœur 2014 » !

Sévères, les critiques ? Ah bon ? 😉

4. Prosélytisme 

« Attention, risque de tromperie sur la marchandise : loin du film érotique promis par le titre, ce premier long métrage de Natalie Saracco (devenue mystique après un accident) vire à la bondieuserie saint-sulpicienne, sans profondeur religieuse. Son héroïne déjantée est censée incarner « une Marie Madeleine des temps modernes » (sic). Ce n’est pas tout à fait ça. » C’est ainsi que le Canard déchaîné se jette sur la pauvre petite mante religieuse pour la dévorer toute crue, sans foi ni loi ! Et le film devient le vilain petit canard cherchant pourtant à donner un sens à la vie. Car derrière cette accusation de tromperie, se trouve en réalité celle de porter témoignage à la vérité, autrement dit d’évangéliser – ce dont Natalie ne s’est jamais caché, cf cet interview sur Anuncioblog.

Trois couleurs, revue spécialisée de cinéma, écrit une critique d’une seule ligne et reprend ce thème – croyant dénoncer une machination : « Pour son premier long métrage la réalisatrice Natalie Saracco catholique fervente ne cache pas ambitions prosélytes. » La Voix du Nord copie bêtement, sans réfléchir : « auréolée de ses prosélytes ambitions, Natalie Saracco… ».

La Croix en profite pour taper sur la nouvelle évangélisation : « Noble ambition, qui s’inscrit manifestement dans la volonté de l’équipe du film de participer au mouvement de la nouvelle évangélisation ». ‘Manifestement’, c’est mal d’être pris en flagrant délit de témoignage ! Qui vient à la rescousse de la réalisatrice ? Témoignage chrétien ? On y lit : « Un premier film dont les bonnes intentions sont évidentes. » Première le contredit : « Encombré de symboles judéo-chrétiens et d’une imagerie criarde, ce premier film pavé de mauvaises intentions joue la carte de la provocation light avant de rentrer dans le droit chemin. Amen. »

Mais au fait, qu’a donc Première contre les symboles judéo-chrétiens ?

Quoiqu’il en soit, des Juifs aussi aiment le film. En voici deux qui témoignent : « Nous avons beaucoup aimé ce film, car il nous fait ressentir l’ensemble du registre émotionnel, du rire aux larmes ; il est très bien joué et fait réfléchir à beaucoup de questions essentielles : sens de la vie, place de Dieu… Certaines scènes sont extraordinaires comme le sourire de l’enfant…. Un film à aller voir et un film destiné particulièrement à notre jeunesse. »

Un peu gênant pour ce journaliste qui parle de « notes exagérément laudatives de la part des habituelles grenouilles de bénitier ». D’ailleurs, les protestants ne sont pas en reste : « Nous sommes un couple chrétien évangélique et nous avons beaucoup aimé le film, hier soir. Fait amusant : il y a eu une panne générale dans tout le cinéma au bout de 15 mn, et nous avons eu un long moment pour raconter à nos voisins ce qui était arrivé à la réalisatrice, et pourquoi elle avait fait ce film. Ils étaient très intéressés. Le planning de Dieu est parfois curieux ! ». Faut-il signaler qu’à Dole, un pasteur protestant organise lui-même une projection le 18 juin au cinéma de Dole ?

Quand le fan-club poste sur Facebook qu’il ne manque plus que les musulmans à l’appel, un commentaire est posté en réponse immédiate : « Je suis musulmane et j’ai craqué sur le film….et le prêtre ! :)) ».

Enfin, des personnes qui ont quitté l’Eglise sont enchantées, comme Marie : « C’est un film qui redéfinit l’essence de l’amour et le respect pour autrui… merci Nathalie ! Je redeviendrais presque catho à cause de ton film ! »

Alors, prosélytisme forcément sectaire ou « évidentes » bonnes intentions ? On parle même de « grâces outrancières » (sic). C’est vrai que tous ces cadeaux tombés du ciel sont presque choquants pour qui veut manger du cureton !

5. Du côté lumineux(?) de la Force

Feu et Lumière parle de Cristeros. Il est vivant!, Panorama, ont chacun publié un « contre-point » sur la Mante Religieuse. La Vie, un « pour et contre ». France Catholique réalise un très bel entretien de Natalie Saracco mais démonte tout de même le film : « faute d’une vraie mise en scène, on a du mal à rentrer dans le film, qui fait la part trop belle – pas bien ! – aux errements de son héroïne, au détriment de ce qui la déstabilise ; les dialogues restent beaucoup trop à la surface des choses ». Finalement, il n’y a guère que Paris Notre Dame (avec la critique du Père Guilhem Causse s.j.), Radio Notre Dame (partenaire du film), RCF et La Nef pour en parler favorablement. Dans ce dernier, Jacques de Guillebon signe une belle critique : « Nous sommes en 2014. Toute l’Église de France est occupée par les bourgeois. Toute ? Non. Natalie Saracco résiste seule, encore et toujours à l’envahisseur… »

Les spectateurs, eux, ne s’y trompent pas. Sur Facebook, le public est fan. Ainsi, Gabriel déclare : « Excellente mise en scène, bravo aussi pour les artistes, je dois l’avouer, j’y suis allé avec une certaine méfiance, mais tous mes préjugés sont tombés. C’est une réalisation qui peut faire beaucoup de bien ! ». Elsa : « superbe prestation de Mylène Jampanoï », Les infiltrès (spécialistes cinéma) tweetent : « Des personnages torturés qui soulèvent des questions rarement portées à l’écran. Un film édifiant, osé et précieux ! ». Jordane : « c’est trash… mais tellement bouleversant ! ».

Alors sous la critique au vitriol du quotidien La Croix, un premier abonné se lâche : « J’ai vu de beaux visages d’hommes et de femmes filmés avec un art certain. J’ai vu aussi de beaux portraits psychologiques. (…). Je trouve que ce film arrive à montrer la profondeur, l’intériorité de la rencontre du tout Autre sans ennuyer le spectateur grâce entre autre à un scénario qui n’est pas si mince, ni rempli d’invraisemblances, ni de messages surlignés à gros traits comme vous l’écrivez. Les images parlent et nous touchent. »

6. Un film à en pleurer ?

Beaucoup disent avoir pleuré, comme ce spectateur qui met la note maximale sur Première, où l’écart entre presse et spectateurs est de 3 étoiles (du jamais vu : la moyenne des appréciations du public est tout simplement la note maximale !) : « Ce film m’a très touché, beaucoup d’émotion, de l’amour, et surtout le point fort, le côté humain, j’ai versé des larmes ; dans ce film, on a envie d’aider cette Jézabel à s’en sortir ; jamais vu un film comme ça ! ». Sur Twetter, on peut lire « en pleurs après avoir vu le film, quelle jubilation ! ». « Magnifique, les larmes aux yeux », reconnaît aussi Natafi. Anne s’est reconnue dans Jézabel et dit ne pas en avoir dormi plusieurs nuits d’affilée. Catherine, elle, se dit touchée comme avec le film Des hommes et des Dieux : « Difficile de dire tout ce que l’on a ressenti, mais en ce qui me concerne, je suis ressortie sans voix comme avec le film “Des Hommes et des Dieux” ». Sans voix ? C’est justement ce que l’on peut constater dans les vidéos des avant-premières qui ont circulé sur Internet…

Dommage, d’ailleurs, que la presse soit restée sans voix à ce sujet ! Notons bien que les mêmes, qui, hier, encensaient sans retenues Qui a envie d’être aimé ? descendent la Mante Religieuse au lance-flammes. Peut-être parce que La Mante Religieuse ne leur apporte pas ce qu’ils attendent ? Ils voudraient moins de sexe… ou plus de sexe.

Ils auraient préféré une attaque en règle contre l’Eglise ? (Le film lui est sans doute trop « complaisant » !) Un prêtre pédophile, peut-être… voire un méchant Jedi ? Notons que la question épineuse du célibat des prêtres, d’ordinaire si souvent utilisée pour taquiner les cathos, est ici complètement occultée. Une question mérite d’être posée : le rôle de la critique est-il d’être un juge suprême de nos consciences avec droit de vie ou de mort sur les évènements culturels que sont les sorties de film ? Ou bien d’être un baromètre objectif du public et de ce qui se trame dans les salles obscures ?

7. Une psychologie nulle ?

Jean-Baptise Hibbon, lui, ne mâche pas ses mots : « C’est un petit chef-d’oeuvre cinématographique. L’art de conjuguer les antagonistes de la nature humaine. J’aime cette subtilité féminine avec laquelle Natalie Saracco traite le rapport de forces entre force et fragilité, amour et haine, vulgaire et beauté. (…) Comme psychologue je retrouve certaines situation que j’ai dû accompagner en thérapie. Portant un handicap physique je retrouve aussi des situations paradoxales avec lesquelles je dois en permanence composées. »

8. Faiblesse artistique ?

Fleur Nabert, sculpteur, prend aussi la défense du film : « Pour ce qui me concerne, je me moque du pour comme du contre. Et du balancier stérile de la polémique : on trouvera le film insupportablement sulfureux ou tristement réaliste. On le jugera complaisant, ou parfaitement chrétien. Ce qui me pousse à écrire c’est le talent de Natalie Saracco à nous montrer un cœur qui était en hiver et qui fond, comme la neige, sous le soleil de Dieu. » Elle ajoute un peu plus loin : « La Jézabel de Natalie Saracco rejoint la cohorte silencieuse des Charles de Foucauld mis à genoux sous les voûtes de saint Augustin, Etty Hillesum dans sa salle de bain, Ignace de Loyola sur son lit de blessé et des milliers d’anonymes dont je fais partie qui ont laissé venir Dieu après lui avoir tourné le dos et qui ne peuvent se guérir de cette brûlure d’amour. On peut tout dire de ce film. Mais – et je le sais dans ma chair – il touche à la vérité de la conversion humaine face à la miséricorde divine, cet alliage fragile et si difficile à décrire. »

9. Quand on reproche au prêtre (et au film) sa naïveté… 

Ouest France écrit  « le prêtre, qui résiste à la tentation, se montre non seulement très imprudent, mais aussi peu convaincant dans son rôle de pasteur ». Côté Catho, pour Témoignage Chrétien, « le prêtre est trop saint ». Il aurait fallu qu’il le soit moins, car c’est toujours dangereux, un saint prêtre. Cependant, pour le rédacteur en chef de Panorama, Jean-Baptiste de Fombelle, le prêtre est au contraire « très justement interprété ». Comme pour France télévisions, qui souligne aussi « l’excellente prestation de Marc Ruchmann ».

Pour certains, La Mante Religieuse est « un concentré de tous les clichés bobo sur les prêtres ». L’abbé Grosjean, lui, n’y va pas par quatre chemins : « Film percutant, qui ne laisse pas indifférent… Un beau et ardent témoignage de foi, accessible aux non-cathos. Merci. » Comme tant d’autres prêtes qui se sont exprimés en faveur de ce film (certains sont référencés dans ce diaporama Facebook, même un vicaire général !). Douze prêtres  venus voir le film ensemble ont adoré et posté une critique sur Allociné ! (Jésus était avec eux). D’autres s’expriment aussi en vidéo sur le site des fans, comme ce prêtre de Versailles – encore ! – qui rappelle lors d’une avant-première au Roxane que Jézabel existe vraiment, surtout dans cette ville huppée de l’Ouest parisien !

Cependant, un prêtre des Légionnaires du Christ fait circuler un mail dans lequel il invite ses paroissiens à ne pas aller voir le film : « J’ai eu le malheur d’aller voir La Mante Religieuse », écrit-il. Le Père Louis-Marie Guitton, prêtre issu de la Communauté Saint Martin et qui a assisté à une avant-première à Toulon, se lâche sur Facebook : « S’il suffisait d’aller dans les sex shops et les bordels pour évangéliser les périphéries, cela se saurait ! (…) Je ne sais pas si je fais tout ce que ce prêtre accomplit, mais je suis capable de tomber comme lui. Si bien que je ne peux pas dire que je n’éprouve pas une certaine affection pour lui. » Ah ? Et d’ajouter : « Et puis flûte, je préfère passer pour un abominable puritain, rétrograde, passéiste, intégriste… Oui, l’idée du film est bonne. Non, cela ne suffit pas à en faire un grand film. Cette complaisance pour diverses formes de perversions met mal à l’aise. La sensualité est pesante. Pas besoin de cela pour montrer comment la miséricorde vient plonger dans la misère. Le cinéma a cette puissance d’évocation qui lui permet de ne pas avoir besoin de tout faire voir! Pour évoquer la conversion d’un violeur, faut-il le montrer à l’œuvre ? Celle d’un meurtrier, faut-il absolument exposer toutes les circonstances de ses crimes ? Celle d’un pervers, entrer dans ses délires ou sa cruauté ?».

En revanche, pour le Père Guillaume Antoine, La Mante Religieuse « rejoint le top 5 des films sur la figure du prêtre au cinéma », avec « Au revoir les enfants » !

Un laïc s’exprime à son tour : « Nous sommes tous faillibles et pécheurs, pas besoin d’un film pour en prendre conscience. Oui la miséricorde dépasse et efface nos péchés mais elle ne les justifie pas (ce qui me semble être le risque lorsqu’on traite de ce genre de sujets). On en oublie un peu trop souvent que la sainteté n’est pas une option pour un chrétien et encore moins pour un prêtre. » (Vous avez raison, cher ami, pas besoin du cinéma non plus !).Ce à quoi répond un fan du film : « Si on ne faisait pas ce genre de film parce qu’on a déjà tourné Léon Morin prêtre, alors cela ferait des millénaires qu’on arrêterait d’écrire des histoires d’amour (qui finissent mal en général). Pour ce qui est de la vision de l’Eglise, ce n’est pas parce qu’on montre une seule face (souvent niée) que les autres n’existent pas. »

Et ils sont nombreux, y compris au sein des critiques, ceux qui confondent La Mante Religieuse avec Léon Morin Prêtre, pourtant sorti il y a 53 ans ! 😉

 

10. Complaisance ou érotisme ?

« Outrances à tous les étages, scènes de sexe complaisantes et autres automutilations à la bougie, on bascule dans un ridicule achevé » écrit aussi Télé Obs. Studio Ciné Live embraye d’une traite : « Romance caricaturale et pas assez perverse, dont l’issue devrait passablement énerver les mécréants mais plaire aux prosélytes de la cause chrétienne Bref, à vous de choisir votre camp ! ». C’est vrai que La Croix, référence en la matière, parle « d’images complaisantes. » Un peu comme La Manche Libre(!) : « La réalisatrice s’attarde trop sur la vie dissolue de son héroïne, avec des images complaisantes, au détriment de son évolution intérieure. ». Le magazine Famille chrétienne, lui, voit « un érotisme poisseux ».

La Vie rejoint Studio Ciné live : « On passe sur cet érotisme qui culmine dans le ridicule, manière de suggérer que ce film avance sans tabous ? ». Quant au Journal du Dimanche, il ne prend pas de gants : « Mylène Jampanoï a beau jeter des regards qui se veulent langoureux, la sensualité est absente de ce film qui se voudrait provocateur mais qui n’est que vain ».

Allo les fans ? Une religieuse trouve au contraire des corps « très beaux, très artistiques ». Et une fan, Camille, d’ajouter « ils sont dépeints avec beaucoup de pudeur ». Du 7ème art ?

Un fan sur Facebook défend la Mante Religieuse contre les intransigeants : « Cette conversation me fait penser au procès qui a été fait par des cathos trop bien pensants au projet Thérèse Vivre d’Amour. Finalement, à vouloir être le défenseur bien, on finit par vouloir voir le mal partout… et combattre le bien. »

Pour Mathilde Henry, fan du film, « points de plans pornographiques, quelques paires de seins et baisers érotiques et chauds, la banalité du quotidien de nos jeunes contemporains de ce début de 21e siècle ».

Cependant, Nice Matin trouve qu’il n’y a – carrément ! – pas assez de sexe : « A la place des scènes de sexe attendues, on a droit à de longues plages de dialogues censés illustrer le dilemme des deux protagonistes ». Hé, les gars, si vous vouliez aller voir un film porno avec vos amis de Studio Ciné Live, vous vous êtes trompés de salle ! Non sans ironie, le journal Lui, de son côté, se régale : « La Mante Religieuse est un premier film intense, sombre, moins pervers que ce qu’il devrait, plus bernanosien qu’il ne faudrait, mais assez trouble et complexe pour attacher le spectateur chrétien. Je me demande combien de femmes catholiques ont couché avec un prêtre. ll faudrait pouvoir les écouter en confession… »

Bref, il faudrait surtout accorder les violons. 😉

11. Combat spirituel

 

« La force du film, pour le rédac chef de Panorama, est de nous faire entrer dans ce combat spirituel par lequel vont passer les deux personnages, non sans dommages. Comme on traverse un gué, on ne peut apprécier La Mante religieuse qu’une fois sur l’autre rive Alors, on approche le mystère de la croix et sa puissance de rédemption. » Cependant, trois lignes plus loin, en « contre point » (les fameux !), le père Arnaud Adibert, assomptionniste appelé à la rescousse reconnaît «  un moment d’une grande clarté la confession de foi du prêtre dans une vibrante prière ». Avant d’asséner : « De quel amour parle-t-on ? C’est toute l’ambiguïté de ce film dont on ressort plus perplexe qu’éclairé. (…) Y a-t-il quelque chose de crédible dans cette histoire entre un être vivant et un spectre ? »

Soulignons un contre-sens : « Le désir de paix de la jeune fille invite à l’espérance, écrit-il, mais sa volonté persistante de « coucher » avec le Père David au mépris affiché du choix de vie de celui-ci contredit l’hypothèse d’un amour vrai, fruit d’une conversion. » Qui a dit que Jézabel s’était convertie « dès le premier flirt » ?

L’abbé Grosjean, lui, explique : « Ce film est fort. Troublant, parfois difficile. Certaines scènes ne sont pas faciles à regarder pour le prêtre que je suis, qui pense à tel ou tel confrère qui est tombé, lui. Mais ressort bien cette violence et ce drame du combat intérieur… »

12. Une évangélisation ?

« Ce film magnifique, qui met le spectateur en présence de ses propres forces et faiblesses, sans jugement, sans contraintes, mais au contraire le laisse libre dans la manière dont il recevra le message, a marqué la jeune Mylène Jampanoï (Jézabel dans le film) : enceinte, elle a décidé qu’elle ferait baptiser son enfant et qu’elle se ferait baptiser le même jour. » (Jean-Michel Touche, écrivain, sur son blog). Mathilde Henry, de l’agence Bonne Nouvelle, a tout compris : « Avec des accents nietzschéens, le film va aux périphéries existentielles du désespoir, de l’appel de la mort, de la haine de soi. Un film très « pape François », mais aussi « Voyage au bout de la nuit », qui nous laisse libre de choisir entre ténèbres et lumière. (…) Catholiques, ce film n’est pas pour vous, mais pour entrouvrir une porte vers l’invisible aux personnes que vous inviterez. Il est fait pour ceux qui cheminent vers le baptême, ceux qui se disent «’Dieu pourquoi pas ?’, ceux qui crèvent de vivre enfermés sur eux-mêmes, les autistes de l’amour que nous sommes tous – plus ou moins ».

Aubry ne disait pas autre chose ici même en rappelant la nécessité « stratégique » de soutenir le film en 1ère semaine pour que « Manon » puisse elle aussi le voir et être touchée. Benoit XVI, dans son encyclique Caritas in Veritate, écrivait : « si l’on ne fait pas connaître la Bonne Nouvelle dans l’environnement numérique (et donc dans ce lui du cinéma), elle pourrait être absente dans l’expérience de beaucoup de ceux pour qui cet espace existentiel est important ». Alors que son successeur, le pape François, invite particulièrement ses prêtres à aller « aux périphéries de l’existence » pour « garder l’odeur des brebis », n’est-ce pas précisément ce que fait le prêtre dans La Mante Religieuse ? (Dans ces conditions, pas étonnant que pour Télérama, il n’y ait « rien à sauver », même pas des âmes !).

Le débat attendu, en écho à ceux des avant-premières, n’a pas eu lieu dans les médias. Ni sur le célibat des prêtres, ni sur la désespérance d’une certaine jeunesse, ni sur l’espérance proposée en retour par les chrétiens qui osent aller « aux périphéries de l’existence ». Ici, le très critique Télé Obs ne s’est pourtant pas trompé : « Le premier film de Natalie Saracco trouve une certaine grâce dans les séquences où Jézabel et le père Daniel vont à la rencontre des autres : prostituées parisiennes, SDF reclus sous des tentes, concierges hostiles à leur locataire travesti, mère supérieure de couvent ouverte et tolérante. » Et quand le pape invite l’Eglise, pour la Pentecôte, à être dérangeante sous peine d’être placée « en réanimation », ce film répond à 100% à cet objectif !

Tout cela ne serait pas grave si, au fond, il ne s’agissait pas de la capacité – ou non ? – de ce film à évangéliser. Dans un contexte où le sexe est de plus en plus déconnecté de l’amour vrai – rappelons que 15% des Français ont déjà eu un « plan à trois », que le « sexfie » fait fureur et qu’aux Etats-Unis débarque la 1ère téléréalité porno sur une chaîne « normale », s’écrier, lorsqu’on est catho, « au bûcher, la Mante Religieuse, au bûcher ! » a quelque chose d’irréel. Un peu comme un agneau aboyant avec les loups, ou Luke Skywalker passant du côté obscur !

L’Empire a contre-attaqué, dévoilant ses positions. Finalement, La Mante Religieuse a agit comme un révélateur. La presse catho n’a globalement pas soutenu le lancement d’un film pourtant très actuel et prometteur : ce n’est pas encore cette fois que les catholiques ré-investiront le champ de la culture. On se souviendra de cette femme, perplexe devant les critiques négatives des journaux chrétiens et de ce qu’elle avait entendu de Natalie Saracco à la radio, voulant en avoir le cœur net : elle est allée voir le film et elle a beaucoup aimé ! A noter aussi que Philippe Arino, qui a d’abord descendu le film sur son blog, aurait presque changé d’avis en rencontrant Natalie Saracco dimanche soir, à Saint Germain des Près…

Le film reste une 3ème semaine à l’affiche à Paris : vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous voulez vous faire votre propre opinion plutôt que d’écouter les Dark Vador ! 😉

Pierre-Antoine Bousquet

La Mante Religieuse : « la vérité de la conversion humaine face à la miséricorde divine »

La Mante ReligieuseAujourd’hui, nous vous proposons la critique de Fleur Nabert, sculpteur, qui a assisté hier soir à la dernière avant-première de la Mante Religieuse.

Je sors tout juste de la dernière avant-première parisienne du film La mante religieuse qui sort en salles demain, 4 juin 2014. C’est un film qui à l’évidence ne fera pas l’unanimité : d’aucuns lui reprocheront de parler de Dieu, d’autres encore d’évoquer la tentation d’un prêtre. Il sera à cheval entre deux mondes, ne parvenant à satisfaire en totalité ni la communauté des croyants ni celle des non-croyants. Et la réalisatrice paiera à coup sûr le prix de son engagement à dire son espérance réelle, entière, qu’elle porte de salles en salles sur son visage comme un sourire d’enfant.

Pour ce qui me concerne, je me moque du pour comme du contre. Et du balancier stérile de la polémique : on trouvera le film insupportablement sulfureux ou tristement réaliste. On le jugera complaisant, ou parfaitement chrétien. Ce qui me pousse à écrire c’est le talent de Natalie Saracco à nous montrer un cœur qui était en hiver et qui fond, comme la neige, sous le soleil de Dieu. Et pour cela il faudra en passer par un chemin tortueux de vie, de séduction venimeuse, de drogue et de sexe désespéré. En passer aussi par l’exemple d’un prêtre au cœur aimant qui met ses pas dans ceux du Christ, auprès des pauvres et des prostituées, avec le sourire ou la sainte colère que l’on imagine si bien être ceux du Nazaréen dont le monde n’a jamais réussi à oublier le nom. Un prêtre qui tremble aussi, dans sa chair, face à la plus torride des séductrices. Qui trébuche mais qui a le courage de se relever pour un petit morceau de métal autour de son cou, qui est le sens et le cœur de sa vie.

En passer enfin par une Geneviève Casile, superbe mère supérieure carmélite, qui lit dans les âmes. Et qui ouvre la voie par ces mots : « la miséricorde, tout est là. » Alors la Présence peut se frayer un chemin, comme l’eau entre les pierres. Dieu entre. Et là où il établit sa demeure tout est lavé et pardonné.

C’est pour ce sourire d’une jeune femme prodigue, autrefois perdue, et qui rouvre les yeux dans l’ombre de sa cellule dépouillée pour dire à Dieu qu’elle l’aime, c’est pour ce sourire que le Christ est allé sur la croix. Pour pêcher une âme… et des millions d’autres. Et c’est ce sourire qui me reste du film, bien au-delà de tous les oripeaux du désespoir.

La Jezabel de Natalie Saracco rejoint la cohorte silencieuse des Charles de Foucauld mis à genoux sous les voûtes de saint Augustin, Etty Hillesum dans sa salle de bain, Ignace de Loyola sur son lit de blessé et des milliers d’anonymes dont je fais partie qui ont laissé venir Dieu après lui avoir tourné le dos et qui ne peuvent se guérir de cette brûlure d’amour.

On peut tout dire de ce film. Mais – et je le sais dans ma chair – il touche à la vérité de la conversion humaine face à la miséricorde divine, cet alliage fragile et si difficile à décrire.

Pour en savoir plus sur le film : www.jaimelamante.com

Natalie Saracco : « Jésus pleurait devant moi ! »

Natalie Saracco @ La Mante ReligieuseaNatalie Saracco est la réalisatrice du film La Mante Religieuse, au cinéma demain mercredi 4 juin. Son témoignage de rencontre avec le Sacré-Coeur de Jésus fait le buzz sur Internet… Interview exclusive.

Anuncioblog : Comment êtes-vous venue à ce film ?

Natalie Saracco : J’ai deux passions dans la vie, Dieu et le cinéma. Je suis dans ce dernier depuis l’âge de 17 ans. J’ai d’abord été comédienne, puis j’ai réalisé et produit trois courts métrages qui ont tous très bien marché. J’ai eu la chance de travailler avec Robert Hossein, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Mocky, Christine Gouze-Rénal… Mais il y a six ans, alors que j’étais sur un premier projet de film long, Larmes blanches, j’ai eu un grave accident à 130 km/h sur l’autoroute. J’ai alors vécu ce que certains appellent une NDE (expérience de mort imminente). A ce moment-là, j’ai fait une rencontre avec le Sacré-Cœur de Jésus. Il pleurait devant moi ! Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu « de tant d’indifférence de la part des hommes, à qui pourtant j’ai tout donné ». Devant sa souffrance d’être rejeté par nous ses enfants, mon cœur n’a fait qu’un tour et je lui ai dit : « je voudrais revenir sur Terre pour témoigner de ton amour fou pour nous tous et pour consoler ton cœur souffrant de nos péchés et de ton indifférence. Et boum, me voilà ! » C’est dans ce dynanisme là qu’est né La Mante Religieuse ; il ne faut donc pas s’étonner si ce film bouscule pour aller au cœur de la miséricorde !

A. : Qu’est-ce qui a changé dans votre vie depuis cet accident ?

N. S. : J’avais déjà la foi mais j’étais alors davantage dans une « idée » de Dieu. Je suis passé de l’état d’une femme qui rêve du grand amour, de son Roméo, en quelque sorte, à l’amour concret de Dieu et à son accueil dans ma vie. En fait, je suis passé de la foi « pantoufle », à la vrai rencontre du cœur, à la vraie rencontre du cœur, qui est de l’ordre du physique. Souvent on croit connaître Dieu et en réalité on l’enferme, pour se rassurer. Mais en fait, son amour ne s’enferme pas, il nous dépasse totalement !

A. : Que vous apporte la foi ?

N. S. : Je suis traversée comme par un courant d’air chaud permanent ! Dieu est meilleur que les plus grands vins de la Terre, c’est ça le vrai bonheur : c’est de nous laisser aimer par Lui, tels que nous sommes, malgré nos nombreuses imperfections. Il n’y a pas de casting avec Lui ! La foi donne un sens à ma vie, un sens réel et éternel. Pour ainsi dire : Dieu est le sens, et l’essence, c’est l’amour. Croire en Dieu c’est croire qu’Il est tout amour et que cet amour est plus fort que la mort. Vous savez, les super héros des Comics et des grosses productions américaines sont une pâle copie de ceux qui ont la foi : eux aussi rien ne les détruit, même pas la mort. D’ailleurs, avoir la foi ce n’est pas éviter la souffrance, mais c’est porter celle-ci avec la croix du Christ : Dieu t’aide à la porter, tu te réjouis en Dieu, il te sauve !

A. : Pourquoi avoir écrit La Mante Religieuse ?

N. S. : Quelque temps après mon accident, j’ai écrit le scénario de la Mante Religieuse. En douze jours : il a jaillit spontanément. En me relisant, j’ai bien vu que c’était une belle histoire d’amour avec le Seigneur que je voulais partager. Vous me direz que pour témoigner d’une rencontre avec le Christ, il n’y a absolument pas besoin d’un film, car même une personne allongée sur son lit d’hôpital peut le faire. Mais, de mon côté, je savais que mon charisme était le cinéma… C’était donc répondre à la question « qu’as-tu fait du talent qui t’est confié ». Car pour moi, les talents que j’ai reçus en tant que metteur en scène et auteur sont de Dieu. Les mettre à son service, pour les faire fructifier, au service de l’évangélisation, c’est une façon de remercier Dieu, de lui dire mon amour pour Lui, de lui rendre grâce.

Il fallait donc vraiment que je m’y mette, et le plus sérieusement et professionnellement possible… D’ailleurs je ne compte pas m’arrêter là, ce n’est que le début et, croyez-moi, je n’ai fini de sévir dans le milieu du cinéma ! Tout en sachant que nous sommes à contre-courant de l’esprit du monde. Ce qui est le plus terrible pour le Seigneur, c’est, encore une fois, de rester indifférent à lui…

A. : Sans tout dévoiler aux lecteurs de ce blog, quel est le pitch de la Mante Religieuse ?

N. S. : C’est donc l’histoire d’une jeune femme, Jézabel qui correspond à beaucoup de nos contemporains : belle, artiste, dans l’urgence du monde actuel, peintre très cotée à l’international… Elle n’a pas la foi et tombe dans une consommation des autres et d’elle-même. Elle est ainsi dans tous les excès, comme Marie-Madeleine possédée par ses sept démons. Malgré l’argent et le succès, elle est malheureuse comme une pierre. C’est donc une dénonciation du mal. Elle correspond donc à toute une génération, qui au lieu de regarder vers la lumière, descend de plus en plus bas, en spirale. Mais là, Jézabel rencontre un prêtre, le Père David… C’est donc l’histoire de deux mondes qui vont s’affronter. Qui l’emportera ? Mystère !…

A. : Comment avez-vous fait pour réussir à réunir presque 2 millions d’euros pour produire votre film, en partant de rien ?

N. S. : « Si tu as la foi grosse comme un grain de moutarde… » Je dois bien dire que sans Dieu et la motivation de travailler pour Lui, jamais je n’y serais arrivée. Dans l’abandon et les mains du Seigneur, j’ai pu être son instrument. Alors des portes se sont mystérieusement ouvertes, avec de très belles rencontres à la clef !

A. : A qui s’adresse en priorité votre film ?

N. S. : A tous les publics, mais en priorité la jeunesse désœuvrée, en perte de sens, et tous ceux qui n’ont pas la grâce de la foi. Malheureusement, donc, un très large public !

A. : En quoi le cinéma peut-il aider à faire une rencontre avec Dieu ?

N. S. : Il n’y a rien de plus touchant, de plus physique qu’un film. Un film fait tout de suite appel à vos sens : la vue par l’image, l’ouïe par le son et la force de la musique… Un film parle au conscient et à l’inconscient. A cette prédisposition naturelle s’ajoute l’immersion : vous êtes seul, dans une salle où l’on vous demande de couper votre portable, où ne pouvez pas zapper et changer chaîne, ni visiter un autre site Internet… Ainsi, vous pouvez touchez les cœurs par le message que vous aller faire passer, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle que Dieu vous aime et ne vous a pas abandonnés, qu’il ne veut pas vous enfermer dans votre péché mais au contraire vous sauver par son infinie miséricorde ! Là, il se passe alors quelque chose. D’ailleurs, il y a déjà des débuts de conversion autour du film… mais je ne vous en dis pas plus pour le moment !

A. : Comment se sont passées les avant-premières ?

N. S. : La trentaine d’avant-premières a affiché complet alors qu’il n’y avait pas encore de retombées presse nationales. Que ce soit à Lille, Lyon, Strasbourg, Versailles, Toulouse, ou Paris, les salles étaient remplies de jeunes. Demain le film sort en salles : l’aventure ne fait que commencer !

La Mante Religieuse: n’écoutez pas les critiques!

La Mante religieuse

A l’occasion de la sortie en salles de La Mante Religieuse, Anuncioblog reprend du service. Nous commençons avec Aubry, qui nous raconte l’histoire de ‘Manon’.

Manon porte très bien ce look un peu ébouriffé où voisinent, dans un piquant mélange nourri par les stylistes de H&M, jean Mystery de Salsa (qui ‘sublime vos formes’), un soutien-gorge corbeille et son ‘adorable petit tanga rouge’ qui débordent à dessein (si je puis dire …) de son caraco à la Beyoncé mal ajusté. Si elle ne cachait plus ou moins bien tout cela sous une petite veste noire et la longue masse soyeuse de ses cheveux châtains savamment en désordre, vous  apercevriez sans doute, cinq étoiles diamantées constellant l’oreille droite et le dard noir d’un scorpion, tatoué à l’endroit même où l’étoffe délavée du jean laisse entrevoir la peau.

En ce moment, Manon est la copine de Kevin. Elle l’a en fait rencontré sur www.adopteunmec.com (‘c’est frais !’) et ils se voient de temps en temps quand il ne regarde pas un match avec ses potes en engouffrant pizzas spéciales Mundial 2014 et canettes de 33 Export (pas chères quand on les prend par pack de 24 chez Leader Price). Quand il n’est pas trop  ‘déchiré’ par quelque excès de mousses, Kevin est mignon. Manon a même un selfie d’eux deux sur la page d’accueil de son Samsung Galaxy et sur sa page Facebook.  Et lui, Kevin, il est content : il a une moto, un Iphone 5C avec une coque Brazil jaune, bleue, noire et verte, un téléviseur LG grand écran 3D, une paire de Nike Magista et … une copine. La mère de Manon – qui élève seule ses deux dernières filles à Créteil depuis que leur père s’est installé à Marseille avec sa ‘s… d’ex-collègue de boulot’  – croit même que Kevin est son ‘fiancé’.

 Mais des ‘fiancés’, elle sait qu’elle en a déjà eu pas mal, Manon(*). 

Et elle leur a déjà beaucoup donné à chacun des signes de son attachement : faire une petite gâterie dans le bus à la sortie de classe des terminales ou mater régulièrement avec sa bande un film porno téléchargé illégalement sur internet  dans la piole d’un copain. Elle a même accepté un jour un ‘plan à trois’ pour faire plaisir à ce ‘c…… d’Anthony’ qui l’avait persuadée qu’elle était ‘bi’ ! Au début, elle voulait voir, car si on en croit la télé, les magazines féminins et les forums sur Internet, ça se fait couramment aujourd’hui. Mais Manon se dit que, chaque fois, ca lui laisse un goût amer, le sentiment que ce n’est pas en fait des trucs très clean.

D’ailleurs, elle n’a pas l’air comme cela, Manon, mais elle sait une chose : c’est qu’elle ne sait pas très bien où elle en est.

Comme la plupart des jeunes de sa génération, elle ne sait pas très bien (derrière son enfilage de petits boulots, ses sorties en boite, ses après-midi shopping avec ses copines au centre commercial – où elle crame trop vite son maigre salaire – et ses heures infinies passées devant l’écran de son ordinateur) si sa vie a du sens. Elle aimerait participer à ‘Master Chef’, être riche et insouciante comme Paris Hilton ou être invitée au mariage de Kim Kardashian et de Kanye West. Mais elle ne croit pas qu’elle puisse accéder un jour à ce monde-là que lui révèle à longueur de pages : Elle, Grazia, Voici, Public ou Paris-Match. Manon ne croit pas à grand’ chose, ni en grand monde d’ailleurs. Et ce n’est pas l’actualité qui va la persuader du contraire !

Elle sait qu’elle a eu à deux reprises l’envie d’avaler plusieurs tubes de médocs pour en finir comme déjà deux de ses amies. Elle sait qu’avec Kevin, elle fume de plus en plus de ‘beuh’ pour partir un moment ailleurs. Elle sait qu’elle ne va pas si bien que cela quand elle doit s’enquiller dans la même journée ses 53 minutes de RER, ses 102 décibels de bruits stridents à la cafétéria, ses 3,5 kilomètres de données administratives à saisir à la chaine sur son clavier et les innombrables tronches de zombie rencontrées au gré de ses déplacements. Elle sait que, régulièrement, elle ne dort pas la nuit et que, même, elle pleure doucement quand elle pense à son avenir.

Elle ne prie pas, et pour cause : Dieu, elle ne l’a jamais rencontré. Elle ne sait même pas qui c’est !

Si ! Elle a bien vu qu’il y a des grands bâtiments tarabiscotés qu’on appelle des églises. Elle y est même entrée une fois. Avec une copine, par curiosité, mais bon, il ne s’y est rien passé de particulier. A part, cet homme avec son slip bizarre, cloué tout nu sur une croix de bois, que les gens appellent Jésus et qu’on voit partout. Mais bon, vu son état, elle a du mal à s’imaginer qu’il est encore vivant et qu’il puisse faire quelque chose pour elle…

Pour se changer la tête, elle préfère regarder des clips en boucle ou mater un film, avec ou sans Kevin. Pendant deux heures au moins, elle est ailleurs.

Des films, des vidéos, elle en voit pas mal ; surtout quand elle trouve les acteurs beaux, qu’elle les a vus à la télévision ou qu’on a parlé d’eux dans les rubriques People des magazines qu’elle feuillette chez le coiffeur. Elle va les voir au cinéma ou elle les regarde en VOD – plus ou moins légales – sur un ordi.

Bientôt ou un jour, elle verra ‘La Mante Religieuse’, le film avec Mylène Jampanoï (‘trop belle !’), sorti le 4 juin 2014. L’affiche est rouge et noire – ses couleurs préférées – et elle sent bien que l’histoire va lui plaire. Ca semble chaud, intense, un peu noir peut-être, comme ces films qu’elle avait ‘kiffés grave’ quand elle était ado. Et visiblement, elle n’est pas la seule à se laisser tenter si on en croit le buzz et le nombre de salles qui l’affichent.

Mes amis, Manon (et sans doute Kevin) verra ‘La Mante Religieuse’ grâce à nous, à chacun de nous.

Et là dans le mystère de son cœur, elle aura peut-être la chance de regarder le monde et son avenir différemment. De faire une rencontre avec le ‘Tout Autre’. De découvrir que si elle ne croit pas en Dieu, « Lui, au moins, croit en elle » (merveilleuse scène magistralement jouée par Genevève Casile de la Comédie Française). Elle aura peut-être une chance de prendre la mesure de l’indestructible puissance de l’Amour.  Manon ne sortira pas indemne de cette histoire dont elle ne cessera de parler et de reparler avec ses copines, sa mère, à la cafét’, au bureau, avec Kevin (peut-être …). Et nous devons lui permettre, leur permettre, de vivre cet instant.

Comment ? C’est très simple.  En allant nombreux (sans nos jeunes enfants, quand-même …) voir ou revoir ‘La Mante Religieuse’ de Natalie Saracco qui sort dans les salles le mercredi 4 juin prochain.

Quelle que soit votre disposition d’esprit, vous serez saisis par le film et aurez plaisir à en reparler autour de vous, par mail ou sur votre page Facebook !

Or, tout va se jouer les 4, 5, 6, 7, 8, au mieux 9 juin 2014 !  Si les salles sont bien remplies, vous accroissez mécaniquement (c’est la loi d’airain de l’industrie du cinéma) la durée de mise à l’affiche, la promotion, les copies clandestines (et oui !) et le nombre de salles projetant cette œuvre intelligente et sensible. Et vous accroissez automatiquement les chances de Manon, Kevin et leurs amis de pouvoir rencontrer Celui qui n’est qu’Amour avec un grand A, à un moment et sous une forme qui peut les toucher, là où ils sont, là où ils en sont.

J’ai entendu les critiques véhémentes et respectables de ceux qui vous diront que ce film est ‘inutilement trash’, qu’il ne ‘respecte pas la figure du prêtre’, qu’il  ‘caricature l’Eglise’ ! Je sais qu’il met en scène des situations et des personnages que beaucoup trouveront ‘limites’. Je l’ai vu deux fois. J’ai compris qu’il s’inscrit dans des vies qui ne sont pas obligatoirement les nôtres. Il reste une fiction. Mais il est aussi une sorte de Bible des temps modernes où Dieu parle à nos cœurs, à nos âmes, à nos intelligences par les fêlures de notre humanité.

En son temps aussi, Jésus n’était pas ‘casher’. Il prenait ses repas avec les païens, passait du temps avec Marie-Madeleine, les prostituées ou les femmes adultères. Il guérissait les malades le jour du Sabbat. Ses disciples n’étaient majoritairement pas trop dans les normes.  Et les Pharisiens s’en émouvaient avec véhémence, allant jusqu’à le faire crucifier pour témoigner de leur fidélité à l’ancienne Alliance. J’espère surtout que vous aurez le bonheur – comme de plus en plus de personnes – de rencontrer, d’écouter (ou de regarder sur www.jaimelamante.com) Natalie Saracco, la lumineuse créatrice et réalisatrice de ce film qui a vraiment quelque chose de très important à nous dire.

Aubry

 

(*) « Sexe : ce que vous cachent les jeunes » (L’Express) – « 15 % des Français ont déjà fait un ‘plan à trois’ » (Madame Figaro) – « Amour sexo » (Marie-Claire)

Merci Benoît XVI !


Il y a deux semaines, à Rome, quelqu’un te demandait si tu serais bien de la partie pour les JMJ de Rio, l’été prochain. Tu répondis : « ce sera moi, ou un autre ». Ton propre frère, Georg, était au courant de ton long discernement.

En 2009, tu avais donné un autre signe. Comme le rapporte Zenit hier, tu t’étais rendu à l’Aquila pour prier pour les victimes du séisme et tu t’étais rendu à la basilique, très endommagée, de Notre-Dame de Notre-Dame de Collemaggio. Les reliques de Saint Célestin (1209-1296) y avaient été retrouvées intactes, et tu avais déposé là le pallium que tu avais reçu sous les applaudissements, le jour de ton intronisation, le 24 avril 2005. Un geste important. Qui était donc Saint Célestin pour que tu lui confies ton pallium ? En l’an de grâce 1292, on était venu chercher cet ermite pour qu’il dirige la barque de l’Eglise, devenant Célestin V. Et puis, finalement, il avait démissionné deux ans plus tard, pour retourner à sa vie monastique…

Tu avais fait allusion à ce geste un an plus tard, le 4 juillet 2012, lorsque tu t’es à nouveau rendu dans la région, à Sulmona, pour le traditionnel « pardon » de Célestin V. Tu avais alors déclaré :

« Huit cents ans se sont écoulés depuis la naissance de saint Pierre Célestin V, mais il reste présent dans l’histoire en raison des célèbres événements de son époque et de son pontificat et, surtout, de sa sainteté. En effet, la sainteté ne perd jamais sa force d’attraction, elle ne tombe pas dans l’oubli, elle ne passe jamais de mode, au contraire, avec le passage du temps elle resplendit d’une luminosité toujours plus grande, exprimant la tension éternelle de l’homme vers Dieu ».

Et tu avais voulu tirer « plusieurs enseignements de la vie » du saint pape, également «  valables également à notre époque », comme si, vraiment, tu prenais déjà cela pour toi, en essayant de vivre toi-même ce que tu nous disais, ce qui te ressemble bien.

Tu voyais en Célestin un  « chercheur de Dieu, souhaitant trouver des réponses aux grandes interrogations de notre existence : qui suis-je, d’où est-ce que je viens, pourquoi est-ce que je vis, pour qui est-ce que je vis ? ». Pour y répondre, tu ressentais un appel au silence :

« Nous vivons dans une société où chaque espace, chaque moment semble devoir être ‘rempli’ par des initiatives, des activités, des sons; nous n’avons souvent même pas le temps d’écouter et de dialoguer. Chers frères et sœurs! N’ayons pas peur de faire le silence en nous et à l’extérieur de nous, si nous voulons être capables non seulement de percevoir la voix de Dieu, mais également la voix de ceux qui sont à nos côtés, la voix des autres ».

C’est ta vie bien (trop ?) remplie de pape qui t’a redonné envie de goûter au silence de Dieu. Quand tu es retourné voir les reliques de Célestin, tu as mis la puce à l’oreille de certains, à Rome !

Et voilà, hier, tu as démissionné. Cela reste un choc auquel peu de monde s’attendait : depuis 7 siècles (ce n’est pas rien) aucun autre pape n’avait osé. Car il faut oser une décision pareille ! Ton prédécesseur Jean-Paul II, qui n’avait pas peur, ne l’avait pas fait, peut-être pour une autre raison : abdiquer devant la maladie n’est pas la même chose que devant la vieillesse (de nombreuses personnes malades physiquement ou psychiquement sont sans doute encore reconnaissantes envers Karol Wojtyla d’avoir tenu jusqu’au bout).

A notre époque moderne, nulle autre trace de démission pontificale, si ce n’est, pendant la Seconde guerre mondiale, avec Pie XII, que tu as rendu Vénérable : averti que les nazis cherchaient à le faire enlever, il avait laissé une lettre de démission sur son bureau, pour qu’on puisse, si cela arrivait, élire immédiatement un autre pape…

En 2010, dans ton excellent livre-interview Lumière du monde : le pape, l’Eglise et les signes du temps, tu avais évoqué la possibilité pour le pape de démissionner : « oui, si un pape se rend compte clairement qu’il n’est plus capable physiquement, psychologiquement ou spirituellement d’accomplir les tâches de sa fonction, il a le droit et, selon certaines circonstances, l’obligation de démissionner ». Et tu avais rappelé, aussi, comment Jean-Paul II avait refusé ta démission d’évêque, à presque 75 ans : « vous n’avez aucun besoin d’écrire cette lettre, je veux vous avoir jusqu’à la fin ».

Sans être canonistes, nous savions donc que c’était possible. Ce qui nous rassure, te connaissant, c’est que tu as longtemps mûri cette décision. Ce n’est donc pas sur un coup de tête que tu as provoqué un nouveau conclave ! Ouf ! Cela nous montre aussi, si besoin était, ta grande liberté intérieure et ton entière confiance en Dieu.

Ton choix a très vite été salué par notre président, François Hollande, comme « éminemment respectable ». Merci pour ce coup de pub la veille du vote, en notre Assemblée nationale, d’un projet inhumain contre les enfants du pays : on va pouvoir surfer sur la vague, c’est bien mieux qu’une guerre au Mali !

Cela dit, quand même, tu nous laisses orphelins à la fois d’un pape et d’un père. Quelques larmes on déjà coulé. Mais c’est plutôt sympa de ta part de te retirer sur la pointe de pieds sans casser ta trombine : on trouvera bien le moyen de te dire un vrai au revoir, en chair et en os !

Je suppose que tu ne regrettes rien. Tu mérites bien ce départ tranquille pour te rapprocher plus encore du Seigneur, à qui tu as déjà consacré toute ta vie. J’espère que tu nous donneras quelques nouvelles dans quelques semaines, une lettre ou même un livre, « mémoires d’un pape » ? Ce serait riche d’enseignements.

C’est indéniable, tu as été un grand pape, avec une parole toute aussi puissante que profonde. Nous n’avons pas fini d’étudier tes discours, tes homélies comme tes publications. Merci.

Nous avons oublié les difficiles épisodes de ton pontificat, quand tu as dû faire le ‘sale boulot’. Hier midi, j’ai eu une petite pensée pour l’opération « Benoît j’ai confiance en toi » qu’on avait lancé avec Frigide Barjot, et les milliers de témoignages de soutien que nous avions pu te remettre en mains propres, à Rome. Merci pour cette aventure, défendre son pape contre les attaques sournoises et mensongères de certains médias aura été une vraie fierté et une joie, également. (Nous remettrons le couvert, si nécessaire, pour ton successeur, sois sans crainte !)

Tu as été un grand pape de l’évangélisation. Tu as développé sans cesse cette urgence, en particulier à travers la nouvelle évangélisation. Tu souhaitais que ton pontificat soit « un pèlerinage pour apporter Dieu au monde » (1), afin de « rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l’accès à Dieu » (2). C’est ce que tu as fait, en paroles et en actes. On se souvient notamment de ton discours aux Bernardins, qui, en France, avait remué tout le gotha du monde de la culture, de la politique et des médias. Et de cette messe en plein air aux Invalides, dans laquelle tu avais exhorté les Français à renoncer au culte des idoles pour mieux rencontrer Dieu, c’était magnifique. Il n’est pas anodin, non plus, qu’après la création d’un ministère dédié à la nouvelle évangélisation en 2010, ton dernier synode ait eu lieu sur ce thème de l’évangélisation renouvelée. Il s’agissait, pour toi, de « promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où la première annonce de la foi a déjà retenti et où sont présentes des Eglises d’antique fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte ‘d’éclipse du sens de Dieu’ » (3). Aux jeunes qui viendront à Rio, tu suggérais justement d’utiliser Internet pour cette évangélisation nouvelle !

Tu nous laisses en pleine année de la foi. Sans doute as-tu trouvé que d’autres témoins de cette foi vivante, ou d’autres réformateurs, étaient plus à même que toi de reprendre le flambeau : merci pour cette leçon d’humilité. D’autres que toi, à travers le monde, au niveau national comme au niveau le plus local, seraient bien inspirés de t’imiter, en donnant les clefs aux plus jeunes, pour que le changement survienne enfin dans nos sociétés en faveur du beau, du vrai, du bon, du bien.

Dans l’Eglise comme ailleurs, prédomine parfois un système de fonctionnaires castrateurs qui bride la marche des peuples vers le seul chemin, le Christ, qui est aussi la vérité et la vie (1 Jn 14,6). Nous, catholiques, avons tant besoin de missionnaires zélés à l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut ! Nous avons tant besoin de saints ! Merci de nous l’avoir confirmé. Tu as su aussi nous recadrer de temps en temps sur la source et le sommet de la vie chrétienne, l’eucharistie : merci encore.

Enfin, je pense à tous les saints que tu as canonisés pour faire aimer ce trésor de l’Eglise. D’ici l’élection de ton successeur, ils nous aideront, j’en suis sûr. Et puis, surtout, l’Esprit Saint est aux commandes ! Nous allons prier pour toi et le prochain pape, promis. Un autre avenir s’ouvre pour toi : puisses-tu te reposer, maintenant, tu l’as bien mérité !

Bon vent, bonne route, cher Benoît XVI !

Et du fond du cœur, merci, merci, merci.

 

(1) Benoît XVI, message aux participants au deuxième congrès mondial pour la Pastorale des pèlerinages et des sanctuaires, 27 septembre 2010.

(2)  Benoît XVI, discours prononcé lors de la bénédiction des flambeaux, sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima, au Portugal, le 12 mai 2010.

(3) Benoît XVI, première audience aux membres du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, 30 mai 2011.

Billet initialement publié sur le blog de Jean-Baptiste Maillard, Jésusprems.com.

La nouvelle évangélisation, c’est maintenant !

 

La nouvelle évangélisation, c’est maintenant !

Dix ans que j’attendais ça. Dix ans qu’un évêque bien connu du Sud de la France, Mgr Dominique Rey, m’a parlé pour la première fois d’évangélisation et de nouvelle évangélisation, comme je l’ai raconté dans mon livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France, sorti en 2009. (Cet évêque a été nommé par Benoît XVI pour participer au Synode pour la nouvelle évangélisation qui a lieu en ce moment à Rome).

Un synode sur le sujet ? Mais pourquoi faire ?

Cet évènement est la suite de la création par le pape du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, le 21 septembre 2010, afin de « promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où la première annonce de la foi a déjà retenti et où sont présentes des Eglises d’antique fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte ‘d’éclipse du sens de Dieu’ » [1].

Loin d’être une simple parenthèse dans le pontificat de Benoît XVI, ce synode pour la nouvelle évangélisation s’inscrit au contraire dans la droite ligne de la priorité n°1 que le pape s’est fixée : « rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l’accès à Dieu »[2]. N’a-t-il pas également précisé que son pontificat est « un pèlerinage pour apporter Dieu au monde » [3] ?

En effet, depuis que Joseph Ratzinger est sur le trône de Pierre, il emploie le mot « nouvelle évangélisation » tous les 3 mois en moyenne. Il en a aussi parlé dans des textes de référence comme Verbum Domini, sur la Parole de Dieu, dans son livre Lumière du monde… Les prochaines JMJ au Brésil auront également lieu sur ce thème de la mission première de l’Eglise, l’évangélisation.

On voit donc bien qu’il ne s’agit pas d’un feu de paille ou d’un concept surexploité. D’ailleurs, le pape le précise lui-même : « la nouvelle évangélisation est le premier engagement de tous les catholiques ». C’est donc pour tout le monde ! Même ceux qui n’y croyaient pas. Ou ceux qui voyaient la nouvelle évangélisation comme une simple mouvance au sein de l’Eglise ou un quasi-monopole des communautés nouvelles. Il s’agit bien d’un appel à tous les catholiques, à tous les diocèses, à toutes les communautés au sens large, à toutes les « forces ecclésiales » pour reprendre les mots de Jean-Paul II sur le sujet. N’oublions pas que c’est lui qui a lancé cette formule.

Lire la suite : c’est sur Jésus prem’s

Ainsi soient-ils, Arte

Ainsisoientils.com : Arte n’apprécie guère…

 Ainsi soient-ils, Arte

La petite réponse dédiée à la série « Ainsi soient-ils » et menée par une joyeuse bande de jeunes cathos ne plaît guère à Arte, qui n’avait pas prévu ça. Ni aux réalisateurs de la série, sans doute un peu gênés de voir figurer sur ce site – dont ils n’avaient pas réservé le nom de domaine – le résumé des huit épisodes. « C’est de bonne guerre », répondent en coeur les membres de la fine équipe, composé de spécialistes en communication, de geeks et même de réalisateurs.
Ainsisoientils.com ? Il faut dire que site malicieusement rebaptisé « Ainsi sont-ils » ne laisse pas indifférent. On y trouve notamment des séminaristes qui font du kart ou qui répondent en vidéo à des questions comme « est-il humain de ne pas avoir de relations sexuelles » ou « donner sa vie à Dieu, est-ce utile ».
Plusieurs séminaires de France ont apporté leur concours aux contenus, dont le séminaire de Lille, qui a gracieusement accepté que soit diffusées sur le web 26 minutes de « Prêt(re) pour se donner », un documentaire sorti début octobre et peignant la vie au séminaire de 5… vrais séminaristes.
Alors que seront diffusés ce soir les épisodes 3 et 4 de la série, le compte twitter d’Ainsisoientils.com, initialement appelé @ainsisoientils.com, a été piraté. Twitter n’a pas rendu, pour le moment, le compte d’origine à ses premiers occupants. Par ailleurs, les extraits de la série posant question et demandant une réponse des chrétiens ont tout simplement été bloqués par la chaîne. Pas de quoi cependant décourager nos jeunes créatifs : une dizaine d’autres séminaristes ont préparé des réponses en vidéo qui seront diffusées sur Internet tout au long de la première saison d’Ainsi soient-ils.
Une bataille de communication qui ne fait donc que commencer, au moment précis où a lieu à Rome le synode pour la nouvelle évangélisation.

Inquisitio : la vraie bande annonce et autres sortilèges

Vous n’avez pas encore entendu parler d’Inquisitio ? Il est temps de vous mettre à niveau, en commençant par cette bande-annonce qui rétablit la vérité :

Inquisitio : la VRAIE bande annonce ! from Saturnin Napator on Vimeo.

Afin ensuite de répondre aux premières objections que vous poserons vos contradicteurs, et notamment les non-encore-croyants de votre entourage proche ou plus lointain – prémices d’une évangélisation sur le sujet ? – vous pouvez lire la critique d’Inquisitio par Charles Vaugirard ou celle sur Jésus prem’s (ceux-ci ont pu voir les quatre premiers épisodes).

Si cela ne vous suffit pas, donc si vous êtes quelque part un vagabon spirituel du net, en quête d’en sens à votre vie, ou si, plus simplement, vous ne craignez pas la Sainte Inquistion médiatique et préférez vous pencher sur des textes d’historiens (des vrais), afin de nourir véritablement votre intelligence au lieu de donner de l’écho à vos instincts primaires par le biais des pixels télévisuels… bref, si vous chercher un outil sur cette question de l’Inquisition, vous avez toujours L’Inquisition pour les nuls, ce nouveau petit manuel en ligne du parfait petit apprenti inquisiteur ! Vous pouvez bien entendu le partager autour de vous, c’est gratuit.

Vous avez également la page Wikipédia sur Sainte Catherine de Sienne, très bien faite.

Et en dernier recours, vous pourrez toujours consulter Saturnin Napator !

 

Nouvelle évangélisation : en avant toute !

 

Comment se préparer au synode de Rome ? Bons plans pour cet été… 

A l’occasion du synode pour la nouvelle évangélisation, Anuncioblog vous propose une série d’articles sur ce thème très régulièrement abordé ici depuis la création de ce blog en octobre 2007, il y a cinq ans, mais aussi de nombreuses propositions pour que chacun puisse y participer et vivre concrètement une expérience de mission.

Mais qu’est-ce qu’un synode ? C’est la réunion des évêques du monde entier autour du pape, comme un « séminaire » d’entreprise, sur un sujet donné.

En 1974, par exemple, avait lieu le 4ème synode des évêques, autour de Paul VI, sur la question de « l’évangélisation dans le monde moderne ». Comme ceci est raconté dans le livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France, cette rencontre au « sommet » de l’Eglise donna lieu, grâce au futur Jean-Paul II, à l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi. Cinq ans plus tard, Karol  Wojtyla devenu pape réclamait une « nouvelle évangélisation », depuis Nowa Uta, ville nouvelle de Pologne où les soviétiques n’avaient pas voulu construire d’église. Cet appel pour une évangélisation « nouvelle dans son ardeur, ces méthodes et son expression » fut précisé en 1983 à Haïti et très souvent rappelé ensuite. Benoît XVI, depuis qu’il est élu, l’évoque en moyenne tous les trois mois.

Il est tout naturel que le thème du prochain synode soit celui de la « nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » puisque la mission première de cette extraordinaire aventure humaine et spirituelle qu’est la vie de l’Eglise est justement l’évangélisation.

En attendant cet événement important dans cette vie de l’Eglise, déjà commenté par de nombreux médias, nous vous proposons également, amis internautes, un été tout spécialement missionnaire, pour vous y préparer.

Vous pouvez par exemple évangéliser sur la route de vos vacances, comme dans les trains (nous en reparlerons), mais aussi dans les aéroports, comme l’a suggéré récemment Benoît XVI, ou encore sur les plages, à vélo, en moto ou en stop !

Si la mission « en vrai » vous taraude, vous avez aussi, par exemple :

–       en ce moment même, la semaine de mission de rue et de porte-à-porte d’Adveniat (mission d’évangélisation du diocèse de Pontoise fondé par un groupe de jeunes)

–       une mission d’évangélisation de plages de la Communauté de l’Emmanuel

–       la troupe Duc in Altum qui recrute

–       sans oublier le Festival Anuncio, qui se dote d’un tout nouveau site Internet !

« Le temps de la proposition de l’Evangile est revenu ! »

En réponse à l’appel de l’évêque pour la quizaine missionnaire, et à l’occasion de la venue des reliques de Sainte Thérèse (patronne des missions!) à Marseille, une évangélisation de rue est proposée le dimanche 10 juin 2012 pour inviter les gens à prier dans l’église de St Ferréol – Vieux Port avant la messe des jeunes de 19h, pour proposer le Christ, comme IL nous l’a demandé et témoigner de Son Amour !

PROGRAMME :
de 15h30 à 19h : Mission dans les rues de Marseille.
19h : Messe des jeunes.

Si nous sommes assez nombreux, nous aimerions faire un flashmob dans l’après-midi, pour annoncer notre joie ! Tout dépend de votre présence !

Pour ceux qui le souhaitent, nous nous rencontrons au Centre Notre Dame du Roucas – 341 chemin du Roucas Blanc, 13007 Marseille –  le dimanche 10 juin 2012 à partir de 11h30 (pour adoration), 12h30 pic-nic partagé, puis prière et topo avant la mission….

CONTACT :saintethereseamarseille@gmail.com – 06 87 45 88 71

 
Extrait de l’interview du Mgr Pontier sur KTO – La vie des diocèses – diffusé le 04/11/2011
« Dieu est l’allié de notre joie » citation du Père Raniero Cantalamessa. Évangélisation organisée par le service des pèlerinages du diocèse et coordonnée par la Communauté du Chemin Neuf.

Année missionnaire Anuncio 2012-2013

Anuncio lance pour la troisième année son école d’évangélisation (Cela en plein cœur de Paris).

Pour tout les jeunes (de 18 à 30 ans) désirant vivre un an pour Dieu au service de l’Eglise, Anuncio propose de vivre sur la butte de Montmartre cette année missionnaire !

L’objectif ? Apprendre à vivre au quotidien une vie de laïc missionnaire. Concilier travail professionnel (organisation de festival, communication, logistique…) avec la vie fraternelle mais aussi une vie de prière soutenu et des temps de mission. Cette année sera marqué aussi par une formation philosophique et théologique (en suivant le cursus de l’Ecole Cathédrale).


L’année missionnaire avec Anuncio par festival-anuncio

Bref un an pour devenir… ce que tu dois être !

Pour plus d’informations c’est par ici

« Que notre langue ne soit pas engourdie ! »

Une homélie de Saint Grégoire le Grand

Notre Seigneur et Sauveur, frères très chers, nous instruit tantôt par ses paroles, tantôt par ses actions. Ses actions elles-mêmes sont des commandements, parce que, lorsqu’il fait quelque chose sans rien dire, il nous montre comment nous devons agir. Voici donc qu’il envoie ses disciples en prédication deux par deux, parce que les commandements de la charité sont deux : l’amour de Dieu et du prochain.

Le Seigneur envoie prêcher ses disciples deux par deux pour nous suggérer, sans le dire, que celui qui n’a pas la charité envers autrui ne doit absolument pas entreprendre le ministère de la prédication.

Il est fort bien dit qu’il les envoya devant lui dans toutes les villes et les localités où lui-même devait aller. En effet, le Seigneur vient après ses prédicateurs, parce que la prédication est un préalable : le Seigneur vient habiter notre âme lorsque les paroles d’exhortation sont venues en avant-coureur et font accueillir la vérité dans l’âme. C’est pourquoi Isaïe dit aux prédicateurs : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez les sentiers de notre Dieu.

(…)

Écoutons maintenant ce qu’il dit aux prédicateurs qu’il envoie : La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Les ouvriers sont peu nombreux pour une moisson abondante ; nous ne pouvons pas le répéter sans une grande tristesse. Il y a des gens pour entendre de bonnes choses, il n’y en a pas pour les dire. Le monde est rempli de prêtres, mais on rencontre rarement un ouvrier dans la moisson de Dieu ; nous acceptons bien la fonction sacerdotale, mais nous ne faisons pas le travail de cette fonction.Considérez, frères très chers, considérez le poids de cette parole : Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Vous-mêmes, priez pour nous, afin que nous puissions faire le travail auquel vous avez droit : que notre langue ne soit pas engourdie, quand il faut exhorter ; une fois que nous avons accepté la charge de la prédication, que notre silence ne nous assigne pas devant le juste Juge !

Communion-évangélisation 2012 : la nouvelle évangélisation, défi de l’Esprit Saint

Le week-end du 11-13 mai 2012 se déroulera à Avignon le Xème Forum national « Communion & Evangélisation » rassemblant 300 à 500 baptisés de toute la France impliqués dans la nouvelle évangélisation. Ce Forum prendra une importance toute particulière car il se déroule à 5 mois du synode à Rome sur la nouvelle évangélisation lancé par le pape Benoît XVI, et son thème général s’y rapporte directement : « Au cœur de l’Eglise, la nouvelle évangélisation : le défi de l’Esprit-Saint ! »

Il fête sa 10ème édition en 2012, confirmant en cela l’intuition initiale du Forum d’ancrer en Eglise la diversité et la richesses des nouvelles initiatives missionnaires. 

Le Forum se conclura par une grande célébration le dimanche après-midi avec plusieurs milliers de personnes attendues place du Palais des Papes, messe-anniversaire des 900 ans de l’Eglise cathédrale, la Métropole d’Avignon.

Forum exceptionnel intéressera particulièrement tous les catholiques et les pasteurs mobilisés par les nouvelles formes et le renouvèlement de l’évangélisation … ou susceptibles de l’être : prêtres, séminaristes, religieux, mais aussi de nombreux laïcs, beaucoup de jeunes, des animateurs en pastorale, responsables d’aumôneries, membres de conseils pastoraux, membres de communautés anciennes ou nouvelles !

Durant ce week-end, il sera question de :
– se former pour annoncer
– charité et évangélisation
– religieux dans la nouvelle évangélisation
– les jeunes sur le pont de la mission.

Avec :

Mgr Jean-Pierre CATTENOZ (Diocèse d’Avignon),
Mgr Dominique REY (Diocèse de Fréjus-Toulon),
Constance et Jean Philippe Le BLOAS
(Parcours EVEN),
Père GUERPILLON (Diocèse de St Etienne),
Moh-Christophe BILEK (Notre Dame de Kabylie),
Kolia et Marie-Dominique ROZE
(Communion Priscille & Aquilas),
Francis CAUWE (Parcours Zachée),
Romain ALLAIN-DUPRE (Semeurs d’espérance),
Jean Guilhem XERRI (aux captifs la libération),
Eric d’ALANÇON (le Rocher),
Père ESCLEF (Paroisse Notre Dame de Lourdes),

Une petite Soeur de l’Agneau,
Père Robert WRONA
(Fraternité Missionnaire Jean-Paul II),
Père Giorgio DIALE (Paroisse Ste Marie des Anges),
Sr Espérance PICOT
(Pastorale étudiante Toulouse),
Frère Baudouin ( Bethel & Réveillons les Cathos),
Alexis et Anne-Luce de LABARTHE
(Festival Anuncio),
Olivier LEFRANÇOIS (Pélé VTT),
Loraine RIVÉRIEULX (Adveniat),
Père LAGADEC (Isère-Anybody ?),
Guillaume LEONARDI (Surf & Pray).

Le Forum national « Communion évangélisation », c’est donc 48 heures pour faire le plein de grâces, d’idées et d’enthousiasme au service de la mission !

Pour tout savoir sur l’événement annuel en France consacré à la nouvelle évangélisation : www.communionetevangelisation.fr

Revitaliser le catholicisme

Dimanche 4 mars, les diocèses espagnols célèbrent la journée hispano-américaine. Pour l’occasion, la Commission pontificale pour l’Amérique latine, présidée par le Cardinal Marc Ouellet, PSS, leur a fait parvenir le traditionnel message, qui souligne cette année les enjeux voisins que connaît la riche tradition catholique en Espagne comme en Amérique latine, en particulier son érosion et « une sécularisation qui avance partout» . «Les signes d’hostilité envers l’Eglise et son message ne manquent pas. L’hédonisme et le relativisme de la société de la consommation et de l’apparence tendent à remplacer et à déraciner la culture chrétienne de ces pays ». Il convient donc de « reformuler et revitaliser la tradition catholique, de l’enraciner plus profondément… afin que resplendisse la vérité qui annonce pour tous un bonheur et un vivre plus humain ». Comme l’Europe, l’Amérique latine a besoin d’une nouvelle évangélisation.

En 2007 à Aparecida, Benoît XVI a rappelé que la foi catholique est le bien le plus précieux de l’Amérique latine. « Elle a forgé sa nature et sa culture… pendant plus de cinq siècles » en constituant un patrimoine qui s’exprime « dans une vaste charité et tant d’initiatives en faveurs des plus démunis…, mais aussi dans la certitude de la dignité de la personne, le respect de la vie, le combat pour la justice, l’espérance contre tout et la joie de vivre quelques soient les difficultés ». L’appel à une nouvelle évangélisation tant de l’Europe que de l’Amérique s’est accru avec Jean-Paul II et Benoît XVI. Elle « a besoin de personnes dont la vie reflète Dieu en tout, qui invitent au partage d’une nouvelle vie, plus vraie et plus humaine… Il faut donc que le peuple de Dieu prie dans les diocèses pour que la Providence suscite de nouvelles vocations missionnaires ».

Le message contient des recommandations destinées à renforcer le caractère missionnaire de la nouvelle évangélisation, comme l’accueil des familles et communautés latino-américains émigrées, surtout en cette période de crise : « Il y a besoin de solidarité et de charité, évangélisatrices et catéchistiques, pour les communautés chrétiennes. Il faut pouvoir accueillir aussi les prêtres latino-américains qui prêtent service dans des diocèses » européens, sans oublier non plus « d’inclure les jeunes dans l’effort de réévangélisation, tel que l’a tracé la JMJ de Madrid et son esprit de pèlerinage éducatif et missionnaire, dans la perspective de la Journée de Rio de juillet 2013.

Source : VIS

Evangélisation de rue à Paris

 

On nous transmet cette invitation… Rien de tel qu’une première ou deuxième expérience d’évangélisation de rue pour se rendre compte de la soif de nos contemporains et des questions qu’ils se posent sur Dieu !

Le Père Henri de l’Eprevier, curé de Notre-Dame de l’Assomption des Buttes- Chaumont, et la Communauté Aïn Karem ont la joie de vous inviter à une évangélisation de rue,  le samedi 4 février 2012, de 14h à 17h30, Place de la Bataille de Stalingrad  (M° Jean-Jaurès, lignes 2, 5 et 7 bis).

14 h : RdV Salle St Augustin (à g. en entrant dans l’église), 80 rue de Meaux (M° Laumière) pour cours de théologie & lancement
14 h 30 : Exposition du Saint Sacrement au baptistère suivie de l’apostolat (les participants se relaient pour l’adoration)
17 h 30 : Fin de l’Apostolat puis déposition du Saint Sacrement
Goûter et fin vers 18 h 30

Prochaines dates : 24 mars, 5 mai, et 9 juin
Rejoignez-nous également le :  31 mars (veille des Rameaux) : journée apostolique lors de la Mission Metropoles (Paris & 11 métropoles européennes)
Rdv place Saint Michel 75006 – horaire à préciser –

« VOUS ÊTES LA LUMIÈRE DU MONDE » (Mt 5,14)

Nous comptons sur votre présence et/ou votre prière !
Contact : Samuel 06 19 40 93 90

 

Internet est un don de Dieu pour l’évangélisation

Internet au menu des médias catholiques

Alors que les prochaines journées d’études François de Sale, à Annecy du 26 au 27 janvier prochains, auront pour thème « le défi du numérique pour la presse et les médias chrétiens », Dieu et Internet – 40 questions pour mettre le feu au web revient sur la « place des médias chrétiens dans l’évangélisation par Internet » (question n°22). L’auteur invite notamment les médias chrétiens à passer du bi-média au cross média et à prendre le virage du web 4.0. René Poujol, ancien directeur de la rédaction du magazine Pèlerin et organisateur de l’événement, affirme à ce propos que Dieu et Internet est « bourré d’infos et de talent ».

Premières recensions

Pour Zenit, Dieu et Internet est « un guide pratique sur l’usage d’Internet pour rejoindre son prochain » ; Eglise en Val-d’Oise, le journal du diocèse de Pontoise, précise qu’il s’agit d’« un guide pratique et spirituel, facile à lire, utile tant à l’internaute débutant qu’à l’habitué de la ‘cathosphère’ ».

De son côté, le quotidien suisse Le Nouvelliste résume ainsi le point de vue de l’auteur : « pour ce journaliste spécialisé dans les nouveaux modes de communication, Internet est un média de relation supérieur à tout autre, un outil formidable pour témoigner de sa foi et provoquer un jour une rencontre en vrai ».

L’hebdomadaire France catholique souligne quant à lui : « un livre résolument dans l’air du temps, qui pose un regard admiratif sur le progrès que peut représenter Internet s’il est bien utilisé, un encouragement à tous ceux qui douteraient encore ou n’oserait pas se lancer, d’une plume simple et accessible aux non-initiés, pour vivre sa foi sur Internet ».

Interviewé par le journaliste chrétien évangélique Paul Ohlott pour Phare FM, Actu chrétienne et Topchrétien, l’auteur a pu expliquer qu’ Internet est « un don de Dieu pour l’évangélisation ». Jean-Baptiste Maillard a également pu raconter comment il est tombé dans cette mission online au micro de Sylvain Sismondi sur Radio Espérance ou de Raphaëlle Simon sur RCF Saint Martin.

Le public est au rendez-vous, ainsi qu’en témoigne Bernard : « je viens de vous découvrir (…), j’ai lu vos deux bouquins en moins de trois semaines et déjà je me renseigne pour faire ce que je peux sur ma paroisse avec tous les éléments que vous donnez dans Dieu et Internet. »

Une conférence à la CEF

L’auteur ira à la rencontre de ses lecteurs à l’occasion d’une conférence à la Maison des évêques de France, samedi 21 janvier, sur le thème : « Vous avez dit nouvelle évangélisation ? », pour la session 2012 des délégués diocésains de la mission universelle. Il s’appuiera son premier livre, Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France, publié en 2009 aux Editions de l’Œuvre.

Une lettre de Mgr Rino Fisichella

Alors que se prépare le prochain synode des évêques réunis à Rome sur cet « engagement qui concerne tous les catholiques » (Benoît XVI aux jeunes), le Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, vient d’écrire à l’auteur : « Je souhaite que votre livre aide ceux qui voudront se lancer dans l’aventure du témoignage rendu au Christ par le biais du web. Plus encore, j’appelle de mes vœux un engagement de tous les baptisés pour que le salut apporté par le Fils incarné parvienne à toute créature, ainsi que je l’ai écrit dans mon avant-propos ».

Pour en savoir plus : www.DieuetInternet.com

L’importance d’une nouvelle évangélisation conjugale

 

Les feux rouges (film de Cédric Kahn, 2003)

La Croix du 30 décembre a publié cette tribune d’Alex et Maud Lauriot Prévost, spécialistes de l’Evangile pour le couple.

Comme le démontre clairement une étude récente rapportée par La Croix (1), nos contemporains plébiscitent à près de 80% le modèle de vie de couple et de famille que l’Église propose depuis toujours : un couple, homme et femme, s’aimant, stable et fidèle tout sa vie, avec leurs enfants. Ce modèle conjugal – pourtant si décrié ou ringardisé par la culture ambiante – répond bel et bien à des attentes existentielles profondes, comme l’enseigne depuis toujours le magistère. Or, nous savons qu’aujourd’hui, la grande majorité des couples « sérieux » ne finiront pas leur vie ensemble, ce qui sera toujours vécu comme un échec profond et très douloureux pour les conjoints au regard de toutes leurs attentes initiales. Cette situation s’aggrave et n’est pas nouvelle, mais – puisque croyants et incroyants aspirent de fait à vivre ce que l’Eglise prône – la pastorale familiale est a priori à même de répondre aux attentes des couples ou de secourir les familles en souffrance.

Or, une autre enquête (2) démontre exactement le contraire : à peine 6% de la population
reconnaît l’Église comme susceptible de lui apporter une aide en matière conjugale et familiale ! L’Eglise – et par la même, la foi et Dieu lui-même – est donc aujourd’hui quasi-disqualifiée en la matière dans notre société, alors qu’elle devrait être reconnue comme le premier artisan du modèle et du projet qu’elle défend. Malgré d’immenses trésors de générosité qui s’investissent depuis des décennies en la matière, il nous faut reconnaître lucidement que l’échec pastoral est donc particulièrement patent en ces domaines. Malheureusement, le courage du diagnostic, l’effort de réflexion et l’innovation apostolique sont encore bien maigres, comme l’illustrent les récentes conclusions de l’« Année de la Famille » et les axes de travail assignés à la pastorale familiale pour l’avenir…

Pourtant, nous sommes convaincus que cette situation n’est pas une fatalité : pour que l’Eglise puisse vraiment rejoindre nos contemporains dans ces domaines, il nous semble important qu’elle re-parte de ce contraste saisissant, et même dramatique vu l’ampleur du phénomène : d’une part, des attentes si fortes en terme de couple et de famille, et très proches de fait du modèle conjugal chrétien; d’autre part, des réalités et des vécus si douloureux ou décevants, avec tant de blessures données ou reçues, de regrets ou de remords. Un tel contraste entre aspirations et réalité avive des peurs mais aussi de grandes attentes ; il créée donc comme un « appel d’air », un champ missionnaire et évangélisateur, qui rappelle l’expérience apostolique première : « nous étions enfermés avant la Révélation » (3) esclaves de nos affectivités désordonnées, car assoiffés d’amour comme « toute la création (qui) aspire à la Révélation et gémit dans les douleurs de l’enfantement » (4) comme écrivait Saint Paul.

La mission de l’Église ne peut donc se contenter de charité et de compassion face aux
situations personnelles de détresse, ou de défense et de promotion de valeurs chrétiennes sur le couple et la famille face à une société dans une telle dérive ; sans quoi, notre pastorale continuera à récolter de si maigres résultats, et tant de conjoints iront encore à l’échec de leur projet central de vie. L’Eglise est donc appelée à annoncer, proposer et conduire de manière adaptée mais explicite à la source du dessein et du salut conjugal par une prédication apostolique nouvelle, pertinente et attractive, dont l’ambition et le contenu sont à la mesure de la situation et des enjeux. L’Eglise témoignera ainsi d’une grande espérance pour un nouveau printemps de l’amour conjugal au travers du développement d’une nouvelle évangélisation, qui doit – affirme Benoît XVI – « être
fondée sur l’Eglise domestique » car son champ missionnaire est « inséparable de la famille » et les couples chrétiens en sont des « acteurs majeurs ».

A l’occasion du futur synode d’octobre 2012, il est donc essentiel que notre pastorale
s’engage dans la nouvelle évangélisation de l’amour conjugal car « il n’ y a de salut en aucun autre » (5) que le Christ : il est le vrai et le seul libérateur du couple, de la relation amoureuse, de la sexualité et du corps. Jean-Paul II ne disait-il pas que « sans le Christ, le couple court un grave danger » ? L’Eglise doit donc davantage confesser et annoncer le Salut appliqué au mariage et à la sexualité, et rendre compte des œuvres concrètes de Salut dans des vies de couples, de familles, de jeunes : témoigner ainsi des œuvres de consolation et de guérison, de pardon et de paix, de fécondité et de vie, de libération vécue grâce au Christ. Le monde a tant besoin de voir, de toucher et d’entendre ce que Jésus-Christ peut faire pour qui se tournent vers lui.

Jean-Paul II a légué de nombreux trésors à l’Église, mais deux domaines le caractérisent : la nouvelle évangélisation et son enseignement renouvelé sur le mariage, qui – associés – forment au regard de notre expérience missionnaire depuis près de 30 ans, une sorte d’« autoroute » pour l’évangélisation, un canal missionnaire particulièrement fructueux, tant l’attente de « sauver l’amour » est forte et universelle. Sont donc réunis aujourd’hui les composants d’une véritable « bombe pastorale » pour reprendre les termes du Cardinal Angelo Scola, évoquant l’enseignement de Jean-Paul II « lorsqu’il sera vraiment compris et intégré dans l’Église », disait-il.

Benoît XVI confiait après son élection qu’il percevait combien sa mission « essentielle et
personnelle » serait de déployer « le patrimoine richissime de l’enseignement de Jean-Paul II qui n’est pas encore suffisamment assimilé par l’Église ». Le pape réalise cette mission pour laquelle il croit avoir été élu : sous l’impulsion de l’Esprit Saint, il a bel et bien allumé la mèche de la « bombe pastorale » de Jean-Paul II : la nouvelle évangélisation, et de manière toute prioritaire en matière conjugale et sexuelle.

(1) La Croix du 28/09/11
(2) Le Pèlerin du 6/10/11
(3) Ga 3, 23.
(4) Rm 8, 18-19. 2
(5) Ac 4, 1

KTO très probablement candidate sur la TNT en 2012

KTO sera très probablement candidate pour le prochain appel de candidatures à l’obtention d’une fréquence pour la Télévision Numérique Terrestre (TNT). La ‘télévision catholique’ tenue par le diocèse de Paris pourrait officialiser sa candidature fin 2011, début 2012. Six nouvelles fréquences seront attribuées par le CSA et KTO a toutes ses chances d’obtenir une place dans le saint des saints du PAF. Retour en détails sur une bataille qui ne fait que commencer pour l’évangélisation par les ondes.

Un billet à lire sur Jésus prem’sle blog de Jean-Baptiste Maillard.

Benoît XVI : « L’unité des chrétiens, indispensable à l’évangélisation »

Message de Benoît XVI à Bartholomaios Ier

Evoquant la « responsabilité » commune des chrétiens, le pape Benoît XVI se réjouit des progrès des relations fraternelles avec le Patriarcat oecuménique et il se dit l’urgence de l’unité et de l’évangélisation : « L’avenir de l’évangélisation dépend du témoignage d’unité donné par l’Église et de la qualité de la charité ».

Le pape a en effet adressé un message au patriarche oecuménique Bartholomaios Ier à l’occasion de la fête du saint patron du patriarcat, saint André, frère de saint Pierre (cf. Ci-dessous, « Documents » pour le texte intégral en français). Un cadeau et le message autographe du pape ont été remis au patriarche par le cardinal Koch qui l’a lu lors de la célébration de cette fête.

« Les circonstances actuelles, qu’elles soient d’ordre culturel, social, économique, politique ou écologique, posent aux catholiques et aux orthodoxes exactement le même défi », fait observer le pape qui précise : « L’annonce du mystère du salut à travers la mort et la résurrection de Jésus Christ a aujourd’hui besoin d’être renouvelée avec force dans de nombreuses régions qui, les premières, accueillirent la lumière et subissent aujourd’hui les effets d’une sécularisation en mesure d’appauvrir l’homme dans sa dimension la plus profonde. »

C’est pourquoi Benoît XVI souligne l’urgence de l’unité et de la charité vécue. « Face à l’urgence d’une telle tâche, insiste Benoît XVI, nous avons le devoir d’offrir à l’humanité tout entière l’image de personnes ayant acquis une maturité dans la foi, capables de se rassembler malgré les tensions humaines, grâce à la recherche commune de la vérité, en ayant conscience que l’avenir de l’évangélisation dépend du témoignage d’unité donné par l’Église et de la qualité de la charité, comme nous l’a enseigné le Seigneur dans la prière qu’il nous a laissée : « Qu’ils soient un, afin que le monde croie » (Jn 17, 21). »

Le pape a présenté ses vœux au patriarche pour le XXe anniversaire de son élection, et il a fait remarquer leur communion : « C’est pour moi un très grand réconfort de constater que Votre Sainteté également, depuis quelle a été appelée au ministère d’Archevêque de Constantinople et de Patriarche œcuménique, il y a vingt ans, a toujours eu à cœur la question du témoignage de l’Église et de sa sainteté, dans le monde contemporain. »

Un échange de délégations est devenu traditionnel entre le Vatican et le Phanar pour les fêtes de saint Pierre et saint Paul, saints patrons de l’Eglise de Rome (29 juin), et saint André, saint patron de l’Eglise de Constantinople (30 novembre).

La délégation de Rome au Phanar ce 30 novembre est conduite par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, accompagné de Mgr Brian Farrell, secrétaire de ce dicastère, et du P. Andrea Palmieri, de la section orientale de ce conseil pontifical. Le nonce apostolique, Mgr Antonio Lucibello a rejoint à Istanbul la délégation qui a assisté à la Divine liturgie présidée par le patriarche œcuménique qui fêtait également le XXe anniversaire de son élection.

La visite est aussi l’occasion d’échanges avec la Commission synodale du Phanar pour les relations avec l’Eglise catholique. Le cardinal Koch a également rencontré la communauté catholique locale, et il a parlé de l’œcuménisme avec les religieux et les religieuses.

Source : Zenit (texte intégral)

“La nouvelle évangélisation ne concerne pas seulement l’Europe mais le monde entier”

 

Le CCEE célèbre ses 40 ans

“La nouvelle évangélisation ne concerne pas seulement l’Europe mais le monde entier”, a affirmé Mgr Rino Fisichella, en conclusion du séminaire sur l’Europe et la nouvelle évangélisation qui s’est déroulé à Rome le 22 novembre dernier.

La rencontre était organisée par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) en collaboration avec le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Un nombre significatif de cardinaux, archevêques, évêques – en représentation des diocèses européens – présidents, secrétaires et sous-secrétaires de la Curie vaticane, ambassadeurs près le Saint Siège, y ont participé. Cette rencontre avait pour dessein de célébrer les quarante ans d’activité du CCEE au service de la communion entre les évêques en Europe.

Mgr Fisichella a rappelé que la nouvelle évangélisation est nécessaire pour répondre à la crise anthropologique, éthique et sociale, causée par la suppression de Dieu dans le monde des hommes.

Selon le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, l’enthousiasme d’une foi raisonnable est la clé pour faire renaître le monde entier en vérité et liberté.

A ce propos, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat, a souligné que “l’Evangile doit être annoncé avec une ardeur nouvelle, de nouvelles méthodes et de nouvelles expressions, aux baptisés dont la foi s’est éteinte et qui ne sont plus pratiquants”.

“La nouvelle évangélisation, a précisé le cardinal, n’est pas seulement un ‘remède’, mais un ‘nouveau printemps’; un moyen de valoriser les nouveaux bourgeons qui pointent sur un vieux bois”.

Pour le secrétaire d’Etat, il est temps de redécouvrir le “premier amour”, qui est “reflet de l’amour immense dont Dieu Père a témoigné en nous donnant son Fils”, parce que ce “premier amour” est la force qui motive le cœur et les pas de tant de nouveaux évangélisateurs: personnes, familles, communautés, mouvements ecclésiaux, comme on a pu le constater dans la rencontre du 15 octobre dernier au Vatican.

Le cardinal Péter Erdő, archevêque d’Esztergom-Budapest et président du CCEE, a relevé que, bien que la sécularisation semble prévaloir, “l’Eglise offre au monde par sa doctrine, l’art et la liturgie, un regard vers le Mystère de Dieu, capable d’ouvrir le cœur et la raison humaine”.

“L’évangélisation, a-t-il ajouté, passe toujours et nécessairement par la charité vécue au quotidien”, parce que la charité “est un signe de la présence et de l’amour du Christ”.

Le président du CCEE a conclu en affirmant que “les chrétiens, dans l’appel à la nouvelle évangélisation, sont mis au défi par Jésus et par l’Eglise, ainsi que par le cri des personnes qui cherchent un sens à leur vie, à s’engager pour apporter le réconfort à tous ceux qui souffrent dans leur âme ou dans leur corps”.

Le professeur Philippe Capelle-Dumont de la faculté de philosophie, de l’Institut Catholique de Paris, est intervenu sur le thème : “Le contexte culturel de l’Europe actuelle et l’Evangile”, expliquant comment le tout s’organise dans la recherche de Dieu.

A ce propos, Luca Volontè, parlementaire au Conseil de l’Europe, a expliqué que “dans cette période de longue crise générale, il faut exploiter la grande opportunité de l’Europe”.

“A l’Europe en crise d’identité et à nos concitoyens, a-t-il précisé, nous devons dire que c’est l’urgence du Christ qui transforme les batailles nationales et européennes de la politique et de la société. Un grand appel à une mobilisation de sagesse est nécessaire pour la croissance de ce ‘néo-humanisme’, duquel l’Europe a un besoin urgent”.

Source : Zenit

Nouvelle évangélisation : le rôle « stratégique » des étudiants internationaux

 

L’évangélisation passe par la culture

Les étudiants internationaux représentent “une réalité de grand intérêt” pour l’Eglise, et ils ont même un « rôle stratégique », a estimé Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. “Leurs migrations sont autant d’opportunités d’évangélisation ou de nouvelle évangélisation, a-t-il estimé”.

C’était lors du IIIème congrès mondial de la pastorale pour les étudiants internationaux, du 30 novembre au 3 décembre dernier. Ce IIIème congrès mondial, a pour but, a-t-il alors rappelé, d’approfondir les « caractéristiques de la mobilité internationale étudiante dans le domaine de la rencontre des cultures ».

Un « rôle stratégique »

Mgr Vegliò a appelé avec insistance à découvrir le « rôle stratégique » des étudiants internationaux, « pour le futur de leurs nations » et « pour le bien de la communauté internationale tout entière et de l’Eglise ».

L’archevêque constate en ce sens que « la mobilité des étudiants internationaux est en train d’acquérir une grande importance sociopolitique et économique », devenant ainsi une « réalité de grand intérêt », pour l’Eglise.  Mgr Vegliò diagnostique chez les étudiants actuels « la capacité intellectuelle » et « la passion de s’aventurer à la recherche d’un avenir meilleur ».

« L’étudiant migrant porte avec lui, un patrimoine de connaissance et de valeurs, de mentalité et de comportement, formé dans sa foi et dans sa culture », ajoute Mgr Veglio.

« Il s’agit donc, souligne-t-il, de mettre en valeur, à la lumière de la foi catholique et de la raison, de la vérité et de la charité, ces éléments positifs » à savoir « leur façon de professer la foi, de penser, d’entrer en relation avec les autres, de s’exprimer, de se développer pour le bien de la société humaine et de l’Eglise. »

Selon l’archevêque, grâce à ces étudiants, « la fraternité universelle et le dialogue entre la foi et la culture, la raison et la science » sont rendus possibles dans les cadres « scolaire, universitaire, multiethnique, multiculturel. »

La migration, chance pour l’évangélisation

Parce qu’il « se familiarise avec les sociétés et les cultures d’accueil », fait observer Mgr Vegliò, l’étudiant international pourra devenir « artisan et protagoniste » de l’Evangélisation.

L’archevêque en déduit que « la migration des étudiants internationaux offre donc à l’Eglise un don spécial, dans la mesure où ils sont acteurs et destinataires de sa mission » : « Ils contribuent ainsi à l’évangélisation et à la « nouvelle évangélisation », à la création d’un nouvel humanisme de fraternité et de solidarité, de respect et d’unité dans la diversité. »

Citant le Concile Vatican II, l’archevêque rappelle que l’Eglise s’est toujours servi des différentes cultures « pour diffuser et expliquer, dans sa prédication, le message du Christ à tous les peuples ». Ceci, à l’image de la révélation de Dieu qui « a parlé selon le type de culture propre aux diverses époques historiques ».

Lorsque la prédication entre « en communion » avec les différentes cultures, elle enrichit aussi bien l’Eglise que ces cultures : « L’Evangile du Christ renouvelle continuellement la vie et la culture, il féconde de l’intérieur, il fortifie, complète et restaure dans le Christ les qualités spirituelles et les talents de chaque peuple. »

Mgr Vegliò souligne, en outre, l’importance de cette mission en citant Jean-Paul II : «l’évangélisation missionnaire constitue le premier service que l’Eglise peut rendre à chaque homme et à l’humanité entière dans le monde actuel » : « Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l’Eglise ne peut se soustraire à ce devoir suprême : annoncer le Christ à tous les peuples ».

« La mission, ajoute l’archevêque, renouvelle l’Eglise, renforce la foi et l’identité chrétienne, donne un nouvel enthousiasme et de nouvelles motivations. »

Pour encourager les travaux du congrès, Mgr Vegliò rappelle que Benoît XVI a invité, dans le contexte actuel des migrations et des mélanges de populations, « à la recherche patiente, rigoureuse et humble, de la lumière qui vient de la Vérité » (Africae Munus n°135).

Source : Zenit

« La nouvelle évangélisation a besoin de témoins crédibles »

Marie Lussignol dans la vidéo de la Frassateam intitulée 'J'ai relancé ma vie spirituelle'

La nouvelle évangélisation a besoin de « témoins crédibles » capables de transmettre leur foi, indique d’un communiqué du secrétariat du synode des évêques à propos du prochain synode sur « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » qui aura lieu au Vatican en 2012, du 7 au 28 octobre.

Le secrétariat général du Synode des évêques a en effet tenu son conseil ordinaire les 22 et 23 novembre avec la participation de représentants des cinq continents. La prochaine réunion du conseil se tiendra les 16 et 17 février 2012, explique un communiqué publié le 1er décembre par la salle de presse du Saint-Siège.

La préparation du synode en est arrivé en effet à la synthèse des réactions reçues du mode entier au document de base : les « Lineamenta », dont le premier chapitre est « l’urgence d’une nouvelle évangélisation » Le document a été présenté au Vatican le 4 mars 2011. Il affirme notamment que la nouvelle évangélisation, c’est « une attitude, un style audacieux », pour manifester « la force transformatrice du message évangélique ».

Le conseil synodal a donc maintenant planché sur l’élaboration du plan du second document, l’ « Instrument de travail » de l’assemblée d’octobre prochain, l’Instrumentum laboris.

Les membres du conseil ont évoqué les défis du monde moderne – des mutations à l’agnosticisme en passant par la sécularisation – et ils ont évoqué des pistes de réponses : il faut certes des moyens et des langages nouveaux, mais surtout, des « témoins crédibles ».

C’est par ces témoins que la foi pourra être transmise aux nouvelles générations, notamment grâce au rôle irremplaçable de la « famille » et de « l’école » pour éduquer à la foi.

Le conseil synodal appelle aussi de ses vœux un « nouveau comportement missionnaire » pour rejoindre non seulement les baptisés qui ont abandonné la foi, mais aussi ceux qui se disent non-croyants, agnostiques ou disciples d’une autre religion.

Ce synode sera en outre l’occasion de célébrer des anniversaires significatifs : le 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II par le bienheureux Jean XXIII (10 octobre 1962), le 20e anniversaire de la promulgation par le bienheureux Jean-Paul II du Catéchisme de l’Eglise catholique (11 octobre 2012).

Ce sera aussi le début de l’Année de la Foi que le pape Benoît XVI a promulguée par la publication de la Lettre apostolique sous forme de motu proprio « La Porte de la Foi » – « Porta fidei », le 17 octobre dernier. « Elle commencera le 11 octobre 2012, explique le pape, lors du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et se terminera en la solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi de l’univers, le 24 novembre 2013 ».

Source : Zenit

Cantalamessa : « un grand acte de foi et d’espérance pour une nouvelle évangélisation »

« Allez dans le monde entier. La première vague d’évangélisation » : c’est le thème de la première prédication du Père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale pour l’Avent 2011, donnée vendredi dernier au Vatican, en présence de Benoît XVI. Cette année, les prédications ont pour thème l’évangélisation. Dans celle-ci, le Père Cantalamessa est revenu sur la question de la nouvelle évangélisation, en soulignant qu’elle demande « un grand acte de foi d’espérance ».  Texte intégral.

L’Avent 2011 à la Maison Pontificale
Première prédication

La première vague d’évangélisation

En réponse au Souverain pontife qui appelle à de nouveaux efforts d’évangélisation et en préparation du Synode des évêques de 2012 sur le sujet, je me propose de déterminer, dans ces médiations de l’Avent, quatre vagues de nouvelle évangélisation, soit quatre moments qui, dans l’histoire de l’Eglise, ont été marqués par une accélération ou une reprise de l’engagement missionnaire. Voici ces moments :
1. Les trois premiers siècles de l’expansion du christianisme, jusqu’à la veille de l’édit de Constantin où les personnages clefs sont d’abord les prophètes puis les évêques;
2. les VIe-IXe siècles où l’on assiste, grâce aux moines, à une nouvelle évangélisation de l’Europe après les invasions barbares;
3. le XVIe siècle avec la découverte et la conversion au christianisme des peuples du « nouveau monde », par les religieux;
4. l’époque actuelle qui voit l’Eglise engagée dans une nouvelle évangélisation de l’occident sécularisé, avec la participation déterminante des laïcs.

A chacune de ces époques, je tâcherai de mettre en évidence ce que nous pouvons apprendre pour l’Église d’aujourd’hui: quelles sont les erreurs à éviter et les exemples à imiter et quelle contribution spécifique les moines, les religieux de vie apostolique et les laïcs peuvent apporter à cette évangélisation.

1. La diffusion du christianisme, aux trois premiers siècles
Commençons aujourd’hui par une réflexion sur l’évangélisation chrétienne aux trois premiers siècles. Il y a surtout une raison qui fait de cette période un modèle pour tous les temps. C’est l’époque où le christianisme se fraye un chemin en ne comptant exclusivement que sur ses propres forces. Aucun « bras séculier » n’est là pour le soutenir ; les conversions ne sont le résultat d’aucun avantage extérieur, matériel ou culturel; être chrétien n’est pas une habitude ou une mode, mais un choix à contre-courant, au péril même souvent de la vie. En un certain sens, cette situation est celle que les chrétiens connaissent aujourd’hui certaines régions du monde.
La foi chrétienne naît avec une ouverture universelle. Jésus avait dit à ses disciples d‘aller « dans le monde entier » (Mc 16, 15), de « faire des disciples dans toutes les nations » (Mt 28, 19), d’être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8), de « proclamer la conversion en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations » (Lc 24, 47).
L’application de ce principe d’universalité apparaît déjà dans la génération des apôtres, toutefois non sans difficultés ni déchirures. Le jour de la Pentecôte, la première barrière franchie est celle de la race (les trois mille convertis étaient de peuples différents, mais tous des prosélytes du judaïsme); dans la maison de Corneille et au Concile dit « de Jérusalem », surtout sous l’impulsion de Paul, c’est la barrière la plus tenace de toutes qui est franchie, la barrière religieuse qui divisait les juifs des païens. L’Evangile a désormais devant lui le monde entier, même si ce monde, selon la connaissance des hommes de l’époque, se limite au bassin méditerranéen et aux frontières de l’empire romain.
Suivre l’expansion concrète ou géographique du christianisme au cours des trois premiers siècles est plus complexe mais finalement moins nécessaire pour notre but. L’étude la plus complète, et toujours en vigueur, sur le sujet, est celle d’Adolph von Harnack, « Mission et expansion du Christianisme aux trois premiers siècles » .
Dans l’Eglise, l’activité missionnaire connaît une forte poussée sous l’empereur Commode (180-192) et puis dans la seconde moitié du IIIe siècle, c’est-à-dire à la veille de la grande persécution de Dioclétien (302). A part quelque persécution locale sporadique, ce fut une période où l’Eglise naissante, a pu se fortifier au plan interne et développer une activité missionnaire d’un genre nouveau.
Voyons en quoi consiste cette nouveauté. Au cours des deux premiers siècles, la propagation de la foi était confiée à l’initiative personnelle. Les prophètes itinérants, dont parle la Didaché, se déplaçaient d’un endroit à l’autre ; beaucoup de conversions étaient le résultat de contacts personnels, favorisés par l’exercice d’un même métier, par des voyages et des rapports commerciaux, par le service militaire ou d’autres circonstances de la vie. Origène nous offre une description émouvante du zèle de ces premiers missionnaires:
« Les chrétiens font tout leur possible pour répandre la foi dans le monde. Certains, à cette fin, se donnent formellement pour mission de vie, d’aller de ville en ville, mais aussi de bourg en bourg et de villa en villa pour gagner de nouveaux fidèles pour le Seigneur. Et l’on ne dira pas, je l’espère, que ceux-ci le font pour y gagner quelque chose, parce que souvent, ils refusent même d’accepter ce qui est nécessaire pour vivre » .

Maintenant, c’est-à-dire dans la seconde moitié du IIIe siècle, ces initiatives personnelles sont de plus en plus coordonnées et en partie remplacées par la communauté locale. L’évêque, ne serait-ce que par réaction face aux poussées destructrices de l’hérésie gnostique, arrive à prendre le dessus sur les maîtres, à jouer son rôle central dans la vie interne de la communauté, devenant aussi le moteur de son activité missionnaire. La communauté est désormais le sujet évangélisateur, au point qu’un expert comme Harnack, que l’on ne saurait soupçonner de sympathie pour l’institution, peut affirmer: « Nous devons tenir pour vrai que la seule existence et le travail constant de chaque communauté furent le facteur principal de la propagation du christianisme ».
Vers la fin du IIIe siècle, la foi chrétienne a pratiquement pénétré chaque couche de la société. Elle a désormais sa propre littérature en langue grecque et une autre, qui vient de commencer, en langue latine. Son organisation interne est solide. Elle commence à construire des édifices de plus en plus larges, signe que le nombre des croyants grandit. La grande persécution de Dioclétien, à part les nombreuses victimes, n’a fait que mettre en lumière la force désormais irrépressible de la foi chrétienne. Le dernier bras de fer entre l’empire et le christianisme en a donné la preuve.
Constantin ne fera, au fond, que prendre acte de ce nouveau rapport de force. Ce n’est pas lui qui imposera le christianisme au peuple, mais le peuple qui lui imposera le christianisme. Des affirmations comme celles de Dan Brown dans le roman : « Da Vinci code » et d’autres divulgateurs, selon lesquels Constantin, pour des raisons personnelles, aurait transformé, par un édit de tolérance et avec le concile de Nicée, une sombre secte religieuse judaïque en religion de l’empire, se fonde sur une totale ignorance de ce qui précéda de tels évènements.

2. Les raisons du succès
Une question qui a toujours passionné les historiens est celle des raisons du triomphe du christianisme. Un message né dans un coin obscur et méprisé de l’empire, au milieu de gens simples, sans culture et sans pouvoir, s’étend, en moins de trois siècles, au monde connu de l’époque, finissant par dominer la culture extrêmement raffinée des Grecs et la puissance impériale de Rome!
Parmi les différentes raisons de ce succès, certains insistent sur l’amour chrétien et l’exercice actif de la charité, jusqu’à faire de celui-ci « le plus puissant facteur, singulièrement pris, du succès de la foi chrétienne », au point d’induire, plus tard, l’empereur Julien l’Apostat à doter le paganisme des mêmes œuvres de charité pour s’opposer à un tel succès.
Harnack, pour sa part, donne une grande importance à ce qu’il appelle la nature « syncrétiste » de la foi chrétienne, c’est-à-dire à la capacité de concilier en soi des tendances opposées et les différentes valeurs présentes dans les religions et dans la culture de l’époque. Le christianisme se présente, en même temps, comme la religion de l’Esprit et de la puissance, c’est-à-dire accompagnée de signes surnaturels, de charismes et miracles, et comme la religion de la raison et du Logos intégral, « la vraie philosophie », aux dires du martyr St Justin. Les auteurs chrétiens sont « les rationalistes du surnaturel » , affirme Harnack en citant Paul et ses propos sur la foi décrite comme « l’adoration véritable » (Rm 12,1).
De cette façon, dans un équilibre parfait, le christianisme réunit en lui ce que le philosophe Nietzsche définit comme l’élément apollinien et l’élément dionysiaque de la religion grecque, le Logos et le Pneuma, l’ordre et l’enthousiasme, la mesure et l’excès. C’est ce que les Pères de l’Eglise entendaient, au moins en partie, avec le thème de la « sobre ivresse de l’Esprit ».
« Dès le début, écrit Harnack au terme de sa recherche monumentale, la religion chrétienne a révélé une universalité qui lui a permis d’assumer la vie tout entière, avec toutes ses fonctions, ses élévations et ses profondeurs, ses sentiments, ses pensées et ses actions. C’est cet esprit d’universalité qui a garanti sa victoire. C’est ce qui l’a conduite à professer que le Jésus qu’elle annonçait était le Logos divin … Une nouvelle lueur l’éclaire, et cette puissante attraction qui fait qu’elle est arrivée à absorber l’Hellénisme, à le subordonner à elle, se révèle presque comme une nécessité. Tout ce qui, d’une certaine façon, était encore capable de vie entra comme un élément dans sa construction… Comment une telle religion aurait-elle pu ne pas gagner ? »
L’impression que l’on a en lisant cette synthèse est que le succès du christianisme est dû à un ensemble de facteurs. Certains sont allés si loin dans la recherche des raisons d’un tel succès, qu’ils ont trouvé vingt causes en faveur de la foi et tout autant de causes allant en sa défaveur, comme si l’issue finale dépendait de la victoire des premières sur les secondes.
Je voudrais maintenant mettre en évidence la limite d’une telle approche historique, bien que celle-ci soit faite par des historiens croyants comme ceux que j’ai évoqués jusqu’à présent. Cette limite, due à la méthode historique même, est que l’on donne plus d’importance au sujet qu’à l’objet de la mission, aux évangélisateurs et aux conditions dans lesquelles celle-ci a lieu, plus qu’à son contenu.
La raison qui me pousse à le faire est que cette limite est aussi la limite et le danger que l’on retrouve dans beaucoup d’approches actuelles et médiatiques, quand on parle de nouvelle évangélisation. On oublie une chose très simple: que Jésus lui-même avait donné à l’avance une explication à la diffusion de son Evangile et c’est de là que l’on doit repartir à chaque fois que nous nous apprêtons à un nouvel effort missionnaire.
Réécoutons deux brèves paraboles évangéliques, celle du grain qui germe et qui grandit même la nuit et celle du grain de moutarde.
« Il disait: « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le fruit est prêt, on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson » (Mc 4, 26-29).

Cette parabole, à elle seule, nous dit que la raison essentielle du succès de la mission chrétienne ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur, qu’elle n’est pas l’œuvre du semeur ni même du sol, mais du grain semé. Le grain ne peut se semer tout seul, mais c’est néanmoins automatiquement et de lui-même qu’il germe. Après avoir jeté le grain, le semeur peut bien aller se coucher, la vie du grain ne dépend plus de lui. Lorsque ce grain est « le grain tombé en terre et qui meurt », autrement dit Jésus Christ, rien ne saurait l’empêcher de « porter beaucoup de fruit ». On peut donner toutes les explications que l’on veut à ces fruits, celles-ci resteront toujours en surface, elles ne saisiront jamais l’essentiel.

L’apôtre Paul est celui qui, avec lucidité, a saisi la priorité de l’objet de l’annonce par rapport au sujet : « J’ai planté, Apollos a arrosé: mais c’est Dieu qui a donné la croissance ». Ces paroles semblent commenter la parabole de Jésus. Il ne s’agit pas de trois opérations ayant le même degré d’importance; l’apôtre ajoute en effet: « Donc celui qui plante ne compte pas, ni celui qui arrose; seul compte celui qui donne la croissance! » (1 Co 3, 6-7). La même distance qualitative entre le sujet et l’objet de l’annonce est présente dans une autre parole de l’Apôtre: « Mais ce trésor, nous, les Apôtres, nous le portons en nous comme dans des poteries sans valeur ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire ne vient pas de nous, mais de Dieu » (2 Co 4,7). Tout cela se traduit dans ces exclamations programmatiques: « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais Jésus Christ notre Seigneur ! » ; ou encore : « Nous prêchons le Christ crucifié ».

Jésus a prononcé une seconde parabole fondée sur l’image du grain qui explique le succès de la mission chrétienne et dont on doit tenir compte aujourd’hui, devant cette tâche immense qui consiste à réévangéliser un monde sécularisé.

« Il disait : « A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole allons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre » (Mc 4, 30-32).

L’enseignement que le Christ nous donne par cette parabole est que son Evangile, sa personne même, est tout ce qu’il y a de plus petit sur terre car il n’existe rien de plus petit et de plus faible qu’une vie qui finit par une mort sur la croix. Pourtant, cette petite « graine de moutarde » est destinée à devenir un arbre immense, si grand que ses branches ont la capacité d’accueillir tous les oiseaux qui viendront s’y réfugier. Cela signifie que toute la création, vraiment toute, ira s’y réfugier.

Quel contraste par rapport aux reconstructions historiques évoquées plus haut! Là, tout paraissait incertain, aléatoire, suspendu entre le succès et l’échec ; ici, tout est décidé et garanti depuis le début! Dans l’épisode de l’onction à Béthanie, Jésus conclut par ces mots: « Amen, je vous le dis : partout où cette Bonne Nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire » (Mt 26,13). La même conscience tranquille qu’un jour son message aurait été diffusé « dans le monde entier ». Et ne s’agit, certes pas, d’une prophétie « post eventum », car à ce moment-là tout laissait présager le contraire.

En cela aussi, c’est Paul qui, entre tous, a le mieux saisi « le mystère caché ». Il y a un fait qui me frappe toujours : l’Apôtre a prêché à l’Aréopage d’Athènes et il a essuyé un refus du message, de façon polie, avec la promesse de l’écouter à une autre occasion. A Corinthe, où il s’est rendu aussitôt après, il a écrit sa Lettre aux Romains, y affirmant avoir reçu la tâche d’amener « toutes les nations à l’obéissance de la foi » (Rm 1, 5-6). L’insuccès n’a pas le moins du monde égratigné sa confiance dans le message : « Je n’ai pas honte, s’écrie-t-il, de l’Évangile, car il est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui est devenu croyant, d’abord le Juif, et aussi le païen” (Rm 1, 16).

« Chaque arbre, dit Jésus, se reconnaît à son fruit » (Lc 6, 44). Cela vaut pour chaque arbre, à l’exception de l’arbre sorti de lui, le christianisme (et en effet, il parle ici des hommes); il est le seul arbre qui ne se reconnaît pas à ses fruits, mais à sa racine. Dans le christianisme, la plénitude n’est pas à la fin, comme dans la dialectique hégélienne du devenir (« le vrai c’est le tout » ), mais elle est au début; aucun fruit, voire même les plus grands saints, n’ajoute quelque chose à la perfection du modèle. Dans ce sens, celui qui a affirmé que « le christianisme n’est pas perfectible » a raison.

3. Semer et …aller dormir

Ce que les historiens des origines chrétiennes ne retiennent pas, ou qu’ils jugent peu important, est cette incontrôlable certitude que les chrétiens de jadis, du moins les meilleurs d’entre eux, avaient de la bonté et de la victoire finale de leur cause. « Vous pouvez nous tuer, mais nous nuire, jamais », avait dit le martyr St Justin au juge romain qui le condamnait à mort. A la fin, c’est cette tranquille certitude qui leur a garanti la victoire, qui a convaincu les autorités politiques de l’inutilité de leurs efforts pour supprimer la foi chrétienne.

C’est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui: réveiller chez les chrétiens, au moins chez ceux qui entendent se consacrer à cette nouvelle œuvre d’évangélisation, la certitude intime de la vérité de ce qu’ils annoncent. « L’Eglise, a dit un jour Paul VI, a besoin de retrouver le souci, le goût et la certitude de sa vérité » . Nous devons être les premiers à croire en ce que nous annonçons ; mais y croire vraiment. Nous devons pouvoir dire avec Paul: « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c’est pourquoi nous parlons » (2 Co 4, 13).

La tâche concrète que les deux paraboles de Jésus nous confie c’est de semer. Semer à pleines mains, « à temps ou à contretemps » (2 Tm 4,2). Le semeur de la parabole qui sort semer ne se préoccupe pas qu’une part de la semence finisse sur la route et une autre part dans les ronces, et dire que ce semeur, hors de parabole, c’est Jésus lui-même! Car, dans ce cas, on ne peut pas savoir à l’avance quel terrain se révélera être bon, ou bien dur comme de l’asphalte et étouffant comme un buisson. C’est ici qu’intervient la liberté humaine que l’homme ne peut prévoir et que Dieu ne veut pas violer. Que de fois ne découvre-t-on pas que, parmi les personnes qui ont écouté tel sermon ou lu tel livre, celle qui l’a vraiment pris au sérieux et en a eu sa vie changée, c’était celle à laquelle on s’attendait le moins, qui se trouvait là par hasard ou à contrecœur. Je pourrais moi-même raconter des dizaines de cas.

Donc semer, et ensuite … aller dormir! Autrement dit semer et ne pas rester là tout le temps à regarder, quand cela pousse, où cela pousse, de combien de centimètres cela pousse chaque jour. L’enracinement et la croissance ne sont pas notre affaire, mais l’affaire de Dieu et de celui qui écoute. Un grand humoriste anglais du XIXe siècle, Jerome Klapka Jerome, dit que le meilleur moyen de retarder l’ébullition de la cuisson dans une casserole est de rester au-dessus et d’attendre avec impatience.

Faire le contraire est une source inévitable d’inquiétude et d’impatience : ce sont des choses qui ne plaisent pas à Jésus et qu’il ne faisait jamais quand il était sur terre. Dans l’Evangile, il ne semble jamais être pressé. « Ne vous faites donc pas de souci pour demain, disait-il à ses disciples. Demain se souciera de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6,34).

A ce propos, le poète croyant Charles Péguy met dans la bouche de Dieu des paroles sur lesquelles cela nous fait du bien à nous aussi de méditer:

« On me dit qu’il y a des hommes
Qui travaillent bien et qui dorment mal.
Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi !
C’est presque plus grave
Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la paresse
N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude …
Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes
Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas.
Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu…
Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas…
Je les plains. Je leur en veux. Un peu. Ils ne me font pas confiance …
Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le jour.
Mais ils ne veulent pas m’en confier le gouvernement pendant la nuit …
Celui qui ne dort pas est infidèle à l’Espérance … » .

Les réflexions faites dans cette méditation, nous encouragent, en conclusion, à mettre à la base de cet engagement pour une nouvelle évangélisation un grand acte de foi et d’espérance, à nous défaire de tout sens d’impuissance et de résignation. Nous avons devant nous, il est vrai, un monde enfermé dans son sécularisme, pris dans l’ivresse des succès de la technique et des possibilités qu’offre la science, réfractaire à l’annonce de l’Evangile. Mais, le monde qui se présentait aux premiers chrétiens – l’hellénisme avec son savoir et l’empire romain avec sa puissance – était-il par hasard moins réfractaire à l’évangile ?

S’il y a une chose que nous pouvons faire, après avoir « semé », c’est d’« arroser », par la prière, le grain jeté. Terminons donc sur cette prière que la liturgie nous fait réciter au cours de la Messe « pour l’évangélisation des peuples »:

Dieu, qui veux que tous les hommes soient sauvés
Et parviennent à la connaissance de la vérité;
Vois comme la moisson est grande et envoie des ouvriers,
Pour que l’Evangile soit annoncé à chaque créature
Et que ton peuple, rassemblé par la parole de vie
Et modelé par la force des sacrements,
Avance sur la voie du salut et de l’amour.
Par le Christ, Notre Seigneur. Amen.

Traduit en français par Zenit (Isabelle Cousturié)

 

Benoît XVI : « La nouvelle évangélisation est inséparable de la famille chrétienne »

Le pape a reçu jeudi matin l’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la famille et son Président, le Cardinal Ennio Antonelli, qui viennent de travailler sur l’exhortation Familiaris consortio de Jean-Paul II. « Comme cela s’est déjà produit, a déclaré Benoît XVI, l’éclipse de Dieu, une idéologie contraire à la famille et la dégradation de la morale sexuelle semblent liées… Or la nouvelle évangélisation est inséparable de la famille chrétienne, voie de l’Eglise car elle est l’espace humain de la rencontre du Christ. Fondée sur le sacrement du mariage, émanation de l’Eglise, communauté sauvée et salvatrice, la famille est évangélisée et évangélisatrice. Comme l’Eglise, elle est appelée à diffuser et manifester au monde l’amour et la présence du Christ, qui se manifestent dans l’engagement des époux et dans la procréation responsable, l’éducation des enfants, les relations sociales et professionnelles, l’attention aux frères, la participation à la vie ecclésiale et civile ». La famille chrétienne doit refléter dans le monde la beauté du Christ et de la Trinité, qui se manifeste dans une vie d’amour, de communion et de service.
Puis Benoît XVI a évoqué la clôture à Ancône du récent Congrès eucharistique italien, où ecclésiastiques et laïcs ont montré que leurs mode de vie ont la même racine et une mission commune, celle « de témoigner et d’appliquer l’amour divin au service de la communauté et pour l’édification du peuple de Dieu. Ceci permet de dépasser une vision réductive de la famille qui ne la voudrait qu’une simple destinataire de l’action pastorale… La famille, qui est bien le lieu privilégié de l’éducation chrétienne, demeure pour cela la meilleure alliée du ministère sacerdotal ». Les époux chrétiens sont donc invités à « évangéliser par leur témoignage de vie et à travers la participation à des activités pastorales ».

Le Saint-Père a alors énuméré les terrains d’action privilégiés des familles et du clergé, l’éducation des jeunes à un amour de communion, la préparation au mariage et la formation des futurs époux, la participation aux associations caritatives et éducatives, la pastorale des familles pour la famille. Il a enfin évoqué la VII Rencontre mondiale des familles, qui se déroulera en juin prochain à Milan, et qui sera « pour nous tous une grande joie de rencontrer et de prier avec des familles du monde entier ».

Sources : Zenit et VIS

Famille et nouvelle évangélisation

Extrait d’un billet de Jean-Baptiste Maillard publié le 5 octobre dernier sur le blog du Jour du Seigneur, ayant pour thème la famille et la nouvelle évangélisation.

A Nazareth, en décembre 1994, pour la clôture de l’Année de la Famille, le cardinal Lopez Trujillo, le Président du Conseil pontifical pour la famille, prononçait une homélie en la basilique de l’Annonciation en soulignant le rôle missionnaire des familles chrétiennes. Citant la Lettre à Diognète (anonyme du IIe siècle), il rappelait : « Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par leur origine, ni par leurs institutions (leur genre de vie n’a rien de singulier). Ils suivent les coutumes du pays où ils vivent dans leurs façons de s’habiller, dans leur alimentation et dans toutes les choses de la vie, mais en toute chose ils font preuve d’un style de vie qui, de l’aveu de tous, est admirable et étonnant. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils mettent en commun la table, mais pas le lit, vivent dans la chair, mais pas selon la chair » (1).

Le cardinal expliquait : « Ils savaient, ces chrétiens, que le dessein de Dieu est le chemin du bonheur et de la dignité. Aujourd’hui comme hier, la vérité de la famille s’appuie sur le témoignage des foyers chrétiens, qui se transforme en une annonce pénétrante et attirante dans un monde qui court le risque de ‘tenir la vérité captive », comme l’observe Saint Paul, dans une humanité enténébrée, désorientée et humiliée (…) L ‘annonce de l’évangile de la famille, bien qu’il s’agisse d’une institution naturelle, prend à travers le témoignage des premières familles chrétiennes toute la force d’une annonce originale, nouvelle et surprenante par sa densité, et représente comme un défi pour les peuples païens » (2).

Dans son exhortation sur la famille chrétienne, Familiaris consortio, le pape Jean-Paul II rappelait que les premiers instants du mariage sont eux-mêmes évangélisation. « Le moment fondamental de l’expression de la foi des époux en tant que tels et celui de la célébration du sacrement de mariage, qui, par sa nature profonde, est la proclamation, dans l’Eglise, de la Bonne Nouvelle sur l’amour conjugal : il est Parole de Dieu qui ‘révèle’ et ‘accomplit’ le projet plein de sagesse et d’amour que Dieu a sur les époux, introduits dans la participation mystérieuse et réelle à l’amour même de Dieu pour l’humanité. Si la célébration sacramentelle du mariage est en elle-même proclamation de la Parole de Dieu, tous ceux qui sont, à des titres divers, protagonistes et célébrants, doivent en faire une ‘profession de foi’, accomplie au sein de l’Eglise et avec l’Eglise, communauté de croyants. Cette profession de foi demande à être prolongée tout au long de la vie des époux et de la famille. » (3)

Ainsi les époux sont témoins de ce que le Seigneur réalise dans leur vie. Leur amour et la vie qu’ils accueillent à leur tour sont une proclamation de « l’Evangile de la vie », pour reprendre l’expression de Jean-Paul II, qui précise que le ‘premier ministère’ des époux se situe au sein même de leur foyer. Il s’agit ici de l’évangélisation de leurs enfants : « la mission éducative est comme un vrai ministère, grâce auquel l’Evangile est transmis et diffusé, à tel point que la vie familiale dans son ensemble devient chemin de foi, et initiation chrétienne, école de vie à la suite du Christ ». Et le Pape d’ajouter : « en vertu de ce ministère, les parents, à travers le témoignage de vie, sont les hérauts de l’Evangile auprès de leurs enfants ». Mais cette évangélisation va plus loin, puisque les époux sont invités aussi à transmettre « à leurs frères » le même amour du Christ, en devant ainsi une communauté « qui sauve ». Cette mission se fait donc « en temps que couple, mais aussi en temps que famille, de façon communautaire » (4).

Jésus disait : « C’est à l’amour que vous aurez les uns et les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples » (5). Une famille qui s’aime rayonne, elle est témoin de l’amour de Dieu dans le monde qui l’entoure. Comme la vie en Eglise, elle est un chemin de sainteté, or « le plus grand missionnaire, c’est le saint », disait aussi Jean-Paul II (6).

Quel rapport avec la nouvelle évangélisation, me direz-vous ? Benoît XVI dit que « la nouvelle évangélisation est un premier engagement qui nous concerne tous » (7). Ce qu’a voulu Jean-Paul II en lançant cet appel à une nouvelle évangélisation « dans son ardeur, dans ses méthodes et dans son expression » n’est donc pas le monopole d’une supposée mouvance de catholiques. C’est un appel pour tous les baptisés. Or aujourd’hui l’Evangile de la vie, à travers le mariage et la famille, demande une annonce nouvelle, renouvelée, dans sa force, dans ses moyens, dans ses langages. Le monde a besoin du témoignage de couples qui s’aiment et celui-ci doit se proposer à frais nouveaux. Une méthode particulière pour cette nouvelle évangélisation de la famille : les parcours de préparation au mariage, dans les paroisses, qui accueillent de nombreuses personnes n’ayant pas encore vécu l’expérience d’une rencontre personnelle avec le Christ. Mais il y en a d’autres. Internet, avec les blogs, les discussions dans les forums et le contact de personne à personne via les réseaux sociaux, peut aussi participer à cette mission première de l’Eglise.

Notes

(1) Lettre à Diognète, V, 1-7

(2) Cardinal Alphonso Lopez Trujillo, Famille, vie et nouvelle évangélisation, éditions Tequi, octobre 2000.

(3) Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris Consortio, n°51

(4) Ibid, n°49

(5) Jean 13,25

(6) Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris missio sur la mission du Christ rédempeur

(7) Benoît XVI, message pour la XXIVe Journée mondiale de la jeunesse, février 2009

 

Africa munus : la nouvelle évangélisation

Partie consacrée à la nouvelle évangélisation, extraite du texte intégral de l’exhortation apostolique Africa Munus de Benoît XVI sur l’Afrique, rendue publique samedi dernier, lors de son voyage au Bénin, et disponible sur le site du Vatican.

LA NOUVELLE EVANGELISATION

159. Avant de conclure ce document, je désire revenir à nouveau sur la tâche de l’Église en Afrique qui est celle de s’engager dans l’évangélisation, dans la missio ad gentes, ainsi que dans la nouvelle évangélisation, afin que la physionomie du continent africain se modèle toujours plus sur l’enseignement toujours actuel du Christ, vraie « lumière du monde » et authentique « sel de la terre ».

A. Porteurs du Christ, « Lumière du monde »

160. L’œuvre urgente de l’évangélisation se réalise de manière différente, selon la diversité des situations de chaque pays. « Au sens propre, il y a la mission ad gentes pour ceux qui ne connaissent pas le Christ. Au sens large, on parle d’ “évangélisation” pour ce qui concerne l’aspect ordinaire de la pastorale, et de la “nouvelle évangélisation” pour ceux qui ne suivent plus une conduite chrétienne ».[212] Seule l’évangélisation qui est animée par la force de l’Esprit-Saint, devient la « loi nouvelle de l’Évangile » et porte des fruits spirituels.[213] Le cœur de toute activité évangélisatrice est l’annonce de la personne de Jésus, le Verbe de Dieu incarné (cf. Jn 1, 14), mort et ressuscité, pour toujours présent dans la communauté des fidèles, dans son Église (cf. Mt 28, 20). Il s’agit d’une tâche urgente non seulement pour l’Afrique, mais pour le monde entier, car la mission que le Christ rédempteur a confiée à son Église n’a pas encore atteint sa pleine réalisation.

161. L’« Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu » (Mc 1, 1) est le chemin sûr pour rencontrer la Personne du Seigneur Jésus. Scruter les Écritures nous permet de découvrir toujours plus le véritable visage de Jésus, révélation de Dieu le Père (cf. Jn 12, 45), et son œuvre de salut. « Redécouvrir la centralité de la Parole divine dans la vie chrétienne nous fait retrouver la signification la plus profonde de ce que le Pape Jean-Paul II a rappelé avec force : poursuivre lamissio ad gentes et entreprendre de toutes nos forces la nouvelle évangélisation ».[214]

162. Conduite par l’Esprit-Saint, l’Église en Afrique doit annoncer – en le vivant – le mystère du salut à ceux qui ne le connaissent pas encore. L’Esprit Saint que les chrétiens ont reçu au Baptême est le feu d’amour qui pousse à l’action évangélisatrice. Après la Pentecôte, les disciples « remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2, 4) sont sortis du Cénacle, où, par peur, ils s’étaient enfermés, pour proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. L’évènement de la Pentecôte, nous permet de mieux comprendre la mission des chrétiens, « lumière du monde » et « sel de la terre » sur le continent africain. Le propre de la lumière est de se diffuser et d’éclairer de nombreux frères et sœurs qui sont encore dans les ténèbres. La missio ad gentes engage tous les chrétiens d’Afrique. Animés par l’Esprit, ils doivent être porteurs de Jésus-Christ, « lumière du monde », partout sur le continent, dans tous les domaines de la vie personnelle, familiale et sociale. Les Pères synodaux ont souligné « l’urgence et la nécessité de l’évangélisation qui est la mission et la véritable identité de l’Église ».[215]

B. Témoins du Christ ressuscité

163. Le Seigneur Jésus exhorte encore aujourd’hui les chrétiens d’Afrique à prêcher en son nom « à tous les peuples, la conversion et le pardon des péchés » (Lc 24, 47). Pour cela, ils sont appelés à être témoins du Seigneur ressuscité (cf. Lc 24, 48). Les Pères synodaux ont souligné que l’évangélisation « consiste essentiellement à rendre témoignage au Christ dans la puissance de l’Esprit par la vie, puis par la parole, dans un esprit d’ouverture aux autres, de respect et de dialogue avec eux, en s’en tenant aux valeurs de l’Évangile ».[216] Pour ce qui est de l’Église en Afrique, ce témoignage doit être au service de la réconciliation, de la justice et de la paix.

164. L’annonce de l’Évangile doit retrouver l’ardeur des débuts de l’évangélisation du continent africain, attribuée à l’évangéliste Marc, suivi par une « foule innombrable de saints, de martyrs, de confesseurs et de vierges ».[217] Avec gratitude, il faut se mettre à l’école de l’enthousiasme de nombreux missionnaires qui, pendant plusieurs siècles, ont sacrifié leur vie pour apporter la Bonne Nouvelle à leurs frères et sœurs africains. Au cours de ces dernières années, l’Église a commémoré en différents pays le centenaire de l’évangélisation. Elle s’est justement engagée à diffuser l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore le nom de Jésus-Christ.

165. Afin que cet effort devienne toujours plus efficace, la missio ad gentes doit aller de pair avec la nouvelle évangélisation. En Afrique aussi, les situations qui requièrent une nouvelle présentation de l’Évangile, « nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes et dans ses expressions »,[218] ne sont pas rares. En particulier, la nouvelle évangélisation doit intégrer la dimension intellectuelle de la foi dans l’expérience vive de la rencontre avec Jésus-Christ présent et agissant dans la communauté ecclésiale. Car à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. La catéchèse doit donc intégrer la partie théorique, constituée de notions apprises par cœur, à celle pratique, vécue au niveau liturgique, spirituel, ecclésial, culturel et caritatif, afin que la semence de la Parole de Dieu, tombée sur une terre fertile, laisse de profondes racines et puisse grandir et parvenir à maturité.

166. Pour que cela advienne, il est indispensable d’employer de nouvelles méthodes qui sont à notre disposition aujourd’hui. Quand il s’agit des moyens de communication sociale dont j’ai déjà parlé, il ne faut pas oublier ce que j’ai noté récemment dans l’Exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini : « Saint Thomas d’Aquin, en mentionnant saint Augustin, insiste avec force : “Même la lettre de l’Évangile tue s’il manque, à l’intérieur de l’homme, la grâce de la foi qui guérit” ».[219] Conscients de cette exigence, il faut aussi toujours se rappeler qu’aucun moyen ne peut ni ne doit se substituer au contact personnel, à l’annonce verbale, ainsi qu’au témoignage d’une vie chrétienne authentique. Ce contact personnel et cette annonce verbale doivent exprimer la foi vive qui engage et transforme l’existence, et l’amour de Dieu qui touche et rejoint chacun tel qu’il est.

C. Missionnaire à la suite du Christ

167. L’Église qui chemine en Afrique est appelée à contribuer à la nouvelle évangélisation également dans les pays sécularisés, d’où provenaient auparavant de nombreux missionnaires et qui aujourd’hui manquent malheureusement de vocations sacerdotales et à la vie consacrée. Entre-temps, un grand nombre d’Africains et d’Africaines ont accueilli l’invitation du Maître de la moisson (cf. Mt 9, 37-38) à travailler à sa vigne (cf. Mt 20, 1-16). Sans diminuer l’élan missionnaire ad gentes dans les différents pays, et même sur le continent tout entier, les Évêques d’Afrique doivent accueillir avec générosité l’invitation de leurs confrères des pays qui manquent de vocations, et venir en aide aux fidèles privés de prêtres. Cette collaboration, qui doit être réglementée par des accords entre l’Église qui envoie et celle qui reçoit, devient un signe concret de fécondité de la mission ad gentes. Bénie par le Seigneur, Bon Pasteur (cf. Jn10, 11-18), elle soutient ainsi de façon précieuse la nouvelle évangélisation dans les pays d’ancienne tradition chrétienne.

168. L’annonce de la Bonne Nouvelle fait naître dans l’Église de nouvelles expressions,appropriées aux nécessités du temps, des cultures, et aux attentes des hommes. L’Esprit Saint ne manque pas de susciter aussi en Afrique des hommes et des femmes qui, rassemblés en différentes associations, mouvements, et communautés, consacrent leur vie à la diffusion de l’Évangile de Jésus-Christ. Selon l’exhortation de l’Apôtre des nations – « n’éteignez pas l’Esprit, ne dépréciez pas les dons de prophéties ; mais vérifiez tout : ce qui est bon, retenez-le ; gardez-vous de toute espèce de mal » (1 Th 5, 19-22) – les Pasteurs ont le devoir de veiller afin que ces nouvelles expressions de la fécondité pérenne de l’Évangile s’insèrent dans l’action pastorale des paroisses et des diocèses.

169. Chers frères et sœurs, à la lumière du thème de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afri-
que, la nouvelle évangélisation concerne, en particulier, le service de l’Église en vue de la réconciliation, de la justice et de la paix. Par conséquent, il est nécessaire d’accueillir la grâce de l’Esprit Saint qui nous invite : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Les chrétiens sont donc tous invités à se réconcilier avec Dieu. Alors, vous serez en mesure de devenir des artisans de la réconciliation au sein des communautés ecclésiales et sociales dans lesquelles vous vivez et œuvrez. La nouvelle évangélisation suppose la réconciliation des chrétiens avec Dieu et avec eux-mêmes. Elle exige la réconciliation avec le prochain, le dépassement des barrières de toutes sortes comme celles provenant de la langue, de la culture et de la race. Nous sommes tous fils d’un seul Dieu et Père « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45).

170. Dieu bénira un cœur réconcilié, en lui accordant sa paix. Le chrétien deviendra ainsi un artisan de paix (cf. Mt 5, 9) dans la mesure où, enraciné dans la grâce divine, il collabore avec son Créateur à la construction et à la promotion du don de la paix. Le fidèle réconcilié deviendra aussi promoteur de la justice en tout lieu, surtout dans les sociétés africaines divisées, en proie à la violence et à la guerre, qui ont faim et soif de la vraie justice. Le Seigneur nous invite : « Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).

171. La nouvelle évangélisation est une tâche urgente pour les chrétiens en Afrique, car eux aussi doivent ranimer leur enthousiasme d’appartenir à l’Église. Sous l’inspiration de l’Esprit du Seigneur ressuscité, ils sont appelés à vivre, au niveau personnel, familial et social, la Bonne Nouvelle et à l’annoncer avec un zèle renouvelé aux personnes proches et lointaines, en employant pour sa diffusion les nouvelles méthodes que la Providence divine met à notre disposition. En louant Dieu le Père pour les merveilles qu’il continue d’accomplir dans son Église en chacun de ses membres, les fidèles sont invités à vivifier leur vocation chrétienne dans la fidélité à la Tradition ecclésiale vivante. Ouverts à l’inspiration de l’Esprit Saint, qui continue de susciter différents charismes dans l’Église, les chrétiens doivent poursuivre ou entreprendre avec détermination le chemin de la sainteté pour devenir toujours plus apôtres de la réconciliation, de la justice et de la paix.

Benoît XVI lance la nouvelle évangélisation en Afrique

Les prêtres africains sont invités à devenir missionnaires de la nouvelle évangélisation dans les pays déchristianisés d’Occident, a affirmé le secrétaire spécial du synode pour l’Afrique, évoquant une des conclusions du texte que le pape a remis aux évêques africains.

« Les chrétiens d’Afrique, en particulier le clergé et les membres de vie consacrée, sont appelés à soutenir la nouvelle évangélisation même dans les pays sécularisés », a expliqué Mgr Nikola Eterovic, dans une présentation de ce texte de 135 pages publié samedi.

« Il s’agit d’un échange de dons, a-t-il noté, ajoutant que les missionnaires africains oeuvrent déjà dans les pays d’où, autrefois, provenaient les missionnaires venant annoncer la Bonne Bouvelle en Afrique ».

Cette forme de mission est suggérée aux prêtres africains, alors que le pape Benoît XVI est venu au Bénin signer et promulguer l’exhortation apostolique du synode sur l’Afrique, Africa munus, au 150e anniversaire de l’arrivée des missionnaires blancs au Bénin. La signature a eu lieu à Ouidah, village côtier à 40 km de Cotonou, où la société des missions africaines (SMA) de Lyon envoyait en 1861 ses premiers missionnaires.

Depuis des années déjà, des prêtres africains ou d’autres pays du Sud viennent fréquemment prêter main forte dans des paroisses d’Europe où les prêtres autochtones manquent, leur nombre se réduisant du fait à la fois de la chute des vocations et du vieillissement du clergé.

Le pape a également souligné la continuité avec l’exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in Africa » du bienheureux Jean-Paul II, qui indiquait « l’urgence de l’évangélisation du continent », qui « ne peut être dissociée de la promotion humaine ».

Africa munus consacre un chapitre entier à la nouvelle évangélisation, voulue par Jean-Paul II, que Benoît XVI lance maintenant en Afrique.

Avec AFP et Zenit. Pour en savoir plus : Africa munus sur le site du Vatican

« La nouvelle évangélisation, c’est l’annonce du Christ »

 

Entretien avec le sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs

La nouvelle évangélisation n’est pas seulement la réponse à un défi mais l’« annonce » du Christ, fait observer M. Guzman Carriquiry, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs.

Une journée de réflexion, d’étude et de débat sur le synode et la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi en Amérique latine a eu lieu vendredi 11 novembre au Vatican, au siège de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, en présence de ses membres, les cardinaux Leonardo Sandri et Antonio Cañizares, du secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, Mgr Jean-Louis Brugues, et du chancelier de l’Académie pontificale des sciences, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo.

Etaient également présents des responsables latino-américains de la curie romaine, des recteurs de collèges pontificaux, des supérieurs et religieuses latino-américaines à Rome, ainsi que des responsables de mouvements et communautés nouvelles présents sur le continent.

Dans cet entretien à Zenit, M. Carriquiry souligne que la conférence a permis de définir les défis et objectifs pour l’Amérique latine, rappelant le précieux témoignage que représente la tradition catholique dans la mosaïque des dévotions populaires.

C’est sur le nouveau continent que s’est diffusée la nouvelle évangélisation, non pas comme une réponse à la menace de sécularisation, des sectes ou de tous ceux qui considèrent la foi comme une anomalie, mais plutôt comme fidélité au Christ, à l’Eglise et à l’annonce du message chrétien.

Zenit – M. Carriquiry, de quoi a-t-on parlé durant cette journée d’étude, qui étaient les participants ?

G. Carriquiry – Nous étions un groupe de 50 personnes qui a passé toute la journée à développer ce thème pour se mettre sur la voie du prochain synode : cela signifie marcher ensemble, marcher en communion. Cela est d’ailleurs un rappel de la nouvelle évangélisation telle qu’elle a été proposée par Jean-Paul II en Amérique latine.

Quel a été le thème central de vos discussions?

Vendredi, Mgr Fisichella a tenu la première conférence sur la nouvelle évangélisation, l’expliquant selon le magistère de l’Eglise. Il a rappelé que le premier rendez-vous sur la nouvelle évangélisation a été la conférence de Puebla, aussitôt après le voyage en Pologne. Jean-Paul II revint sur la question à Port-au-Prince en 1983. Le 12 octobre 1984, en vue de la neuvaine de préparation au Vème centenaire de l’évangélisation du nouveau continent, le pape rappela qu’une nouvelle évangélisation était nécessaire, comme celle des origines, avec le même potentiel de sainteté et de zèle missionnaire.

A quel point ce terme de « nouvelle évangélisation » a-t-il un rapport avec l’Amérique latine ?

On a évoqué le processus de définition du terme « nouvelle évangélisation » même à travers une étude très profonde, voire analytique à certains moments. Et cela depuis le Concile Vatican II, en passant par Evangelii Nuntiandi de Paul VI, et maintenant avec le pontificat de Benoît XVI et l’institution du dicastère pour la nouvelle évangélisation. On a étudié le concept de nouvelle évangélisation dans le magistère de l’Eglise, avec une forte référence à l’Amérique latine.

En quoi consistera le défi concret ?

La deuxième étape a été de définir les défis et les objectifs pour l’Amérique latine, affirmant que le patrimoine le plus précieux de ces peuples c’est la tradition de la foi catholique et que cette tradition est vivante parmi nous. Elle l’est grâce au nombre des baptisés mais grâce aussi aux trésors de cette grande mosaïque qu’est la religion populaire.

Cela s’exprime aussi dans la sagesse de la vie, dans la passion pour la justice, dans toutes les nombreuses expressions de la vie et de la culture de notre peuple. C’est pourquoi, à Aparecida, les évêques ont affirmé que la tradition catholique est le fondement même de l’identité originelle et de l’unité de l’Amérique latine.

Indubitablement la tradition est très importante …

C’est vrai, mais nous ne saurions nous contenter d’un « souvenir romantique » de la première évangélisation. Depuis, l’appellation de « continent catholique » a traversé les océans de la sécularisation. En Amérique, notre tradition catholique vit un fort processus d’érosion. A Aparecida, le pape Benoît XVI a parlé d’un processus d’affaiblissement de la foi en Amérique latine.

Quels sont les facteurs négatifs?

Il y a certainement une partie de la marée de la sécularisation qui envahit partout les réseaux urbains de l’Amérique latine. Il y a l’émigration de nombreux catholiques vers d’autres communautés chrétiennes et des sectes. Surtout là où l’Eglise est absente et n’offre pas de réponses suffisantes aux besoins religieux car affaiblie par son auto-sécularisation.

Par ailleurs, même les pouvoirs internationaux et locaux considèrent la « persistance » catholique en Amérique latine comme une anomalie à guérir. Plus profondément, toutefois, il y a l’effet de la présence particulière de l’hédonisme et du relativisme qui étouffent peu à peu la tradition chrétienne et l’ethos culturel de notre peuple.

Quelle réponse apporter à ces difficultés?

Là n’est pas le danger principal. La nouvelle évangélisation, selon Mgr Fisichella, n’est pas une réponse aux menaces que nous subissons. Non, le problème plus grand est celui de rester fidèles au Seigneur : dans la célébration, dans l’annonce du message et dans la transmission de la foi. La nouvelle évangélisation ne naît pas comme une réponse mais plutôt comme une exigence de base de notre état de chrétien, de la mission de l’Eglise. Si bien que, pour pouvoir évangéliser avec ardeur, il est fondamental que l’Eglise soit continuellement évangélisée pour pouvoir évangéliser.

Quelles sont les priorités?

Ce scénario a fait apparaître de nombreux éléments. La nécessité de disposer de plus de prêtres et de plus de saints, de former à une nouvelle évangélisation dans la culture de notre peuple. On a parlé de l’évangélisation des jeunes, un objectif fondamental, des paradigmes éducatifs et évangélisateurs des Journées mondiales de la jeunesse et de la marche des jeunes latino-américains vers Rio de Janeiro. On a approfondi le thème de l’évangélisation de la famille – aujourd’hui agressée et remise en question – comme la première Eglise domestique et école de communion, en commençant par le témoignage de la beauté d’un amour fidèle, fécond et heureux comme partie intégrante du mariage et du noyau familial.

On a parlé aussi de la coresponsabilité des laïcs dans la formation des nouvelles générations, des responsables laïcs présents dans tous les secteurs de la vie publique, académique, des communications sociales, de la politique, etc.

Enfin nous avons échangé nos expériences et propositions pour l’évangélisation en Amérique latine qui, aujourd’hui, se traduit par des missions sur le continent.

Propos recueillis par Hernán Sergio Mora – traduction : Isabelle Cousturié