Mgr Jean-Pierre Ricard : « l’Ecole catholique est une grâce pour l’évangélisation »

L’Ecole catholique : « une chance et une grâce pour l’évangélisation », a déclaré Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence des évêques de France, dans son homélie pour le 400e anniversaire de la fondation de la compagnie Marie Notre Dame par Ste Jeanne de Lestonnac. Extraits.

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Nous savons bien que l’enjeu de l’Ecole catholique n’est pas simplement d’offrir un enseignement mais bien une éducation, et une éducation qui prend le jeune tel qu’il est. Nous sommes en Europe et en France tout particulièrement dans une société où la vie des familles reste fragile. Je suis frappé de voir l’importance du retentissement affectif de ces problèmes dans le vécu des jeunes : familles divorcées, recomposées, répercussions sur le rythme de vie des jeunes et sur leur vécu affectif. Nous sommes dans une société de consommation qui a tendance à centrer l’individu sur ses propres besoins, ses intérêts, sur son pré carré, qui exacerbe son désir de liberté pour souvent d’ailleurs pouvoir mieux le conditionner. Une éducation attentive à une croissance harmonieuse et heureuse de la personne doit lui permettre de prendre confiance en elle, d’éduquer sa propre liberté dans un sens relationnel, d’acquérir le sens de la responsabilité, de s’ouvrir aux autres, à une dimension fraternelle et solidaire de la vie personnelle et de la vie en société, à une ouverture et à une solidarité internationales.

Nous sommes aussi dans une société qui est marquée par une forte sécularisation, c’est-à-dire par un éloignement de beaucoup de nos contemporains par rapport à l’Eglise et à la foi chrétienne. Cela marque les enfants que nous recevons dans l’Ecole catholique, leur famille et leur environnement. La demande d’inscription dans un établissement catholique n’obéit pas très souvent à des motivations religieuses. Cela est une donnée de fait. Tout dépend de la façon dont nous nous situons devant ce fait. Pour un peu que les parents ne soient pas demandeurs d’une proposition de foi, que l’équipe éducative soit indifférente, que le chef ou la chef d’établissement soit pris par bien d’autres préoccupations, l’établissement n’aura de catholique (ou de chrétien) que le nom. On justifiera d’ailleurs cela un peu rapidement par des raisons de tolérance, d’accueil de tous, de risque de faire pression sur les consciences. Disons tout net que dans une telle situation la proposition éducative est mutilée. Pour Jeanne de Lestonnac, l’éducation intègre la découverte de la relation à Dieu comme constitutive du centre même de la personne. Je crois qu’il nous faut voir aujourd’hui la situation de nos établissements, ouverts à tous les enfants et à tous les jeunes, comme une chance, comme une grâce pour l’évangélisation. Certes, il faut respecter la liberté de chacun, l’appartenance à d’autres religions, mais cela ne doit pas paralyser l’annonce de ce qui est pour chaque enfant et pour chaque jeune une bonne nouvelle, à savoir qu’il est aimé par Dieu personnellement, que Dieu veut nouer avec lui, dans le Christ, un lien d’alliance, d’amitié et d’amour.

Finalement, s’il y a une « mystique de l’éducation », une passion éducative, c’est dans l’amour qu’elle trouve sa source. Paul, dans l’épître aux Corinthiens, nous le rappelle avec force. Ce qui est au cœur de l’Evangile, c’est cette Bonne nouvelle annoncée à tout homme : « Tu es aimé. Laisse-toi aimer. Laisse cet amour te transformer. Et si tu es aimé, tu es appelé à ton tour à aimer. Fais cela et tu expérimenteras que tu as pris avec le Christ le chemin de la vie, de la vraie vie, de la vie qui ne déçoit pas. »

Puissions-nous être tous aujourd’hui les témoins joyeux de cette Bonne Nouvelle !

+ Jean-Pierre cardinal RICARD
Archevêque de Bordeaux
Evêque de Bazas

Le discours en entier sur le site du diocèse de Bordeaux

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