Mission et laïcité, selon Benoît XVI

Benoît XVI lors de son arrivée à Lisbonne, aujourd'hui

Commençant son voyage au Portugal, Benoît XVI a été accueilli aujourd’hui à l’aéroport de Lisbonne par le Président portugais M.Anibal Cavaco Silva et le Patriarche de Lisbonne le Cardinal José da Cruz Policarpo. Dans son discours, le pape a d’abord parlé du rapport homme-Dieu, comme dimension transcendante et verticale de l’espérance chrétienne :

Je viens en pèlerin de la Vierge de Fatima et pour confirmer mes frères dans la foi sur la voie qui nous conduit au ciel… Marie est descendue du ciel pour nous rappeler les vérités évangéliques qui sont une source vive pour une humanité pauvre d’amour et d’espérance dans le salut. La première dimension de cette espérance, verticale et transcendante, est le rapport de l’homme avec Dieu. Créé par lui et tendu vers lui, l’homme cherche la vérité dans sa capacité de découvrir, dans sa propension au bien, dans son attrait pour le beau. La conscience est chrétienne si elle s’ouvre à la plénitude de la vie et du savoir qui résident en Jésus-Christ. La visite que je m’apprête à effectuer sous le signe de l’espérance se veut un invitation à la sagesse autant qu’une mission.

Puis Benoît XVI s’est exprimé sur la question de la mission des chrétiens dans les sociétés laïques. Pour le pape , il n’y a pas d’opposition entre un système laïc et un système religieux, mais la question du sens de la vie humaine qui fait appel à la liberté de chacun :

Une vision sage de la vie et du monde engendre un juste ordonnancement de la société. Insérée dans l’histoire, l’Eglise est disposée à collaborer avec qui ne marginalise pas ou ne réduit pas au domaine privé la considération essentielle du sens humain de la vie. Il ne s’agit pas d’une opposition éthique entre un système laïc et un système religieux, mais bien d’une question de sens auquel se confie la liberté de chacun, ce qui distingue la valeur attribuée à la problématique du sens et son implication dans la vie publique…

La question de l’évangélisation n’est pas loin : pour Benoît XVI, il s’agit que les chrétiens puissent évangéliser dans la société : « renforcer la qualité du témoignage jusqu’à la sainteté, trouver des sentiers de mission jusqu’à la radicalité du martyre » .

La distinction entre l’Eglise et l’Etat a ouvert un nouvel espace de liberté pour l’Eglise, espace auquel les concordats de 1940 et 2004 ont pu donner forme (pour le cas du Portugal, ndlr), dans des cadres culturels et dans des perspectives ecclésiales très marquées par des changements rapides. Les souffrances provoquées par les transformations ont généralement été affrontées avec courage. Vivre dans la pluralité des systèmes de valeurs et de repères moraux requiert d’aller jusqu’au centre de l’individu et au cœur du christianisme, pour renforcer la qualité du témoignage jusqu’à la sainteté, trouver des sentiers de mission jusqu’à la radicalité du martyre.

Source : VIS

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