Aimer : se sentir amoureux ? ou une aptitude à se donner ?

« L’amour devrait être essentiellement un acte de volonté, la décision de confier intégralement ma vie à celle d’une autre personne. Aimer ne relève pas seulement de la puissance du sentiment mais d’une décision, d’un jugement, d’une promesse… »

Le mythe romantique de la passion amoureuse

Avec l’influence de la culture hollywoodienne, héritière du romantisme, l’amour a fini par être synonyme de passion. Dans l’esprit moderne, l’amour appartient exclusivement au domaine du sentiment. Aimer, c’est “se sentir” amoureux, une expérience qui vous tombe dessus à l’improviste, sans que l’on n’y puisse rien, puis qui disparaît tout aussi mystérieusement (sauf au cinéma, où c’est le film qui s’arrête). Cette valorisation de la passion s’oppose à une autre conception de l’amour, celle qui était autrefois mise en valeur dans la tradition du mariage chrétien : l’amour non pas seulement comme sentiment, mais comme acte de volonté, comme l’aptitude à se donner, inconditionnellement, pour le bonheur d’autrui, en surmontant ses propres sentiments égoïstes. Dans cette conception, le mariage constitue non pas tant l’aboutissement souhaitable de l’amour, mais son fondement même. C’est, l’amour-action par opposition à l’amour-passion, selon l’expression du philosophe Denis de Rougemont, qui ajoute: « Mais combien d’hommes savent-ils la différence entre une obsession que l’on subit et un destin que l’on assume ? »

Les deux dimensions de l’amour conjugal

La passion et l’engagement ne sont pas contradictoires, mais les deux faces de ce que devrait être une relation conjugale équilibrée. Des psychologues nous apprennent que la passion amoureuse, caractérisée par l’idéalisation de l’être aimé, reproduit l’expérience enfantine de l’attachement envers les parents. La volonté de s’engager à long terme et de se sacrifier pour autrui est, au contraire, l’essence de l’attitude parentale. L’amour conjugal équilibré comprend deux dimensions: l’une, découlant d’une attitude filiale, s’exprime dans la gratitude, la confiance et la dépendance affective (le sentiment de ne pouvoir vivre sans l’autre) ; l’autre, provenant d’une attitude parentale, se traduit par l’engagement absolu, le sens de la responsabilité ressentie par les époux, l’un envers l’autre. De même que l’enfant a besoin du sentiment d’éternité que procure le caractère absolu et indestructible de l’amour de ses parents, l’époux, ou l’épouse, a besoin du sentiment d’éternité que lui procure l’engagement total et absolu de son conjoint. Cette base assure la confiance et la sécurité nécessaires pour la guérison et l’épanouissement des coeurs.

C’est la dimension de l’engagement qui permet à l’amour conjugal de durer. La passion seule, elle, est toujours changeante. Le psychologue Erich Fromm écrit: « L’amour devrait être essentiellement un acte de volonté, la décision de confier intégralement ma vie à celle d’une autre personne. Aimer ne relève pas seulement de la puissance du sentiment mais d’une décision, d’un jugement, d’une promesse. »

Source : Brochure “L’amour vrai sait attendre”

2 réflexions au sujet de « Aimer : se sentir amoureux ? ou une aptitude à se donner ? »

  1. Bernard

    Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, une conférence a lieu à issy les moulineaux sur le 7 Juin sur l’éducation à l’amiié et à l’amour. Je vous mets en lien l’adresse du mini blog qui est dédié à cette conf. le père Potez est une référence d’intelligence sur le sujet.
    a +
    conference-issy.blogspot….

  2. driss

    Est-ce qu’il t’arrive de changer de comportement ou d’opinion, en t’adaptant à la personne que tu as en face de toi ? Te semble-t-il qu’en étant en vue aux yeux des autres, ta valeur est reconnue ? As-tu déjà pensé qu’en faisant des choses comme ça, tu cherchais en fait ton estime de toi ? Nous sommes chacun trop préoccupés par notre besoin de reconnaissance pour pouvoir vraiment répondre sans arrière-pensées aux besoins des autres. La recherche de l’approbation des autres, de la reconnaissance de ce que l’on fait, est éphémère. Il faut toujours en faire plus, sans être satisfait de nous-mêmes.

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