Pour Benoît XVI, la confession aussi est évangélisation

Benoît XVI

« A la lumière de Dieu, confesser devient nécessairement annoncer Dieu, évangéliser, et ainsi, renouveler le monde » : ainsi s’est exprimé Benoît XVI dans une méditation qu’il a proposé à la première congrégation générale du Synode des évêques.

Lors de la première congrégation générale de la 2e assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, lundi 5 octobre, le pap a médité sur l’Hymne de Tierce : « Nunc Sancte nobis Spiritus ».

« Nous prions pour que la Pentecôte ne soit pas seulement un événement du passé, le premier début de l’Eglise, mais que ce soit aujourd’hui, et même maintenant… Les Apôtres, après l’Ascension n’on pas commencé comme cela aurait peut-être été normal, à organiser, à créer l’Eglise future. Ils ont attendu, l’action de Dieu, ils ont attendu le Saint-Esprit. Ils ont compris que l’Eglise ne pouvait pas se faire, qu’elle n’était pas le produit de notre organisation : l’Eglise doit naître du Saint-Esprit… En ce sens, tout notre travail au Synode est lui aussi une collaboration avec le Saint-Esprit, avec la force de Dieu qui nous devance »

Dans la deuxième strophe de l’hymne, on implore de Dieu les trois dons du Saint-Esprit : « confessio, caritas, proximos ». A propos du premier terme, le Saint-Père a présenté ses deux significations essentielles. Avant tout, c’est la confession de nos péchés : « Reconnaître notre faute et reconnaître que, devant Dieu, nous sommes insuffisants, nous sommes en faute, nous ne sommes pas dans une relation nette avec Lui… C’est seulement à la lumière de Dieu que nous nous connaissons les uns les autres et que nous voyons réellement toute la réalité… Nous devons nous souvenir de tout cela dans nos analyses sur la réconciliation, sur la justice, sur la paix… Toutes les analyses horizontales, faites avec une grande exactitude et avec grande compétence, sont insuffisantes. Elles n’indiquent pas les vrais problèmes, parce qu’elles ne les placent pas à la lumière de Dieu ».

Le Saint-Père a poursuivi sa méditation sur le terme « confessio » : « C’est seulement en voyant nos fautes à la lumière de Dieu, l’insuffisance de notre relation avec Lui, que nous marchons à la lumière de la vérité. Et seule la vérité sauve. Nous agissons finalement dans la vérité : confesser réellement dans cette profondeur de la lumière de Dieu, c’est faire la vérité ».

Puis le Saint-Père a abordé la deuxième signification du terme « confessio », qui veut dire « remercier Dieu, glorifier Dieu, témoigner de Dieu… C’est pourquoi ‘confessio’ est un témoignage de la bonté de Dieu, c’est une évangélisation. Nous pourrions dire que la deuxième dimension de la parole ‘confessio’ est identique à l’évangélisation… Dans la lumière de Dieu, confesser devient nécessairement annoncer Dieu, évangéliser, et ainsi renouveler le monde ».

Un autre élément encore, lié à ce terme, vient de l’interprétation que Saint Paul attribue à la parole Torah, en la remplaçant par la parole « confession de foi ». Reprenant alors la pensée de Saint Paul, le Saint-Père commente en ces termes : « Réellement, Dieu est proche… Dieu est proche avec la foi, il est dans ton cœur, et, avec la confession, il est sur tes lèvres. Il est en toi et avec toi… Les choses de la science, de la technique, comportent de grands investissements : les aventures spirituelles et matérielles sont coûteuses et difficiles. Mais Dieu se donne gratuitement. Les choses les plus grandes de la vie – Dieu, amour, vérité, sont gratuites. Dieu se donne dans notre cœur… Dieu se donne gratuitement dans son amour, il est en moi dans le cœur et sur mes lèvres. C’est là le courage, la joie de notre vie. C’est aussi le courage présent en ce Synode, parce que Dieu n’est pas loin : il est avec nous par la parole de la foi. Je pense que cette dualité elle aussi est importante : la parole dans le cœur et sur les lèvres ».

Le Saint-Père a commenté enfin plus brièvement les deux autres dons : « La charité : il est important que le christianisme ne soit pas une somme d’idées, une philosophie, une théologie, mais une manière de vivre ; le christianisme est charité, il est amour. C’est seulement ainsi que nous devenons chrétiens : si la foi se transforme en charité, si elle est charité ». Et donc aimer le prochain. Citant la page évangélique du Bon Samaritain, le Saint-Père a déclaré : « Ce Samaritain rencontre un Juif, qui est donc au-delà des frontières de sa tribu et de sa religion. Mais la charité est universelle, et, pour cela, cet étranger en tous les sens, est pour lui un prochain. L’universalité ouvre les limites qui ferment le monde, et créent la diversité et les conflits. Dans le même temps, le fait que l’on doive faire quelque pour l’universalité, n’est pas une philosophie, mais une action concrète. Nous devons tendre à cette unification d’universalité et de caractère concret ; nous devons ouvrir réellement ces frontières entre tribus, ethnies, religions, à l’universalité de l’amour de Dieu ». (S.L.)

Source : Agence Fides

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