Pourquoi passer les quarante jours du Carême au désert ?

Après s’être rendu à pied de Paris à Fatima en 2005, c’est par le silence du désert qu’Alexis de Guillebon, étudiant en philosophie de 26 ans, a choisi, au printemps 2006, de poursuivre cette quête spirituelle et intérieure en passant les quarante jours du carême dans un désert de sable, l’Adrar en Mauritanie, guidé par la lecture d’Ernest Psichari. Témoignage d’un pèlerin mêlant aspiration au voyage et quête de sens et de vérité, ce carnet de route nous plonge profondément dans le mystère de l’homme, avec ses questions, ses souffrances et ses aspirations, et sa soif de goûter la lumière d’en-haut. Un voyage spirituel emprunt de justesse et de simplicité.

« Pourquoi passer les quarante jours du carême au désert ? Quarante jours au désert, c’est, dans la tradition biblique, le temps de purification nécessaire pour voir Dieu. C’est le temps que Jésus prend pour accepter, par amour pour les hommes dont il s’est voulu à la plus parfaite ressemblance, de se laisser tenter, et se préparer, par la prière, à sa vie publique et à sa mission de Révélé qui dévoile les secrets de l’inconnaissable Roi et Père de toutes choses. C’est le temps, enfin, que propose l’Église chaque année pour approcher, si tant est qu’il soit possible de le faire, cet insondable poids d’amour qu’est le mystère de la rédemption. Mais parce que la vie déserte peu à peu le monde comme un corps se vide de sa substance, il est devenu urgent de vivre et se spiritualiser n’est plus suffisant. Il faut prendre acte de notre incarnation, et déployer en nous, dans l’esprit, les puissances vitales, sans lesquelles notre être ne peut être que morcelé. Il en va de la respiration même du monde. Il faut se pénétrer et vivre de l’idée, avec Péguy, que le spirituel doit plus que jamais être charnel. Aujourd’hui, où il importe désormais peut-être plus de vivre que de penser, j’ai préféré un vrai désert, matériel, charnel, vivant, à un désert spirituel, car la vie, en définitive, mène à l’Esprit qui en est le ressort et la source, à l’Esprit de Dieu, dont il est dit qu’il planait sur les eaux, au premier matin de la création… »

Alexis de Guillebon

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