D’où vient la nouvelle évangélisation ?

Alors que Benoît XVI vient d’instituer le nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation par le motu proprio Ubicumque et semper (« partout et toujours »), il est bon de revenir aux sources de ce qu’est cette nouvelle évangélisation. Quelques explications extraites de mon livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France (Editions de l’Oeuvre, 2009).

Le Christ envoie ses apôtres à tous les peuples, selon la finale de l’Evangile de Mathieu : « Allez vers toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit ». Jésus promet ensuite aux disciples et à nous : « Et je serai avec vous jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19). Evangéliser, c’est répondre à cet appel du Christ à répandre l’amour de Dieu. Le message de l’Evangile doit donner au monde la révélation d’un chemin qui est aussi Vérité et Vie… Or le monde évolue. Pour répondre aux nouveaux défis qu’apporte cette modernité, l’annonce du message – et non pas le message lui-même ! – doit s’adapter.

Depuis Vatican II, cette prise de conscience est encouragée par le pape Paul VI à travers plusieurs textes conciliaires dont le décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise et le décret sur l’apostolat des laïcs en 1965. De ce dernier décret naîtra en 1967 le Conseil des Laïcs afin de promouvoir et coordonner leur apostolat. En 1974, le 4e Synode des évêques se réunit à Rome sur le thème de l’évangélisation dans le monde moderne. L’histoire raconte qu’au cours d’une des sessions finales, le Rapporteur général, un certain Karol Wojtyla, archevêque de Cracovie et consulteur au Conseil des Laïcs, demande la parole. Dans une intervention qui va s’avérer par la suite prophétique, le cardinal Wojtyla propose que les recommandations du Synode des évêques soient confiées au pape de sorte que Sa Sainteté puisse désormais les prendre à son compte. Le pape accepte. Ainsi est publiée l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi du pape Paul VI, texte de référence sur l’évangélisation dans le monde moderne, qui explique clairement et en pratique la façon dont nous devons annoncer le Christ.

Depuis Jean-Paul II…

Devenu pape, Jean-Paul II va naturellement donner son plein élan à cette prise de conscience de Vatican II. Il emploie le terme « nouvelle évangélisation » pour la première fois, le 9 juin 1979, en Pologne, devant les ouvriers de Nowa Huta, l’un des hauts lieux de résistance au communisme : « En ces temps nouveaux, en cette nouvelle condition de vie, l’Évangile est de nouveau annoncé. Une nouvelle évangélisation est commencée, comme s’il s’agissait d’une nouvelle annonce, bien qu’en réalité ce soit toujours la même. La croix se tient debout sur le monde qui change ».

Puis en 1983, à Haïti, il exhorte le peuple des croyants à se lancer dans une « nouvelle évangélisation, nouvelle dans son ardeur, nouvelle dans ses méthodes et dans son expression ».

Depuis lors, l’expression « nouvelle évangélisation » est entrée dans notre langage courant pour désigner ces nouvelles méthodes d’évangélisation. Mais poursuivons. L’apostolat des laïcs n’est pas étranger à cet appel de Jean-Paul II, bien au contraire. Il les appelle même à jouer un rôle central dans cette nouvelle évangélisation. En 1988, dans son exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici, sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde, il rappelle à plusieurs reprises « l’urgence » d’une nouvelle évangélisation menée par les laïcs :
« L’heure est venue d’entreprendre une nouvelle évangélisation, déclare-t-il ; le phénomène de la sécularisation frappe les peuples qui sont chrétiens de vieille date, et ce phénomène réclame, sans plus de retard, une nouvelle évangélisation » (1)
« L’Eglise, qui observe et vit l’urgence actuelle d’une nouvelle évangélisation, ne peut esquiver la mission permanente qui est celle de porter l’Evangile à tous ceux qui – et ils sont des millions et des millions d’hommes et de femmes – ne connaissent pas encore le Christ Rédempteur de l’homme. C’est là la tâche la plus spécifiquement missionnaire que Jésus a confiée et de nouveau confie chaque jour à Son Eglise. » (2)
« L’accord et la coopération avec le but apostolique de l’Eglise, qui est « l’évangélisation et la sanctification des hommes, et la formation chrétienne de leur conscience, afin qu’ils soient en mesure de pénétrer de l’esprit de l’Evangile les diverses communautés et les divers milieux ». Dans cette perspective, à toutes les formes d’association des fidèles laïcs et à chacune d’elles on demande qu’elles soient animées d’un élan missionnaire qui en fasse des instruments toujours plus actifs d’une nouvelle évangélisation. » (3)

Mais ce n’est pas terminé ! En 1990, pour le 25e anniversaire du décret de Vatican II sur l’activité missionnaire de l’Eglise, Jean-Paul II consacre l’encyclique Redemptoris Missio à « l’urgence de l’activité missionnaire ». Dans son introduction, Jean-Paul II écrit : « J’estime que le moment est venu d’engager toutes les forces ecclésiales dans la nouvelle évangélisation et dans la mission ad gentes (4). Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l’Eglise ne peut se soustraire à ce devoir suprême : annoncer le Christ à tous les peuples ».

Cette nouvelle évangélisation n’est donc pas un feu de paille. En 1992, Jean-Paul II publie encore Dabo Vobis, une exhortation apostolique adressée à l’épiscopat, au clergé et aux fidèles sur la formation des prêtres dans les circonstances actuelles. « La tâche pastorale prioritaire de la nouvelle évangélisation, écrit-il, incombe à tout le peuple de Dieu et demande une nouvelle ardeur, de nouvelles méthodes, et un nouveau langage pour l’annonce et le témoignage évangéliques. Il exige que les prêtres soient radicalement et totalement plongés dans le mystère du Christ et soient capables de réaliser un nouveau style de vie pastorale ». On ne saurait être plus clair.

Pour le Jubilé de l’an 2000, Jean-Paul continuera d’exhorter les croyants à une nouvelle évangélisation, en s’adressant par exemple aux diacres dans un discours intitulé « Apôtres de la nouvelle évangélisation » : « Chers diacres, leur disait-il, soyez des apôtres actifs de la nouvelle évangélisation. Apportez à tous le Christ ! Grâce à votre engagement également, que son Royaume s’étende dans votre famille, dans votre milieu de travail, dans votre paroisse, dans votre diocèse, dans le monde entier ! » (5).

Pour en savoir plus : Dieu est de retour

(1) Jean-Paul II, Christifideles laici, § 4
(2) Ibid, § 35
(3) Ibid, § 30
(4) Ad gentes signifie vers le monde païen.
(5) Discours de Jean-Paul II lors d’une rencontre avec les diacres permanents pour le Jubilé des diacres, 19 février 2000

Copyrights © Dieu est de retour – Editions de L’Oeuvre 2009

Une réflexion au sujet de « D’où vient la nouvelle évangélisation ? »

  1. Fomekong appolinaire

    bonjour je m’appelle Fomekong appolinaire .du cameroun j’ai deux préoccupations:
    -est ce que de la manière donc la 1ère évangélisation àa été méné,peut on dire que l’évangélisateur s’est plus intérrésé au missionnairequ’au missionné.

    -quelle implication la nouvelle évangélisation de l’histoire a t’elle sur les autres religions?

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