En Suisse, on gaze les « clients » à l’hélium

On se croirait revenu aux heures les plus sombres de notre histoire. Parmi les nombreuses dérives possibles d’une légalisation de l’euthanasie, en voici une : en Suisse, une association gaze ses patients, devenus des « clients ». La question, lourde de signification, mérite d’être posée : demain, qui sera gazé ? Dans le Blick – le plus grand journal de Suisse – le président de l’association des médecins zurichois, Urs Stoffel, s’insurge : « C’est digne des méthodes du troisième Reich. »

Pervers et monstrueux : Dignitas

Par le Professeur François-Xavier Putallaz

Le procureur zurichois Andreas Brunner se dit outré. C’est un euphémisme, quand il n’y a pas de mots assez durs pour qualifier ce qui se passe en Suisse. Depuis le mois de février en effet, une association d’aide au suicide filme ses membres en train de s’envelopper la tête d’un sac en plastique rempli d’hélium, jusqu’à étouffement. Les images sont insupportables, car les personnes tressaillent durant des dizaines de minutes avant de succomber. On ne ferait pas cela à des bêtes. Et l’association s’appelle « Dignitas » !

Elle envoie ces films au procureur pour deux raisons. D’abord pour se protéger en prouvant qu’elle ne commet pas d’homicide ; ensuite pour faire pression sur l’opinion pour qu’on légifère en la matière. Mais ses méthodes sont doublement cyniques. Premièrement, elles instrumentalisent des morts atroces pour influencer le Conseil fédéral qui, à juste titre, refuse de légiférer ; il faut espérer que notre Exécutif tienne bon : légiférer reviendrait à cautionner ces associations délétères.

Deuxièmement, ces méthodes monstrueuses laissent imaginer qu’avec du natrium pentobarbital, tout serait pour le mieux : « Dignitas » donne dans l’horreur pour faire croire qu’un suicide médicalisé, d’apparence propre, serait moins odieux. En réalité, qu’une aide au suicide se fasse « proprement » ou non, la perversité du geste ne change pas de nature : y contribuer sous couvert de fausse compassion, c’est toujours se faire complice d’un acte objectivement mauvais.

Qu’une personne décide de mettre fin à ses jours, voilà qui est triste. Mais on ne voit pas que la médecine doive s’en mêler. Pourquoi exiger un acte médical, quand le but exclusif de la médecine consiste au contraire à soigner ou accompagner jusqu’à une mort vraiment digne ? Les médecins devraient protester avec véhémence : c’est le sens de leur mission que l’on ruine.

Car la solution véritable et humaine ne se trouvera jamais du côté de « Dignitas » ni d’aucune de ces associations morbides, dont les méthodes plus soft sont tout aussi perverses. La solution est ailleurs : elle passe par les soins palliatifs, la compétence du personnel soignant, l’accompagnement des bénévoles et surtout les proches qui, jour après jour, redoublent d’attention, de vraie compassion, et d’amour, pour accompagner les grands malades jusqu’au bout du chemin. Seule cette voie est humaine ; elle seule mérite le beau nom de « dignité ».

Source : Le nouvelliste via Nousvoulonslavie.com (pétition à signer en ligne)

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