Les médias et Pie XII

Pie XII

Une analyse pertinente de la polémique Pie XII par Frédéric Le Moal, docteur en histoire contemporaine, publiée sur le blog consacré à Pie XII, Pie 12.com, que nous reproduisons ici, pour rétablir la vérité.

La décision de Benoît XVI de déclarer Vénérable son prédécesseur Pie XII (1939-1958) a déclenché une vive polémique. Le fait qu’elle relève uniquement du domaine religieux et qu’elle soit une affaire interne à l’Eglise catholique n’a pas empêché des médias, pourtant peu suspects d’appartenir au monde chrétien, de prendre partie. Le relatif – et provisoire? – apaisement actuel permet de prendre un peu de recul et de tenter d’analyser ce phénomène médiatique autour de la question Pie XII. On pourrait reprendre le titre de l’éditorial de Michel Kubler dans l’édition du 21 décembre 2009 du journal La Croix, « Pourquoi? », mais en retournant intelligemment la question.

Pour la plupart des médias, la cause est entendue. L’action de Pie XII se résume à un silence. Souvent qualifié de « conservateur » (et on comprend que ce n’est pas un compliment qu’il lui est adressé), le pape Pacelli se voit reprocher une absence de dénonciation de la persécution des juifs. Que les principaux responsables politiques se soient tus face à la Shoah importe peu. C’est ce pape qui concentre les attaques. En fait, ce positionnement médiatique montre à quel point la thèse d’Hochhuth, relayée efficacement par Costa-Gavras, a pénétré des consciences peu au fait, il est vrai, des subtilités historiques.

Dans le Figaro, daté du 21 décembre 2009, Jean-Marie Guénois affirme que les historiens ont abandonné deux thèses qu’il qualifie de simplistes: celle des silences (il faudrait alors en informer ses collègues) et celle du sauvetage des juifs romains en 1943. Ainsi donc, pour J-M Guénois, Pie XII n’a rien fait en octobre 1943! On croit rêver. La thèse de l’abandon certes existe. Elle est portée par les historiens Susan Zuccotti et Saul Friedländer. Mais elle fait fi des témoignages et des preuves les plus élémentaires. Il faudrait alors expliquer comment des juifs ont pu se réfugier dans Castel Gondolfo sans l’autorisation du propriétaire des lieux, le pape Pie XII…? Peut-être aussi faudrait-il lire l’étude d’Andrea Riccardi, L’inverno più lungo. 1943-1944 : Pio XII, gli ebrei e i nazisti a Roma, Il Mulino, 2008.

L’oubli du contexte historique est absolument dramatique dans toute cette affaire. C’est pourtant le premier élément qu’un professeur honnête explique à ses étudiants en première année d’histoire. Il est étrange que notre société, imprégnée des douloureux souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, sans cesse relayés par les médias (voir les audiences du documentaire Apocalypse sur France 2), ne soit plus capable de se souvenir des dangers mortels que représentaient l’armée allemande, le régime nazi et ses multiples sbires, pour lesquels la vie humaine n’avait absolument aucune valeur. Sommes-nous incapables de comprendre que le pape, « prophète désarmé », dans un monde à feu et à sang, ne possédait pas les armes dont disposaient les Alliés qui, rappelons-le, ne sont pas entrés en guerre pour sauver les juifs d’Europe, et n’ont rien fait, directement, pour les sauver, tout simplement parce qu’eux non plus n’en avaient pas les moyens?

Pie XII, dit-on, pouvait se sacrifier. Certes. Mais le sacrifice du chef suprême de l’Eglise n’aurait été que le prélude à celui d’innombrables autres personnes, particulièrement les catholiques allemands, mais aussi les catholiques romains et les institutions religieuses qui œuvraient en faveur des persécutés. « Le martyre ne se décrète pas depuis Rome » a dit le cardinal Pacelli dans les années Trente (Philippe Chenaux, Pie XII, diplomate et pasteur, Cerf, 2003) Ignorer cette réalité revient à ne rien comprendre.

La différence de position entre Michel Kubler et Serge Klarsfeld est particulièrement révélatrice. L’adage selon lequel « on est toujours trahi par les siens » ne suffit pas à expliquer les attaques de l’éditorialiste contre Pie XII. En réalité, Serge Klarsfeld, victime de la Shoah, qui a consacré sa vie à pourchasser les nazis, a analysé le problème en historien, et non pas en procureur. Ses attaques contre le général de Gaulle sont très pertinentes. S’il faut demander « pourquoi? », alors pourquoi ne dit-on pas que Pie XII a sauvé directement beaucoup plus de juifs que le général de Gaulle pendant la guerre?

Pie XII aurait dû, dit-on encore, dénoncé le crime perpétré par les nazis. Mais comment exactement? Depuis le balcon de Saint-Pierre? Mais ne l’a-t-il pas fait lors de son message de Noël 1942, alors que le Solution finale était en marche? Une telle dénonciation aurait fait de lui un grand prophète, affirme-ton. Mais son urgence en 1943 est de sauver des êtres humains raflés dans la Ville Eternelle et ceux qui les protègent.

Et s’il avait parlé comme on voudrait aujourd’hui qu’il le fît, qu’est-ce que cela aurait changé? L’historien a trop de modestie pour répondre à cette question. Son métier est d’expliquer ce qu’il s’est passé, pourquoi, et avec quelles conséquences, et non pas d’imaginer ce qu’il ne s’est pas passé. L’uchronie est une tare abominable dans notre science. Ce que nous savons, c’est que Pie XII a considéré qu’une dénonciation publique plus virulente non seulement n’aurait servi à rien, mais en plus aurait aggravé la situation pour les juifs et les catholiques qui les aidaient. L’exemple de la Hollande a pesé, c’est certain, d’une manière très forte. Il a sans doute valeur de réponse. L’action souterraine s’avérait, à ses yeux, plus efficace. On peut considérer cela comme insuffisant, indigne, lâche. Cela relève du jugement moral et individuel émis par des individus vivants cinquante ans après les faits, dans une société de paix et de confort, qui ne supportent pas qu’une seule victime n’ait pas été sauvée.

En fin de compte, Pie XII n’est qu’un prétexte. Nous ne mettons pas en cause la sincérité des personnes, catholiques, juives, ou autre, qui, intoxiquées par quarante années de mensonges historiques, s’interrogent, de bonne foi, sur la valeur des actions de ce pape. Mais force est de constater que la cible est ailleurs et double. C’est d’un côté l’Eglise catholique dans son ensemble qui est attaquée, l’actuelle comme celle d’avant le Concile. L’associer à la Shoah, lui en faire partager la responsabilité, en faire une complice silencieuse et timorée, revient à lui apposer une marque indélébile. Dans le cas contraire, de Gaulle, les Alliés, la Croix-Rouge, les Eglises protestantes seraient eux aussi attaqués. Or, ils ne le sont pas. Pourquoi ?

La seconde cible est le pape actuel. Les propos de Mgr Vingt-Trois, « On veut se payer le pape » sont tout à fait vrais. Depuis son élection, Benoît XVI est régulièrement jeté dans les arènes modernes et déchiquetés par les lions contemporains. La question Pie XII, honteusement reliée à l’affaire Williamson, est une arme comme une autre.

La question des archives vaticanes a été régulièrement posée. Que Benoît XVI les ouvre et on jugera si sa décision est la bonne, a-t-on entendu! Or, il s’agit d’un argument fallacieux, et ce pour plusieurs raisons. Aucune institution ne suscite plus que le Vatican autant de phantasmes. On ne s’étendra pas sur le Da Vinci code et son succès. Plus sérieusement, il existe onze volumes de documents diplomatiques publiés depuis les années 1960 et qui permettent à celui qui se donne la peine de les lire (mais quand même onze volumes…) de saisir la réalité de l’action pontificale. L’ouverture des archives en 2014 changera-t-elle la donne? Nous osons penser que non. L’accessibilité des archives de Pie XI (1922-1939) a confirmé l’hostilité profonde de Mgr Pacelli à l’égard du nationalisme en général, et du national-socialisme en particulier, l’acuité de ses analyses, le rejet qu’il suscite de la part des nazis et son rôle primordial dans la rédaction de Mit brennender Sorge. La thèse d’un Pacelli pro-nazi en est sortie en lambeaux… Ensuite, les archives du pontificat de Pie XII nous apporteront très probablement des connaissances précises sur ce que les historiens appellent le processus de décision, c’est-à-dire les débats qui ont agité la Curie avant que le pape ne tranche et ne prenne sa décision. De même, les archives des autres pays sont ouvertes, tout particulièrement celles de l’Italie. Les chercheurs y trouveront les copies des dépêches diplomatiques vaticanes, frauduleusement lues par les espions du régime fasciste. Enfin, Benoît XVI n’est pas historien mais chef religieux. Ce que disent ou diront les historiens sur Pie XII n’entre pas en compte dans sa décision, répétons-le, religieuse, de déclarer Vénérable son prédécesseur.

Soyons sans illusion. Les polémiques continueront. Ce sera le cas tant que les médias ne retranscriront pas avec honnêteté les débats historiographiques autour de la question Pie XII et tant que perdurera cette ambiance moraliste autour des drames de la Seconde Guerre mondiale. Comme Serge Klarsfeld, regardons quels étaient la réalité historique et le contexte de l’époque avant de juger.

Pour en savoir plus : Pie 12.com

19 réflexions au sujet de « Les médias et Pie XII »

  1. guelli

    Pie XII n’est coupable de rien, bien au contraire, et Benoît XVI a bien raison de le canoniser. Surtout il ne faut pas se justifier face aux détracteurs de Benoit XVI et de Pie XII car de toutes façons cela ne sert absolument rien. Ces gens là cherchent à détruire le catholicisme alors aucun raisonnement, aucun discours ne trouvera jamais grâce à leurs yeux.

    Et puis se dire surtout que
    le pape fait absolument ce qu’il veut et nul n’a le droit de s’immiscer dans les affaires du Vatican ! Jamais Benoît XVI ne s’est jamais permis de s’immiscer dans les affaires internes d’une autre religion, par conséquent, les chefs religieux des autres religions ainsi que leurs ouailles sont sommés d’en faire autant ! Point.

    Il est grand temps que les catholiques se réveillent pour défendre leur foi face aux attaques incessantes venant toujours d’une même minorité et relayée complaisamment par les médias totalement pacifiés et infiltrés.

  2. nicnol

    Plus encore qu’une attaque contre l’Eglise catholique dans son ensemble, comme gueli, je vois dans la cabale menée par la plupart des médias occidentaux une entreprise de destruction du catholicisme sciemment menée par ses ennemis mortels dont la malignité se le dispute avec une HAINE féroce à l’égard de ce qui est authentiquement chrétien !

    Et ces mêmes ennemis savent utiliser à plein la perversité du système démocratique au nom duquel chacun estime avoir le « Droit » de porter un avis sur toutes choses, et tout particulièrement à propos de ce dont il est notoirement incompétent ! Savent utiliser aussi la noirceur encloose dans les masses occidentales, pour qui les trois actes de « foi » du monde moderne se résument désormais à l’homosexualité, la capote et l’avortement !

    De là à dire que Satan est déchaîné, il y a un pas que, en tant que croyant, je n’hésiterai pas à franchir tant est singulière cette HAINE à laquelle je fais allusion ci-dessus !

  3. Francine

    L’action de Pie XII en faveur des Juifs.

    90 % des juifs d’Italie ont été cachés et protégés par l’Église, c’est-à-dire par des prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs. Pie XII avait ordonné de cacher tous les juifs possibles dans les couvents et monastères. A cet effet, il fait lever la clôture canonique des maisons religieuses de Rome. A Rome même 40 000 réfugiés juifs sont cachés dans les églises, les couvents, et 7 000 dans la cité du Vatican. Les plus menacés, qui étaient cachés dans les séminaires, étaient revêtus de soutanes (!) en cas de perquisition.

    En 1944, Pie XII fait publier une protestation publique dans L’Osservatore Romano, contre la déportation des juifs. En représailles, le commandant SS de Rome convoque le grand rabbin Zolli et exige une rançon de 50 kg d’or dans les 36 heures sinon 200 juifs seront immédiatement déportés. Les juifs ne purent réunir que 35 kg. Israël Zolli alla trouver Pie XII qui fit fondre les vases sacrés et donna les 15 kilos restants.

    Caché au Vatican dans les derniers mois de la guerre, le grand rabbin se fit baptiser le 13 février 1945 en même temps que sa femme. En signe de respect et de sincère reconnaissance envers Pie XII, il demanda à prendre comme prénom de baptême “Eugène” (c’était le prénom du Pape).

    A partir de 1941, le « Catholic Refugee Committee » est organisé à Rome sur l’ordre de Pie XII : il sera le maître d’œuvre de toutes les filières d’évasion des juifs d’Europe vers les Etats-Unis ; 250 000 juifs transitèrent par l’Espagne et le Portugal.

    En 1945, M. Pinhas Lapid, alors consul d’Israël à Milan, fut reçu par le Pape et « lui transmit la gratitude de l’Agence juive, qui était l’organisme du mouvement sioniste mondial, pour ce qu’il avait fait en faveur des Juifs »

    Après la guerre, ce même Pinhas Lapid estimait

    à 850 000 le nombre de juifs sauvés par les catholiques dans toute l’Europe. Il déclarait en 1963 : "Je comprends très mal que l’on s’en prenne aujourd’hui à Pie XII tandis que pendant de nombreuses années, on s’est plu ici (en Israël) à lui rendre hommage. Je peux affirmer que le pape personnellement, le Saint Siège et les nonces ont sauvé de 150 000 à 400 000 juifs". (Repris dans Three Popes and the Jews, 1967 – Traduction française : Rome et les Juifs, Seuil.)

    Pinhas Lapid déclarera par ailleurs au journal Le Monde du 13 décembre 1963 qu’il ne comprend pas pourquoi l’on s’acharne contre Pie XII qui « ne disposait ni de divisions blindées, ni de flotte aérienne alors que Staline, Roosevelt et Churchill, qui en commandaient, n’ont jamais voulu s’en servir pour désorganiser le réseau ferroviaire qui menait aux chambres à gaz. (…) Lorsque j’ai été reçu à Venise par Mgr Roncalli qui devait devenir Jean XXIII et que je lui exprimai la reconnaissance de mon pays pour son action en faveur des Juifs alors qu’il était nonce à Istanbul, il m’interrompit à plusieurs reprises pour me rappeler qu’il avait à chaque fois agi sur l’ordre précis de Pie XII ».

    Le rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, dit en 1944 : « Ce que votre Sainteté et ses éminents délégués, inspirés par ces principes religieux éternels qui constituent le fondement même de la civilisation véritable, font pour nos frères et sœurs malheureux, en cette heure tragique de notre histoire, et qui est une preuve tangible de l’action de la Providence en ce monde, le peuple d’Israël ne l’oubliera jamais ».

    En 1946, 12 rabbins venus d’Israël, d’Europe et des Etats-Unis, vinrent à Rome, rendre un hommage officiel de gratitude au Pape Pie XII pour l’action de l’Eglise en faveur des juifs pendant toute la guerre.

    Le 26 mai 1955, 94 musiciens juifs, originaires de 14 pays, sous la direction de Paul Kletzki, jouèrent la neuvième symphonie de Beethoven devant Pie XII « en reconnaissance de l’œuvre humanitaire grandiose accomplie par Sa Sainteté pour sauver un grand nombre de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale ».

    Mme Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d’Israël, déclara lors de la mort de Pie XII en 1958 : « Nous partageons la douleur de l’humanité pour la mort de Sa Sainteté Pie XII.(…) Pendant la décennie de la terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du Pape s’est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs victimes. Nous pleurons un grand serviteur de la paix ». (Condoléances de Mme Golda Meir, ministre des Affaires Etrangères d’Israël, à la mort de Pie XII en 1958. Cité in Itinéraires n° 306.)

    En 1955, à l’occasion des célébrations du 10ème anniversaire de la Libération, l’Union des Communautés Israélites proclamait le 17 avril « Jour de gratitude » pour l’assistance fournie par le pape durant la guerre.

    Le 16 février 2001, dans un long article paru dans la revue The Weekly Standard, le rabbin David Dalin de New York, a demandé que Pie XII soit officiellement reconnu comme un « Juste entre les nations ».

    Un document prouve que Pie XII avait bien parlé

    Le père Peter Gumpel, postulateur de la cause de béatification de Pie XII, a déclaré sur Radio Vatican que le pape Pie XII, jugé par certains trop silencieux face à la Shoah, a donné l’ordre pendant la Seconde Guerre mondiale de protéger les juifs, citant un document récemment découvert.

    « Le Saint Père veut sauver ses fils, y compris les juifs, et ordonne que les monastères offrent leur hospitalité à ces persécutés ».

    Ce document, datant de novembre 1943, se trouvait dans un « mémorial des religieuses augustiniennes » d’un monastère de Rome. Le père Gumpel a souligné l’importance du document en raison de la rareté des témoignages écrits sur ce que le pape aurait fait en faveur des juifs, « ce qui a offert l’occasion à certains qui continuent d’attaquer Pie XII, de dire qu’il n’y a pas de document prouvant » que le souverain pontife a aidé les juifs.

    « L’action de sauvetage a été réalisée à travers des messagers personnels, des prêtres, qui étaient envoyés à différentes institutions et maisons catholiques, ici à Rome, à des universités, des séminaires, des paroisses ou des couvents de religieuses ».

    On apprend par ailleurs que le Jewish Chronicle vient de publier un article sur de récentes découvertes d’archive sur Pie XII, menées par la fondation Pave the Way, dont les chercheurs ont été mandatés par Yad Vashem pour étudier l’activité du Pape pendant la guerre. Gary Krupp, le président juif de ce groupe parle de l’héroisme secret de Pie XII, qui par son action a sauvé des milliers de juifs. Il appelle au rétablissement de la vérité, et déclare même :

    « de ce que j’ai vu, c’est le plus grand héros de la seconde guerre mondiale, sans aucun doute ».

  4. riccordo

    Les commentaires ci dessus, sont d’un sentimentalisme aberrant. Reprendre les assertions dela fondation « pave the Way » soi disant mandatée par Yad vaschem, ne prouve absolument rien.
    Puisque les archoives qui permettraient de connaitre la vérité sont toujours secrètes.
    C’est d’ailleurs ce qui alimente le doute.

  5. Thierry

    @riccordo :
    et pourquoi cela ne prouve rien vous pouriez expliciter?
    Quand aux archives il y a peu de chance qu’elle aillent beaucoup dans un sens ou dans l’autre, En effet vu l’urgence et les risque il était important de ne pas laisser d’archive justement

  6. riccordo

    Ce qui sera important, c’est de connaitre les tractations qui ont eu lieu sur le plan diplomatique.
    Le problème des juifs cachés est secondaire dans cette polémique. Tout le monde l’a fait
    Le vrai problème, cest , pour nous français, de savoir pourquoi l’épiscopat catholique est resté inerte, Pie XII le leur a-t-il demandé ? A ma connaissance, 2 évêques seulement ont osé parler, les autres étaient ils d’accord ?

  7. Thierry

    @riccordo : non le problème des juifs cachés n’est pas secondaire surtout s’il ‘agit de milliers de personnes. Et tout le monde ne la pas fait loin de là à cmmencé par la police française.

    Cela permet de différencier les paroles et les actes. Cela permet de voir autrement Pie XII et l’Eglise qui dans certains milieux sont décrits comme des complices des nazis car des personnes qui ont cachés en si grands nombre ceux qui les nazis voulaient tuer ne peuvent pas être leurs complices.

  8. riccordo

    Vous voudrez bien m’excuser, mon cher Thierry, mais vous êtes toujours à coté de la question.
    Il n’est pas question de faire du sentiment, mais d’essayer de comprendre l’attitude de Pie XII.
    Or jusqu’à ce jour rien ne permet de lever les doutes. Pas vous, pas moi, personne n’a les éléments pour le faire, si ce n’est des sentiments, tout respectables qu’ils soient
    Les rabbins réclament, à cors et à cris la mise à disposition des archives intégrales du Vatican de 39à 45
    Pourquoi ne le fait on pas ?

  9. riccordo

    je persiste à dire que le vrai problème n’est pas là.
    Réagir par sentiment dans une affaire ou c’est la diplomatie est en cause est aberrant.
    Tout le monde a caché des juifs, et même sans attendre des instructions de la hierarchie. Car en France celle ci à été particulièrement absente, et encourageait un maréchal catholique qui avait signé des lois antisémites
    D’ailleurs l’église de France, et c’est rout à son honneur a reconnu sa déficience dans ces cas.
    Plus longtemps on attendra l’ouverture des archives plus le doute gonflera.

  10. riccordo

    Ohé le webmaster, ça déconne là.
    Vous m’annoncez un nouveau message le 1 / 10 et je trouve mon propre message du 29/ 1.
    Je n’ai pas pour habitude de me répondre à moi même

  11. Thierry

    Bonjour vous pourriez m’expliquer en quoi avoir caché des gens est du sentimentalisme? et pourriez vous expliquez pourquoi il ne faut pas en tenir compte?

    Par ailleurs, le débat ne porte pas sur la hiérarchie catholique en France (c’est un autre débat et comme vous le rappelez justement la hiérarchie en France a déjà abordé le sujet) mais sur l’attitude de Pie XII (comme vous le rappelez aussi).

    On ne peut limiter l’examen de l’attitude du pape à ce qui a été fait ou non uniquement en matière diplomatique. Dès lors qu’il y a d’autres actes fait à son initiative ils doivent aussi être pris en compte (sinon je vous remercie de m’en expliquer les raisons de votre refus).

    Certaine personnes lui reprochent de n’avoir rien ou trop peu dit et certains « extrémistes » en vont jusqu’à tirer la conclusion qu’il était pratiquement un complice d’Hitler. Or si on peut peut être regretter qu’il n’a pas parlé plus, on ne peut nier les explications historique et contextuelle de l’époque et on ne peut nier non plus son activité pour sauver des juifs (ce que vous appelez du sentimentalisme). On ne peut nier les commentaire des journaux de l’époque cf le New York Times sur le discours que certains jugent trop timide de Noël 1942. Et le commentaires des allemands qui montrent qu’ils avait parfaitement compris les messages de l’Eglise ça ne compte pas parce que ce n’est pas diplomatique?

    Sur l’ouverture des archives je suis d’accord avec vous. Par contre on trouve déjà dans les actes et documents du Saint Siège pendant la guerre, les intervention du Vatican par l’intermédiaire du Nonce à Budapest auprès du Régent Horthy pour faire cesser les déportations de juifs (c’est aussi du sentimentalisme?),

    Bonne journée

  12. riccordo

    Tout ce qui on dits, témoignages personnels, individuels c’est du sentiment.
    L’essentiel est l’action diplomatique de Pie XII qui est en cause. C’est de ça qu’il est question lorsque les juifs, premiers accusateurs, demandent l’ouverture des archives.Personnellement étant français, catholique à l’époque, ce qui m’intéresse, c’est de savoir pourquoi deux évêques seulement ont réagit. Les autres avaient ils recçu des instructions de prudence ? Alors que de nombreux français, au péril de leur vie prenaient des risques sans se poser de question.
    Toutes les explications que l’on nous donnent ne permettent pas de lever le doute..
    Les atermoiements du Vatican alimentent ce doute.

  13. Francine

    Les « témoignages personnels » ne valent rien ?!!!!… dans ce cas ce n’est pas honnête votre recherche de la vérité !
    Si les témoignages attestant la bonté du Pape Pie XII ne vous intéressent pas, il est inutile de prétendre à une quelconque recherche historique.

    « Si Pie XII était entré dans un conflit violent avec hitler, il en serait résulté de telles représailles et de telles ruines, que, une fois la guerre finie, ceux qui condamnent Pie XII de n’avoir pas parlé, l’auraient condamné d’avoir commis la faute de déchaîner sur le monde de plus grandes calamités, aux dépens d’innombrables victimes innocentes.
    Pie XII, après avoir parlé à Noël 1942, a choisi de ne pas provoquer les nazis, et d’aider les victimes. »

                                                              '''"Léon Poliakoff"''

    le « Catholic Refugee Comitee » fondé en 1941 sur l’ordre de Pie XII sauva des milliers de juifs, par les filières d’évasion passant par l’Espagne et le Portugal.

    D’innombrables témoignages saluent l’action de Pie XII en faveur des juifs : embauche par Pie XII de juifs italiens privés de leurs emplois, instruction secrètes envoyées par le Vatican aux Eglises nationales les pressants d’intervenir en faveur des juifs avec tous les moyens possibles.

    Quant à l’attitude des évêques français pendant la guerre, Laval et Bousquet parlent d’une « résistance sans pareil de la part de l’Église » , tout est dit !

  14. thierry

    Je suis d’accord avec Francine et je ne vous comprends pas quand vous refuser de prendre en compte les témoignages en faveur du Pape.

    A nous catholiques et plus généralement chrétiens on demande d’agir, quand c’est nécessaire. Or les témoignages que vous semblez rejeter eh bien racontent ces actions.

    Par ailleurs le débats ne porte pas que sur l’action diplomatique du Pape mais sur son attitude entière.

    vous ne pouvez exclure l'hypothèse de comportement diplomatique pour protéger les actions sur le terrains. Alors comment jugerez vous?

    A titre d’exemple suite à la rafle de Rome (env 1000 déportés sur 7000 juifs) une déclaration du Vatican a « remercié » les Allemands d’avoir respecté les maisons religieuses de Rome (contrairement à ce qui s’était déroulé en Hollande ) . Si vous lisez seulement la déclaration ça semble allucinant (par rapport à la rafle). Et si les témoignages vous disent qu’une partie des juifs était cachés dans ces maisons et bien ça change la vision sur la déclaration. Donc vous ne pouvez pas exclure ces témoignages où alors vous pouvez être à coté de la vérité.

    Maintenant évidemment qu’il faut ouvrir les archives (dont une partie a déjà été explorée sous Paul VI où on trouve l’intervention du Nonce en Hongrie notamment), mais ça ne dispense absolument pas d’avoir une vision générale de l’action du Pape.

  15. Candide

    Le « sentimentalisme » eût été de jouer au héros sans penser aux conséquences terribles qui en auraient découlé.
    Pie XII avait la lourde responsabilité de millions de croyants dans la tourmente de la barbarie nazie.
    Il a préféré l’action efficace de l’ombre et de la prière plutôt que la gloriole d’une stature irresponsable.
    Le travail de l’historien n’est pas de raisonner dans les conditions de confort intellectuel d’aujourd’hui mais se replacer dans les conditions terribles de l’époque.
    Napoléon, qui professait pourtant la foi catholique et n’était quand même pas un barbare démoniaque, n’avait pas hésité à emprisonner Pie VII à une époque où l’Eglise était cent fois plus puissante, alors pensez à ce qu’aurait fait Hitler le fou et l’athé au sommet de sa puissance face aux protestations du Pape?
    D’ailleurs les déportations nazies ont concerné également des centaines de milliers de prêtres et de catholiques, peut on croire que le silence « médiatique » de Pie XII à ce sujet signifiait également désintéret et anticléricalisme? .
    Quant aux témoignages,sur son action,, j’y crois et je les respecte profondément comme je crois et je respecte tous ceux des rescapés de la shoa..
    Moi, qu vis dans le confort de la paix,, qui n’ai rien fait et qui n’ai rien risqué, je ne me permets pas de juger et je me rapporte simplement aux témoignages des juifs et de tous ceux qui ont subi les tourments de cette époque et qui ont voué une éternelle reconnaissance à Pie XII.

  16. Pierre-Yves Schanen

    Pie XII a fait le choix de rester neurtre.

    Hesitant à dénoncer explicitement les responsabilités et les déportations, car la menace triple de repression sur les juifs, sur les catholiques et sur le saint siège lui semblait trop grande, il a laissé les églises locales juger de ce qu’elles avaient à dire et à faire, y compris sur le statut des juifs de Vichy.

    Comme évèque de Rome, il a agi positivement (et comme pape il semble avoir protégé au moins les juifs convertis) en prenant des risques personnels modérés, certes, mais qu’il crut habiles (en menaçant de protester pour obtenir l’arrêt des déportations par exemple).

    Le jugement qu’on doit porter sur lui ne peut être celui du pape pro hitlerien qu’il n’est pas, ni même celui d’une culpabilité par omission, (sauf sur le statut de Vichy?).

    La polémique pour un historien n’est toutefois pas sans objet: Pie XII a pensé plus utile de dénoncer explicitement les communistes après la guerre; même si le New York Times insista sur ses prises de positions envers son lectorat démocrate juif et catholique qu’il fallait rallier à la politique interventionniste de Roosevelt, la dénonciation de Pie XII n’a rien a voir avec celle par exemple du cardinal de Toulouse Salliège qui n’est pas en cours de béatification que je sache. C’est donc un choix présent cette béatification qui est un choix d’église: il vise à donner pour modèle ce pape. Pour ma part, si je trouve les attaques contre Pie XII pendant la guerre souvent exagérées sur ses silences, voire injustes, je me réserve le droit de trouver sa défense souvent également exagérément tournée vers une héroicité qu’on n’est pas obligé de prendre à son compte: historien agnostique pour le moins, je suis par ailleurs amusé de voir qu’on pourrait canoniser quelqu’un qui a d’immences vertus (notamment de travail, de charisme) mais qui ne me semble vraiment pas avoir fait preuve d’une modestie marquée. Le pécher d’orgeuil pour sa fonction est un des péchers du pouvoir qu’il est sans doute le plus difficile d’éviter: Jean XXIII y est pour le moins, mieux parvenu que ce pape qui se garda de rompre avec le langage diplomatique mais qui affirma son autorité pontificale avec bien d’avantage d’assurance par ailleurs lorsqu’il fut question des prêtres ouvriers, par exemple. Cordialement. P-Yves Schanen

  17. Fancine

    Vivement que Pie XII soit béatifié !
    Ce Pape est sans doute un des plus grands papes de l’histoire, ce qui n’enlève rien à Jean-Paul II, qui est lui aussi un très grand Pape.
    Pour petit rappel, voici ce que dit Gary Krupp* à propos de Pie XII :  »
    « Pie XII était le plus grand héros de la seconde Guerre mondiale…il a sauvé plus de juifs que Roosevelt, Churchill et tous ceux qui leur sont associés. Il ne devrait pas être une raison de litige entre les catholiques et les Juifs ».

    Et aussi information :
    Parmi les preuves que Gary Krupp a pu avancer, figure une circulaire datée du 30 novembre 1938, signée du cardinal Pacelli, adressée aux nonciatures, aux délégations apostoliques et à 61 évêques. Cette circulaire demandait de
    « trouver 200 000 visas pour permettre à des « catholiques non-aryens » (formule codée pour désigner les juifs…) de sortir du territoire du Reich »

    On peut y lire la précision suivante : « que l’on veille à ce que des sanctuaires soient mis à disposition pour sauvegarder leur vie spirituelle et protéger leur culte, leurs coutumes et leurs traditions religieuses ».

    Peu de temps après, dans une lettre datée de janvier 1939, Pie XII confirmait le contenu de sa circulaire en ces termes : « N’entreprenez pas seulement de sauver les juifs mais aussi les synagogues, les centres culturels et tout ce qui appartient à leur foi : les rouleaux de la Torah, les bibliothèques, etc… »
    .
    …. je n’appelle pas cela aider hitler !

    * Gary Krupp est un Juif, âgé de 62 ans, à la retraite, après avoir été industriel fabriquant d’équipements médicaux.
    En 2003 il a créé une fondation Pave the way (« Prépare ton chemin ») ayant pour but de «combler les fractures de compréhension entre les religions » Mais le plus important est que cette fondation a financé les investigations et enquêtes menées au sujet des relations entre l’Allemagne nationale-socialiste et Pie XII. au terme desquels il a pu affirmer de façon certaine :
    « Saviez-vous que le pape Pie XII avait sauvé plus de 860 000 juifs des camps de la mort ? Je veux dire que je ne le savais pas auparavant. C’est un assassinat caractérisé, une « shanda » ( un déshonneur en Yiddish), que tant de Juifs disent qu’il était anti-sémite ». Il ajoutait, trahissant toute la pression qu’il avait dû subir : « Croyez-moi, quand j’étais enfant, je ne rêvais pas que je défendrais un jour un homme que nous croyions un sympathisant nazi »

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