Construire le grand amour : les conseils d’un pro

Après le succès de la conférence sur le flirt (malgré sa longueur), nous récidivons avec les notes d’une internaute synthétisant la conférence d’un prêtre “qui dépote” (*) sur l’amour entre un homme et une femme, loin des idées reçues. Parmi les très nombreux thèmes abordés : tabous et fausses idées, comment tomber amoureux, ce dont il faut se libérer (peurs, complexes, illusions…), les signes qui indiquent qu’on est amoureux, comment vérifier l’amour vrai, les obstacles pseudo-spirituels, les limites quand on se fréquente, la chasteté, l’amitié élective, la part de Dieu dans l’histoire amoureuse, comment se préparer au mariage, les points indispensables pour la spiritualité conjugale… Tout un programme !

L’amour ouvre les yeux sur la vraie vie. Cf Jn 4,16-19 : Dieu est Amour.

L’amitié : être capable de communier. La grâce de Dieu vient perfectionner la nature. La vie amoureuse est fondée sur cet amour divin et il n’y a pas d’incompatibilité. Toute chose doit être vécue dans l’Esprit. L’existence d’une relation entre l’Amour et le divin qui promet l’infini, l’Eternité, donne une qualité à notre vie. Quand on aime cela donne une qualité à notre vie, une voie au renoncement. Aimer en vérité, c’est aussi l’éros. La dimension érotique de l’amour est une puissance vitale en nous, un désir de nous réaliser en tout homme. Eros signifie le désir. On a tous le désir de vie, d’être pleinement en Christ. (Cf Dieu est amour de Benoît XVI). Pour cela nous avons besoin d’une guérison. Cela dépend de notre constitution. Quand le corps et l’âme sont en accord, l’unification est réussie. Il ne faut pas refuser ses pulsions, sa libido ! Sinon il y a division, perversion de la beauté de l’amour dans notre vie. On doit rentrer dans sa pleine dignité de fils et de fille de Dieu. Quelque chose mûrit, pour que l’amour humain puisse parvenir à sa vraie grandeur ! Il n’y a pas de complexes à avoir. Selon le dessein de Dieu, il n’est pas bon que l’homme soit seul, il doit quitter son père et sa mère.

Fausses idées ou tabous

Il n’y pas d’incompatibilité entre la vie spirituelle et la vie affective. L’affectivité est une manière humaine de traduire l’amour. Dieu a mis en moi disponibilité, vertu de l’âme, oraison affective, mon humanité totalement livrée à Dieu.

Que l’amour fraternel vous lie d’affection entre vous ? Il n’y a pas d’opposition entre le désir authentique de servir le Seigneur et le mariage. Pour cela il est nécessaire de mettre de l’ordre dans sa vie, ce qui ne signifie pas le fait qu’il puisse m’appeler à le servir. « La sexualité n’est pas un obstacle à la sainteté » disait Jean-Paul II. « Vous avez été bel et bien achetés ! Glorifiez Dieu dans votre corps. » (I Co, 6-20.)

La sainteté vient aussi dans ma vie sexuelle ; le Christ a pleinement assumé son humanité (amitié de Jésus). L’expérience de la gloire n’est pas une évasion de la vraie vie. Elle permet au contraire de vivre glorieusement toute chose, y compris un vrai projet de vie à deux.

Comment tomber amoureux sans se faire mal ?

Le monde fausse complètement la manière dont on peut s’épanouir. Une certaine apparence de la piété empêche une saine affectivité. (NDLR : on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs, surtout si on place la barre haute ; en retour, quoiqu’il arrive, on ne sera pas déçu, l’essentiel étant de rester toujours en vérité).

Comment tomber amoureux ?

Proverbes 18:22 : « Trouver une femme c’est trouver le bonheur, c’est obtenir une faveur du Seigneur » : tomber amoureux est une bénédiction qui vient de Dieu. Cantiques des Cantiques 6 verset 9 : « Unique est ma colombe, ma parfaite ». Le coeur s’éveille à la vie amoureuse parce qu’il a trouvé celle ou celui qui est unique à ses yeux ! Non ce n’est pas impossible de tomber amoureux, nous sommes génétiquement conditionnés pour tomber amoureux. (« C’est bon à savoir »).

Siracide 22, 4 : « Une fille sensée trouvera un mari » : il y a du sens pour notre vie, un accomplissement pour la femme et l’homme de se trouver.

Constitutif de la nature humaine :

** Se libérer de ses complexes et de ses peurs.

** Se libérer des illusions de l’Amour : tomber amoureux n’est pas un idéal.

** Lever les interdits.

** Complexes physiques : ne doivent pas être un obstacle à l’amour. Ce n’est pas nous qui nous qui nous déterminons. Dispositions biologiques, psychologiques, être aimable, être attiré par tel type de personnes.

** Complexes culturels liés au monde qui change. Par exemple, le bronzage, la manière du monde, nous ne devons pas être conditionnés.

** Complexes familiaux liés au milieu social : le chrétien quel que soit son milieu a le droit d’exprimer ses sentiments !

** Complexes religieux : pas de la pudeur, mais l’ignorance de ce que Dieu a établi de bon et de beau dans l’homme et la nature humaine.

Les peurs

Celle de ne pas y arriver, la peur de souffrir. Lanza del Vasto (poète et mystique chrétien, 1901-1981) : « aimer c’est la joie de souffrir ». Quand on aime quelqu’un, on souffre plus ou moins, là est le réalisme. On aspire à plus, à mieux, à plus grand. La peur d’être de nouveau trahi : l’amour n’est pas fait de trahisons, il peut être une surprise agréable.

La peur du péché, (le péché comme acte moral mauvais et dont on est responsable : je pèche parce que je le choisis).

Peur de se planter : détruire cette peur, ne pas se conditionner à ne pas aimer de tout son coeur, car c’est calculer et sinon il ne se passe jamais rien. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. L’amour est une surprise et cela ne se calcule pas !

Ce qu’il faut faire…

** S’y préparer en se faisant aider ou en parlant avec d’autres. Il faut aussi vivre une démarche de guérison intérieure.

** Soigner son look !

** Rencontrer des gens en dehors des groupes de prière, de la messe, accepter des invitations (pas de cathos « cuculs coincés »), les soirées : les chrétiens doivent investir ce domaine. (« A bon entendeur, salut ! »).

** Trouver de nouvelles amitiés, ne pas traîner toujours avec les mêmes, tisser des amitiés prometteuses.

** S’autoriser à se laisser aimer. Autant il faut nous laisser toucher par l’amour de Dieu, autant il nous faut accepter d’être touché par l’amour humain. Par exemple, accepter les compliments sans rougir, nous en avons besoin !

** Il faut dès aujourd’hui s’autoriser à être amoureux et à laisser parler son cœur : c’est une expérience de liberté. « Si le Fils vous libère, vous serez réellement libres ! ». Libres d’être amoureux, libres d’aimer. Il nous permet d’aller plus loin possible dans l’expérience de l’amour humain. Il est possible à tout homme, toute femme, de tomber amoureux, affranchis par le Christ et non plus dominés par les tabous du monde. L’éros doit être bien en place, capable d’aimer avec grâce et excellence.

Se libérer de ses illusions

** Se libérer de l’homme ou de la femme idéale, qu’on ne trouvera nulle part. On doit être capable d’aimer en vérité, de s’épanouir dans l’amour : OUVRIR LES YEUX ! Bannir l’amour hollywoodien, celui des séries télé et du cinéma.

** Se libérer d’attendre le coup de foudre car il n’existe pas : seulement 10% de la population mondiale est capable de saisir au premier regard l’évidence de l’amour (études sociologiques). « Dommage, ça m’arrangerait bien, moi ! ».

** Les peurs et complexes nous aveuglent : croire que l’autre nous donnera tout ce qui me manque est faux. Il ne peut pas me satisfaire dans certaines choses ou certaines de mes attentes… Ne pas désirer que l’autre doit un autre moi, ou qu’il ait les mêmes rêves, les mêmes aspirations, ou le même cheminement spirituel.

** Se libérer de cette fausse attitude spirituelle de chercher des signes de confirmation : c’est perdre du temps, l’amour humain est un don naturel.

ATTENTION !!!

Quels sont les signes qui indiquent qu’on est amoureux ?

Etes-vous charmé(e) ? Pensez-vous à la même personne pendant des semaines ? Recherchez-vous la compagnie de cette personne ? Avez-vous des points communs ? Tout le monde ne tombe pas amoureux de la même façon. Pourquoi l’amour donne-t-il des ailes ?

L’amour existe de plusieurs façons. Une sympathie se transforme en amour, tout dépend de l’âge, de l’expérience, de la priorité du moment.

Recalibrer notre manière d’entrer en relation, ne pas rechercher le premier flash ! (Lire le livre de John Gray : Mars et Vénus se rencontrent). Il faut se libérer des motivations malsaines, beaucoup d’hommes ont par exemple peur de ne pas y arriver. Or rien n’est plus gratuit que l’amour. Eviter aussi les amours impossibles.

Motivations malsaines chez les femmes : avoir pitié d’un homme, comment va-t-il survivre sans elle ? L’amour compassion, choisir et ne pas subir, l’homme désespéré, par exemples les filles qui sortent avec des toxicos(!).

Les chrétiens ne draguent pas car c’est un mensonge ; il doit y avoir un réel attrait, un désir profond de vivre avec cette personne.

Les filles : ne pas s’offusquer que les hommes nous regardent d’une certaine façon : ils fonctionnent comme cela, au physique.

Les quatre étapes indispensables pour vérifier l’amour

1. La fascination, l’émerveillement, être sous le charme, l’attrait physique, être séduit par les qualités humaines et spirituelles. Cette personne a un impact sur nous (trop beau!), c’est l’attirance, quoi !…

Cool, mais il y a encore du boulot !

2. Le besoin de la présence de l’autre. Quand on est dans sa présence, on sent un bien être, une plénitude, une sécurité… Toi et moi, moi et toi : chabadachabada !

Génial ! Mais pas encore suffisant.

3. La com, la pli, la cité : la complicité ! Cela devient un peu plus sérieux, on se comprend instantanément, sans trop d’explications. De nombreux intérêts en commun : c’est déjà un amour électif, déjà un peu l’unique, le ou la préféré(e), avec lui/elle c’est différent des autres.

Déjà méga, top mais pas encore suffisant pour être in love.

4. Pour dire que l’amour est là et que ce n’est pas une illusion, il faut le partage des cœurs ! On va plus profondément, plus loin, c’est décidé, on donne son coeur à cette personne et réciproquement. C’est une décision raisonnable, il y a réciprocité sinon c’est FAUX et on s’aime tout seul. Il faut que cela soit explicite, qu’on est fait l’un pour l’autre : intimité.

Lever les interdits, les obstacles pseudo-spirituels

5 types d’obstacles

** Attitudes ou positions extérieures : faire le clair avec soi-même sur la chasteté.

Sur la fausse conception du péché : par exemple, quand on est fasciné c’est normal (mais péché si fabrication mentale) ; la chasteté ne se réduit pas à la continence : c’est une qualité de la vie affective (Cf livre de Job : qui peut séparer le pur de l’impur pour le pur, est pur celui qui ne soupçonne pas le mal). Actes et intentions impures, ceux qui sortent de notre coeur. Nos affections doivent être chastes.

** Les convenances sociales, culturelles et familiales (on se marre!). On doit s’en affranchir pour entrer dans la gloire de Dieu. Par exemple, épouser quelqu’un d’un autre condition sociale ou couleur : il n’y a pas de code, de profil, le véritable amour ne s’embarrasse pas de cela.

** Du regard des autres, surtout celui des chrétiens : celui qui tue le plus est celui de notre famille.

Ne pas attendre d’avoir toutes les guérisons intérieures. L’amour est thérapeutique, sain et juste. S’autoriser une nouvelle expérience amoureuse si la précédente n’est pas concluante (hé oui !). Le Seigneur met à notre disposition des personnes pour aimer. Mes échecs sont une leçon, j’y gagne en discernement. Il faut saisir toutes les bonnes occasions. (Référence Pascal Ide, Célibataires osez le mariage.)

** Consentir à purifier nos sentiments, pour qu’ils soient plus vrais et l’accepter.

Comment ? Le demander. Poser des actes, se laisser purifier de nos illusions, on cherche le bien de l’autre, on se simplifie.

Il est important de nommer les raisons de notre amour pour telle personne (l’amour n’est pas seulement ineffable) pourquoi on chérit telle personne, de réaliser que notre démarche est celle qu’on désire.Accepter les failles de l’autre, que l’amour ait des faux pas, on se purifie, on s’ajuste.

** Sortir de son égoïsme narcissique, les reproches : c’est un calcul toujours perdant.

Se centrer sur ce qui plaît à l’autre en respectant au plus haut point sa liberté. Sinon on devient l’otage de l’autre, jalousie amoureuse destructrice. Le coeur se donne librement, il doit s’épanouir et guérir ma vie !

Conclusion : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme, et qu’il a dit : ainsi donc l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront q’un seule chair ? » (Mt 19, 4-6). Le créateur les fit homme et femme, et ce que Dieu a uni , que l’homme ne le sépare pas. L’amour s’inscrit dans le coeur de l’homme.

Après avoir franchi ces étapes, vous pouvez envisager de vous préparer au mariage!

Comment se préparer au mariage ?

En cultivant cette amitié. Genèse 2.18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul », pour qu’il connaisse l’épiphanie de l’amour ! Cela vérifie que l’homme et la femme sont faits l’un pour l’autre. L’amour : lieu de l’expérience de Dieu, qui a élevé l’amour au rang de sacrement. Cette expérience est l’édification de cet amour en vue du mariage !

Quatre éléments importants : amitié, chasteté, fiançailles et accompagnement.

Perdre le moins de temps possible ! Déjà nécessaire de déclarer sa flamme (après les 4 étapes qui vérifient l’amour vrai).

L’appel au mariage est une vocation sainte, un lieu de sanctification, on ne se marie pas, on ne se consacre pas à défaut de…

Comparaison avec le Christ et l’Eglise « il s’est livré pour elle ». Il veut une épouse canon !


Dimension essentielle du don : aimer sa femme ou son mari, c’est s’aimer soi-même !

Si je suis comblé, si je suis là pour l’autre. De cet amour je tire un grand bonheur et ce bonheur me remplit. Amour = pur don, générosité. On prend bien soin de son amour, c’est un capital. A chaque appel, une bénédiction particulière. (Cf Livre de Tobie). La relation doit être le lieu de l’expérience du salut (rien de moins) pour elle (la femme de Tobie), qui l’aime au point de ne plus pouvoir détacher son coeur.

Proverbes 5, 18-19 : « Bénie soit ta source ! Trouve la femme de ta jeunesse : biche aimable, gracieuse gazelle ! ».

L’amitié

(Rappel : seul 10 % ont l’évidence immédiate du “c’est lui, c’est elle”). Dans la majeure partie, une relation est prometteuse. Consolider cette expérience par l’amitié, fondée humainement, rationnellement pour qu’elle dure. Son époux(se) peut et doit être son meilleur(e) ami(e).

Amitié élective

Je vais élire l’élu, quelqu’un, vérifier que cette personne peut avec moi réaliser ce plan d’amour de Dieu sur moi, pour durer dans le temps. Cela peut aboutir alors au mariage. Il est capital d’être au clair avec ses sentiments, le point de départ doit être sain, enlever la concupiscence, la convoitise ; lieu de la croissance de la vie affective, sentimentale et amoureuse. Au-delà de l’épreuve, tenir à cet engagement du coeur. L’amitié garde solidement (cf Saint Joseph). Voir aussi Mt 1, 18-22 (Joseph assume la paternité légale de Jésus).

La part de Dieu dans l’histoire amoureuse

La divine providence conduit les histoires d’amour. Joseph était très loyal, il aimait Marie en vérité, et a tout fait par discrétion. Dans un moment dramatique, l’épreuve vérifie la solidité de leurs sentiments amoureux. Joseph aime Marie de tout son cœur et lui épargne la lapidation.

Croire et ne pas douter.

Les fiançailles sont le lieu des épreuves, pour une relation finalisée en vue du mariage.

Siracide : ce n’est que l’amitié en Dieu, lieu de grâce, qui consolide les relations, pleine fécondité spirituelle, ami fidèle : puissant soutient, n’a pas de prix, pas de calcul, les sentiments doivent se convertir, un baume de vie, « qui craint le Seigneur aura de vrais amis ».

L’amitié fait partie du plan de Dieu, se compose de trois choses importantes :

** La générosité-réciprocité : le don de soi (Joseph a donné sa vie).

** Le véritable amour d’amitié : aimer l’autre pour lui-même, aussi dans sa sensibilité ; pas un amour éthéré, platonique, il est souvent pour nous source de plaisir mais ce n’est pas le premier lieu. Il nous faut nous aimer nous-mêmes.

** La dimension de la joie : la joie construit dans sa totalité les aspects de sa vie, sentimentale, amoureuse, ce sentiment peut éclore, il conduit aux fiançailles et à la demande la bénédiction : les choses intérieures commencent…

De la chasteté

C’est le respect de soi-même et des autres. C’est la qualité de notre vie affective. Il n’est ici question de sexe ou pas mais plutôt d’une vie saine au niveau affectif (un gros mot est un péché contre la chasteté). Indispensable pour connaître la paix, pour que le coeur s’élargisse pour aimer à la mesure de Dieu. Dieu nous aime avec respect, gratuité, d’une façon désintéressée et chaste. Aimer de façon respectueuse. Toute forme de violence physique ou verbale est une atteinte à la chasteté et pas seulement la continence des relations sexuelles. (cf Abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique, 488 / La chasteté est l’intégration réussie de la sexualité dans la personne, la sexualité devient épanouissante, me réalise pleinement en tant que femme, en temps qu’homme. La sexualité est notre identité personnelle et pas seulement l’organe génital. Le prêtre, l’homme, la femme, chacun a une vie sexuelle épanouie ou réprimée (crispée), ou la peur d’être touché. Je vis mieux ce que je suis quand quelqu’un est différent de moi. La chasteté est une vertu, un don, un fruit de l’Esprit Saint, qui participe à l’expérience de ta vie spirituelle. (Saint Augustin demandait au Seigneur la grâce de la chasteté).

Pour la vivre

** La grâce de Dieu.

** Le secours des sacrements dont la confession et l’eucharistie.

** La prière et la pratique du jeûne (car domaine des appétits). Je décide que mon corps dans ses pulsions ne domine pas sur moi. D’où l’importance de se nourrir affectivement car le corps réclame : prendre soin de ses relations.

** La connaissance de soi est très importante pour la chasteté. Quand on connaît ses limites, on ne se met pas dans la gueule du lion. La pratique d’une ascèse adaptée aux diverses situations, enlever tout ce qui amoindrit ma dignité d’enfant de Dieu. La chasteté donne un vrai équilibre, permet de dépasser ses limites, et nous donne de pratiquer cet exercice dans la tempérance. Elle se vit aussi dans la vie conjugale.

Les limites quand on se fréquente

Le respect doit être total. Quand on commence un cheminement, il y a une promesse, une découverte de l’autre, le connaître aussi sur un plan physique. Les fiancés ont des limites : des personnes qui s’aiment ont le droit de le prolonger par la parole, la caresse, l’étreinte, on communie à l’autre par ces gestes et même par le baiser.

Les fiançailles nécessitent un accompagnement quand on a la chance d’être chrétien. Le rite de bénédiction des fiancés est très important, prévu par l’église comme un top départ pour le mariage. Ne pas rater ses fiançailles : « Seigneur sans toi nous ne pouvons rien faire ». On peut s’épanouir et trouver Dieu dans un cheminement, un printemps d’un amour, c’est une prophétie de l’amour… Cela marque tout autant que le mariage lui-même. On s’engage à préparer son mariage, on recale les choses.

5 points indispensables pour la spiritualité conjugale

1) La transparence

On ne peut pas aimer l’autre dans le mensonge. Exemple : sur le domaine de l’argent, les autres sollicitations amoureuses en dehors du mariage. La confiance mutuelle, devoir d’aller le dire à son conjoint, son fiancé : quand il y a une mise en lumière, tu ne tombes pas dans le piège. « Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin qu’il soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu » (Jn 3-21).

2) La réconciliation

60 % des couples chrétiens ou non divorcent car ils manquent le point de la réconciliation : s’humilier mais le pardon nous relève. Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, décision commune, fait vivre l’authenticité des fiançailles.

3) La prière en commun

Cf Mt 19-20. Pour qu’un cœur tienne, il faut un coeur trinitaire, Dieu au milieu. La prière est le terreau spirituel pour accueillir les enfants dans un climat de transparence, de réconciliation.

4) La chasteté

Embellit l’amour, Cf1 P, 3-2 : « Pareillement, vous les femmes, soyez soumises à vos maris (…) en considérant votre vie chaste et pleine de respect » (…).

5) Cultiver comme un jardin l’être amoureux, rester amoureux toute sa vie, être ingénieux, malin, pour que le coeur de son mari ou de sa femme craque toutes les fois, qu’il réalise que notre coeur n’a pas vieilli. Cf 1 Th, 3-12 : notre amour doit déborder ! Le soigner comme on soigne sa vie spirituelle. Dieu a tellement bien fait les choses ! Ce qui manque chez les couples chrétiens : la préparation.


(*) Le prêtre en question s’est révélé être l’abbé Silouane, de la Communauté des Béatitudes

5 réflexions au sujet de « Construire le grand amour : les conseils d’un pro »

  1. françois

    Très bon!
    Il y de quoi en faire un livre, même s’il en existe pas mal sur le sujet. Celui-ci aurait un ton bien adapté à une mentalité contemporaine.

  2. C.

    Damien,
    je comprends ta réaction et il faut remettre cette phrase dans le contexte oral et de l’intention de celui qui l’a dite:par là il voulait juste dire que même si on vient d’une famille catho, on ne doit pas "forcément" se fermer aux autres pour trouver l’amour. Hors , et c’est normal, dans ces familles là , on cherche un conjoint qui nous ressemble, la même éducation,même milieu social comme dans tous les groupes sociaux, pas forcément par souci de préparer à la sainteté.

  3. franc

    je ve etre situé j’ai rompu avec mon copin ke je ne croyai pas aimé je regrette maintenan ke faire cmt revenir avec lui

  4. Véro

    "Les convenances sociales, culturelles et familiales (on se marre!). On doit s’en affranchir pour entrer dans la gloire de Dieu. "

    Cette phrase m’a marqué aussi. Ma famille est catholique, moi niveau religion je ne sais plus où j’en suis. J’aime un garçon qui n’est pas croyant et qui n’est pas du même milieu social. Sa famille est trés correcte, nous avons beaucoup de points communs. Mais voilà les convenances sociales et religieuses sont tout de même une barrière. De plus son père ne l’a pas élevé, je ne peux pas lui en vouloir pour ça… J’ai pensé aller parler à un prêtre peut être que ça pourrait me guider, je suis vraiment perdu et je trouve personne qui me comprenne (parents, amis…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *