Cardinal Ivan Dias : « Prêcher l’Evangile n’est pas une option, mais un commandement du Seigneur ! »

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Dans le cadre des travaux de la « Conférence de Lambeth », la rencontre décennale de tous les évêques anglicans du monde qui se tient à Cantorbéry en Angleterre du 16 juillet au 3 août, le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, a été invité à prendre la parole le 22 juillet, sur le thème suivant : « Mission, Justice Sociale, Evangélisation ». « Pour un disciple du Christ, prêcher l’Evangile n’est pas une option mais un commandement du Seigneur », a-t-il notamment déclaré.

L’intervention du Cardinal Dias est partie du mandat de Jésus concernant l’évangélisation, et le Cardinal a souligné combien cette question était particulièrement appropriée : « en cette Année où nous commémorons le bimillénaire de la naissance du grand évangélisateur, qui s’est converti de Saul le persécuteur des chrétiens, pour devenir Paul l’Apôtre des Nations » (Ndlr : l’année saint Paul souhaitée par le pape Benoît XVI). Citant le discours de Jésus à la synagogue de Nazareth où il parle de sa mission en paraphrasant le prophète Isaïe (cf. Luc 4, 18-19), le Cardinal Dias a déclaré que nous pouvions voir le rapport étroit qui existe « entre la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle et la nécessité d’être attentifs aux besoins de nos frères, concernant les aspects sociaux et la justice ». Cela veut dire traduire l’amour envers Dieu en oeuvres d’amour envers le prochain : c’est cela l’essence du Commandement Nouveau de l’amour que Jésus nous a laissé, et sur lequel nous seront jugés au dernier jour. »

Jésus a confié à ses disciples la mission de renouveler la face de la terre en annonçant le Message du salut à toute l’humanité. « Il a voulu que son Eglise soit dynamique et non statique, et qu’elle transforme l’humanité de l’intérieur, en étant le sel de la terre, la lumière du monde, et le levain dans la pâte, pour préparer l’avènement d’une nouvelle création… Pour un disciple du Christ, prêcher l’Evangile n’est donc pas une option mais un commandement du Seigneur ». Le cardinal a montré combien l’urgence d’annoncer l’Evangile était actuelle aujourd’hui, tout comme il y a deux mille ans, même si certains ont déclaré naïvement que « Dieu était mort ». Après avoir rappelé l’unicité de Jésus-Christ et l’universalité de son salut, le Cardinal Dias a déclaré : « Le mandat missionnaire nous fait entrer dans la profondeur du Cœur de Dieu, qui veut que tous les hommes, toutes les femmes et tous les enfants soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité. Un chrétien doit donc considérer qu’il a une mission pour proclamer la Personne sacrée et la mission salvifique de Jésus-Christ, dans tous les temps et sans compromis, et pour répandre les valeurs de l’Evangile dans tous les cœurs, dans toutes les maisons, et dans toutes les cultures ».

Le Cardinal Dias a parlé ensuite des problèmes actuels de l’évangélisation : « Si, dans le passé, les domaines traditionnels d’évangélisation étaient le cœur de l’homme et la maison, la santé et l’éducation, les malades et les personnes âgées, nous ne pouvons ignorer les nouveaux horizons qui doivent être éclairés par la Lumière du Christ ». Parmi les modernes « Aréopages » – rappelant la prédication de Saint Paul à l’Aréopage d’Athènes – qui ont besoin d’être évangélisés aujourd’hui, il y a surtout les moyens de communication de masse (Ndlr : dont Internet et la télévision), le monde de la science et de la technologie, des communications sociales et des politiques, des réfugiés et des migrants, et bien d’autres encore.

« Il y a donc la vaste gamme des cultures et des religions non-chrétiennes, qui exercent une influence profonde sur le manière de penser et sur le style de vie de leurs fidèles. Cette mosaïque de cultures et de religions est rendue plus complexe encore par les questions qui se posent sur l’identité de l’homme et sur le but de sa vie. Dans notre monde postmoderne, bien souvent, les réponses à ces questions ignorent la dimension transcendante de la vie, et cherchent à rendre Dieu sans importance. Dans le monde occidental, qui, en prenant ses distances de ses racines et de ses traditions chrétiennes a créé un contexte de confusion morale, et les principes et les valeurs chrétiennes, morales et éthiques sont menacés de toutes parts ». Devant ce contexte mondial, le cardinal a demandé aux Evêques à ne pas être des spectateurs passifs : « Fidèles à notre mission, nous devons être actifs et non pas seulement en réaction, en lisant les signes des temps, et en préparant nos engagements missionnaires, fermement convaincus que Celui qui a dans ses mains la destinée de l’humanité a promis d’être avec ses disciples jusqu’à la fin des temps ».

De nos jours, parmi les voies de l’évangélisation, le cardinal a indiqué tout d’abord le caractère exemplaire de la vie chrétienne. Aux premiers temps de l’ère chrétienne, les païens étaient attirés par la foi, en voyant surtout l’attitude des chrétiens, leur manière de vivre. Le monde a encore besoin aujourd’hui du « témoignage crédible des chrétiens qui vivent dans le monde, avec ses joies et ses peines, ses espérances et ses tribulations, mais qui ne sont pas du, monde ». Aussi les Evêques doivent-ils inviter les fidèles à “donner le témoignage de l’espérance qui est en eux », parce que le monde a besoin de personnes comme le Cardinal Newman, Chesterton, Lewis, Hilaire Belloc, et de nombreux autres qui ont témoigné brillamment de « la beauté de la foi chrétienne, sans hontes et sans compromis ».

Deux autres voies peuvent contribuer à la cause de l’évangélisation : l’inculturation et le dialogue interreligieux. « L’inculturation est le processus par lequel le Message de l’Evangile est incarné dans les cultures et dans les contextes locaux. Malheureusement, une des deux grandes tragédies de notre temps, est le divorce entre la foi et la culture. Les évêques doivent donc encourager les initiatives qui ont pour objectif la fusion harmonieuse de la foi et de la culture, par le moyen de l’art, de la musique, de la danse et de la liturgie ».

A propos du dialogue interreligieux, le Cardinal Dias a rappelé que, même dans les autres traditions religieuses et culturelles il y a des éléments authentiques, bons et saints. « Le patrimoine spirituel des traditions religieuses non chrétiennes est une invitation à dialoguer, non seulement dans les choses qu’elles ont en commun avec la culture chrétienne, mais aussi dans les leurs différences. Le dialogue, en effet, n’est jamais une tentative pour imposer notre point de vue aux autres, parce que, de cette manière, le dialogue deviendrait une forme de domination spirituelle et culturelle, ce qui, ne veut dire en rien abandonner nos convictions. Cela veut dire en revanche, en maintenant fermes les choses dans lesquelles nous croyons, écouter respectueusement les autres, pour discerner ce qu’il y a de bon et de sain, tout ce qui favorise la paix et la coopération ». Le Cardinal a rappelé ensuite les différentes formes de dialogue au plan interreligieux – de vie, d’idées, d’expériences – et a invité à savoir prendre dans les religions non chrétiennes ces valeurs qui peuvent être une point de départ valable pour un dialogue interreligieux fructueux.

Le Cardinal a parlé ensuite de la dimension œcuménique de l’évangélisation : « L’Evangélisation est une prérogative unique du Saint-Esprit, qui a besoin de canaux par lesquels elle peut s’écouler. Cela sera possible dans la mesure où existeront l’unité et la cohésion entre les membres de l’Eglise, entre eux et leurs pasteurs, et, surtout, entre les pasteurs eux-mêmes, au sein de leurs communautés, et avec les autres Confessions chrétiennes. Quand on agit dans l’unité d’intentions et de cœur, l’engagement missionnaire en est renforcé ; mais quand la diversité dégénère dans la division, elle devient un contre-témoignage qui compromet sérieusement leur image et les tentatives d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus. »

Pour terminer, le Cardinal Dias a invité à regarder vers Marie, l’Etoile de la Nouvelle Evangélisation, qui peut être le modèle pour les chrétiens, le point de référence pour le dialogue interreligieux, et un guide pour les évêques dans leur ministère de discernement.

Source : ESM et Vatican

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