Les occidentaux gaspillent : l’eau, la nourriture, l’électricité…Alors que la moitié de la planète manque d’eau, de pain et d’énergie. On entend ça partout et c’est un vrai drame. J’en vois un plus grave encore, qui est à la source de tous les autres gaspillages… Le gaspillage de la grâce !

« Dieu est Amour » nous enseigne la Parole de Dieu. Il répand Sa grâce en surabondance. Il n’en est pas avare, Il désire se donner à sa créature. Seulement voilà, peu de personnes Lui demandent Sa grâce. Et c’est curieux, habituellement on est plutôt de grands enfants gâtés pour qui tout est dû. Et nous râlons, et nous quémandons !
Alors nous nous activons sans relâche à faire nos petits bidules, nos menues actions, nos espèces de trucs qui font du bruit et qui demandent de l’énergie. Et puis on se fatigue, on se crève, on se dessèche…
Et pendant ce temps, le Seigneur nous attend. Il nous a prévenu : « hors de moi, vous ne pouvez rien faire ! » Nous, on s’en fout, on veut le servir mais à notre façon et avec nos moyens. Et parfois, on en peut plus et alors on l’accuse, ou on se décourage. On finit par déserter notre idéal. « C’était trop exigeant de toutes façons… »
Mais comment pouvons-nous donner quoi que ce soit sans l’avoir reçu ? Et comment recevoir sinon parce qu’on nous l’a donné ? Et si nous sommes libres, comment nous donner quelque chose sans notre volonté de le recevoir et de le demander ? Ainsi, demandons, pour recevoir puis pour nous laisser transformer et devenir offrandes de nous-mêmes. Apprenons à faire les choses dans l’ordre.

La vierge Marie ne nous enseigne pas autre chose dans ses apparitions de la chapelle de la rue du Bac. Sainte Catherine Labouré lui demande pourquoi des rayons éteints sortent de ses mains. Et la vierge lui répond : « ce sont toutes les grâces que vous ne me demandez pas ! » Cette phrase est insupportable ! On met la sainte Vierge au chômage, elle, médiatrice de toutes les grâces !
Il est dur de donner, OK. Mais demander ! Refusons que le seigneur ait à nous reprocher un jour de ne pas avoir assez donné à cause de nos demandes trop rares ! Ce serait vraiment trop bête. Du gaspillage ! La vie chrétienne est beaucoup plus simple que l’on ne croit. Et on se décourage sur la route de la sainteté par essoufflement, par manque de demande !
Derrière ça, il y a un manque de foi ! Et de l’orgueil… Croire que l’on peut arriver à quelque chose sans Dieu. C’est impossible. Sans le seigneur, il n’y a que le pêché que nous savons faire. Se méprendre sur cela, c’est se condamner à devenir blasés en ratant tout ou à prendre des murs en pleine tête tôt ou tard.
Le seigneur nous demande de redevenir comme des enfants. La voie de l’enfance c’est de tout demander parce que l’on dépend totalement d’un autre que soit. Les enfants demandent sans se poser de questions, ils n’ont pas d’indépendance à revendiquer. Ils sont dépendants malgré eux. Nous au contraire, vivons souvent dans l’illusion de savoir, dans l’illusion d’être libre. Alors nous ne demandons rien, peut être une bonne note à un examen de manière anecdotique… et nous participons à la plus grave catastrophe surnaturelle du monde : la pénurie de prière. Catastrophe bien plus grande que le trou de la couche d’ozone, ou des conflits ethniques. N’oublions pas qu’elle est l’oxygène de notre âme, nécessaire à sa vitalité.
N’oublions pas non plus que ce qui fait marcher le monde, ce n’est pas le PIB…c’est l’Amour. Et l’essence de ce moteur, c’est la prière. Alors « prions sans cesse » comme nous exhorte Saint Paul, afin que par nous, l’Amour triomphe dans le monde.
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