Lettre d’un moine à l’occasion de la Toussaint

« Le plus grand missionnaire, c’est le saint ! » disait Jean-Paul II dans Redemptoris Missio. Quelques passages d’une lettre d’un moine écrite à l’occasion de la Toussaint.

« Voici un petit coucou à l’occasion de la fête de tous les Saints. Le temps de nous réjouir ensemble de notre vocation : devenir un saint, une sainte…. ! Vous ne croyez pas ? c’est si simple !

Devenir un saint, c’est tout simple. La difficulté, s’il y en a une, n’est pas d’être saint mais d’être simple ! La sainteté est à l’opposé de la « perfection » tel qu’on imagine celle-ci habituellement. Heureusement !

La sainteté est bien une perfection, mais ce n’est pas « l’autoperfection ». Ce n’est pas une perfection que l’on atteint par soi-même. C’est une perfection que l’on reçoit d’un Autre. La sainteté, c’est la perfection de Dieu. Or, la perfection de Dieu ne peut être que la perfection de l’Amour. La sainteté est la perfection de l’amour.

Mais qu’est-ce qu’aimer ? Aimer, c’est faire de l’autre mon créateur ; aimer, c’est accepter d’être achevé par l’autre. Donc j’aime Dieu en acceptant d’être créé par son amour, en acceptant de n’avoir que ceci devant Dieu, ceci qui me comble : être aimé de lui. Au fond – et c’est là sans doute la pointe subtile de notre tendance profonde à vivre pour nous-mêmes et par nous-mêmes – nous avons du mal à accepter d’être aimés, à tenir ainsi sans appui sur nous-mêmes.

Nous voici à même de comprendre que, pour devenir un saint, il n’y a rien à faire ! Il suffit de se laisser faire ! Se laisser faire par Dieu ! Laisser Dieu être Dieu, c’est se laisser aimer et cela suffit pour devenir le plus grand des saints. L’homme n’a plus qu’un travail, s’ouvrir au travail de Dieu. Comme le confirme Saint Irénée : le propre de Dieu est de faire, et le propre de l’homme est de se laisser faire. « C’est cela la sainteté, l’accomplissement de soi par un autre que soi qui est Dieu.». C’est cela la sainteté, non pas une plénitude que l’on se donne, mais que l’on reçoit, dans la mesure où l’on ouvre notre pauvreté à cette plénitude divine ».

Bonne fête de la sainteté à tous !

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