3e Congrès missionnaire américain : « un nouvel élan à l’évangélisation »

« Le Congrès donnera un nouvel élan à l’évangélisation, conduira à repenser en profondeur et à relancer avec audace et fidélité notre mission en tant qu’Eglise » a déclaré à l’agence Fides le P. Timoteo Lehane Barret, responsable de l’organisation.

L’ouverture approche du troisième Congrès missionnaire américain (CAM 3), prévu à Quito (Equateur) du 12 au 17 août prochains. Au terme de ce congrès, aura lieu le lancement de la Grande mission continentale proposée par la Ve Conférence générale d’Aparecida, au Brésil, à laquelle Benoît XVI avait participé. L’agence Fides a interrogé le P. Timoteo Lehane Barret, S.V.D., Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) en Equateur et responsable de l’organisation du congrès.

Fides : Nous nous trouvons à l’étape finale du Congrès missionnaire américain CAM 3, après une longue période de préparation. Qu’en ressort-il ? Comment ont répondu les diocèses et les différents pays qui participent ?

P. Timoteo Lehane Barret : Nous tous qui travaillons à l’organisation du CAM 3, nous ressentons une grande joie en observant les réponses qui nous arrivent des populations des différentes régions et des diocèses, ici en Equateur. Quant à la réponse au niveau international, l’Instrument de travail a reçu un bon accueil, et de nombreux pays l’ont même publié pour l’utiliser dans leurs Congrès nationaux en préparation du CAM 3. Tout cela est très positif, car cela montre que les délégués seront préparés au congrès ; et grâce à cela le CAM 3 sera non seulement une grande célébration missionnaire continentale, mais nous donnera aussi la possibilité de réfléchir et d’approfondir notre nouvel engagement missionnaire comme baptisés, et en même temps encouragera de nombreuses autres personnes à travers l’engagement Ad gentes des Eglises particulières. Nous devons remercier toutes les directions des OPM en Amérique pour l’accueil qu’elles nous ont réservé afin de donner naissance aux 16 rencontres qui se réaliseront au Congrès les après-midi. C’est merveilleux de voir que tous les pays participent activement au développement des différentes rencontres, et que chaque pays s’occupe d’un thème.

De même en Equateur nous avons enregistré une grande participation. Outre une centaine de volontaires qui nous aident ici au siège central, il y a deux mille familles qui se préparent à recevoir les 3.000 missionnaires des 5 continents, en participant à des cours de formation missionnaire dans les différentes paroisses et doyennés de l’Archidiocèse de Quito. Tous les diocèses en Equateur ont réalisé leur Congrès missionnaire diocésain, pour préparer et choisir leurs délégués respectifs. Les étudiants de théologie de nos séminaires et les membres de vie consacrée préparent leurs réunions de travail, en concomitance avec le Congrès. En outre, depuis la mi-juin, nous avons la visite des reliques de la sainte patronne des missions, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, tout au long d’un parcours national de préparation au Congrès.

Qu’attendez-vous de ce Congrès pour le continent américain ?

Pendant tout le parcours de préparation j’ai constaté avec joie l’action de l’Esprit. Nos évêques d’Amérique Latine et des Caraïbes nous ont invités depuis Aparecida à “continuer à favoriser l’action évangélisatrice de l’Eglise, appelée à faire de tous ses membres des disciples et des missionnaires du Christ, Voie, Vérité et Vie, afin que nos peuples aient la vie en Lui”. Ces paroles ont été rapportées à nos pays du continent, et grâce à une plus grande compréhension de l’engagement chrétien solidaire et à l’animation missionnaire des différents Congrès missionnaires, nous nous ouvrons de plus en plus comme continent aux pays de la terre et à toute l’humanité.

Nos pasteurs, face aux nouvelles situations latino-américaines et mondiales, nous appellent à donner un nouvel élan à l’évangélisation, à repenser en profondeur et à relancer avec audace et fidélité notre mission en tant qu’Eglise. Pour cette raison ils nous invitent à croître, à mûrir et à revitaliser notre foi, en partant du Christ – rappelant à tous les chrétiens “qu’en vertu de leur baptême, ils sont appelés à être des disciples et des missionnaires de Jésus-Christ”- et de notre continent pour donner témoignage au monde entier. Je suis par conséquent convaincu que le thème d’Aparecida exprime parfaitement ce que nos opérateurs de pastorale attendent de ce Congrès: à partir de notre continent nous voulons être d’authentiques disciples et missionnaires de Jésus-Christ, afin que nos peuples aient vie en Lui”.

Quelles sont les prévisions quant au nombre de participants et d’où viennent-ils ?

Il y aura plus de 3.000 personnes, des missionnaires de toute l’Amérique du Nord, du Centre et du Sud; quelques-uns viendront aussi de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe. Pour ces raisons, nous vivrons au congrès la dimension missionnaire de l’Eglise, qui nous permettra d’entrer en communion avec l’Eglise de toute l’Amérique et avec l’Eglise universelle. Il est important pour nous en Equateur d’accueillir et de savoir écouter les missionnaires qui viendront nous rendre visite. Avec leurs expériences, ils nous aident à garder une attitude d’apostolat permanent et nous aideront à nous rapprocher de plus en plus des pays et des cultures du monde et de leurs besoins. Les participants seront logés dans nos paroisses et vivront dans nos maisons, en partageant leurs expériences et leur vécu de foi: tout cela représentera un échange important autant pour nous que pour eux.

Au terme du Congrès il y aura le lancement de la Grande mission continentale. Pour quelles raisons les évêques ont-ils tenus à organiser cette Grande mission ? Quels fruits sont attendus pour le renouvellement de l’Eglise en Amérique Latine ?

Tous les évêques présidents des 22 conférences épiscopales ont été invités au lancement de la Grande mission continentale. Pour nous cela représente un grand soutien et un stimulant, un cadeau que le Comité directeur du CELAM a voulu nous faire. L’invitation de Benoît XVI à Aparecida a été claire : il nous a invité à “commencer la nouvelle étape que l’Eglise missionnaire de l’Amérique Latine et des Caraïbes se dispose à entreprendre, à partir de cette Ve Conférence générale d’Aparecida”. Nous avons déjà parcouru un chemin en Amérique Latine, mais le Document d’Aparecida nous offre l’opportunité de commencer de nouvelles activités pastorales et nous invite à nous mobiliser devant les défis du monde (Ndlr : lire Revenir à la condition de disciple et de missionnaire et Le plus important dans la mission : réveiller le coeur de l’homme). Pour cette raison je crois que cela peut représenter un moment de profond renouvellement de notre riche expérience ecclésiale du continent. Nous sommes invités aussi à ne pas perdre notre efficacité missionnaire, mais à la perfectionner et à l’accroître en accord avec les nouvelles exigences de notre époque. Cela demande de l’imagination pour trouver une réponse aux défis nombreux et toujours changeants auxquels la réalité est exposée, et qui exigent de nouvelles actions missionnaires. Nous savons déjà que les problèmes et les difficultés que nous vivons sur le continent, comme dans le monde d’aujourd’hui, sont multiples et complexes, et qu’il n’est pas facile de trouver des solutions. C’est pourquoi le Saint-Père nous exposait, dans son discours d’inauguration de la Conférence d’Aparecida, la question fondamentale de la réaction que doit avoir l’Eglise, éclairée par sa foi dans le Christ, face à ces défis, un fait qui nous concerne tous. Et c’est ce que nous cherchons à faire à travers cette mission.

Les fruits que nous pouvons en attendre arriveront par l’opération et la grâce du Saint Esprit. La proposition de Jésus aujourd’hui à nos pays et le contenu fondamental de cette mission, est l’offrande d’une vie pleine pour tous. Et nous sommes tous appelés à vivre une vie de mission, passionnés par l’annonce de Jésus-vérité du Père, capables de montrer la lumière du Christ au monde actuel et de proposer des sentiers de vie nouvelle à travers notre vie et notre témoignage. Tout cela demande de notre part une vraie communion pour offrir un témoignage authentique au monde, et surtout un service aux plus humbles.

Source : Agence Fides

Une réflexion au sujet de « 3e Congrès missionnaire américain : « un nouvel élan à l’évangélisation » »

  1. mathieu c

    voici un texte peu connu mais écrit après des évènements qui avaient fait réfléchir les gens pour un temps au moins….

    condamnation de l’euthanasie par l’académie des sciences morales et politiques de France :

    Paris, 14 novembre 1949, l’académie :

    1- rejette formellement toutes les méthodes ayant pour dessin de provoquer la mort de sujets estimés monstrueux, mal formés, déficients ou incurables, parce que, entre autres raisons, toute doctrine médicale ou sociale qui ne respecte pas de façon systématique les principes mêmes de la vie aboutie fatalement , comme le prouvent des expériences récentes à des abus criminels et même au sacrifice d’individus qui, malgré leurs infirmités physiques, peuvent comme le montre l’histoire, contribuer magnifiquement à l’édification permanente de notre civilisation. 2- considère que l’euthanasie et d’une façon générale toutes les méthodes qui ont pour effet de provoquer par compassion , chez les moribonds une mort “douce et tranquille” doivent également être écartées. Il est assurément du devoir du médecin d’atténuer dans toute la mesure de ses possibilités techniques les angoisses et les affres de l’agonie quand elles existent. Dans ces circonstances, la crainte de voir la mort intervenir au cour de ses soins ne doit pas inhiber ces initiatives thérapeutiques mais il ne peut cependant considérer comme licite le fait de la provoquer délibérément. Cette opinion catégorique repose, entre autres raisons, sur le fait que l’incurabilité de ces sujets ne peut être toujours établie médicalement avec une certitude absolue et que même dans l’hypothèse où cette incurabilité serait certaine , la mise en oeuvre de telles méthodes aurait pour effet d’octroyer au médecin une sorte de souveraineté contraire à son rôle réel qui est de guérir, contraire à ses traditions professionnelles, à l’ordre public et au principe même d’une morale millénaire qui reconnaît l’espérance pour l’un de ses fondements. 3- considère que , dans ces conditions, l’état actuel de la législation française ne semble pas , sur ce point, devoir être modifiée.

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