Archives mensuelles : septembre 2010

Les Etats Généraux du christianisme se sont penchés sur l’évangélisation

Après deux jours et demi de débats, rencontres et prières, les premiers Etats Généraux du Christianisme se sont refermés samedi soir dans la cathédrale de Lille lors d’une célébration œcuménique.

Lors de cette dernière après midi, avant cette célébration, les congressistes ont été invités à participer à un grand forum sur le thème de l’évangélisation. Quatre intervenants ont animé ce temps fort, retransmis sur grand écran dans deux salles de l’Université catholique de Lille dont le grand amphithéâtre était trop petit pour contenir les chrétiens présents.

Sr Nathalie Becquart, directrice adjointe du service national pour l’évangélisation des jeunes a pris la parole et a donné ses premières réactions au thème proposé : « Evangéliser, est-ce provoquer ? ». Elle a tenu à remercier les jeunes auprès de qui elle est envoyée en mission, car ce sont eux qui lui «apprennent à être témoin de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui ». Et pour bien illustrer la manière nouvelle et décomplexée que ces jeunes ont d’évangéliser, un petit film a été projeté. C’était une invitation faite par des jeunes du diocèse de Rennes à prendre part aux JMJ de Madrid, à travers la parodie d’une publicité où Rodolphe, un jeune homme, réussit à percer dans une émission de télé réalité parce qu’il a été aux JMJ. Et le slogan de s’afficher, en référence à une publicité qui passe à la télévision en France : « Rodolphe, il va aux JMJ, il a tout compris ». Pour celle qui est en mission auprès d’étudiants, il faut utiliser le langage des jeunes pour leur proposer une rencontre avec Dieu. Et ce langage, c’est celui de l’image, de la vidéo. Comme pour toute mission, rappelle la religieuse xavière, il faut apprendre la langue de ceux à qui on est envoyé. C’est une inculturation qui est primordiale, car ces derniers ont un rapport différent au monde de celui des générations précédentes. Et de citer, par exemple, la solidarité qui, aujourd’hui est une porte d’entrée favorable à la proposition de foi.

Face aux diverses propositions, la crédibilité de celui qui annonce l’Evangile est essentielle. S’il y a une crise des institutions, l’investissement paye toujours, et l’annonce explicite de son appartenance catholique n’est pas forcément une limite (comme le prouve la reconnaissance sociale dont jouit par exemple le Secours Catholique). Pour la religieuse, l’Evangile est une « douce bombe », car l’Esprit Saint agit toujours avec douceur. « Comment proposer l’Evangile en étant audacieux, en étant conscients que c’est une bombe qui va bousculer des valeurs, des manières de faire », s’interroge encore Nathalie Becquart face à des jeunes qui ont la volonté de s’engager mais ne savent pas trop comment faire.

Aujourd’hui, ma vision de l’évangélisation, « c’est un véritable partenariat, en travaillant avec les jeunes » explique celle qui avoue aussi être très attentive à ce qui se fait dans les sphères du monde social ou politique. Et à ce titre, elle n’hésite pas à parler d’interaction entre la prière, l’action et la discussion, tout comme elle a insiste sur une nécessaire diversité. « Il n’y a pas d’antagonisme entre des propositions spirituelles très fortes (comme des retraites ou des temps de prière) et le fait d’être ouverts à tous » a-t-elle déclaré à une salle où un groupe de jeunes des aumôneries des universités de Lille étaient présents.
Etienne Lhermenault, président du Conseil national des Evangéliques de France lui a succédé au micro, expliquant que dans notre société largement déchristianisée, il y a de la place pour une évangélisation large, sans concurrence. Citant largement la bible, le pasteur baptiste a indiqué le sens de l’évangélisation : « Nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez vous réconcilier avec Dieu ». La référence aux paroles de l’apôtre Paul aux Corinthiens montre bien l’importance de la question de l’amour de Dieu et du salut qu’il est venu donner aux hommes. « Evangéliser, c’est aimer, et laisser l’Esprit Saint faire son travail » a ajouté le pasteur, rappelant quand même l’aspect dérangeant de ce message. Car s’il y a besoin de réconciliation, c’est qu’il existe une situation d’inimitié avec Dieu, et l’évangélisateur doit dénoncer cet état.

Marc de Leyritz, président d’Alpha France a indiqué quant à lui que « c’est toute l’Eglise qui devrait être provocante » dans le cadre de l’évangélisation. Car cette dernière est avant tout une rencontre avec Dieu, c’est « faire l’expérience de l’amour de Dieu qui est répandu dans notre cœur par l’Esprit Saint qui nous est donné » a-t-il dit en citant lui aussi les textes de saint Paul. Pour ce jeune homme, la foi demande aujourd’hui à être essayée, elle est placée en concurrence avec les autres spiritualités, et la démarche des parcours alpha consiste à proposer de s’immerger dans la foi, d’en faire l’expérience, pour mieux la découvrir du dedans. A ce niveau, « l’hospitalité du dialogue » joue un rôle essentiel dans le processus d’évangélisation, car la foi n’est pas qu’un contenu à apprendre, mais c’est une rencontre à vivre.
Le dernier orateur, Philippe Bancon, président des guides et scouts de France, a souligné la perspective de son mouvement, qui est d’évangéliser par l’éducation, en présentant la foi. La démarche de conversion sera effectuée par la personne évangélisée, en lien avec Dieu. « Au mieux, on peut espérer tenir la chandelle entre Dieu et la personne évangélisée » disait-il pour illustrer son propos. L’évangélisation est donc un éveil au désir de Dieu auprès d’une personne qui aura été rejointe dans ses questions existentielles par le chrétien. Et cela implique de laisser une grande liberté à celui à qui l’on propose la foi. De ce fait, l’évangélisateur prend des risques.

Avant que l’assemblée ne pose quelques questions aux intervenants, divers témoignages ont été donnés par les participants, des jeunes aux plus âgés. Finalement, à l’image de Philippe Gaspard, un élève ingénieur de 21 ans et vice président de l’aumônerie de la catho de Lille, les participants se sont sentis revigorés dans leur démarche d’évangélisation. Ce dernier avoue avoir découvert qu’évangéliser, ce n’est pas « vouloir avoir un résultat » mais c’est « accueillir l’autre », et « peut-être le provoquer dans mon choix de vie pour l’amener à se poser des questions ». Une démarche que, finalement, les Etats Généraux ont voulu mettre en œuvre au long de ces journées de rencontre.

Source : Zenit

Jean-Pierre Denis (La Vie) : « l’évangélisation est une question fondamentale pour l’Eglise et pour la société »

A Lille les 23, 24 et 25 septembre prochains auront lieu les premiers Etats Généraux du christianisme. Un projet simple, mais un peu fou : rassembler des milliers de participants et une centaine d’intervenants autour de la question « Notre époque a-t-elle besoin de Dieu ? ». Zenit publiait hier une interview que nous avons faite de Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie, à l’initiative de l’évènement.

J.-B. Maillard – Pourquoi organisez-vous ces Etats Généraux du christianisme ?

J.-P. Denis – Depuis la longue séquence de l’affaire Williamson jusqu’au débat sur la pédophilie, il nous a semblé qu’il était indispensable de montrer que le christianisme est autre chose que des polémiques stériles.

Le message du christianisme est très important pour notre société et il faut tout faire pour qu’on l’entende. De plus, j’ai rencontré ces derniers temps de nombreuses personnes et j’ai constaté que beaucoup d’entre elles ont très envie de parler du christianisme.

L’époque appelle à un véritable œcuménisme, c’est-à-dire un dialogue avec ceux qui ne sont pas forcément d’accord avec nous. Nous avons besoin d’un état des lieux du christianisme, sans nier nos identités et nos convictions. La crise du christianisme est indéniable, et en même temps il y a véritable attente spirituelle dans notre société. Il faut saisir ces deux bouts pour faire entendre un message positif. Enfin, nous en restons trop souvent à des débats de culte ou de sacristie, alors qu’on nous attend sur les questions de société abordées sans tabou.

Y a-t-il une urgence à se poser la question de la place du christianisme ?

Oui, il y a urgence. La société est aujourd’hui déchristianisée. Elle accepte le message quand il est dans son sens, mais sinon on trouve l’Eglise moralisatrice, ringarde et déplacée. Je crois que le christianisme est le caillou dans la chaussure, la seule contre-culture critique et imaginative. Le message chrétien est une nouveauté pour la société, une radicalité provocatrice. D’ailleurs, je publie ces jours-ci un livre qui s’intitule « Pourquoi le christianisme fait scandale ? ». En même temps, il y a dans la société déchristianisée un regain d’intérêt pour le spirituel.

Quelle est la différence entre christianisme et chrétienté, entre un christianisme défensif et un christianisme rayonnant ?

Le mot chrétienté renvoie à un passé où le christianisme était dominant et donnait forme à la culture. C’est parfois une nostalgie qui enferme et dont il faut sortir. Le christianisme rayonnant s’incarne dans le monde sans être du monde, il témoigne. Lorsqu’on atteste sans arrogance sa foi, cela intéresse. C’est nouveau et très prometteur dans notre société : nous sommes sortis de l’époque où nous pouvions partir en conquérants, déclarant « je détiens la vérité ». Maintenant, il faut dire ce en quoi nous croyons.

Les personnalités invitées ont des positions très diverses, on trouve quelques catholiques qui ne suivent pas toujours le magistère de l’Eglise. Pourquoi ?

Les clivages existent toujours : si nous ne sommes pas d’accord entre nous, parlons-en ! Oublions nos petites excommunications réciproques. L’époque nous appelle au dialogue. Je n’ai pas demandé aux intervenants de me dire à l’avance ce dont ils vont parler, je ne leur demande pas à l’entrée de certificats de bonne pensée ou de diplômes de théologie. C’est ainsi que Christine Pedotti, de la conférence des baptisé(e)s de France, débattra avec M. l’abbé Vincent Ribeton, de la Fraternité Saint Pierre. Aucune sensibilité ne sera exclue. Il y aura aussi des non-chrétiens et nous avons le soutien de l’Université catholique de Lille, de l’évêque Mgr Ulrich, sans qui les Etats Généraux n’auraient pas lieu.

Un débat est intitulé « Changer l’Eglise, oui, mais dans quel sens ? » : croyez-vous qu’il faille changer l’Eglise ?

Les fondamentaux ne changent pas, l’Eglise est toujours en mouvement et la tradition, vivante. Il s’agit donc de distinguer ce qui est fondamental et qui ne doit pas changer de ce qui évolue et peut être amélioré. Je n’ai pas la conclusion, l’aventure est en marche.

La dernière séance plénière pose la question de l’évangélisation. En quoi est-ce une question importante ?

Depuis les origines du christianisme, l’annonce est ce qui nous fait vivre. L’évangélisation est donc une question fondamentale pour l’Eglise et pour la société.

Mais il y a beaucoup de débats derrière ce mot. Premier débat, faut-il une évangélisation explicite ? Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour dire qu’une annonce de la foi est nécessaire. Deuxième débat, quels sont les contenus de l’évangélisation et comment faut-il procéder ? Il y a de nombreuses méthodes : seront présents les responsables des Cours Alpha, les Scouts de France et les protestants évangéliques.

Votre journal parle de plus en plus d’évangélisation. Est-ce une volonté affichée ?

Oui, clairement ! Les chrétiens sont soucieux d’annoncer l’Evangile depuis les origines de l’Eglise, cela me semble une évidence. Mais l’évangélisation n’est pas le monopole des mouvements qui répondent à l’appel de la nouvelle évangélisation, ce souci est à la racine même de l’Action catholique, par exemple. Il y a des approches différentes : l’opposition faite entre les différentes sensibilités est dépassée Un mauvais procès est souvent fait aux chrétiens de fibre sociale quand on pense qu’ils n’ont pas ce souci. La « catho pride » n’est pas la seule évangélisation, toute mission suppose une certaine forme d’humilité.

Quelle place aura la prière lors de ces Etats Généraux ?

Les Etats Généraux ne sont pas un colloque, mais une rencontre. Se rassembler sans Dieu serait dommage, aussi la prière sera présente tout du long. Il y aura une nuit entière de prière, pour toutes les sensibilités. Les moines trappistes du Mont-des-Cats diront exceptionnellement l’office de la nuit avec nous. Un temps d’adoration sera animé par Jeunesse 2000, une louange avec la communauté de l’Emmanuel, et puis Taizé, le Chemin Neuf, Coexister, les sœurs cisterciennes bernardines de Saint André, le cœur orthodoxe de la paroisse Saint Nicolas de Lille… Nous terminerons ces journées par une célébration œcuménique avec le vice-président de la conférence des évêques de France et son homologue orthodoxe.

J’ose dire qu’au-delà des paroles, cette dimension de communion, ce moment de prière en commun sera un moment historique pour l’Eglise en France. Je crois qu’il n’y a pas d’engagement sans spirituel, et de spirituel sans engagement. La prière permet de croiser la dimension horizontale et verticale du christianisme.

(1) Pourquoi le christianisme fait scandale, éloge d’une contre culture, Editions du Seuil, septembre 2010

Source : Zenit

Pour en savoir plus et suivre l’évènement en temps réel : le blog des Etats Généraux du christianisme (sur La Vie.fr)

Benoît XVI au Royaume-Uni : « l’urgente nécessité de proclamer l’Évangile avec un élan nouveau dans un milieu très sécularisé »

Pendant son voyage au Royaume-Uni, qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes, Benoît XVI a parlé plusieurs fois de l’évangélisation, mission première de l’Eglise. Il est revenu aussi sur la création du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Morceaux choisis.

Lors de son homélie à Glasgow :

Parmi les différents dons énumérés par saint Paul pour la construction de l’Église figure celui de l’enseignement. L’annonce de l’Évangile a toujours été accompagnée par un souci pour les paroles : la parole inspirée de Dieu, et la culture dans laquelle celle-ci s’enracine et fleurit.

Ici en Écosse, je pense aux trois universités médiévales fondées par les papes, en particulier à l’université Saint-André qui va célébrer cette année le 600ème anniversaire de fondation. Dans les trente dernières années, avec le concours des autorités civiles, les écoles catholiques écossaises ont relevé le défi de procurer une éducation intégrale à un plus grand nombre d’étudiants, et cela a aidé des jeunes non seulement dans leur croissance spirituelle et humaine, mais aussi pour leur insertion dans la vie professionnelle et publique.

C’est un signe de grande espérance pour l’Église, et j’encourage les professionnels catholiques, hommes politiques et professeurs d’Écosse, à ne jamais perdre de vue leur vocation qui est de mettre leurs talents et leur expérience au service de la foi, en s’engageant à tous les niveaux de la culture contemporaine écossaise. L’évangélisation de la culture est d’autant plus importante de nos jours, alors qu’une “dictature du relativisme” menace d’obscurcir l’immuable vérité sur la nature humaine, sa destinée et son bien suprême.

Certains cherchent aujourd’hui à exclure la croyance religieuse du discours public, à la limiter à la sphère privée ou même à la dépeindre comme une menace pour l’égalité et pour la liberté. Pourtant, la religion est en fait une garantie de liberté et de respect authentiques, car elle nous conduit à considérer chaque personne comme un frère ou une sœur. Pour cette raison, je lance un appel particulier à vous les fidèles laïcs, en accord avec votre vocation et votre mission baptismales, à être non seulement des exemples de foi dans la vie publique, mais aussi à introduire et à promouvoir dans le débat public l’argument d’une sagesse et d’une vision de foi. La société d’aujourd’hui a besoin de voix claires qui prônent notre droit de vivre, non pas dans une jungle de libertés autodestructrices et arbitraires, mais dans une société qui travaille pour le vrai bien-être de ses citoyens et qui, face à leurs fragilités et leurs faiblesses, leur offre conseils et protection. N’ayez pas peur de prendre en main ce service de vos frères et sœurs pour l’avenir de votre nation bien-aimée.

Puis, à Westminster, dernière étape de sa visite d’Etat :

Je remercie le Cardinal O’Brien et Mgr Nichols, Archevêque de Westminster, pour leurs mots de bienvenue, et ce faisant je me souviens comment récemment j’ai pu tous vous recevoir à Rome, pour la visite ad Limina de vos Conférences épiscopales respectives. Nous avions alors évoqué quelques-uns des défis auxquels vous êtes confrontés dans la mission qui est la vôtre de guider votre peuple dans la foi, en particulier en ce qui concerne l’urgente nécessité de proclamer l’Évangile avec un élan nouveau dans un milieu très sécularisé. Au cours de cette visite, il m’est apparu clairement combien le peuple britannique a une soif profonde de la bonne nouvelle de Jésus Christ. Vous avez été choisis par Dieu pour offrir à vos compatriotes l’eau vive de l’Évangile, les encourageant à mettre leur espérance, non pas dans les vaines tentations du monde, mais dans la ferme assurance du monde à venir. En proclamant que le Royaume est proche avec ses promesses d’espérance pour les pauvres et les nécessiteux, pour les malades et les personnes âgées, pour les enfants à naître et pour les laissés pour compte, ayez à cœur de présenter sans rien omettre le message porteur de vie de l’Évangile, y compris les questions qui sont en opposition avec les principes largement répandues dans la culture d’aujourd’hui. Comme vous le savez, un Conseil pontifical vient d’être créé pour la nouvelle évangélisation des pays qui ont une longue tradition chrétienne, et je voudrais vous encourager à recourir à ce service pour affronter la tâche qui vous revient. En outre, nombre des nouveaux mouvements ecclésiaux ont un charisme particulier pour l’évangélisation, et je sais que vous ne manquerez pas de continuer à chercher comment les impliquer de manière appropriée et effective dans la mission de l’Église.

Benoît XVI : « La proclamation de la Bonne Nouvelle est étroitement liée à la qualité de la foi et de la prière »

Samedi, Benoît XVI a reçu aujourd’hui les évêques récemment nommés, qui participaient à un cours d’actualisation promu par la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Le pape a d’abord évoqué les défis auxquels ils sont confrontés, « spécialement dans les communautés chrétienne qui vivent leur foi dans des contextes difficiles où, en plus des diverses formes de pauvreté, existent parfois des formes de persécution liée à leur foi chrétienne. Vous avez le devoir de nourrir leur espérance, de partager leurs difficultés, en vous inspirant de la charité du Christ qui s’exprime par l’attention, la tendresse, la compassion, l’accueil, la disponibilité et l’intérêt aux problèmes des gens pour qui vous devez vous dépenser ».

Le Saint-Père a également évoqué le ministère épiscopal qui « se comprend seulement à partir du Christ, source unique et suprême sacerdoce auquel l’évêque est rendu participant… Il faut, pour imiter le Christ, consacrer suffisamment de temps pour être avec lui et le contempler dans l’intimité de la prière. Le pasteur est surtout appelé à être fréquemment en présence de Dieu, à être un homme de prière et d’adoration » .Après avoir souligné que « la vie de l’évêque doit être une offrande continue à Dieu pour le salut de son Eglise, et spécialement pour le salut des âmes qui lui sont confiées », le Pape a ajouté que « l’épiscopat, comme le presbytérat, ne doit jamais être compris comme relevant d’une catégorie mondaine. Il est un service d’amour ».

« L’accueil et le fruit de la proclamation de la Bonne Nouvelle sont étroitement liés à la qualité de la foi et de la prière. Ceux qui sont appelés au ministère de la prédication doivent croire en la force de Dieu
qui émane des sacrements et qui les accompagne dans leur devoir de sanctifier, gouverner et annoncer. Ils doivent croire et vivre ce qu’ils annoncent et célèbrent ». Benoît XVI a ainsi ajouté que les communautés
confiées aux évêques « sont souvent une minorité. C’est pourquoi la mission d’un évêque est particulièrement prenante. Mais c’est dans ces circonstances qu’à travers votre ministère, l’évangile montre toute sa puissance salvifique. Vous ne devez pas céder au pessimisme et au découragement car c’est l’Esprit Saint qui guide l’Eglise et qui, par son souffle puissant, lui donne le courage de persévérer mais aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation pour atteindre des endroits restés inexplorés ».

« La vérité chrétienne est attirante et persuasive justement parce qu’elle répond au besoin profond de l’existence humaine, en annonçant de manière convaincante que le Christ est l’unique Sauveur de tout l’homme et de tous les hommes. Cette annonce est tout aussi valable aujourd’hui qu’au début du christianisme lorsqu’eut lieu la première grande expansion missionnaire de l’Evangile ».

Source : Vatican Information Service

Frères des autres

Comment ne pas évoquer en ces jours la sortie du film “Des Hommes et des dieux” évoquant le martyr des moines de Tibéhirine ? Il me semble que la figure étonnamment vivante de ces sept frères assassinés en 1996 surplombe et éclaire notre époque dans sa complexité et sa beauté.

Tibéhirine, c’est le choix de se faire “Frères des autres”, frères de ceux que l’on veut simplement aimer, servir, dans des temps de violence où tout pousse à fuir. C’est le choix éclairé de la fraternité humaine, de la fidélité. Ce sont de grands moments de doute et de violence intérieure, des combats pour rester debout face à l’adversité, face à la peur, face au désir de fuir. C’est le don de sa vie, qui n’élude pas la passion et le “éloigne de moi cette coupe”. Parce que face à sa propre mort, aucun homme ne peut dire simplement  “même pas mal, même pas peur”. S’ils avaient été inconscients, téméraires, s’ils avaient simplement minimisé les risques, s’ils n’avaient jamais eu le ventre retourné de peur, leur exemple aurait déjà été sidérant. Que leurs écrits, et tous les témoignages, nous les montrent comme des hommes lentement broyés par la meule, lucides, porteurs de leurs propres limites et combats intérieurs, les rend encore plus admirables.

Pour un homme de bien, à la limite, on serait prêt à mourir, dit Saint Paul, mais pour un pécheur ? Pour paraphraser, je dirais, pour évangéliser, à la limite, on serait prêt à donner, mais juste pour aimer ?

Car ce que m’inspire l’histoire de Tibéhirine, c’est l’exemple d’un amour du prochain gratuit, désintéressé, qui va bien au-delà de ce dont nous serions capables a priori. Un amour qui respecte l’autre, et l’accueille comme un don. Puissions-nous, quand nous témoignons, quand nous sommes engagés dans des actions d’évangélisation, avoir au corps, au coeur, à l’âme, et en paroles, un petit peu de l’esprit des frères de Tibéhirine. Que chaque être humain rencontré puiss lire en nous quelque chose comme :

O mon frère, ou ma soeur, je vois en toi le plus beau des trésors. Je ne t’aime pas d’un amour mièvre, car je connais le prix de l’amour parfois : peurs, silences, pleurs, douleurs. Je t’aime en homme debout qui a peur de rester, mais qui reste quand-même. Je t’aime en homme doutant qui se reçoit chaque jour dans la prière. Je t’aime en homme tenté de ne jamais aimer, de tout garder pour lui, de juger et de condamner. Je t’aime pour ce que tu es. Je t’aimerai encore si tu ne m’écoutes pas, si tu ne me vois pas, si tu ne m’entends pas. Je t’aimerai si ce que je te dis te fait hurler de rire, t’ennuie ou te débecte. Je t’aimerai si tu reçois mon témoignage, et si tu ne le reçois pas. Je t’aimerai si tu décides d’ouvrir ton coeur à l’Evangile, et si tu ne le décides pas. Quoi que tu choisisses de faire, dans ta sainte liberté, je t’aimerai.

Puissions-nous toujours à l’exemple des frères de Tibéhirine, garder une attitude de solidarité humaine, d’amour gratuit de l’autre, qui n’attend rien en retour, qui reste aimant malgré les déconvenues, les rejets, la violence, puissions-nous nous faire frères des autres. Alors l’annonce explicite de Jésus sauveur ne sonnera pas comme un rabâchage niais, un prosélytisme agressif, une technique marketing, mais comme le trop-plein de notre amour.

« Comment Benoît XVI voit l’avenir du christianisme ? » Réponse : par la nouvelle évangélisation

Dans un billet intitulé « Comment Benoît XVI voit l’avenir du christianisme », Frédéric Mounier, correspondant permanent du journal La Croix à Rome, estime à juste titre que le pape voit dans la nouvelle évangélisation un remède à la sécularisation, à la culture relativiste et au consumérisme, non seulement pour le Brésil face aux défis des sectes et du protestantisme évangélique, mais aussi pour la vieille Europe et le Royaume-Uni où Benoît XVI se rendra la semaine prochaine… Extrait :

Benoît XVI a reçu ce vendredi 10 septembre les évêques brésiliens de la région Nord-Est. A cette occasion, il a, à nouveau, dressé un constat sans concessions des défis posés à l’Église, et proposé une vision précise des remèdes possibles, tant du côté de la nouvelle évangélisation, que du côté de l’oecuménisme.

Ses propos dépassent largement le contexte brésilien. Ils devraient se retrouver dans la trame des discours prononcés la semaine prochaine durant sa visite au Royaume-Uni. Et nourrir la lettre de mission qui devrait être prochainement remise à Mgr Fisichella, président du nouveau conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

Le constat : le pape a constaté une « influence croissante de nouveaux éléments dans la société » brésilienne, qui a conduit un nombre important de catholiques à abandonner l’Église, probablement victime d’une évangélisation « parfois superficielle ». Il a noté en particulier « la rapide expansion » de communautés évangéliques et issues du néo-pentecôtisme.

La nouvelle évangélisation : pour le pape, cette proclamation du message chrétien « est peut-être aujourd’hui encore plus nécessaire » que par le passé à cause « de la croissante influence négative du relativisme intellectuel et moral dans la vie des personnes ». L’enjeu est clair : « Le grand domaine commun de collaboration devrait être la défense des valeurs morales fondamentales, transmises par la tradition biblique, contre leur destruction dans une culture relativiste et de consommation ; ainsi que la foi en Dieu créateur et en Jésus Christ, son Fils incarné ».

Lire l’intégralité du billet sur le blog de Frédéric Mounier

Résumé du discours de Benoît XVI aux évêques brésiliens : Zenit

Apéro-Evangile-géant : des chrétiens invitent les non-chrétiens

Demain soir vendredi à 19h, un apéro géant d’un nouveau genre est annoncé à Paris, à Lyon et en Avignon. Plusieurs milliers de jeunes sont attendus. La nouveauté radicale de cet apéro géant : ne sont les bienvenus ni alcool, ni drogue, ni téléphone portable, ni connexion web. En revanche, on demande d’apporter si possible une Bible ou un Evangile. Une seule ambition, pour les organisateurs : la liberté. Et bien sûr, que cette sortie soit comme une immense évangélisation de rue.

« Nous sommes concernés à titre personnel ou dans notre entourage par les conséquences désastreuses d’une addiction, déclarent-ils. Nous voulons simplement témoigner d’un mode vie alternatif, d’une consommation responsable, du bonheur d’être ensemble tout simplement, sans excès, sans artifices et sans provocations ».

Choqués par les débordements qui ont conduit à la mort d’un jeune à Nantes en février dernier, inquiets par d’autres initiatives plus désireuses de confrontation que de vivre ensemble, ils se déclarent de la « génération JMJ, 18-35 ans, pèlerins de l’espérance, chrétiens de toutes confessions, bien dans notre foi et heureux de la partager ».

Ils se dotent aussi d’une “charte verte” : « respect de soi (ni drogue, ni alcool), des autres (recherche de l’harmonie), respect des lieux qui nous accueillent (nous rendrons la place propre) ». Selon la même charte, il s’agit clairement d’une nouvelle évangélisation des 18-35 ans. Cet apéro vert veut en effet montrer que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, qu’il ne s’abreuve pas seulement d’alcool mais de la Parole de Dieu, de « cette vérité qui nous rend libres ».

Les non-chrétiens sont donc invités à venir pour poser leur question sur Dieu, la foi, l’amour… Et les catholiques, à venir en témoigner : avis aux amateurs !

Date : Vendredi 10 septembre 2010 à partir de 19h
Lieux : Parvis Notre Dame à Paris – Place Saint Jean à Lyon – Place du palais des Papes à Avignon

Pages Facebook de l’évènement :
à Paris
à Lyon
en Avignon

La nouvelle évangélisation de la France (conférence)


Le mardi 28 septembre à 20h30, le Centre Trinité fait sa rentée et accueille Jean-Baptiste Maillard, journaliste et auteur du livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France (éditions de l’Oeuvre, 2009).

Une actualité brûlante : en juin dernier, Benoît XVI créait le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation afin de « promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où la première annonce de la foi a déjà retenti et où sont présentes des Eglises d’antique fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte ‘d’éclipse du sens de Dieu’ ».

A partir d’une trentraine de témoignages de nouveaux évangélisateurs rencontrés aux quatre coins du pays et d’une analyse historico-théologique, il s’agit de donner des clefs pour faire découvrir de façon vivante, chaleureuse et argumentée l’élan nouveau du catholicisme.

Programme :

19h00 : Messe de rentrée du Centre Trinité, église de la Trinité
19h30-20h30 : Pot de bienvenue
20h30 : Début de la conférence

Centre Trinité : 3 rue de la Trinité 75009 Paris

L’invitation est sur Facebook

Pour en savoir plus sur Dieu est de retour (revue de presse, etc.)  : Dieuestderetour.com

Jean-Baptiste Maillard est également fondateur d’Anuncioblog.com consacré à l’évangélisation, Pie12.com consacré au pape Pie XII, et co-fondateur d’Etanchermasoif.com, un nouveau site Internet pour les non-croyants.

Pour Thimotée

Thimotée, ce n’est pas son vrai nom, vous le comprendrez. Thimotée, c’était un jeune homme comme d’autres, vous savez. Un jeune homme d’aumônerie, un jeune homme musicien, un jeune homme avec des copains, des flirts, des doutes, mal à l’aise dans son corps, que j’avais rencontré, qui était devenu un ami. Je le voyais parfois, je lui parlais de l’amour de Dieu pour lui, je lui disais que la vie, ça valait vraiment le coup d’être vécu. Je lui parlais même de l’action de l’Esprit en lui, il avait vécu des trucs chouettes, il avait commencé à relever la tête. Il avait des doutes plein la tête, mais nos conversations, souvent, au téléphone, remettaient peu à peu les choses d’aplomb, ça prend du temps, d’apprendre à s’accepter, de découvrir la foi, de s’épanouir. Thimotée a changé de région, et il est tombé sous d’autres influences.

D’abord, la drogue, avec ces jeunes comme lui qui dealent pour se payer leur propre dose, et qui répandent ces conneries putrides comme quoi, ça fait pas mal, on arrête quand on veut, y’a pas d’accoutumance. Sauf que dans une tête d’ado, c’est un Iroshima parfois, “boum”, toutes les pousses d’espérance, de joie, de foi, de volonté, rasées au ras du sol, et le “bof” qui s’installe et remplace la vraie vie. Et puis, des frères cathos très “dans le siècle”, genre Dieu n’a que nos mains, comment veux-tu qu’Il puisse s’intéresser à toi, ah, ah, les charismatiques, la nouvelle évangélisation, et les groupes de prière, ah, ah, une quête identitaire pour jeunes tarés. Ah, ah, bravo les gars, super drôle, le coup du petit jeune qui perd la foi, qui abuse du chichon, et qui, à pas vingt ans, se jette d’un pont.

Ah, ah. Oui, vous avez bien fait de l’éloigner de Dieu, critiquer ces temps de louange où il reprenait vie. Ah, ah.

Sauf que c’est pas bien drôle de suivre un jeune cercueil, de chialer comme un môme, de se dire que cette vie-là aurait peut-être pu être sauvée. Je vous passe toutes les heures à se prendre la tête genre “mais qu’aurais-je pu donner de plus ?”

Certains semblent oublier qu’il n’y a pas sur Terre que des grands intellectuels, qui eux peuvent se permettre de gloser sur le niveau du symbolisme dans les sacrements, se moquer de la louange et conchier la mission de rue. Je ne sais pas quelle est leur nourriture, je ne sais même pas comment on peut durer en remettant tout en cause, tout le temps, et ce cynisme !

Je m’en fous de passer pour un taré, d’aimer Jésus, Marie, le pape et la nouvelle évangélisation. Car je sais que des Thimotée, il y en a plein. S’il t’arrive de te demander pourquoi tu serais appelé à témoigner, à répandre l’amour de la Bonne Nouvelle, et la Bonne Nouvelle de l’Amour, je t’en prie, pense à Thimotée. Il t’attend au coin d’une rue, dans un squat, sur la plage. Il a peut-être bonne allure, le rire clair et le look surfer. Mais peut-être, au-dedans de lui, tout ce qu’il est se meurt. Peut-être, la parole, le regard échangé, le sourire, le témoignage, vont aider à briser la gangue qui lui broie les entrailles, la nuit, quand il est seul. Peut-être, la louange, prier pour lui, discuter avec lui, ça va remettre en route son chemin de vie. Ca vaut dix-mille échecs, cent discours méprisants de grands penseurs, ça vaut même de se faire cataloguer comme des abrutis épris de fusionnel en quête identitaire, mais je t’en supplie, par pitié, par amour, et par charité, n’aie pas peur d’évangéliser !