Le cardinal Bagnasco dénonce les persécutions antichrétiennes

Se référant aux passages de l’Evangile selon lesquels « dans l’Eglise personne n’est étranger » et « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui », le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), a dénoncé hier lundi, les persécutions perpétrées contre les chrétiens en Inde, en Irak et dans différentes régions du monde.

La liberté religieuse : pilier de la civilisation et de la démocratie

Dans son intervention lors des travaux du conseil permanent de la conférence épiscopale italienne (CEI) en cours à Rome du 22 au 25 septembre 2008, le cardinal Bagnasco a dénoncé la vague de persécutions qui, en Inde, a fait « des dizaines de morts, sans parler des blessés et du nombre de viols commis, des attaques contre églises (y compris la cathédrale de Jabalpur), les couvents, les orphelinats et les écoles, mettant en fuite des dizaines de milliers de personnes parties se réfugier dans les centres d’accueil ou dans les forêts » .

Selon le président de la CEI, « il apparaît désormais clairement que tout a été déclenché parce que les chrétiens font actuellement œuvre de promotion humaine auprès de ceux qui, dans ces régions, se trouvent au bas de l’échelle sociale, une initiative jugée déstabilisante pour un certain équilibre social et de pouvoir ».

L’archevêque de Gênes a fait remarquer que « les actes de violence se sont succédé pendant des semaines, au mépris des lois, dans l’impunité des coupables, dans la désinformation de la presse nationale, dans l’embarras des hommes politiques locaux et presque dans le silence de la communauté internationale ».

« Seule la voix du Pape, dès le mercredi 27 août, a résonné, claire et ponctuelle » a poursuivi le cardinal Bagnasco tout en rappelant que la présidence de la CEI avait décidé d’exprimer sa proximité en organisant le vendredi 5 septembre, jour anniversaire de mort de la bienheureuse Marie Thérèse de Calcutta, une journée de prière et de pénitence, en solidarité avec une initiative du même genre voulue par les évêques ».

Le président de la CEI a par ailleurs dénoncé le climat d’intolérance qui règne au Pakistan, et le calvaire que vivent les chrétiens en Irak, où deux autres chaldéens ont été assassinés, « derniers maillons d’une chaîne de sang en cours depuis plus de quatre ans et marquée, en mars dernier, par la mort de l’archevêque de Mossoul, dans le cadre d’un véritable ‘nettoyage religieux’ qui est en train de porter à la décimation d’une communauté qui, il y a cinq ans encore, comptait un million de fidèles. Aujourd’hui, cette communauté est réduite à près de la moitié, en raison de l’exode des chrétiens dans les pays voisins ».

Dans ce contexte, l’archevêque de Gênes s’est adressé à la classe politique, aux intellectuels et à l’opinion publique afin qu’il y ait « un regain d’intérêt, une attention plus marquée au thème de la liberté religieuse, en tant que composante essentielle de la civilisation des droits de l’homme et garantie d’un pluralisme authentique et d’une vraie démocratie ».

Car « la liberté religieuse n’est pas une ‘option’ que plus ou moins cordialement les Etats accordent aux citoyens les plus insistants, ni une concession paternaliste du principe de tolérance ».

« La liberté religieuse, a souligné le cardinal Bagnasco, est plutôt le pilier sur lequel reposent toutes les libertés et le critère ultime de leur protection, dans la mesure où son principe s’inscrit dans le statut transcendant de la personne et dans l’indisponibilité de celle-ci à se soumettre à n’importe quel régime ou doctrine ».

Le cardinal Bagnasco a dit qu’il partageait les propos fermes de l’appel lancé récemment par Mgr Dominique Mamberti concernant le phénomène de ce que l’on a appelé la « christianophobie » (cf. rubrique Document de ce jour), et a insisté sur les risques qui paraissent également toucher l’Europe, relevant « un certain détachement entre la religion et la raison, la deuxième reléguant la première à la sphère exclusive des sentiments, et une séparation entre la religion et la vie publique ».

Pour le président de la CEI, « on a là une dérivation conceptuelle entre la pratique désinvolte du relativisme, les excès antireligieux et antichrétiens et la régression culturelle et éthique des sociétés ».

Source : Zenit

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