A Mende, l’évêque va à la rencontre des gens au supermarché

L’évêque est venu soutenir le forum Catholozère, dans l’unique hypermarché du département.

Mgr Jacolin

Dans le hall de l’Hyper U de Mende, le seul hypermarché du département, rien ne distingue Mgr François Jacolin des clients habituels, si ce n’est la grande croix qu’il porte autour du cou et son anneau épiscopal. « Est-ce que vous connaissez l’Église ? » s’enquiert prudemment le prélat, guide des associations catholiques du diocèse en main, auprès d’un curieux. À côté de lui, sur une tour en carton décorée d’écrans d’ordinateur, des messages invitent à la paix et à la prière. L’évêque de Mende est venu appuyer en personne cette initiative missionnaire de son diocèse qui se veut, dit-il, « en phase avec le monde moderne » mais « sans agressivité prosélyte ».

« Sortir du cadre conventionnel »

Aller chercher la rencontre au-delà du cercle des familiers de l’Église, telle est la volonté d’une cinquantaine de laïcs qui ont lancé ce premier forum Catholozère sur trois jours. « Nous avons envie de montrer que l’Église est active et que nous proposons une multitude d’activités dont les gens n’ont pas forcément connaissance », résument en choeur Geneviève qui travaille au diocèse, et Michèle, visiteuse de prison.

Elles le reconnaissent volontiers : le stand attire surtout des fidèles ou des sympathisants. La démarche n’en surprend pas moins la plupart des clients. « Ça fait bizarre de voir l’Église dans un lieu comme celui-ci, mais ça ne me dérange pas plus que cela », lâche Myriam, 43 ans. Ce n’est pas l’avis de Diane, 22 ans : « Moi, ça me choque. Les catholiques n’ont pas à me dire ce que je dois penser alors que je fais mes courses. » Léa, 72 ans, est, elle, « ravie » que l’Église sorte de son « cadre conventionnel ».

Au départ, l’initiative n’a pas non plus fait l’unanimité au sien des associations catholiques. « L’association Chrétiens en monde rural était à la base opposée à la démarche, confesse Mgr Jacolin. Chacun a mis de l’eau dans son vin. Puisqu’il ne s’agit pas pour nous de confondre l’image de l’Église avec celle de la grande distribution. Il s’agit simplement d’un moyen moderne d’aller à la rencontre de l’autre. Pour le reste, nous assumons les ambiguïtés », explique celui qui, depuis six mois, est à la tête du diocèse le moins peuplé de France.

Derrière les caisses, trône un grand cliché nocturne de la cathédrale de Mende, un édifice du XIVe siècle. Une représentation dont personne ne remarque plus la présence, tant elle fait partie du décor.

Source : Le Figaro

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