Sur le pont !

Il suffit d'une première annonce pour que germine le kérygme

La septième édition de Communion Evangélisation a rassemblé les 24 et 25 mai derniers en Avignon de nombreux participants branchés par la bonne nouvelle. A l’ordre du jour : l’annonce du kérygme. Un article de Magali Michel pour Il est vivant !, le mensuel de la nouvelle évangélisation (www.ilestvivant.com) – partenaire d’Anuncioblog, que nous reproduisons ici.

Excepté le mistral, nul n’attendait un tel vent ce week-end en Avignon. La septième édition du forum Communion et Evangélisation avait du souffle. Sur fond de colombe géante, treize intervenants ont allumé le feu dans le parterre des 256 participants venus rejoindre l’événement. Appel d’air dans le paysage ecclésial hexagonal, le forum initié en 2001 par Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon fait office de fer de lance d’une nouvelle évangélisation confrontée aux défis lancés par la sécularisation. Pour notre société post-chrétienne, l’annonce de l’Evangile est un défi urgent car ce qui n’est plus dit de façon explicite tombe dans l’oubli.

Un festival de participants venus tous les horizons

Sous un ciel mitigé, Avignon est le théâtre de l’événement. Mgr Cattenoz, archevêque du lieu joue cordialement les amphitryons pour héberger l’initiative dans les remparts de la cité du Vaucluse. Dès la soirée du vendredi, le lycée Saint Joseph est fréquenté par une panoplie de chrétiens motivés. Epoux, célibataires, laïcs, prêtres et religieux prennent connaissance des lieux. La moyenne d’âge dément les statistiques moroses et la diversité des vocations en présence forme une promotion plutôt bigarrée pour ce septième forum. Un festival d’habit sillonne le macadam entre la salle de conférence et le self. Du scapulaire au sweat capuche signé d’un crucifix stylisé en passant par la soutane, il y en a pour tous les goûts. Défilé de clergyman et de cols romains. Le week-end a attiré 34 prêtres, de nombreux séminaristes, quatre évêques et un cardinal. La Fraternité missionnaire côtoie les bandes de carmes messagers de l’Esprit Saint. Deux moines bénédictins, un prêtre de la communauté Saint Martin, des petites sœurs de l’Agneau, un petit gris et un frère dominicain, de nombreux membres de Notre-Dame de Vie parmi un large panel de familles religieuses au nombre desquelles les communautés nouvelles importées du Brésil occupent une place de choix. En tee-shirt orange des lycéens bénévoles de Saint Jo rendent tous les services d’une logistique très bien orchestrée par l’équipe diocésaine locale. Guidés par la signalétique « Communion Evangélisation », les uns et les autres arrivent des quatre coins de France en provenance de tous les postes. Catéchiste, aumônier, défenseur de la vie, parent, éducateur, enseignant, animateur, fondateur de forum ou de pages web dédiés à l’évangélisation, consultant, journaliste, curé, chacun reçoit un badge à son nom. Qui de Lorraine, qui de la région parisienne, de Perpignan, de Lyon ou de Reims, les provenances sont hétéroclites en dépit d’une forte mobilisation du Var. Venus pour voir, venus pour renouveler l’expérience des années précédentes, venus par hasard, les uns et les autres ont en commun un fort désir d’évangéliser.

Un concept dynamique et énergiseant

Le week-end en offrant une alternance d’allocutions magistrales et d’échanges informels entre les participants ressemble à un gigantesque brainstorming spirituel et pastoral ponctué de chants de louange enjoués dans une ambiance plutôt décontractée. Deux célébrations festives et chatoyantes exaltent une liturgie déployée qui fait vibrer les vieilles pierres des église Saint Pierre samedi soir et Notre Dame des Doms dimanche matin. Le programme se déroule de 9 heures à 23 heures sans interruption. Témoignages, prises de parole et rencontres virevoltent autour du cœur spirituel de l’événement. Au premier étage, le Saint Sacrement est exposé jour et nuit pour que chacun puisse se recharger au flux de l’Amour. Trente-six heures de très haut débit ! On comprend que cette ardente assemblée ait fait voler l’espace convivial de son cénacle pour débouler à la rencontre des piétons qui lèchent les vitrines un cornet de glace à la main en cette fin de samedi après-midi dans le centre ville provençal. L’heure est aux travaux pratiques. Les apprentis missionnaires apostrophent les badauds, les accrocs de shopping, les bandes de jeunes beurs, la clientèle des terrasses et les touristes étrangers venus découvrir la cité des Papes. Impossible de faire cent mètres sans tomber sur l’un ou l’autre des binômes sortis dans la rue pour annoncer le kérygme. Pardon ? « Au début, je ne savais pas ce que ça voulait dire » confie Eric venu de Lyon pour suivre le forum. La plupart des inscrits s’ils s’interrogeaient encore le vendredi sur l’intitulé du week-end sont intarissables le dimanche après-midi sur cet énigmatique kérygme. Pour tous ceux qui ne le savent pas encore le terme désigne le cœur de l’annonce de la foi chrétienne. C’est le minimum vital du message évangélique, le noyau de la proclamation de la foi, le concentré de la bonne nouvelle. Avec l’accueil de l’Esprit Saint, l’annonce du kérygme est au centre de l’expérience des apôtres dans l’Eglise naissante, et elle conduit croyants et non-croyants à faire l’expérience personnelle et communautaire de la rencontre du Christ.

Comment aller vers les gens pour leur annoncer le Christ ?

Pour en comprendre l’enjeu, de courtes interventions de grande qualité s’enchaînent au fil des trois demi-journées. La première matinée est consacrée à la première parole des apôtres avec trois contributions de haut vol qui font mouche. Le cardinal Paul Joseph Cordes, président du Conseil Pontifical « Cor Unum » commente l’encyclique de Benoît XVI « Deus caritas est ». Mgr Cattenoz convoque l’image de la fécondation, de la gestation et de la naissance à partir d’une citation patristique et d’une relecture des Actes des Apôtres. Il pose avec insistance la question du témoignage de la communauté. Qu’en est-il de la communion et de la fraternité au sein de nos paroisses ? L’intervention de Mgr Dominique Rey appelle de ses vœux un savoir-faire kérygmatique pour une annonce de plein vent. Suivent pendant l’après-midi l’exposé de diverses expérimentations diocésaines et paroissiales. Le père Jacquinet évoque les propositions menées dans sa paroisse de la banlieue lyonnaise, le père Crispin celles de sa paroisse des Hauts de Seine. Grand moment de fou rire lorsque le micro passe entre les mains du curé de Rocamadour. Le père de Gouvello instigateur d’un pélé pour les nuls, d’un pélé VTT, d’un festival de Musique sacrée fait détoner dans le panorama des initiatives locales un feu d’artifice de bonnes idées et de bonne humeur. En soirée, la parole est donnée aux apôtres de l’adoration puis aux jeunes qui forment des jeunes avant que le père Joseph Lemaire n’évoque le bel apostolat des « maisons d’Abba » destiné aux enfants de 6 à 11 ans et à leurs parents. Le chant des complies précède la nuit d’adoration. Dimanche matin, le kérygme est envisagé sous l’angle de la culture, de la défense de la vie et enfin des problématiques relatives à l’entreprise et au monde du travail.

Frères dans l'épiscopat, Mgr Rey et Mgr Cattenoz coorganisent l'édition 2008 de Communion Evangélisation

Une vie spirituelle forte

Les idées bouillonnent. Un cocktail de charismes assure la réussite de ce forum prophétique. Le concept est exportable. Il attend son envolée. Ici l’Eglise change assurément de culture et rompt avec une pastorale d’entretien pour renouer avec un profond dynamisme spirituel. Accueillante à l’élan des communautés nouvelles nées en Amérique du Sud, elle s’engage dans un zèle missionnaire renouvelé caractéristique de l’Eglise universelle en ce début de XXIe siècle. Au bout du compte, chaque participant remplit son panier du meilleur de l’offre et fait le point sur sa praxis missionnaire. Le secret de l’Amour serait-il trop bien gardé ? Les nouvelles méthodes d’évangélisation vont de pair avec une conversion personnelle et un authentique approfondissement du mystère proclamé. Le retentissant remerciement de Mgr Daniel Nlandu-Mayi, évêque auxiliaire de Kinshasa couronne le week-end. « Je ne pensais pas vivre tout ce que j’ai vécu. Mon cœur est plein de joie, d’énergie, d’Esprit. » En attendant la prochaine édition de Communion Evangélisation, chacun regagne ses pénates en fredonnant un chant d’action de grâce pour la puissance de Dieu agissante bien au-delà de ce qu’on peut imaginer.


L’intégralité des conférences est disponible en CD et format MP3, pour passer commande, écrire à communion-evangelisation@diocese-avignon.fr.

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