« Etre d’abord un bon chrétien dans sa façon de vivre ou évangéliser ? ». C’est une question que de nombreux catholiques se posent à l’heure où il est de plus en en plus question de l’urgence de l’évangélisation.
On pourrait croire qu’il faut d’abord chercher à être un bon chrétien, respecter et promouvoir un certain nombre de valeurs, vivre de sa foi, vivre de l’Evangile, avant de chercher à évangéliser. Rien n’est plus faux : en réalité, l’un ne va pas sans l’autre.
Dire qu’il faut en premier lieu être un bon chrétien peut sous-entendre que le témoignage direct passe en second, plus précisément que l’annonce explicite de la foi vient après. Et du même coup l’idée que le témoignage simplement exprimé par notre présence, ici et là, se suffit à lui-même. Or, nous dit Paul VI dans Evangelii Nuntiandi, « cela reste toujours insuffisant, car le plus beau témoignage se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié — ce que Pierre appelait donner “ les raisons de son espérance ” —, explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus. La Bonne Nouvelle proclamée par le témoignage de vie devra donc être tôt ou tard proclamée par la parole de vie. Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés (1) ».
Il faut donc garder à l’esprit que l’annonce explicite est une chose absolument nécessaire et qu’elle n’empêche pas de respecter notre interlocuteur et ses réserves, comme nous le dit aussi Paul VI (lire ici). Nous devons chercher à annoncer le nom de Jésus, le kérygme (contenu de notre foi), et nous devons nous arrêter que lorsque nous sommes pas entendus, non pas sans avoir commencé !
Par ailleurs, il est évident que nous devons chercher la plus cohérence la plus parfaite possible entre notre vie de tous les jours et Celui que nous annonçons, recherche d’une unité de vie qui ne sera jamais totalement acquise, même pour les saints. Mais, encore une fois, cela ne nous empêche pas d’annoncer le Christ de façon explicite à notre entourage ! Les deux actions, vivre du Christ et évangéliser, doivent être menées de front. C’est d’ailleurs ce qu’a demandé Benoît XVI aux jeunes lors de sa visite en France : « Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d’études, de travail ou de loisirs » (lire ici).
C’est aussi une erreur d’affirmer qu’il faut avant tout être un bon chrétien, car justement, pour être de bons chrétiens, il nous faut accomplir notre mission numéro 1, qui est d’évangéliser. Rappelons-nous le cri de Saint Paul : « Malheur à moi si je n’évangélise pas ! » (1 Co 9-16). Notre pape nous le rappelle aussi dans son message pour la Journée mondiale des missions 2008, qui aura lieu le 19 octobre prochain (lire ici) : Il est important de réaffirmer que, malgré la présence de difficultés croissantes, le mandat du Christ d’évangéliser tous les peuples demeure une priorité. Aucune raison ne peut en justifier un ralentissement ou une stagnation, car « le mandat d’évangéliser tous les hommes constitue la vie et la mission essentielle de l’Eglise » (2). Mission qui « en est encore à ses débuts et nous devons nous engager de toutes nos forces à son service » (3). Comment ne pas penser ici au Macédonien qui, étant apparu en songe à Paul, criait : « Viens en Macédoine et aide-nous » ? Ils sont nombreux aujourd’hui ceux qui attendent aujourd’hui l’annonce de l’Evangile, ceux qui ont soif d’espérance et d’amour. Ceux qui se laissent interpeller à fond par cette demande d’aide qui se lève de l’humanité quittent tout pour le Christ et transmettent aux hommes la foi et l’amour pour Lui ! (4)
Oui, ils sont nombreux ceux qui attendent aujourd’hui l’annonce de l’Evangile ! Anuncioblog reçoit souvent leurs visites et leurs commentaires : puissions-nous chacun trouver rapidement le « comment », dans la prière et la contemplation de notre trésor, le Christ.
1. Paul VI, Exhort. ap. Evangelii Nuntiandi, 14
2. Paul VI, Exhort. ap. Evangelii Nuntiandi,22
3. Jean-Paul II, Enc. Redemptoris Missio, 1
4. cf. Spe Salvi, 8
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