
Au travers des premiers résultats du débat très ouvert qui a lieu sur la toile et dans la presse sur la question de la Pop-Louange suite à l’arrêt des groupes Glorious, Totuus et Spear Hit, force est de constater que la contribution déterminante de la Pop-Louange dans l’évangélisation de la jeunesse contemporaine semble bien acquise pour une majorité de jeunes catholiques, de pasteurs impliqués auprès de la jeunesse et plus généralement dans la nouvelle évangélisation. Même s’il n’y a pas bien entendu unanimité, le débat jusqu’à ce jour a permis de confirmer cette conviction initiale. Reste à donner de l’ampleur à cet écho et à cette espérance : un projet de « Manifeste national pour la Pop-Louange Catholique » et un site dédié sont en préparation.
Il est dores et déjà nécessaire de réfléchir à des proposition concrètes quant au soutien possible de l’Église à la Pop-Louange. L’histoire ecclésiale l’illustre depuis des siècles : au travers de ses différentes institutions, des mécènes, du peuple de Dieu selon son intérêt et ses moyens, l’Église a constamment encouragé, accompagné, conseillé mais aussi passé commande à des artistes, qu’ils soient musiciens, peintres, sculpteurs, etc…
Nous avons pour notre part été interrogés ou interpellés plusieurs fois (notamment par des artistes eux-mêmes) sur les possibilités concrètes d’aide et d’accompagnement de l’Église, sans tomber dans l’assistanat. Il parait donc effectivement essentiel de ne surtout pas « fonctionnariser » les artistes des groupes de Pop-Louange, ce qui serait un comble (et on voit déjà ce que ça donne parfois chez certains « agents ou animateurs pastoraux » dans les aumôneries ou établissements scolaires…) ! Selon nous, l’accompagnement de l’Église doit viser à stimuler la créativité, la qualité et le professionnalisme des artistes, à nourrir leur ancrage ecclésial et leur pertinence missionnaire, à créer une certaine émulation entre les groupes, tout en leur donnant les moyens d’inscrire leur travail et leur ministère dans une certaine durée. L’Église aurait ainsi toute sa place si notamment…
– elle propose des cadres de travail à ces groupes comme un immobilier dédié (« Maison de la Pop-Louange » ?): le patrimoine de l’Église est très vaste en la matière, et un aménagement très coûteux comme celui du collège des Bernardins à Paris consacré à la culture montre par exemple que des solutions financières existent quant il y a la volonté et s’en dégage la nécessité
– elle conçoit avec ces groupes des formations adaptées afin de professionnaliser les artistes, forger leur ancrage ecclésial et missionnaire (l’Église finance bien de multiples structures universitaires ou parcours multiples de formation, sans que personne n’ait rien à redire)
– elle met en oeuvre un travail d’observation et d’analyse de la Pop-Louage à une échelle internationale et interconfessionnelle, et ce sous des angles multiples : pastoraux, spirituels, sociologiques, organisationnels, ecclésiaux, théologiques, spirituels, etc. (tant de nos universités réalisent un tel travail sur bien d’autres sujets)
– elle constitue une ou plusieurs équipes de conseil, d’assistance et de formation auprès des groupes qui le souhaitent et alliant des compétences mixtes : représentants de l’Église (prêtres, religieux ou laïcs, expérimentés en terme de pastorale de la jeunesse et de l’évangélisation), et professionnels de la musique, du spectacle, ayant intégré l’objectif ecclésial et missionnaire de la Pop-Louange;
– elle lance un travail de réflexion et d’expérimentation à grande échelle de l’articulation entre la Pop-Louange, la pastorale de la jeunesse et celle de la « première évangélisation » (cette dernière devenant peu à peu – et enfin ! – un des axes pastoraux principaux de l’Église) : ceci permettrait de tester puis de développer des concepts missionnaires de première évangélisation basés sur l’évènementiel (type JMJ, Hollywins, Pélé pour les Nuls, Festival de Pâques, etc…), alliant l’intervention des groupes de Pop Louange et celle de prédicateurs (prêtres, religieux ou laïcs, hommes ou femmes) reconnus pour leur charisme d’exhortation kérygmatique et fructueuse de la Parole de Dieu : cet axe pastoral de l’évènementiel est incontournable pour la première évangélisation (la Pentecôte, et de nombreuses missions des Actes des Apôtres « accrochant » les non-croyants se déroulaient lors d’évènements ponctuels)
– elle rémunère à sa juste mesure (après discernement et, même évaluation-comparaison en fonction de la diversité et de la qualité de l’offre en cours) les prestations des différents groupes lorsqu’ils sont invités à exercer leurs talents et leurs ministères lors d’évènements, de rassemblements, selon leurs différents charismes
– elle mobilise les milieux et les réseaux adéquats pour trouver et collecter les financements nécessaires (l’Église l’a bien fait à grande échelle pour les radios et la télé), travaille sur les possibilité de proposer – par exemple – à certains artistes selon leurs compétences des postes de travail salarié à mi-temps (professeur, animateur, …?) compatibles avec leur travail d’artiste.
Ces propositions sont cependant une contribution parmi d’autres : s’il nous apparaît important que l’Église ait une vision cohérente sur le « pourquoi ? » de la Pop-Louange, le « comment ? » peut sans doute se décliner de très nombreuses manières.
Au regard de tout le débat qui est engagé depuis plusieurs semaines dans toute la presse catholique (et même évangélique !), il nous semble de plus en plus clair que c’est une demande pressante et explicite qui s’exprime chaque jour davantage : c’est de notre responsabilité à tous – jeunes ou moins jeunes, laïcs, consacrés ou prêtres – de travailler à ce que la Pop-Louange prenne toute sa part (et non « toute la place », c’est certain) au sein de pastorale catholique et de la « première évangélisation » de la jeunesse et de nos contemporains.
Alex LAURIOT PREVOST
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