L’évangélisation est-elle une question de sensibilité ?

Un petit coup de gueule. J’entends encore dire, dans un certain microcosme ecclésial, que l’évangélisation, en particulier la nouvelle, relève d’une recherche effrénée de l’émotion pour l’émotion, du sensible pour le sensible. Et pourquoi pas du plaisir pour le plaisir, tant qu’on y est ?

Non, l’évangélisation n’est pas le monopole des communautés nouvelles quelles qu’elles soient, ni des « dévisseurs » d’ampoules, et encore moins des « tradischmatiques », sorte de groupuscules d’extrême droite – forcément – sortis de nulle part et allant vers nulle part. A ce sujet, rappelons ce que disait le cardinal Albert Decourtray : « Je suis ni droite, ni de gauche, je suis de sensibilité évangélique » (au sens vivant de l’Evangile).

Chacun a droit de dévisser des ampoules où il veut, de se mettre à genoux où bon lui semble, de communier dans la bouche ou dans les mains. Chacun regarde en conscience, devant le Seigneur, si son témoignage de vie est cohérent avec Celui qu’il propose, c’est-à-dire s’il est vraiment authentique.

L’évangélisation, elle, est l’affaire de tous. Nous avons reçu cette mission de part notre baptême, devenant prêtres pour prier, prophètes pour L’annoncer, rois pour servir Dieu et ceux qui nous entourent.

C’est par l’évangélisation que l’Eglise gagnera en « présence » et en « visibilité ». Non par des opérations coups de poing, mais par l’annonce explicite du kérygme.

Charismes et institution, tels sont les deux poumons de l’Eglise. Le cléricalisme est une idéologie perverse qui tend à vouloir éradiquer le premier. C’est pourtant à chacun de prendre part à l’évangélisation – nouvelle ou plus classique – selon les talents qu’il a reçus du Seigneur.

Une réflexion au sujet de « L’évangélisation est-elle une question de sensibilité ? »

  1. sergius

    Je le trouve sympa et judicieux ce coup de gueule.
    Faut dire que je suis un « esstranger » à votre milieu.
    Probablement un dévisseur d’ampoule.
    Plutôt un panpan classique.
    Nos amis réformés qui se comparent plutôt à E.T. parce qu’il avait une grosse tête ridée et un petit corps nous comparent à un brontosaure parce qu’il a une petite tête et un gros corps. C’est sympa de leur part, convenons-en, mais il y a du vrai.

    si je peux apporter mon 1% à votre réflexion, l’évangélisation (nous n’en sommes pas les spécialistes) c’est avant tout une affaire de tripes (compassion/entrailles), de sentiment d’urgence (ou l’Évangile est une Bonne Nouvelle pour les pécheurs perdus (si si) ou c’est un « truc » nouveau pour donner un lifting à une vieille institution. L’évangélisation est forcément liée à la nature de la « conversion ». Si vous avez « goûté que le Seigneur est bon…vous faites de la pub pour la pâtisserie. Bon sang ! (pardon Seigneur), c’est pas un truc, c’est un commandement, un ordre, une urgence et une œuvre du Seigneur dans laquelle on est employés comme « contemplacteurs ».
    Bon courage à vous et que le Maître vous remplisse de sa grâce. Merci pour ce beau coup de gueule. Serge

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