Cardinal Vingt-Trois : « nous sommes des envoyés »

Samedi dernier, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a rassemblé à Notre-Dame de Paris les prêtres, les diacres et les membres des conseils pastoraux des paroisses de Paris pour présenter les orientations diocésaines des trois prochaines années : De l’Eucharistie à la Mission (2009-2010), La famille et les jeunes (2010-2011), Une éthique de la solidarité (2011-2012). Voici un extrait de son intervention, dans la quelle il a rappelé que nous sommes « tous invités à rendre témoignage à l’Évangile du Christ ». « Qui que nous soyons, où que nous soyons, nous, baptisés confirmés, savons que nous sommes en ce monde comme des envoyés », a-t-il dit.

Extrait

En ce début du troisième millénaire, notre Église est confrontée à des défis importants et notre mission est de faire face à ces défis.

Il y a bientôt quatre ans, le 3 décembre 2005, je vous avais invités à mettre en œuvre nos capacités de discernement et de décision au service d’une pastorale résolument missionnaire.

J’avais suggéré des domaines où il me semblait que l’apport de notre Église pouvait être utile et significatif. Le temps écoulé depuis a montré que ces domaines restent d’une actualité réelle. Qu’il s’agisse des familles et de la jeunesse ou de l’éthique et de la vie sociale, chacun de ces domaines est lourd d’attentes et de besoins.

Au cours de l’année écoulée, le débat national des Etats Généraux pour la révision des lois de bioéthique a permis de mieux percevoir comment chacun de nos concitoyens est concerné, au-delà des débats des spécialistes. Quant au champ social, la crise économique et financière récente accentue les fragilités et le dénuement d’un certain nombre de nos contemporains.

L’accueil des étrangers et les conditions de régularisation de leur situation restent des points sensibles de la vie de nos sociétés. Les perturbations diverses, législatives, réglementaires ou culturelles, qui atteignent les familles rendent chaque jour plus difficile l’exercice de la mission éducative d’une jeunesse soumise à toutes sortes de pressions. Ces quatre champs missionnaires sont donc toujours d’actualité.

Plus largement encore, chacun et chacune d’entre nous, comme chacune de nos paroisses et de nos diverses équipes, est sans cesse confronté à la mission que Jésus confie à ses Apôtres et qui demeure la nôtre : « Jésus s’approcha des disciples et leur adressa ces paroles : ‘Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit’. » (Mat. 28, 18-19).

Cette mission universelle demeure la nôtre, ici et maintenant. Nous avons à faire connaître à tous la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur. Mais sommes-nous nous-mêmes convaincus que la connaissance du Christ est la clef du bonheur des hommes ? La multiplicité des cultures et des religions, quand elle est vécue dans la tolérance, ne nous paraît-elle pas plus conforme à l’esprit du temps ? Et si nous acceptons l’idée de cette mission, ne sommes-nous pas d’avance découragés devant la disproportion entre le but universel qu’elle nous fixe et la faiblesse des moyens dont nous disposons ?

(…)

Dans l’Eucharistie, nous célébrons le Christ Seigneur qui vient vers nous pour se donner tout entier. C’est là le mystère de notre foi. De ce mouvement que le Seigneur fait vers nous pour nous entraîner vers son Père, nous recevons la grâce de vivre intensément les réalités de ce monde en visant à travers elles les biens que Dieu nous promet : l’union à Dieu et l’unité de tout le genre humain. Parce que le Seigneur Jésus s’est abaissé par obéissance au Père et par amour pour nous et parce qu’il a été glorifié, nous avons l’audace de situer nos vies non pas dans l’horizon de la mort et du péché mais dans l’horizon de la vie éternelle partagée par tous ceux qui auront accueilli, d’une manière ou d’une autre, le salut apporté par le Christ.

Pour nous, la mission n’est pas une activité parmi les autres. Elle ne s’ajoute pas à la vie chrétienne comme une dimension facultative. Le mot « mission » veut dire que nous sommes des envoyés. Qui que nous soyons, où que nous soyons, nous, baptisés confirmés, savons que nous sommes en ce monde comme des envoyés. Nous avons quelque chose à faire ici-bas, que nous ayons de grandes responsabilités aux yeux du monde ou que nous soyons quelqu’un de modeste et d’inconnu.

Dieu, lui, compte sur chacun de nous. Dieu, lui, attend de chacun de nous qu’il laisse pénétrer tout ce qu’il vit par la foi, l’espérance et la charité. Alors, ceux qui nous entourent remarqueront, en ouvrant leurs yeux et leurs cœurs, que nous vivons comme tout le monde mais aussi différemment. Ils pourront nous demander un jour pourquoi nous vivons ainsi, de quoi nous vivons, si nous nous montrons disponibles pour de telles questions. Par le don de l’Esprit-Saint reçu au baptême et à la confirmation, nous sommes tous capables de dire qui est Jésus, qui il est pour nous, qui il est pour tous les hommes, qui il veut être pour tous et pour chacun, lui, « l’espérance de la gloire » (Col 1,27).

+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

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