C’est quoi, la vie ?

Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint de Valeurs Actuelles, analyse la situation avec clairvoyance sur le blog de son journal…

Qu’on me pardonne de revenir dans deux billets de suite sur le même sujet, mais nous sommes soumis à un tel tir de barrage médiatique sur la question de l’euthanasie qu’il faut bien, inlassablement, tenter de clarifier certaines choses. La dernière étape de cette campagne orchestrée (car, ce n’est pas le moindre paradoxe déplaisant de cette affaire, on présente tout cela comme une revendication personnelle d’individus acculés par leurs souffrances, quand il s’agit de toute évidence d’une campagne d’opinion soigneusement pensée) est la requête de cette femme de 31 ans, atteinte d’une maladie dégénérative, qui a écrit à Nicolas Sarkozy pour réclamer un référendum sur l’euthanasie. On imagine aisément, et avec quelques frissons dans le dos, à quels excès de démagogie compassionnelle, à quels larmoyants chantages à l’émotion, à quelle insidieuse dictature de la larme à l’œil une telle campagne référendaire donnerait lieu. En attendant, il n’est pas (encore) interdit de réfléchir. Tout en affirmant n’être en aucune façon suicidaire et vouloir mourir « le plus tard possible », Clara Blanc, dans son courrier au président de la République qui invoque, comme l’association Dignitas qui se profile derrière elle, le “droit de mourir dans la dignité”, écrit : « Il y a selon moi une étape où la vie n’est plus la vie mais une agonie irréversible . » C’est quoi, la vie ?, demandait naguère un beau film avec Jacques Dufilho. La vie est-elle portée à son maximum d’intensité lorsqu’on est jeune, beau, riche et bien-portant, et diminue-t-elle en dignité lorsqu’on s’éloigne de ces critères valorisés par la société de consommation ? Celui qui souffre est-il moins digne que celui qui jouit ? Celui qui est prisonnier, de quatre murs ou d’une infirmité, est-il moins digne que celui qui gambade à son gré ? Le christianisme, il y a 2000 ans, a libéré l’homme en répondant à toutes ces questions d’un “non” plein d’espérance. En replaçant la dignité sous conditions, la morale eugéniste qui se met en place nous prépare pour sa part, sous couvert d’humanisme, une formidable régression.

Source : Le blog de Valeurs Actuelles – Signez la pétition Nousvoulonslavie

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