Les statues de la liberté

Un témoignage d’évangélisation de Richard Borgman, ancien pasteur protestant évangélique converti au catholicisme, paru dans le mensuel Il est vivant! en juin 2008.

Dans le quartier où nous travaillons, sévissent la drogue, l’alcool et la prostitution. Aucun symbole chrétien, pas de messe. Aussi, avons-nous décidé de « mendier des statues » pour donner des signes de présence chrétienne. La récolte fut abondante : huit statues (deux Vierge Marie, deux Jésus, Thérèse, Marie-Madeleine, Anne et Bernadette) et un grand crucifix. Placées devant chez nous, les statues sont pour les passants un témoignage de notre foi.

La plus lourde était la statue de Notre-Dame de Lourdes. J’ai trouvé cette statue cachée derrière le bâtiment d’un couvent à Montréal. Elle était posée contre le mur avec sainte Bernadette à genoux à ses côtés. Toutes les deux me regardaient à travers la clôture du couvent. On aurait dit qu’elles appelaient au secours. J’ai donc demandé aux sœurs du couvent si elles acceptaient d’envoyer Marie et Bernadette en mission aux États-Unis. Elles ont accepté avec joie. Le seul problème, le poids : près de 130 kg. Nous n’avons pas pu soulever Marie. Comme la statue, Marie ajoute du poids à la vie. La seule possibilité était de la rouler cinquante mètres à travers le jardin pour arriver jusqu’au bus.

Aujourd’hui tout le monde, je veux dire chaque statue, a trouvé sa place dans notre nouveau centre. Marie et sainte Bernadette sont bien en vue à l’entrée du bâtiment. Quelques bancs attendent les pèlerins de passage. La grande statue de Marie est comme une statue de la liberté offerte par l’Église de Québec. Elle semble redire, à l’image de ce qui est gravé sur la statue de la Liberté à New York : « Bienvenue aux pauvres, aux opprimés, aux sans domicile fixe, aux immigrés. Ici, il y a la vraie liberté. »

Cette semaine, j’ai vu un pauvre qui montait la rue. Avec beaucoup de respect, il s’est arrêté devant le bâtiment et a fait tout doucement son signe de croix. Petites ou grandes, les statues placées devant chez vous semblent annoncer aux passants : « Bienvenue, Jésus vous aime et il vous rendra libres. »

A la recherche du Jardin perdu : Du protestantisme évangélique à la foi catholique

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