Henri Tincq et la nouvelle évangélisation (2)

Nous avons peut-être été un peu durs avec le spécialiste religieux du Monde dans notre billet « Henri Tincq et la nouvelle évangélisation ». Nous déplorions alors que son livre Les catholiques paissait sous silence ou presque cette nouvelle dynamique de l’Eglise, qui, loin de pouvoir être réduite à une simple mouvance, touche, non seulement beaucoup de mouvements ecclésiaux, mais aussi de nombreux diocèses (aux dires de leurs évêques) en France et à l’étranger, comme une lame de fond.

Mais voici que dans un nouvel article intitulé « Les JMJ, tribune favorite de Jean Paul II, devenues une « utopie mobilisatrice » » (lire ici), M. Tincq suggère pas moins que les JMJ soient remplacées par des congrès d’évangélisation ! Rapportant des difficultés d’ordre budgétaire, il conclut en écrivant : « Des propositions de formules alternatives circulent déjà depuis longtemps, comme les « congrès d’évangélisation » qui font le tour des capitales européennes ».

Plus haut dans l’article, M. Tincq ajuste son propos sur la nouvelle évangélisation : « Les Journées mondiales de la jeunesse ont fait émerger une génération de croyants – la « génération Jean Paul II » – décomplexés, enthousiastes, actifs, préférant, à une pratique régulière à l’église, des temps forts de rassemblement, de liturgie et de pèlerinage. Elles ont contribué à la naissance d’un catholicisme plus attestataire, de « communautés nouvelles », parfois en marge des structures traditionnelles de l’Eglise, prônant une « nouvelle évangélisation » du monde, agaçant parfois des chrétiens plus âgés, peu habitués à cette foi démonstrative et préférant un catholicisme plus discret et « enfoui ». »

Or, ce ne sont pas les JMJ qui ont vu naître la nouvelle évangélisation : c’est une idée – et plus qu’une idée ! – un appel de Jean-Paul II à l’engagement, le mars 1983 à Port-au-Prince (Haïti), lorsqu’il s’adressa aux évêques d’Amérique Latine : « La commémoration de la moitié du millénaire de l’évangélisation prendra sa pleine signification si, vous, évêques, vous acceptez un engagement, unis à votre presbyterium et à vos fidèles ; engagement, non pour une réévangélisation, mais pour une nouvelle évangélisation. Nouvelle par son ardeur, par ses méthodes, par son expression ». (Lire à ce sujet Jean-Paul II, bientôt proclamé patron de la nouvelle évangélisation ?).

Deuxièmement, ce sont pas des attitudes décomplexées qui donnent envie aux jeunes d’évangéliser, de façon « attestataire », « démonstrative », mais plutôt la maturité de leur foi (lire ici).

Quant à l’enfouissement, ces années sont terminées, selon Guillaume Desanges, journaliste à Valeurs Actuelles : « Pour les chrétiens, finies les années d’enfouissement » (lire ici).

Ajoutons encore à cela qu’il ne faut pas confondre « attestation », « démonstration » (qui rime avec « démonstration de force »), avec annonce explicite, respectueuse de la liberté de chacun, comme nous le demande l’Eglise avec prudence, rappelant aussi l’importance primordiale du témoignage de vie.

Sans parler enfin de l’assise théologique de la nouvelle évangélisation

Cela dit, loin de penser que nous sommes à la veille de la fin des JMJ (elles commencent plutôt aujourd’hui, à Sydney), étendre les congrès d’évangélisation est une idée excellente, qui ne peut que faire plaisir à tous ceux qui souhaitent, du fond de leur coeur, annoncer leur Sauveur !

Une réflexion au sujet de « Henri Tincq et la nouvelle évangélisation (2) »

  1. esperedansles

    J’ai apprécié les congrès d’évangélisation comme ausi les JMJ, mais j’aime autant si ce n’est encore mieux les missions paroissiales et les évangélisations en porte-à-porte. Puisque les disciples du Christ ont fait cela -bien avant les témoins de Jéhovah- il est temps que chaque paroisse catholique se trouve dix ou vingt binômes de paroissiens pour évangéliser régulièrement en porte-à-porte, car la moisson est abondante!…..

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