« Father Rambo », poker curé

Père Andrew Trapp - Father Rambo

Un billet qui intéressera tous les sacristains de France et de Navarre : et si votre curé se mettait à jouer au poker pour rénover le clocher, construire une salle de ciné ou bien une christothèque ?

C’est ce qui est arrivé aux Etats-Unis. Il y a quelques jours, se déroulait le premier opus du show télévisé Million Dollar Challenge, proposé par PokerStars sur la chaîne américaine Fox. Le principe de l’émission est de faire s’affronter, au cours de duels de poker télévisés, des joueurs amateurs qualifiés sur Internet et des professionnels.

C’est un certain Andrew Trapp, 28 ans, vicaire de son état à la paroisse Saint Michael, à Garden City, en Caroline du Sud, qui a remporté la première victoire. Après s’être qualifié face à 10.000 adversaires en ligne, celui que l’on surnomme déjà « Father Rambo » a successivement battu les stars du poker John Salley, Vanessa Rousso et Daniel Negreanu au cours de l’émission. Le jeune prêtre a remporté 100 000 dollars, ainsi qu’un siège pour la finale.

Jouer au poker, est-ce bien catholique ?

S’appuyant sur le catéchisme de l’Eglise catholique(*), notre héros international en col romain assure que « dans des circonstances normales, ce n’est pas un péché d’acheter un ticket de loterie, de jouer aux machines à sous ou à des jeux de casinos », tout en précisant que « le jeu peut être un péché s’il est excessif ». Le vicaire estime aussi que « jouer au poker ne pose aucun problème moral pour un prêtre, pas plus que le fait de boire une bière ». Avant de se lancer dans l’aventure, son évêque lui avait par ailleurs donné sa bénédiction.

Une évangélisation 2 en 1

Sur son site Internet, le Père Andrew explique : « Les gens semblent surpris en pensant que les prêtres puissent, comme tout le monde, avoir une famille, des amis et des hobbies. Pour ma part, j’adore sortir avec des amis, voir de bons films, jouer à des jeux de stratégie ou pratiquer des sports comme le paintball. J’apprécie aussi le Texas Hold’em (variante la plus connue du poker) ».

Avant l’émission, le Père Andrew avait affirmé que s’il enregistrait des gains, il les verserait totalement à son église afin de construire un nouveau bâtiment pour « le bon peuple de Saint-Michel ». « Même si je ne gagne pas d’argent, avait-il dit, ce sera une occasion pour les personnes à travers le pays de voir qu’il y a encore de jeunes hommes qui décident d’être prêtres, et qu’on peut être rempli de joie et s’amuser tout en servant Dieu ». Un témoignage qui tombe à pic alors que le pape Benoît XVI a lancé l’année sacerdotale.

1 million de dollars à la clef

Le grand gagnant de cette série télévisée empochera un million de dollars. Cela tombe bien, car le diocèse a besoin d’1,5 millions de dollars pour ses travaux : Father Rambo, comme Don Camillio en son temps, ne reculera devant rien. En attendant, tout le diocèse – et le monde entier – s’est donné rendez-vous pour la finale, en décembre prochain. Les voies du poker sont décidément bien impénétrables…


Reportage sur le Père Andrew Trapp

Sources : d’après La Vie, Le Figaro, Princepoker, Pokernews, Made in poker.

Pour les amateurs de Poker : le déroulé de la partie sur Princepoker et Pokernews (avec des extraits en vidéo)

(*) CEC n°2413 : « Les jeux de hasard ou les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice. Ils deviennent moralement inacceptables lorsqu’ils privent quelqu’un de ce qui est nécessaire pour subvenir à ses besoins et à ceux des autres. La passion pour les risques du jeu devient un esclavage. Les paris déloyaux et la tricherie constituent une offense grave, à moins que le dommage infligé soit tellement faible que celui qui en souffre ne puisse raisonnablement le considérer comme important. »

2 réflexions au sujet de « « Father Rambo », poker curé »

  1. Père Etienne

    Les cathos français ont un méga problème idéologique de rapport à l’argent et ont besoin d’être corrigés là-dessus. Il faudra qu’ils écoutent l’Evangile de samedi prochain Lc 16,9 « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur », ce qui ne signifie pas que l’on doive renoncer habituellement au travail pour le jeu de poker, mais comme en tout domaine, le moralisme dessert la morale authentique.

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