Comment évangéliser à la fac ?

Tee-shirt Jesus first in my life

C’est la question du mois, envoyée par Béatrice :

« J’ai 19 ans et j’aimerais beaucoup évangéliser ; en septembre je serai étudiante et  je rentre à l’université. Il n’y aura pas beaucoup de catholiques, alors j’en profiterai pour évangéliser. Mais je suis timide et je ne sais pas comment m’y prendre. Est-ce que j’aborde immédiatement les étudiants en leur disant que je suis catholique, etc. ? Ou je m’habille de telle façon qu’on remarque que suis catho, avec un chapelet autour du poignet ? Comment je peux faire concrètement ? Car j’ai envie de commencer dès le premier jour de la rentrée, car si j’attends je n’évangéliserai pas. »

Notre réponse :

Bravo pour ton désir d’annoncer le Christ. Le mieux, pour apprendre à évangéliser, est de faire un « stage » d’évangélisation avec d’autres jeunes, sur le terrain. Il y a par exemple le Festival Anuncio (19 – 20 août), ou encore l’évangélisation de plages avec la Communauté de Béatitudes (10 – 25 juillet, regarde là). Dans ces camps de jeunes, on est formé à évangéliser : tu apprendras les « bases » de l’évangélisation, tu la pratiqueras en vrai. Forte de cette expérience – qui est aussi une expérience d’Eglise – à ton retour là où Dieu t’a placée, tu arriveras mieux à annoncer son nom, que ce soit à la fac auprès de tes copains mais aussi dans ton entourage plus ou moins proche, auprès de ceux que tu rencontres… Tu peux aussi commencer dès maintenant.

Maintenant, pour répondre plus concrètement à ta question.

  1. Il faut essayer d’avoir un témoignage cohérent entre ce que tu vis et le message annoncé. Pour le vivre, il faut que tu aimes tout azimut.
  2. Effectivement, une médaille bien visible (sans provoquer) peut aider, mais aussi par tes prises de position, en hésitant pas à rendre compte de l’espérance qui est en toi, avec douceur et respect (Cf 1, Pierre 3-15)
  3. Pour annoncer, c’est très simple, il s’agit d’ouvrir les yeux pour repérer les occasions de dire que tu es catho, et plus important encore, que tu as la foi et que tu aimes le Seigneur. C’est le témoignage de ta relation avec Jésus. C’est beaucoup plus important à donner qu’un débat qui peut être sans fin, tu dois le faire passer en priorité.
  4. Sois attentive aux « feux verts », c’est-à-dire quand tes perches sont accueillies favorablement. C’est peut-être le moment pour cette personne de faire un pas de plus, de venir à un groupe de prière, par exemple ? Si le feu est rouge, attend encore pour aller plus loin, laisse toujours l’autre libre et donne-lui du temps.
  5. Prie le Seigneur de te donner des occasions et tu verras qu’elles ne tarderont pas : une conversation entre potes sur la sexualité ou un sujet de société, une sortie qui ne tourne pas comme tu l’espérais, une discussion en tête à tête avec une copine sur sa life qui part en vrille, ou des opportunités comme la Toussaint, Noël, Pâques… Par exemple, si on te demande « que fais-tu à Noël ? », tu peux répondre « je vais la messe de minuit, c’est hyper beau, on fête la naissance de Jésus… » et proposer de t’accompagner avec des amis sympas. Laisse ensuite le Seigneur agir.
  6. Un autre point : évite si tu peux de parler politique, c’est le meilleur moyen de te fâcher avec certains copains ou de les agacer inutilement
  7. Sois toi-même, ne leur dit pas ce qu’ils veulent entendre, mais annonce-leur que Jésus veut les sauver, qu’Il les aime chacun infiniment plus que n’importe qui d’autre (c’est ce qu’on appelle le « kérygme », cf Jn 3,16). Dis-leur personnellement, droit dans les yeux, avec douceur. Demande à l’Esprit Saint de t’éclairer, parle-leur avec tout ton cœur. Dieu fera le reste. Bonne mission !

Vous aussi posez-nous votre question en nous l’envoyant sur anuncioblog@gmail.com.

19 réflexions au sujet de « Comment évangéliser à la fac ? »

  1. NM

    La fac est un lieu de liberté et l’on est bien plus libre qu’au lycée… dans le même temps, c’est aussi un lieu de relativisme qui affaiblit souvent le message chrétien. C’est plus facile en fac de droit qu’en fac de sciences.
    J’ajouterais qu’il ne faut pas être seul ni à la fac, ni pour évangéliser… ni a fortiori pour évangéliser à la fac !

  2. K.

    Un point qui m’a aidé pour ce faire: d’abord, montrer qu’on n’est pas un extraterrestre. Ensuite, discuter. On est dans le monde sans être du monde. Si on arrive avec nos gros sabots, ça peut avoir un effet négatif.

    Courage.

  3. mathieu c

    je pense (et là c’est l’avis de quelqu’un que tu pourrais évangéliser vu que je ne suis pas catholique ni très pote avec dieu en général, quoiqu’en ce moment on s’entend plutôt bien), qu’il ne faut surtout pas que tu vois en les autres des gens à convertir, des gens qui vont penser ça ou ça, mais déjà être toi, être toi pleinement épanouie au maximum du bonheur parce que, je trouve, ce qui touche en général les gens c’est de voir quelqu’un heureux, car nous recherchons tous le bonheur, et alors ta recette les intéresserons de toutes façons.

    Bien sûr il ne faut pas paraître béat ou faire des sourires forcés, si tu es bien dans ta peau et heureuse en générale ça suffit à convaincre les gens du bien fondé de ta source de bonheur. Ensuite vous pourrez discuter.
    Et surtout, et je le répète, ne te fais pas une image particulière de l’autre comme étant un non-catho, les gens sont tous différents et souvent très surprenants.

  4. Georges

    Il me semble que l’Université est un lieu laïc non? Au nom de quoi (ne me dites pas le seigneur) vous viendrez proférer vos discours évangélisateurs aux étudiants qui sont là pour apprendre, je ne dirai pas des vérités car c’est subjectif, mais au moins des choses fondées et non pas des croyances qui ne se fondent que sur des écrits et sur le témoignage de quelques hurluberlus.

    Bref, il me semble que les catholiques, comme les musulmans, les juifs ou toutes les autres croyances n’ont rien à faire dans une université laïque. Si vous êtes trop faibles pour mener votre vie vous-même ne tentez pas de mettre les autres à votre niveau.

    Je terminerai juste par m’émouvoir de la belle et poignante question de Béatrice, encore toute ignorante et fragile qui pense pouvoir aller à l’université pour porter la bonne parole. L’université n’est plus ce qu’elle est, certes, mais heureusement il persiste quelques volontés d’émancipation face à la religion ou face aux classes exploitantes. Et quelques personnes ne craignent pas de porter leurs idéaux…alors attention aux conséquences de la bonne parole!

  5. la rédaction Auteur de l’article

    > A Georges : merci de votre commentaire. Si vous saviez combien Dieu vous aime, vous pleureriez de joie… Nous croyons ce passage du livre le plus lu monde : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne meurt point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Evangile de Jean, chapitre 3, verset 16). Nous avons fait une rencontre décisive pour notre vie : le Christ. Chaque jour, malgré les difficultés de la vie, nous ressentons son amour, nous faisons l’expérience qu’Il nous a donné la vie et qu’il est là, à nos côtés. La vie serait tellement triste sans lui ! Quel sens aurait-elle ? Pas de vie après la mort ? L’amour ne serait que cérébral ? Le don de soi n’aurait aucune utilité ? L’essentiel reste invisible pour les yeux. Le Seigneur, ce Dieu invisible, vous aime personnellement. Il veut au moins qu’on vous le dise, en respectant votre liberté. Libre à vous, ensuite, de l’accepter dans votre propre vie ou non. Sans liberté, il n’y a pas d’amour vrai. Il est en de même avec Dieu, il a préféré nous laisser le choix. C’est ce choix que nous vous proposons. Ne croyez pas que nous soyons des hurluberlus, comme vous dites. Nous sommes peut-être un peu fous, car la foi est scandale et folie pour les païens (cf 1ere lettre de saint Paul aux corinthiens, chap. 1, versets 18 à 25), mais l’amour n’est-il pas quelchose de fou, vous qui êtes peut-être amoureux ?

  6. Cerf-Volant

    « La vie serait tellement triste sans lui ! Quel sens aurait-elle ? »
    Une idée sympa serait de trouver un sens a ta vie sans avoir besoin de passer par l’idée que dieu t’en offrira la raison, c’est une forme de faiblesse ! Et je pense qu’en faisant l’effort de le chercher par toi même et ne pas te dire qu’il t’es offert, tu t’en sortira plus grandi qu’en restant passif à la trouver dans un vieux bouquin et dans « l’amour de dieu » !

    Et sinon, effectivement, vous voulez nous offrir ce choix qui est de croire en Dieu, mais vous savez: si on s’est battu pour que l’Ecole reste laïque c’est parce qu’on a déjà tranché sur la question ! Après je trouve je ne peux qu’apprécier la façon dont vous présentez la chose : « Prie le Seigneur de te donner des occasions(…)une discussion en tête à tête avec une copine sur sa life qui part en vrille » je trouve que ça fait un peu « profite du fait que tu possèdes une amie en position de faiblesse pour qu’elle nous rejoigne, sinon ça sera pas possible! Je trouve que même de votre point de vue manque de sincerité : Dans ces cas là pourquoi ne pas y aller n’importe quand, pourquoi attendre qu’elle soit en position de faiblesse, si ce que vous proposez est si bien, pourquoi attendre que les gens soient en difficulté ! Pour que « Dieu » viennent les aider, personnellement je ne pense pas qu’il y ait besoin de « Dieu » pour remonter le moral quelqu’un, juste un peu d’ humanité et de bon sens !

    Ah oui et :
    « L’amour ne serait que cérébral ? »
    Chimique me parait plus approprié !

  7. 0librius

    « 0librius aime ça. »
    Bonjour à toutes et à tous qui, comme moi, catholique convaincus ou athées lucides, passez par hasard sur ce fabuleux blog. Avec tout le respect que j’ai pour la liberté de penser, la liberté de s’associer, la liberté de culte, etc. je demeure quand même mal à l’aise vis-à-vis de cette idée « d’évangéliser », ou encore de porter « la bonne parole ». Je m’explique : à la lueurs des propos (et questions) de Béatrice, j’ai l’impression que la voix qui mène au ciel est semée de faux-semblants. Comment faire pour « évangéliser » ? dois-je aborder les gens au risque qu’ils me prennent pour une illuminée ? dois-je me parer ostensiblement de tout un attirail de codes vestimentaires afin d’attiser leur curiosité ? Tout cela nous pousse, selon moi, plus sur le terrain de la mascarade que sur le terrain de la foi. Ses propos donc, si sympathiques et dégoulinant de candeur soient-ils, tendent à mettre en évidence qu’au delà du « Bienheureux les simples d’esprits », l’Université est le lieu même de la culture et de la connaissance… autrement dit pour les chrétiens : d’un Père de substitution s’il en est. D’un Père de substitution peut-être, mais d’un Père qu’ils ont choisi de suivre.
    C’est pourquoi, et j’en arrive là où je voulais en venir, j’ai la très nette impression que « l’évangélisation » tend à jouer le rôle du frère trouble-fête de la famille recomposée en essayant d’imposer son papa à ses demi-frères et soeurs. Alors je pose la question : plutôt que de jouer au jeu du « mon papa est plus fort que le tien », pourquoi ne pas croire en la bonne « intuition » de chacun qui nous poussera toujours à choisir ce qu’il y a de mieux pour soi ?
    ———————- Si je peux encore me permettre :
    En réponse à NM qui dit : « La fac est un lieu de liberté et l’on est bien plus libre qu’au lycée… dans le même temps, c’est aussi un lieu de relativisme qui affaiblit souvent le message chrétien. C’est plus facile en fac de droit qu’en fac de sciences. »

    J’ai l’impression de pouvoir tirer plusieurs conclusions de tout cela. La première étant qu’apparemment la liberté sied très mal à l’évangélisation. La seconde étant qu’un lieu de « relativisme », et donc un lieu où l’esprit peut pleinement se développer à tendance à saper le message chrétien. Dernièrement, que la fac de droit (milieu essentiellement politiquement conservateur pour euphémiser) est plus sensible à la réception du message chrétien qu’en fac de science où, loin de manquer de « spiritualité », les étudiants sont amenés à prouver que Dieu n’existe pas.
    Or, de ces trois hypothèses (qui n’ont pas été démenties ici soit dit en passant), j’ai bien peur de ne pouvoir tirer qu’un personnel mépris de l’évangélisation – à ne pas confondre avec mon grand respect de la foi attention ! – et des « tactiques » (car c’est de cela qu’il s’agit) visant à mettre à mal la liberté, et à soumettre les plus « faibles ». Je pense aussi que Jésus aurait été profondément de gauche, puisqu’il privilégiait bien plus l’élément humain plutôt qu’un quelconque capital… or, j’ai de la peine quand je vois que la droite – tour de Babel de l’économie et du pouvoir – a saisi l’électorat chrétien. Voter à droite, c’est voter pour un bien terrestre, non pour un bien « universel »…

    …Mais trêve de digression, j’ai beaucoup appréciez votre réponse à Georges que je trouvais quelque peu véhément. Aussi je voudrais donner mon avis, me considérant moi-même comme déiste/païen, sur la lettre de saint Paul aux corinthiens. Pour ma part, il s’agit moins d’une critique de la foi que d’une critique la religion pour le « sage païen » : la religion dissimule ce que la foi serait à même de révéler. Il faut pouvoir accepter que n’importe qui puisse être aussi heureux croyant (de quelque confession qu’il soit) qu’heureux athée.

    Bien à vous…

    P.S. : « La vie serait tellement triste sans lui ! Quel sens aurait-elle ? Pas de vie après la mort ? L’amour ne serait que cérébral ? Le don de soi n’aurait aucune utilité ?  »

    Pourquoi avoir tellement peur de disparaître dans la mort au point de penser que le don de soi ne soit que pure perte et autres inutilités ? Chaque minute qui passe me rempli de bonheur, et cela, parce que j’aime avec mon cerveau, parce que je ressent avec mon cerveau, parce que je suis capable de ressentir douleur et joie, amour et haine, euphories et amertumes. Chaque minute passée à penser à me protéger de la mort, ou plutôt de l’idée de la mort serait pour moi gâchée. Se donner aux autres sans rien attendre en retour, que le néant, ne serait-ce pas cela le plus beau ? Pour l’heure je préfère donner de moi de mon vivant…

  8. mathieu c

    je pense que Georges n’a pas compris le sens de l’évangélisation qui est ici présenté: il s’agit d’essayer de faire connaître Jésus parce que la personne qui évangélise est heureuse de l’avoir dans sa vie. C’est sûr que si vous voyez l’évangélisation comme une volonté d’embrigader il est normal de la combattre.
    Ensuite l’université n’a rien de laïc puisque y prolifère des syndicats de tous bords, des représentants de partis et même de grands groupes industriels, donc bien loin de la laïcité. Et ce sont des personnes majeures qui sont à l’université d’où cette entrée de ces acteurs que je viens de citer.
    Et si l’école est laïc c’est justement pour ne pas trancher, pour que chacun puisse avoir la liberté de penser ce qu’il veut , c’est dans la déclaration des droits de l’homme je le rappelle et ceux qui comme Cerf-volant font croire que la laïcité c’est ne croire en rien me font peur car même si je ne crois pas en dieu je ne veux pas qu’on m’impose de ne croire en rien d’autre que ce que la république m’aurait prétendument proposé (ce qui est faux, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat est claire là dessus). Et je rappelle qu’une idéologie politique se fonde sur autant de sciences que la religion…
    Olibrius votre réponse est intéressante mais me gêne lorsque vous dites que l’on apprend en fac de sciences que dieu n’existe pas. Je ne crois pas en dieu (en tout cas ni comme une personne ni comme quelque chose qui m’intéresserait, mais pourquoi pas), et j’ai étudié la géologie durant cinq ans dans deux universités différents et justement la question de dieu, en histoire des sciences et dans le domaine de la biologie notamment est souvent présente et pose souci et la seule réponse donnée par les sciences géologiques est celle de leur fondateur, Buffon, qui laissait dieu dès qu’il rentrait dans labo pour le retrouver (s’il y croyait) en en sortant. Justement les scientifiques ont de bonnes raisons de tomber sur des questions sur dieu puisqu’il étudie la vie née de l’inerte et l’inerte né d’on ne sait où.

    De plus il s’agit ici d’évangéliser de manière personnelle sans autre volonté, je le redis, de partager quelque chose qui nous rend heureux. Laisserions-nous cette personne égoïste nous caché la source de sa joie ? Moi je passe mon temps à dire à tout le monde que je suis heureux d’être amoureux de ma femme, je fais du prosélytisme de l’amour en permanence et ça ne gêne personne, au contraire.
    Après c’est l’adhésion au club Eglise qui pose problème et la je serai peut-être dans les réfractaires. Encore que le fonctionnement de l’Eglise est (dans sa majorité) totalement basé sur la liberté (personne ne vient voir si vous avez loupé la dernière messe, sauf la vieille du deuxième rang qui s’emmerde pendant l’homélie).

    Personne n’a prouvé qu’on aimait avec son cerveau et quel est le souci de voir en l’amour quelque chose de plus que du rationnel ? Cette une manière aussi de se rassurer en voyant dans les sciences une réponse à tout, ce n’est pas mieux que de s’inventer un dieu quand on a peur de mourir je trouve.

    Je rejoint Olibrius sur la notion d’intuition de ce qui est bon pour nous. Le but est d’être heureux.
    Il ne s’agit donc pas d’aller voir les gens en souffrance pour profiter de leur faiblesse mais de leur apporter la joie qu’ils n’ont pas su trouver. Une fois de plus je fais de même avec ces célibataires malheureux, ces coeurs d’artichauts qui souffrent etc. en leur parlant de ma propre expérience et vision de choses de l’amour. Je souhaite réellement les amener à être aussi heureux que moi car lorsque l’on est vraiment heureux je pense qu’il nous est impossible de ne pas vouloir en faire profiter les autres. Comme devant un paysage fantastique où on crie à tous le monde: regarde! regarde !
    Il ne faut pas voir le mal partout parce qu’on finit par le voir même dans le bien. Un monde d’ignorance de son prochain pour préserver sa liberté d’être tranquille et de penser ce qu’il veut ça me gêne encore plus que ces témoins de Jéhova qui n’osent plus venir me parler parce qu’ils n’auront pas le temps de faire leur quota de visites du dimanche après avoir eu une longue discussion avec moi.
    Vous avez aussi raison de dire que le sens n’a pas vraiment d’importance le seul sens au bien c’est le bien. On le fait parce que faire le bien est normalement la meilleur chose pour tous le monde (monsieur Maillard me rejoindra avec sa définition de la liberté je pense).

    Enfin je pense qu’on a forcément peur de disparaître lorsque l’on est heureux. Peur que cela puisse s’arrêter. Mais cette peur on l’a cachée dans l’ombre de la joie du moment présent bien entendu. Ce n’est pas une peur qui fait mal au ventre mais qui interpèle parfois ou jamais. Je ne crois pas que les croyants passent leur temps à se poser la question de la mort et à s’en protéger, au contraire ils y sont préparés sûrement mieux que moi vu qu’ils ont quelqu’un qui les attend plein d’amour.

  9. mathieu c

    ceci étant dit, comme je le disais dans une autre discussion je ne pense pas qu’on puisse transmettre la foi, mais montrer une forme d’ouverture sur l’extérieur à l’autre ça oui, certainement.

  10. R

    Pourquoi tant de bavardages stériles? Moi ce que je vois, c’est que la doctrine répandue par vos « évangélisateurs » sont parfois à la limite du fascisme, notamment sur la question du droits des femmes à disposer de leurs corps et d’elles mêmes, entre autre sujets…
    Quant à la laïcité, peut-on mettre sérieusement sur le même plan les syndicats et vos groupuscules religieux? La réponse est certainement négative. Un syndicat étudiant a pour but de défendre les étudiants (leurs droits, leurs acquis sociaux, leurs conditions d’études, etc.) et non pas d’endoctriner ou de pousser lesdits étudiants à vivre d’une certaine manière conforme à je ne sais quoi ou quel idole. La défense de valeurs telles que la laïcité, l’égalité de chacun devant les lois, etc. font intégralement partie de la mission des syndicats étudiants.

    Vos cellules de même que les entreprises avides de profit, par contre, franchissent allègrement les limites ténues de la laïcité en poussant l’université à fonctionner d’une certaine manière au détriment le plus souvent des intérêts des étudiants et des personnels des établissements (dans le cas des lobbys industriels et affairistes), ou en répandant les germes d’une idéologie dégueulasse et avilissante pour le genre humain, niant le libre arbitre individuel, etc. et développant au final une pensée sectaire et anti-philosophique au possible…

    Si vous êtes si fiers d’être les nouveaux apôtres, pourquoi avancez-vous masqués? Par exemple en distribuant des tracts d’annonce de voyages à l’étranger (payants de surcroit), où il n’est jamais mentionné le nom d’une seule organisation catho… Bel exemple d’honnêteté ou de manipulation grossière… Chacun jugera…

  11. 0librius

    Je ne peux qu’avaliser les propos de « R ». En effet, si à plusieurs égards je reconnais une certaine ouverture d’esprit dans les propos de mathieu c, il faut parfois admettre que tu exposes trop d’arguments tenant du ressenti, plutôt que du logique. Comparer religion et syndicalisme, c’est comme comparer le diable et Dieu (si je peux me permettre) : pure fantaisie ironique tout au plus. L’un prône la défense de valeurs humanistes (terrestres) vérifiables, l’autre une esthétique alambiquée de la peur du néant (mais alors que penser de la CFTC ???). Quand je parlais de « donner de moi de mon vivant », par là j’entendais : agir maintenant (car je suis certains de le pouvoir) pour mes pairs sans attendre de voir si ça sera toujours possible plus tard. Si tout le monde est sauvé à la fin, alors à quoi sert de perdre son temps à faire découvrir un éventuel Dieu ?! Chacun le découvrira bien assez tôt…
    Le fait d’être amené à nier Dieu en fac de science était une « boutade » fort maladroite de ma part. Cependant, nombre de discussions (partagées avec un passionné) m’ont amené à la conclusion suivante : Il sera toujours temps de prouver scientifiquement que Dieu n’existe pas, alors que l’inverse restera éternellement impossible. Dans ma propre philosophie, ça ne me dérange aucunement puisque j’ai la nette intuition que l’esprit (de l’Homme) crée et donne consistance à « Dieu » et non l’inverse.
    Enfin, j’aimerais réutiliser, ou plus simplement revenir sur l’analogie de mathieu entre l’action d’évangéliser des païens et celle de conseiller amoureusement des célibataires, entre le fait de faire partager son amour de Dieu et celui que l’on éprouve pour une femme. Encore une fois je trouve cette analogie bien tirée par les cheveux même si je comprends toute la bonté qui s’en dégage. De la même manière que je n’ai pas/plus de femme à aimer, je n’ai pas de Dieu. Or, cela n’est pas pour cela que je serai de mauvais conseil auprès d’amis en mal d’amour et/où de crise de foi. Il est un don tout humain qu’on appelle l’empathie : ça marche fort bien. D’ailleurs, de la même manière qu’un homme (si bon soit-il) viendrait me jeter à la figure le bonheur qu’il connait avec sa femme ou qu’un évangélisateur viendrait me jeter à la figure le bonheur qu’il éprouve avec son Dieu, ma réponse serait, pour les deux, sans appel : « What the fuck ?! » Je comprends que le fait d’être heureux donne envie de partager ce bonheur, mais n’est-ce pas un sentiment égoïste aussi ? ou coupable ? => je veux que tout le monde soit heureux comme moi pour qu’il comprenne à quel point je suis heureux / pour ne plus me sentir plus heureux qu’eux alors qu’ils ont autant le droit de l’être que moi.
    De plus, dans la religion chrétienne la femme est diabolisée au possible, elle est la tentatrice, la preuve biologique de la nature cyclique et du paganisme, elle est celle par qui le démon prend possession des hommes… Je crois malheureusement pour toi mathieu que tu t’es laisser ensorceler ! Plaisanterie mise à part, on peut toucher ta femme, la voir, s’en saisir ; Dieu c’est une autre pair de manches. Sur le fait de prouver que l’on aime avec son cerveau, j’ai bien peur que l’on en soit à peu près certain maintenant, mais je ne reste pas non plus réfractaire au fait qu’il puisse exister d’autres réactions physiques et chimiques (et bien évidemment psychologiques et culturelles) qui fasse que deux êtres puissent se « trouver » et se « reconnaître ». Mais quand on aime réellement qu’importe les explications…(cette phrase marche bien sûr aussi pour la religion).

    Sur ton idée de : « la science n’est ni plus ni moins qu’un moyen de se rassurer tout comme la religion », je ne peux qu’approuver. Ce qui me ramène à cette maxime : « Le malheur de ce monde réside dans le fait que les fanatiques sont toujours si sûrs d’eux alors que les sages sont tellement plein de doutes ». On nage dedans ici. Kant disait : « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. » ; ce qui interpelle le même principe sous un angle différent. On pourrait qualifier cette posture de posture attentiste, mais je crois qu’il n’en est rien. Il s’agit simplement de ne pas engluer son esprit dans les méandres de quelque facilité de vie qu’il soit. Certaines personnes ont besoin de buts pour se prouver qu’elles avancent dans la vie, qu’elles existent (qu’il s’agisse de rejoindre Dieu ou de devenir président), que le chemin est tout tracé (ça rassure). Je crois au contraire – et j’en terminerai là-dessus – que comme disait Rivarol : « On ne va jamais si loin que lorsque l’on ne sait pas où l’on va. ».

  12. mathieu c

    alors attention,
    primo je n’ai pas comparé la religion et les syndicats, je rappelais simplement que la laïcité touche aussi le politique (les syndicats apolitiques ? nouveau ça).

    Olibrius, peut importe ce que vous répondez à un évangélisateur ou à moi si je vous dit que l’amour c’est génial, je voulais juste dire que si je vous dis que je suis heureux avec ma femme ça ne devrait pas vous choquer, alors pourquoi quelqu’un ne pourrait vous dire qu’il est heureux avec dieu (bien sûr s’il ne vous parle que de ça et longtemps c’est saoulant). Je vous rappelle qu’en sciences on ne constate la plupart du temps que les effets de quelque chose avant de l’observer (si jamais on l’observe…) comme les exoplanètes, les neutrinos etc., donc pas plus con de dire que dieu me rend heureux que autre chose. Je n’ai pas dis qu’il fallait être heureux en amour pour pouvoir donner des conseils, je faisais juste un comparaison pour étayer mon propos et montrer qu’on a le droit de parler aux gens (sauf s’ils vous envoient bouler bien sûr…)

    Je vous rappelle qu’il ne s’agit ici que de donner des conseils à quelqu’une qui souhaite parler de dieu à ses collègues étudiants et plutôt que de dire à cette personne qu’elle ne doit pas le faire et qu’en plus sa croyance est ridicule , mieux vaudrait lui donner des conseils pour non pas qu’elle arrive à se « vendre », mais surtout qu’elle ne gêne personne (en gros l’aider à avoir le droit de dire ce qu’elle ressent ! Fou ça, dès qu’on pense différemment on doit se justifier ou se taire ! Les droits de l’Homme n’ont aucun fondement scientifiques et pourtant on l’accepte facilement (encore que…) )

    Vous parlez de la femme dans la religion chrétienne d »un autre temps et d’un autre lieu et on a pas attendu les chrétiens pour pourirr la femme (lisez la doctrine sociale de l’eglise je n’y ai pas vu ce que vous critiquez , bien sûr l’ancien testament regorge de méchanceté mais dans les églises je n’ai pas entendus que les femmes étaient inférieures où je ne sais quoi).
    Vous parlez de « R » des droits des femmes à disposer de leur corps, dans ce cas allez vous promenez dans les cliniques, les maternités etc. pas chez les cathos, vous verrez si on vous laisse le choix de garder votre enfant s’il ne plait pas au docteur, regardez ces femmes qui sont obligées de prendre la pilule tous les jours pour ne pas tomber enceinte par surprise parce que même leurs maris peuvent les violer, ces mêmes pilules qui multiplient par 3 les risques de cancer du sein à ces mêmes femmes. Regardez comment on va vous regarder si on arrête d’allaiter son enfant. Regardez toutes ces femmes au régime parce qu’une société débile leur dit qu’on est belle quand on est mince et j’en passe. Vous trouvez vraiment que c’est la faute des cathos ça ??
    « R » je ne sais pas si vous ne répondiez qu’à moi mais je vous rappelle que je ne suis pas catholique, pas croyant, mais que j’essaie de vivre avec les autres même s’ils vivent et pensent d’une autre façon. J’essaie de comprendre et de laisser les autres avoir leur vision des choses. Je pense qu’évangéliser c’est avant tout discuter. On parle d’évangélisation ici , le but est de dire justement à ces cathos pourquoi vous ne voulez pas leur parler, ce qu’ils font mal (et non pas qu’ils sont mal).
    Si vous êtes dans une optique anti-catho, pourquoi venir parler ici ? On ne progressera pas et effectivement la discussion sera stérile puisqu’il n’y aura pas de discussion.

    Je trouve qu’on vit dans un pays où il est de plus en plus difficile de dire ce que l’on pense lorsque ça ne ressemble pas au politiquement correcte ou je ne sais quoi, c’est dommage, je ne veux pas d’un pays où par principe d’accepter tout le monde il faudrait que tout le monde soit pareil.

  13. R

    Sur les syndicats: je n’ai jamais dit qu’ils étaient apolitiques, ce qui serait une aberration, étant donné que tout acte ayant trait à la collectivité est politique, notamment dans le domaine de la défense des acquis sociaux. Ceci étant, il convient donc de reconnaitre le caractère foncièrement politique des assos religieuses qui, quoi qu’on en dise, cherchent à imposer un modèle dont la meilleure expression a été historiquement le régime de Franco.
    On ne peut pas nier que l’un des modèle qu’elles cherchent à imposer, ou au moins à promouvoir, place la femme comme inférieure à l’homme, prisonnière de son corps, etc. Que le statut de la femme ne soit actuellement pas idéal: je suis le premier à le dire et à agir pour que cela change, mais la solution réside-t-elle dans le remplacement d’une oppression par une autre? Peut-on nier le fait que la pilule, l’avortement, la possibilité de divorcer soient entre autres choses des progrès avec en vue l’émancipation de la femme?
    A mon avis non. Revenir sur ces progrès reviendrait à soumettre à nouveau la femme à la maternité ou au risque constant de maternité, qu’elle soit ou pas désirée. Ce n’est pas ça qui règlera les problèmes de viols dans les couples, ou les viols en général, ni rien. Or la plupart des groupuscules religieux s’accordent pour présenter ces évolutions comme une sorte d’œuvre du diable, néfastes et sur lesquelles il faut revenir, et donc à mon avis dégrader encore plus le statut de la femme.

  14. mathieu c

    ce n’est pas le sujet mais je pense que ce que critiquent ce que vous nommez groupuscules religieux c’est plutôt l’absence de réflexion lié à ces avancés. Je vous rappelle que la loi Veil préconisait l’avortement pour des cas graves, aujourd’hui on avorte comme on veut et surtout même si on veut pas.
    La pilule est-elle réellement une avancée ? Je suis plus partisan du préservatif personnellement qui oblige l’homme à s’impliquer dans tout ça et qui fait que ce n’est pas la femme qui se fait tabassée parce qu’elle a oublié de la prendre.
    Avez-vous lu la doctrine sociale de l’Eglise pour avancer ce que vous dites sur sa vision de la femme ? Avez-vous entendu des homélies prônant un asservissement quelconque ? J’en doute.

    mais je suis comme vous, je déteste les écrits de l’ancien testament sur la femme, ainsi que ceux de saint Paul. L’histoire n’a pas été tendre avec la femme mais je crois que ça vient plus de l’homme que d’une religion en particulier. Effectivement on peut se demander comment le message chrétien actuel est-il compatible avec certains écrits de la Bible.

    Je ne me souviens pas que Franco ait été mis en place par l’Eglise ni qu’il représente son modèle de société idéal. Mais c’est un autre sujet.

  15. mathieu c

    de plus si vous voulez savoir ce que pense les cathos de la femme vous n’avez qu’à leur demander ici, il y en a plein. Demandez-leur si ils la pensent inférieure ou si ils la veulent soumise

  16. 0librius

    Juste en passant parce que je vais bosser : mathieu, vous semblez plein de bon sens, et pour ainsi dire « pavé de bonnes intention ». Pourrais-je simplement vous rappeler l’avis du père de l’église, j’ai nommé le saint père Benoit XVI, sur le port du préservatif..?

    Quant au fait de donner des « conseils » à une jeune fille qui souhaiterait faire partager ce qui la rend heureuse : pourquoi se poser tant de question à des but « tactico-stratégique » ? Ne devrait-elle pas rester elle-même ?

    Pour le cas science or not : dois-je rappeler que les lois fondamentales de la thermodynamique (me semble-t-il) ne sont pas toutes prouvés et vérifiées concrètement, mais pourtant appliquées parce que indubitablement « justes » ?

    Au plaisir…

  17. mathieu c

    ce que vous dites est très juste, un catho doit pouvoir rester lui-même et malheureusement (mais pas que pour eux, pour tout le monde) ce n’est pas toujours évident et pas toujours « autorisé » ou bien vu.
    L’Eglise a une conception idéale du couple qui n’est pas moche je pense. Après il faut voir leur vision dans un monde idéal avec des gens soucieux de ce qu’ils font. Mais dans notre monde réel ce modèle n’est pas vraiment réaliste à grande échelle. Bien sûr que je ne suis pas pour tout ce que dit l’Eglise, bien au contraire (voir mes autres commentaires). Mais n’empêche qu’ils ont le droit comme vous le dites si bien d’être eux-mêmes ces cathos (qui sont tous très différents d’ailleurs et pas d’accord sur tout, sauf sur l’Amour de dieu).
    merci de cette discussion

  18. Henri a

    @ Georges, cerf-volant et @ d’autres:
    Vous ne supportez pas d’évangélisation dans un lieu  » laïc « -l’université. Pour moi la laïcité c’est bien le respect de toutes les croyances mais pas de les taire.Sans faire de bourrage de crane, on peut seulement présenter doucement son expérience personnelle, sans l’ imposer, c.a.d. en testant si le feu est rouge ou vert pour cet échange de vues. Voir par ex. le type non ostentatoire des signes religieux, discrets et non ostentatoires dans la commission Stasi. Le chrétien sait qu’il est aimé de Dieu et il en a fait l’expérience concrète. Tous les hommes sont ses frères, il veut leur annoncer la Nouvelle;la partager au maximum-s’ils l’acceptent- cette bonne nouvelle d’être aimé de Dieu. Un bon exemple de l’évangélisation (St Jean, ch.4,v.29-30, et v.39-42) est ce que fait la samaritaine , après avoir rencontré Jésus, -inimaginable!…- un juif, qui lui a montré enfin le véritable amour. Elle va dire aux gens du village: »Venez voir un homme qui.. Ne serait-il pas le Christ? »….. Ils disaient à la femme: ce n’est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons, nous l’avons entendu nous-même, et nous savons qu’il est vraiment le sauveur. » Libre à chacun de refuser d’entendre ou de croire à cette bonne nouvelle, mais le salut personnel dépend de notre consentement. Nous avons à chercher à vérifier la vérité des dires du messager,à savoir: Dieu a envie de te rencontrer toi même et attends que tu lui fasses cette prière, au fond de ton coeur: « Oui, Dieu, si jamais tu existes, et certes je n’en sais rien… je veux bien te rencontrer. »

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