Les 4 points essentiels pour lancer le débat dans l’Eglise de France

Nous reproduisons ici le commentaire d’un de nos blogueurs. Magistral et anonyme.

I°) Du primat de la constitution de l’Eglise

Pourquoi l’Eglise existe-t-elle ? Quelle est sa fonction première ? Quelle est le but de sa constitution ? Pourquoi le Christ l’a-t-il établie ? Je laisse ici le pape Paul VI (re)définir dans l’encyclique « Evangelii Nuntiandi » la vocation propre et première de l’Eglise : « L’Eglise le sait. Elle a une vive conscience que la parole du Sauveur — “ Nous voulons confirmer une fois de plus que la tâche d’évangéliser tous les hommes constitue la mission essentielle de l’Eglise ”, tâche et mission que les mutations vastes et profondes de la société actuelle ne rendent que plus urgentes. Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser (…) ».

Nous savons tous pertinemment aujourd’hui qu’en France l’urgence « d’une évangélisation nouvelle dans ses formes, dans ses méthodes et dans ses ardeurs » (Jean-Paul II à Haïti) est plus que nécessaire pour nos contemporains qui cherchent le sauveur de l’humanité, ailleurs et n’importe où.

Pour évangéliser, il faut des évangélisateurs, des hommes convaincus, transformés par la Parole de Dieu, renouveler dans l’Esprit Saint et prêt à partager Celui qu’ils ont rencontrés.

Maintenant, permettez-moi de poser une question que le Cardinal Ratzinger posait dans son livre Les principes de la théologie catholique : « est-ce que pour nous notre foi est un poids, un fardeau ou cadeau, un don à partager ? »

Et personnellement, je paraphraserais Saint Paul qui écrit aux Romains : « La foi naît de ce que l’on entend, et ce que l’on entend , c’est l’annonce de la parole du Christ ».

Ceci nous mène à la 2° affirmation.

II°) Du besoin de ré-évangéliser l’Eglise avant tout

Avant même d’aller porter le Christ et la foi aux « gens loin de l’Eglise », (terme ô combien présent actuellement dans notre langage ecclésial) il nous faut ré-évangéliser notre Eglise de France, il nous faut nous, catholiques, redevenir des convaincus, des hommes transformés par le Salut que nous offre le Christ, des fidèles prêts à témoigner, à partager notre joie, des pratiquants « heureux » de suivre Jésus pour ensuite porter, donner ce que nous vivons, au monde. Saint Paul est clair : « Comment invoquer le Seigneur sans avoir d’abord cru en lui ? Comment croire en lui sans avoir entendu sa parole ? Comment entendre sa parole si personne ne l’a proclamée ? ».

La morosité actuelle (si ce n’est l’état dépressif), la tiédeur, la frigidité et l’absence (quelque fois) de « chaleur » communautaire enlèvent peu à peu tout « cœur », toute « sensibilité » et tout signe d’amour dans nos paroisses et nos célébrations.

A partir de là, comment voulons-nous être attractifs, donner envie « aux gens loin de l’église » de nous rejoindre ?

C’est donc à nous, que reviens la responsabilité de retrouver le zèle apostolique, la fougue évangélisatrice et la joie qui proclame le salut en Jésus.
Sachant pertinemment que dans la société française actuelle, toute affirmation de foi, toute proposition évangélique et conviction ecclésiale sont taxées de fondamentalisme et de positions intolérantes et extrémistes.
Pour autant, la vérité fondamentale du salut n’a pas à être réduite au relativisme ambiant.
Il nous faut donc remettre au centre de nos vies personnelles et ecclésiales le Christ.
Mais ne soyons pas étonnés de notre silence et de notre tiédeur devant l’annonce de la Parole : comment pourrions-nous donner ce que nous n’avons pas rencontré ?

III°) De la nécessité de l’inculturation

Toute évangélisation comporte un risque lié à la foi et à la mission : faire entendre la Bonne Nouvelle en tenant compte de la culture de ses interlocuteurs. Mais attention, sachons bien une chose au préalable, comme l’a dit Danièle Herrieu-Léger en créant son terme « ex-culturation » : le catholicisme français actuel n’a plus aucune emprise, plus aucun lien avec la culture ambiante. Quant à elle, elle avance sans aucune référence au christianisme.
Pourtant, l’inculturation c’est ce qui permet à la société d’avoir accès au message de salut dans une première annonce.
Si nous sommes imperméables, froids et distants à la culture actuelle, comment les hommes de notre temps vont avoir accès à Dieu ? La méfiance qui anime les catholiques français face à la culture du monde, bloque en amont toute forme d’évangélisation « adaptée » dans ses formes, dans ses méthodes et dans son ardeur.
Lorsque nous, nous sommes distants et bloqués, d’autres chrétiens eux (évangéliques, pentecôtistes, baptistes…) avancent et annoncent clairement, simplement et radicalement le Christ par des techniques professionnelles et modernes.
Et ils récoltent les fruits quand nous, nous réfléchissons « aux réalités sociales adjacentes du groupe humain que nous souhaitons rencontrer ». La reunionite ecclésiale française devrait passer à l’action.

Benoit XVI confirme ce que j’écris ici dans son message des JMJ 2005 : « Il est urgent que se lève une nouvelle génération d’apôtres enracinés dans la Parole de Dieu, capables de répondre aux défis de notre temps et prêts à répandre partout l’Evangile. »
Mais sommes-nous prêt à annoncer et à inculturer notre évangélisation ?
Le voulons-nous vraiment ?
Avons-nous réellement une logique missionnaire et ancrée dans et pour le Christ ?

IV°) De la réelle volonté de l’Eglise de France

Quand je parle de « l’Eglise de France », j’englobe dans ma vision, les évêques, les prêtres, les diacres mais aussi et surtout les fidèles puisque chacun sait qu’un baptisé est responsable « à sa façon » de l’annonce de Dieu comme Sauveur.
Mais, permettez-moi de poser la question, que voulons-nous vraiment et surtout que faisons-nous concrètement ?
Quel est le « programme », j’emploie ce terme de manière volontaire pour bien montrer qu’il y a des gens au sein de l’Eglise qui ont « imposés leurs programmes et leurs idées sociales, politiques, humaines… » plus que l’Evangile et l’annonce explicite du Christ comme sauveur. Cette affirmation n’est pas une attaque mais une constatation véritable de certaines dérives qui ont orienté des pastorales, des aumôneries et des paroisses vers un vide abyssal aujourd’hui.

Mais nous n’avons pas à avoir de programme, nous avons à annoncer le Salut en Jésus-Christ. Point.
Je pense qu’il faut remettre au centre le Christ de toute initiative ecclésiale, diocésaine, pastorale. Les années passées nous montrent clairement que l’abandon du message clair et absolu de la foi en Jésus nous conduit vers une crise de foi et un abandon lent et quasiment définitif de l’Eglise, de beaucoup de gens qui n’ont trouvé que doutes et tiédeurs au sein de nos communautés.
Les fruits actuels que nous récoltons sont bien amers et bien vides.
Alors que dire ?
L’Evangile est-il pour nous un choc positif de renaissance ou un texte symbolique « à la merci » de nos modes de pensées ambiants ?
L’Eglise, est-elle le lieu d’une organisation type ONG sociale humaniste ou le lieu où se vit le Royaume de Dieu, l’annonce du salut et la libération des péchés ?
Plutôt que de parler de crise des vocations et ecclésiale, ne devrions-nous pas parler de crise de foi, crise de croyant, crise de conviction et crise de l’annonce explicite dûe au relativisme, à la sécularité et autres idéologies ambiantes et passantes qui ont tant marqués certains membres de l’Eglise de France ?
La question finale restera toujours la même, cette question qui traverse les siècles depuis 2.000 ans et qui se poste devant nous. Cette question, c’est celle du Maître, celle qu’il pose en se tournant vers ses disciples alors que tous viennent de l’abandonner.
« Pour toi qui suis-je ? »
Oui pour nous, catholiques de France, qui est Jésus ?
Que mérite-t-Il que l’on fasse pour Lui ?
Est-Il notre libérateur, notre sauveur, notre Dieu, celui qui peu tout ?
Cette dernière question entraînera toujours une réponse libre et personnelle de chacun de nous. Mais l’Eglise nous invite à répondre avec elle : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » et par enchaînement « honte à moi si je n’évangélise pas. »

Ces 4 primats que je viens d’exposer sont pour moi les 4 piliers sur lesquels tous les chrétiens voulant collaborer ensemble doivent se définir.
Pour le reste l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse et ne l’oublions jamais, Paul VI nous l’a dit : « Le principal agent de l’évangélisation c’est… l’Esprit Saint. »
Remettons nos vies et nos œuvres entre ses mains sous peine de nous perdre dans des humanismes de bonne volonté stériles et vides qui ont entraînés en grande partie la crise actuelle.

12 réflexions au sujet de « Les 4 points essentiels pour lancer le débat dans l’Eglise de France »

  1. phil

    "par des techniques professionnels et modernes." a quand des techniciens de l’évangélisation?… Au fait qui est le fougueux auteur de cet article enthousiaste? J’aime bien connaître qui me cause…

  2. Marco

    Et oui Phil, pourquoi pas des techniciens de l’évangélisation.
    En tout cas, je pense que pour une bonne compréhension de ce qu’est l’évangélisation, il faut relire l’encyclique de Paul VI "evangelii Nuntiandi".
    Elle est toujours d’actualité et est vraiment une mine d’or !

  3. Olivier

    À propos d’évangélisation, il faut absolument que vous veniez tous ce samedi pour une journée de formation et d’apostolat auprès des musulmans ! Nos frères musulmans sont de plus en plus nombreux en France et c’est notre devoir de leur donner ce que nous avons de meilleur : la foi en Jésus-Christ Sauveur !
    Merci de faire passer le mot et de venir nombreux pour évangéliser !

    10 novembre 2007; à partir de 9h30, 119 rue de Meaux :
    Catholiques et Musulmans : pour un dialogue de salut
    Mouvement Résurrection—Communauté Aïn Karem—Groupe d’apostolat « Saint Jean Damascène »
    9h30 – Accueil – présentation de la journée.
    10h – « Comment s’adresser à des personnes ayant déjà une
    connaissance du christianisme, mais une image fausse ou
    blessante ? » par le Père Edouard-Marie Gallez, islamologue.
    11h – « Aspects sociologiques du dialogue avec les arabes ».
    par Sobhy Gress, chrétien oriental.
    12h – Messe
    13h – Déjeuner tiré du sac
    14h – « Parler de sa foi avec un Musulman. » par le Père Michel
    Gitton, fondateur de la communauté Aïn Karem et du mouvement
    Résurrection.
    15h – Apostolat —Place Stalingrad Métro Stalingrad (400m du lieu
    de formation).
    18h – Moment convivial « oriental », debriefing « à chaud » et
    perspectives pour la nouvelle évangélisation.
    Journée de formation et apostolat spéciale, ouverte à tous !
    Formation Apostolat
    Rendez-vous le 10/11/2007 à 9h30 :
    « La Clef », 119 rue de Meaux 75019 PARIS
    Métro : Laumière
    Informations — Contact :
    dekersabiecs@yahoo.fr
    fx_pons@yahoo.fr

    Nous ne savons pas toujours comment nous situer face à l’Islam en tant que catholiques. Entre des discours
    diabolisant l’Islam et des discours qui présentent toutes les différences comme superficielles, il est difficile de trouver un juste mesure. Alors que faire ? Rester dans notre désarroi en renonçant à nous adresser à nos frères musulmans ? Ou apprendre à connaître tous ceux que nous serons de plus en plus amenés à rencontrer.

  4. Cath. O' Lique

    Arrêtons, une fois pour toute de parler de l’Eglise de France. Elle n’existe pas et n’a jamais existé ! Parler de l’Eglise de France c’est nier son universalité et donc sa catholicité. Depuis que le Cal Billé a été Pdt de la CEF, nous devons dire : "l’Eglise Catholique en France" et cela change notre point de vue du tout au tout. D’ailleurs faites le test autour de vous et poser la question : Es-tu d’abord Catholique ou d’abord Français ? La réponse est très éclairante !

  5. Michel de Guibert

    Je suis pour ma part grosso modo d’accord avec l’article, mais très réservé sur la nécessité qu’il y aurait d’évangéliser "par des techniques professionnels et modernes" (sic) en prenant comme modèle les moyens utilisées par les évangélistes, baptistes ou autres pentecôtistes….
    La fin bonne et juste ne justifie pas tous les moyens, car en matière d’évangélisation les moyens ne peuvent pas être dissociés de la fin.

    "Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect."
    (Première lettre de St Pierre 3, 15-16)

  6. Marco

    Je ne vois pas d’inconvénient à utiliser des moyens professionnels et modernes pour évangéliser.
    Il suffit par exemple de prendre internet avec tout ce que cela comporte (blog, forum, échanges de vidéo, sites catholiques…)
    Jean-Paul II a encouragé les catholiques à utiliser internet comme moyen d’évangélisation et pour moi c’est un moyen moderne.

    Sur le thème "professionnel", il est vrai que pour évangéliser plus facilement, le mieux est de ne pas faire les choses à la va-vite mais le faire avec conscience professionnelle. Même si on peut être amateur, rien n’interdit (bien au contraire) de faire les choses avec un certain professionnalisme.

    Je pars simplement du constat que les évangélistes mettent le paquet sur des moyens matériels et modernes et qu’ils "attirent" beaucoup de gens quand ils organisent une louange.

  7. Isabelle

    Bonjour,
    Je ne peux pas m’empêcher, à la lecture de cet article, de remarquer la somme de fautes d’orthographe qui empêchent de se concentrer sur le contenu.
    Pour les articles à venir, la rédaction pourrait-elle faire les corrections avant publication ?
    En attendant, voici la liste, peut-être non exhaustive…
    (…) Bref. Il y en a sans doute d’autres. Je ne suis pas prof de français.
    Parfois, on a beau avoir une bonne expression, on a un problème avec l’orthographe. Dans ces cas-là, pourquoi ne pas se faire relire avant d’envoyer son message ?
    Merci pour ce site, vraiment très enrichissant.

  8. Jean-Baptiste Maillard

    Merci pour votre commentaire, l’auteur de cet article est sans doute étranger… nous n’en savons plus et c’est pourquoi un certain nombre de fautes étaient restées ! Merci aussi de vos encouragements : n’hésitez pas à parler de ce blog à votre entourage.

  9. Batelier

    Merci de n’avoir pas tapé,comme le font beaucoup de médias,dans votre livre,,, sur l’opus Dei. Ceci écrit Je peux témoigner de l’ intensité de la foi, lors des messes, dans certaines communautés religieuses.Beaucoup de jeunes parents avec une ribambelle d’ enfants, sont présents lors de récollections. Il semblerait aussi que certains évêques qui ont compris que notre église s’engageait sur une route scabreuse, ont réagi,et aujourd’hui remplissent leur séminaire. Alors soyons dans l’espérance

  10. Batelier

    Je n’interviens pas pour porter un jugement sur la façon dont l’église comprend son enseignement ecclésiale. Lorsque nous lisons « Evangelii Nuntiandi »,nous constatons que peu de catholiques peuvent déchiffrer le message: trop intellectuel, trop compliqué à comprendre dans son essence. Les apôtres n’étaient pas et loin de là des intellectuels. et l’enseignement de Jésus était un enseignement approprié au niveau de compréhension de ces hommes . Le seul paragraphe que j’ai pu appréhender est celui intitulé « importance primordiale du témoigne de vie » Il serait nécessaire que l’église comprenne qu’il est nécessaire de revenir à une pédagogie de la foi, de la conversion en phase avec notre société.

  11. Hilaire

    Mouvement Résurrection—Communauté Aïn Karem—Groupe d’apostolat « Saint Jean Damascène

    Comment faire partie de l’un de ces groupes.

    J’habite le nord de la France près de Valenciennes.
    Je peux me déplacer en semaine sur Paris.

    Merci de m’accepter.

  12. athanase

    si vous m’écrivez avec objet
    anuncioblog
    je peux vous envoyer mon travail sur l’Islam en pdf

    J’ai donné du buis bénit à deux familles musulmanes.
    Je continuerai demain.

    DEO GRATIAS

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