En Espagne, l’Eglise se mobilise contre l’avortement

Manifestation vie

La protection de la vie sous toutes ses formes fait partie de l’évangélisation. Dans le cadre de la célébration de la Journée pour la vie et le débat sur la réforme de l’avortement, qui prévoit la possibilité d’avorter librement à partir de la 14e semaine et qui permet aux jeunes filles de 16 ans d’avorter sans le consentement parental, l’Eglise catholique en Espagne a demandé au gouvernement de protéger la vie de l’enfant à naître et de soutenir sa mère. L’avortement est actuellement autorisé en Espagne en cas de viol dans un délai maximum de 12 semaines de grossesse, de malformations du foetus (22 semaines) ou en cas de « danger pour la santé physique ou psychique de la mère » (sans limitation de temps).

Tout au long de la journée d’hier, les cathédrales et les paroisses espagnoles ont accueilli les foules pour prier pour la vie, en plus de conférences, de cours de formation et d’autres activités, comme une manifestation de rue qui a réunit 500.000 personnes.

Marche vie

Pour l’occasion, la Conférence épiscopale espagnole (CEE) a lancé il y a une semaine une campagne de communication, avec des affiches et des panneaux d’affichage, pour demander la même protection pour l’enfant à naître que celle du lynx en Espagne. Elles représentent côte à côte un bébé lynx – espèce protégée en Espagne – et un bébé d’homme qui demande : « et moi ? ».

Affiche vie

1.400 affiches sont présentes dans 37 villes espagnoles, tandis que d’autres panneaux sont présentées dans les églises, les écoles catholiques et les écoles religieuses.

Martínez Camino, porte-parole de la Conférence épiscopale espagnole a déclaré par rapport au nouveau projet de loi : « Le gouvernement ne peut pas être juge et partie dans le cadre du débat sur l’avortement ».

En outre, les évêques du Sous-Comité pour la défense et la vie de famille, présidé par l’évêque élu d’Alcala de Henares, Mgr Reig Pla, a publié à cette occasion une note soulignant la nécessité de protéger la vie de ceux à naître et d’aider les mères en difficulté.

Cette loi produit « une grave distorsion de la vérité » en ce qui concerne l’avortement, car « il est présenté comme un droit équitable des femmes à résoudre un grave problème et fait même partie du soi-disant droit à la santé de la reproduction. La vraie justice est de la garder de l’enfant à naître et de soutenir les femmes afin qu’elles puissent surmonter les difficultés, pour donner naissance à leurs enfants », a-t-il dit.

Enfin, appelant les fidèles à une « participation active » avec les associations qui visent à défendre la vie et à « intensifier le travail de formation des consciences sur l’avortement. »

Mgr Reig avait encouragé les catholiques à se joindre à la manifestation de dimanche contre la nouvelle loi sur l’avortement proposé par le gouvernement. Il a reçu la plate-forme droit de vivre (DAV). Dans une interview avec Reuters, il s’est dit «favorable à toute initiative qui encourage les fidèles à défendre le droit à la vie. »

Pour sa part, l’évêque de Santander, l’évêque Jiménez Zamora a dit que l’Église célèbre le jour qui sera un « oui à la vie », et qu’il a demandé aux fidèles de prier et rendre grâce à Dieu « pour la vie, le grand don que nous devons toujours accueillir ».

Aussi, l’Archevêque de Valladolid, Mgr Braulio Rodríguez, a encouragé les croyants et les hommes de bonne volonté « à prier pour la vie, parce que, dit-il, « les changements qui se produisent dans notre pays conduisent à des situations plus défavorisées pour l’enfant à naître qu’avec les lois actuelles. » Il a également rappelé la proposition de la CEE en 2009 : pendant l’année de la prière pour la vie, à partir des paroles de Jean-Paul II dans Evangelium Vitae, que « chaque communauté chrétienne, avec des initiatives spéciales et l’habituelle prière, soulève un plaidoyer passionné pour Dieu, Créateur et l’amant de la vie. »

L’évêque de Jaen, Ramón del Hoyo López, a déclaré ne pas accepter l’approche matérialiste de la vie, coupée de sa source sacrée, dans laquelle « la vie d’une personne est évaluée seulement à des critères d’efficacité, de fonctionnalité, de facilité d’utilisation, non pas pour ce qu’elle est, mais ce à quoi elle sert, ce qu’elle produit ».

Il a dit que ceux qui souffrent des conséquences de cette perspective sont d’abord « les enfants à naître, les enfants, les malades, les personnes âgées et les femmes », et qu’avec ces principes « il est facile de se développer une culture de la mort, un état d’esprit qui favorise la contraception, l’avortement et l’euthanasie. »

Pour sa part, l’évêque de Huelva, Mgr José Vilaplana, a demandé aux chrétiens de prier en ce jour de l’Annonciation, « où nous célébrons l’annonce de l’Ange à Marie, afin que naisse une prise de conscience du droit inviolable de tout être à la vie, en défendant la vie humaine depuis le moment de la conception jusqu’à son dernier souffle.

L’administrateur apostolique du diocèse de Cordoue et de Séville, archevêque coadjuteur de Mgr Juan José Asenjo, a dit que tout est loin d’être fait pour aider les femmes enceintes à ne pas prendre « la terrible décision de retirer le fruit de leurs entrailles ».

Pour sa part, l’évêque de Bilbao, Mgr Ricardo Blázquez et son évêque auxiliaire, Mgr Mario Iceta, a déclaré que la proposition du gouvernement est « un pas en arrière dans l’humanité et la civilisation. » Il a également assuré que l’interruption volontaire de la grossesse fait partie de la « culture de mort qui dégrade la société et qui tolère ou encourage ces pratiques ».

Dans sa lettre à l’occasion de l’année consacrée à la prière pour la vie, il a donné l’intention de se consacrer personnellement et de prier pour le don de la vie.

Mgr Blázquez Iceta, comme les deux, affirment que « la personne humaine doit toujours avoir le dessus » et que « le degré d’humanisation et la grandeur d’une société, d’une culture, d’une civilisation se mesure principalement par sa capacité à accueillir et à prendre soin de chaque être humain, indépendamment de leurs qualités physiques. »

UNE MANIFESTATION MONSTRE

Paseo del Prado

Le même jour, une manifestation monstre a réunit 500.000 personnes selon les organisateurs, Médecins pour la vie, Provida Madrid et HazteOir (« Fais toi entendre »).

Des slogans comme « Il n’existe pas le droit de tuer, il existe le droit de vivre », en tête de la manifestation, ou des pancartes contre la ministre de l’Egalité « Aido laisse les jeunes filles de 16 ans en paix ». « La femme oui, l’avortement non » sont au centre de cette protestation, qui s’unit à près de 50 autres dans le reste de l’Espagne et en Amérique du Sud.

Des milliers de jeunes montrent par leurs slogans comme « Avortons la loi, pas la vie » qu’il veulent dénoncer cette réforme. « Nous sommes là pour célébrer le droit à la vie à l’extérieur et dans le sein maternel, et le droit d’être mère» affirme Gador Joya, médecin-pédiatre chargée de lire le manifeste à l’arrivée de la marche, Plaza de las Cortes. « On ne peut pas implanter une loi sans tenir compte de l’opinion des citoyens », ajoute Joya.

La manifestation, à laquelle ont assisté de nombreuses familles avec leurs enfants, s’est passée dans une ambiance festive et ludique, où les manifestants, la plupart avec des casquettes et des ballons rouges, ont chanté et lancé des slogans contre l’avortement.

Bien que la manifestation n’ait été convoquée par aucun parti, quelques députés et représentants politiques ont voulu être présents. Parmi eux, le député du PP (Partido Popular) et secrétaire général du Groupe Populaire au Congrès des Députés, Jorge Fernandez, l’ex-maire de Madrid, José Maria Alvarez del Manzano, le député « populaire », Vicente Martinez Pujalte, ou le sénateur du PP, Luis Peral. Quelques socialistes ont répondu à l’appel. C’est le cas du Second Adjoint au Maire de la localité sévillane de Paradas, Joaquin Manuel Montero. « J’ai appris de vieux et vrais socialistes que la gauche est toujours du côté de la vie et des plus faibles, et c’est pour cela que je suis ici », affirme-t-il en tête de la manifestation.

Alcala Gran Via

Cinquante villes espagnoles et sud-américaines ont ainsi accueilli des manifestations contre la réforme de la loi sur l’avortement encouragée par le Gouvernement. Ces mobilisations ont eu lieu au cours de la Semaine pour la Vie, et coïncident avec la commémoration, de la part du mouvement pour les droits civils, de la Journée Internationale pour la Vie, le 25 mars.

Un autre slogan était : « Zapatero, ta maman a dit oui ! ».

En Espagne, la protection de la vie n’a pas dit son dernier mot.

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Une réflexion au sujet de « En Espagne, l’Eglise se mobilise contre l’avortement »

  1. ecosse

    Depuis lundi matin, les femmes peuvent avorter librement en Espagne… sauf si elles vivent à Madrid, en Navarre, en Galice ou à Murcie. La loi de libéralisation de l’IVG, préparée par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero, se heurte à la fronde de plusieurs régions dirigées par la droite.

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