Archives mensuelles : octobre 2010

Evangéliser par SMS ?

Moi, personnellement, cela ne me gêne pas que les gens écrivent comme ils veulent sur leur téléphone portable. Et tous les moyens (honnêtes) sont bons pour faire connaître le Christ. Mais je ne suis pas sûre qu’on fera passer habituellement la Bonne Nouvelle, en écrivant à ses copains : Gzu é 1mec simpa. En tout cas, cela demandera quelques explications.

Je ne suis pas en train de pendre le ton des vieux bonzes qui nous bassinent avec la fin de la culture, les dangers d’Internet et tout cela. Les chrétiens ont réussi à vivre et à transmettre leur foi au moment du naufrage de la culture antique, et ils en ont suscité une nouvelle. Pourquoi pas nous ? Mais pour cela, il faudra deux choses : que nous soyons suffisamment accrochés à notre amour de Jésus pour le mettre au premier plan et d’autre part que nous capables d’exprimer, avec les moyens du bord, notre foi dans des termes qui ne la réduisent pas à un slogan ou à une idéologie, mais qui en fassent au contraire ressortir la richesse et la beauté.

Le danger de nos moyens de communication rapides, c’est qu’ils sont faits pour réduire au minimum la forme au profit du message, lui-même ramené souvent à une information brute : telle heure, tel lieu, tel numéro de téléphone, etc… Notre message à nous, il n’est évidemment pas de ce type : faut entrer dans une certaine familiarité avec la manière de faire de Dieu, il s’agit de se laisser renouveler par lui. C’est pourquoi le langage ne peut être instrumentalisé jusqu’au bout, il doit devenir l’occasion pour la Parole de se dire, à travers des mots qui sont les miens, mais qui deviennent porteurs de plus.

Il y a des gens pour prétendre que la parole ne sert à rien, que les gens n’écoutent pas. C’est totalement faux. Il y a des paroles qu’on n’écoute pas, parce que c’est une manière de se raconter ou de se justifier, il y a en a d’autres qu’on écouterait jusque tard dans la nuit. Quand un cœur est possédé par Jésus, il y a quelque chose qui sort de lui, des phrases toutes simples qui traduisent une expérience et qui laissent transparaître la beauté d’un visage. J’ai connu un garçon qui avait eu pas mal de problèmes et qui avait été converti par un copain partageant la même galère que lui, or celui-ci lui avait appris à prier, en lui expliquant beaucoup de choses à propos du Seigneur Jésus, autour d’une image qu’ils avaient longuement regardés ensemble.

Pour que la parole, la mienne, la vôtre, ce soit cela, il faudra certes prier avant tout, mais il faudra aussi des mots, et un medium pour les porter. Alors bonne évangélisation !

Elisabeth PHILIBERT

Le dernier ferme l’église et meurt !

J’ai encore entendu des gens dire : « la nouvelle évangélisation ? mais qu’est-ce que c’est que ce truc, la mission c’est fini, notre rôle c’est d’être levain, cachés, enfouis ! »

Je ne sais pas d’où ça vient. Je ne sais pas comment on a pu imaginer l’Église autre que missionnaire. Je ne sais pas comment on a pu arriver à la conclusion bizarre que le service des pauvres, la charité, l’engagement social même, étaient incompatibles avec la mission. Ou comment l’un s’opposerait à l’autre, comment il faudrait faire un choix entre les deux !

Bien sûr, beaucoup identifient l’évangélisation à certaines communautés nouvelles, où l’on prie avec tout son corps (beurk), et où l’on chante en langues (horreur). Communautés à qui on a su reprocher de n’être que sensiblerie, affect, pathos et caetera, et qui, quand elles ont fait un effort formidable pour se structurer, se former, se formaliser, se verraient aujourd’hui reprocher d’être devenues trop classiques ! Mais alors, quand vont-elles vous plaire, mes frères ? Jamais ? Ah, oui, je m’en doutais !

La vérité, c’est que la mission est consubstantielle à l’Église, elle est sa raison d’être, et donc, celle de toutes nos communautés ! Inséparable de la liturgie et de la diaconie, c’est un des trois piliers de la vie d’Église ! Et elle n’est pas affaire de choix personnel, une préférence, ou une option. Et le déclin apparent de l’Église d’Occident n’est pas inéluctable, il n’est pas programmé, et il n’est pas obligatoire ! Le penser, c’est se placer dans une perspective seulement humaine : ça a plu, ça plait plus, le dernier ferme l’église et meurt !

Attendez, attendez ! Qu’est-ce que c’est l’Église ? Un formidable élan d’évangélisation né d’un groupe d’hommes quelconques et pour la plupart illettrés, dans un pays minuscule, occupé, enchâssé dans des civilisations colossales autrement plus puissantes que lui !

Et alors, aujourd’hui, ce serait pire ?

La mission ne se nourrit pas de circonstances, mais de charité, de foi et d’espérance !

Soeur Anne-Claire, cistercienne : « retrouver la compréhension de la mission que le Christ nous a confiée »

Des Hommes et des dieux, le film de Xavier Beauvois avec Lambert Wilson et Michaël Lonsdale a atteint 2 millions d’entrées après quatre semaines en tête du box-office français. Fort de 90% d’avis favorables chez les spectateurs, jeunes et vieux, selon l’Observatoire de la satisfaction (un score exceptionnel), au niveau de popularité d’Avatar et de Bienvenue chez les Ch’tis selon l’Express qui en a fait sa Une, il a été choisi pour représenter la France aux Oscars et il est déjà vendu partout dans le monde. Nicolas Sarkozy l’a même vu en projection privée à l’Elysée… Mais qui étaient donc les moines de Tibhirine, enlevés par les islamistes algériens puis assassinés en 1996 ? Leur père abbé, Christian de Chergé, était un ami proche d’une de nos abbayes françaises, Notre Dame de Bonneval, en Aveyron, près de Rodez. Ce monastère de l’ordre cistercien de la stricte observance, comme Tibhirine, fabrique du chocolat. Dans mon livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de France, paru l’an dernier aux éditions de L’Oeuvre, j’ai interrogé l’une de ces religieuses, soeur Anne-Claire, qui nous parle de l’évangélisation. Reportage en images.

Une vallée perdue du Nord-Aveyron, sans autres habitants que ceux d’un vieux monastère fortifié, blotti sur un versant. De la forêt à perte de vue. Un torrent, avant de descendre vers le Lot, alimente le monastère en électricité ; mais si l’on ignore ce détail, on se croirait facilement au XIIe siècle, quand quelques moines cisterciens se sont installés dans la « bonne vallée » pour ensuite rayonner alentour par leur travail et leur prière. Aujourd’hui l’abbaye Notre Dame de Bonneval demeure un site témoin de la radicalité du « choix du désert » par le monachisme, et même une sorte d’anticipation du paradis si l’on en croit le Père Abbé de Notre-Dame des Neiges, Père Immédiat (1) de Bonneval : « Nul ne peut rester indifférent devant la fondation en un tel lieu aride et retiré d’une sorte de paradis, d’un jardin ouvert, presque suspendu ». (2)

Bonneval a été habité de 1147 à 1791 par des moines cisterciens. Ces derniers ayant été chassés par la Révolution, des cisterciennes-trappistines ont pris le relais en 1875 sur la demande de l’évêque de Rodez. Elles ont relevé les ruines, installé une chocolaterie pour « vivre du travail de leur mains » ainsi que le demande saint Benoît dont elles suivent la Règle, comme tous les cisterciens (3). Elles sont aujourd’hui trente, de 29 à 98 ans. L’histoire continue…

Mais à quoi sert un tel monastère aujourd’hui ? Ces sœurs se soucient-elles des besoins de l’Eglise, de la question de l’évangélisation ? Ont-elles même seulement la possibilité de participer à cette évangélisation ? En réalité elles y participent à leur manière, comme nous l’explique l’une d’elles, Sœur Anne-Claire, qui vient de prononcer ses vœux définitifs.

La vie consacrée, réponse possible à la quête du bonheur

Avant d’entrer à Bonneval, Sœur Anne-Claire était une jeune femme aux multiples activités, jouissant d’une excellente situation professionnelle en tant qu’ingénieur dans un grand groupe. Mais cela ne lui suffisait pas. Issue de cette « génération Jean-Paul II » que le Pape polonais avait appelée à « mettre le feu au monde entier » (4), elle souhaitait davantage pour sa vie. « La situation professionnelle, aussi bonne soit-elle, ne suffit pas à donner un sens à la vie, explique-t-elle. J’ai compris un jour que pour ma part, le bonheur serait du côté de la vie consacrée : une forme de vie dont le sens serait la recherche de Dieu. »

Réaction de la famille et questions…

Cela n’a pas été très facile. Pour Sœur Anne-Claire, « l’image des « bonnes sœurs » n’est pas excellente dans notre société. On les décrit facilement comme des frustrées (option revêche ou option « pas-du-tout-je-suis-très-heureuse »), des personnes qui sont passées à côté de la vie pour n’avoir pas su… aimer. Et ça, c’est une critique à prendre très au sérieux, une vraie objection. Mon père, pas exactement catho, m’a fait une remarque extrêmement pertinente, il m’a dit : « ce qui me gêne le plus dans la direction que tu prends, c’est que je ne vois pas où est l’amour là-dedans. Et l’amour c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie». Je lui ai répondu que j’étais pleinement d’accord sur l’importance de l’amour et que c’était précisément ce que je cherchais dans la vie religieuse, sous la forme de l’amour avec Dieu… Mais c’est très difficile à avaler quand on n’a pas fait soi-même l’expérience de ce que savent les croyants : « Dieu est amour ». Sans amour, la vie religieuse n’a aucun sens, la vie chrétienne non plus. »

Distinction entre « réussir dans la vie » et « réussir sa vie »

La vie religieuse se comprend mieux quand on distingue entre « réussir dans la vie » et « réussir sa vie ». C’est à nouveau la question de sens de la vie : quand on parle « de réussir dans la vie », on vise souvent la réussite sociale, qui n’est pas négligeable en soi mais ne suffit pas à rendre heureux, de ce bonheur profond qui vient de ce qu’on se sent utile, qu’on est aimé et qu’on aime : ça, c’est « réussir sa vie ». Sœur Emmanuelle disait qu’elle était profondément frappée de la joie de certains des chiffonniers du Caire. Cela ne voulait pas dire que pour elle il fallait les laisser dans leur misère (elle a assez lutté contre !) mais que même au cœur du combat quotidien pour la survie, pour la dignité humaine, on peut être debout et heureux. Inutile de posséder les derniers fleurons de la technologie pour cela.

Une communauté cistercienne

Les cistercien(ne)s appartiennent à la grande famille des fils de Saint Benoît, dont le charisme tient en deux mots comme l’a récemment souligné Benoît XVI : chercher Dieu. Comment se fait-il qu’on ait le culot de chercher Dieu ? Parce qu’Il nous y invite, et qu’Il nous cherche lui-même le premier, comme l’attestent les Evangiles. Ce n’est évidemment pas réservé aux moines et aux moniales. Mais la particularité de ces derniers est d’essayer de s’y consacrer à plein temps.

Une journée-type : musclée, mais bien humaine

Lever à 4h10, Vigiles à 4h30, suivies du petit-déjeuner, d’une heure de lectio divina (lecture priée de l’Ecriture ou d’auteurs spirituels); 7h30, Laudes suivies de la messe, chapitre (réunion de la communauté) suivi de l’office de Tierce ; puis temps libre. De 9h30 à midi, travail. A 12h15, office de Sexte, déjeuner, puis 1h30 de temps de détente (généralement promenade). Viennent ensuite l’office de None à 14h30, et à nouveau le travail de 14h45 à 17h30. Vêpres, suivies d’un quart d’heure d’oraison. Enfin le dîner, puis une demi-heure à une heure de lectio divina, les Complies à 19h35 et plus de bruit à 20h15… Ce qui fait en gros chaque jour trois heures et demie de prière communautaire et liturgique, trois quarts d’heure d’oraison, six heures de travail, deux heures de lectio divina, le reste pour les repas et la nécessaire détente. Saint Benoît voulait un horaire équilibré, humain, où toutes les activités permettent cette recherche de Dieu qui est l’objectif des moines et moniales.

Pas d’indigestion de prière avec un tel horaire ?

Souvent dans les Evangiles, le Christ nous invite au discernement vis-à-vis de notre prière : « Gardez-vous de ceux… qui affectent de faire de longues prières » (Mc 12,40). Si on prie de façon à se dessécher le cœur – le cœur ne se dessèche que si on ne s’en sert pas – il vaut mieux arrêter. Mais ce n’est pas là la vraie prière. La vraie prière est don reçu de Dieu. Si c’est un don de Dieu, comment en avoir assez ? Ceci étant, la réception de ce don demande un certain effort à l’homme. Et cela n’efface pas nos autres devoirs, en premier lieu l’attention aux besoins du prochain. « Nous essayons donc de tout équilibrer ».

Au rythme de la liturgie des heures

La liturgie monastique est la grande prière de l’Eglise, la liturgie des Heures, telle qu’elle est célébrée partout dans le monde. Elle est axée sur la Parole de Dieu : l’Ancien et le Nouveau Testament, avec une place spéciale pour les psaumes, cette prière pluri-millénaire. C’est une école de prière, soutenue par tous ceux qui ont vécu de cette même liturgie depuis les débuts de l’Eglise.

Pourquoi ce nom d’« Ordre cistercien de la stricte observance »

Ce nom reflète le désir des trappistes (c’est le nom familier des membres de l’Ordre cistercien de la stricte observance ou OCSO) de suivre fidèlement l’héritage spirituel de Saint Benoît. Il existe aujourd’hui deux ordres cisterciens. L’ordre primitif, l’« Ordre de Cîteaux » a dû par la force de l’histoire s’éloigner d’un mode de vie uniquement contemplatif. L’OCSO (les trappistes), avec l’encouragement du Saint-Père d’alors, s’en est séparé juridiquement pour préserver la vocation « strictement » contemplative de leurs monastères. Mais il existe des monastères uniquement contemplatifs aussi dans l’Ordre de Cîteaux, comme Lérins et La Maigrauge, dont les trappistes sont très proches. Les deux ordres cisterciens entretiennent d’ailleurs des liens de collaboration et d’amitié, et il n’est pas impossible qu’un jour ils retrouvent leur unité primitive.

Etre utile à la société en vivant à l’écart ?

Benoît XVI posait récemment cette question au sujet des monastères, qui sont selon lui des « poumons de la société » (5) : « Pourquoi ‘s’enfermer’ pour toujours entre les murs d’un monastère et priver ainsi les autres de la contribution de ses capacités et de ses expériences ? Quelle efficacité peut avoir leur prière pour résoudre les nombreux problèmes concrets qui continuent d’affliger l’humanité ? ». Le Saint Père est un fin connaisseur de la tradition monastique, et il répond lui-même à sa question en soulignant la fonction de témoignage des monastères. Détail important, c’est un témoignage qui se donne avant tout « en silence », du seul fait que ces frères et sœurs soient là. Beaucoup de gens qui sont en marge de la foi se disent plus sensibles à ce « témoignage silencieux », apparemment sincère parce qu’il engage toute la vie du témoin, qu’à bien des paroles. Certaines personnes soupçonnent facilement l’Eglise de vouloir seulement, à travers l’évangélisation, faire du chiffre et des adeptes, comme n’importe quel parti politique avide d’emprise sur les masses ; les monastères prêtent peut-être moins à ce soupçon, car beaucoup de personnes perçoivent le caractère « gratuit » de la vie monastique : en effet, les moines ne servent apparemment à rien dans l’Eglise. Cette inutilité souligne quelque chose de très important : l’amour de Dieu est gratuit, et il mérite en retour un amour gratuit, désintéressé, qui ne vise à rien d’autre que de L’aimer. La fonction de Marie, la sœur de Marthe (Lc 10,38-42) en quelque sorte. Jésus lui-même dit que le rôle de Marie a un sens, qu’il l’approuve, même si ce rôle ne se laisse pas comprendre en termes d’ « utilité » immédiate et tangible.
Pour ce qui est de « l’enfermement loin du monde », le Saint Père semble employer la formule avec un certain humour vis-à-vis de ceux qui voient les moines (et encore plus les moniales) comme des prisonniers… Leur volonté de rechercher Dieu les conduit certes à un certain éloignement vis-à-vis de la place publique. C’est aussi à cause de cette spiritualité de « séparation du monde » que les moines ne font pas d’évangélisation directe. Mais ils ne sont pas enfermés. Et ils gardent une certaine communication nécessaire avec la société, ce monde des hommes dont ils font toujours partie.

Du sens classique de l’évangélisation…

Evangéliser au sens habituel, c’est annoncer directement le Seigneur, aider d’autres personnes à rencontrer Dieu, qui nous cherche lui-même et nous aime. Dieu se laisse rencontrer, mais il n’oblige personne : infini respect de notre liberté, que nous ne comprendrons sans doute que là-haut. Autre paradoxe, il souhaite que nous, ses créatures, préparions le terrain… Il y a là de quoi être un peu craintifs devant cette énorme mission qu’il nous confie ; mais confiants, aussi, parce que c’est lui qui nous le demande et parce qu’il nous aide ! Cela, c’est le sens classique de l’évangélisation, la « première ligne » si on veut. Si l’essentiel est l’évangélisation directe, les moines sont généralement « à l’arrière »… Mais on peut aller plus loin et se dire que si l’essentiel est plutôt la communion avec Dieu et par lui avec le prochain, alors, il est difficile de déterminer qui est en première ligne. Les Pères du Désert, ces grands contemplatifs, affirmaient qu’il existait des laïcs mariés et vivant en ville qui étaient beaucoup plus proches de Dieu qu’eux-mêmes… Finalement, pouvoir se dire « en première ligne » ou non n’a pas d’importance, ce qui compte est de trouver la place où Dieu nous propose d’être, et d’y fleurir, de s’y épanouir comme on dirait aujourd’hui.

…au lien entre évangélisation et monachisme

Mais moines et moniales sont-ils vraiment sur le banc de touche en matière d’évangélisation ? On entend souvent dire qu’au cours de l’histoire, les moines ont eu un rôle actif dans l’évangélisation, en particulier l’évangélisation de l’Europe. Il est vrai qu’à la fin du VIe siècle, le pape Grégoire le Grand qui connaissait bien la spiritualité de Saint Benoît pour avoir lui-même rédigé l’histoire de sa vie, envoya un bénédictin ré-évangéliser l’Angleterre. Ce fut le premier évêque de Cantorbéry, saint Augustin de Cantorbéry. On pourrait citer d’autres exemples semblant indiquer que les premiers fils de Saint Benoît ont été des évangélisateurs actifs, « par le livre et la charrue » comme on dit parfois. Mais comme le fait remarquer Benoît XVI, Benoît n’a pas fondé une institution monastique ayant pour but l’évangélisation des peuples, comme d’autres grands moines missionnaires de l’époque, mais il a fixé à ses disciples comme « objectif fondamental et même unique », la recherche de Dieu: « Quaerere Deum » (6). Autrement dit, les premiers fils de Saint Benoît ont été des évangélisateurs par surcroît, en plus du but essentiel de leur vie qui était la recherche de Dieu.

Sœur Anne-Claire raconte qu’avant de choisir la vie monastique, elle ne comprenait pas qu’il existe encore des monastères : car de nos jours, il n’y a plus besoin de défricher des forêts ni de recopier des manuscrits, et elle croyait vaguement que c’était à cela que servaient les abbayes autrefois. Pas du tout : le but des moines, c’est la recherche de Dieu. Et cela, c’est de tous les temps.

Il s’ensuit que les cisterciennes de Bonneval ne font pas d’évangélisation directe, suivant la spiritualité de leur Ordre (7). Malgré tout, on peut discerner un double lien entre évangélisation et monachisme. D’abord, les moniales prient pour ceux et celles qui évangélisent – et pour les personnes à qui ils s’adressent. Deuxièmement, les sœurs font peut-être une sorte d’évangélisation par ce « témoignage silencieux » qu’évoquait Benoît XVI. Le Père Abbé de l’abbaye bénédictine de Ligugé, dom Jean-Pierre Longeat, disait récemment que l’expérience spirituelle est un terrain privilégié de l’évangélisation. Et beaucoup pensent que cette évangélisation-là a un bel avenir devant elle !

« Contemplation », prière et évangélisation

On comprend donc que la vie contemplative elle-même peut être évangélisatrice, si les « contemplatifs » sont fidèles à leur vocation. En fait, le mot « contemplatifs » appliqué aux moines et moniales ne signifie pas qu’ils aient plus accès à la contemplation que quiconque. Ceux qui sont appelés contemplatifs dans l’Eglise sont plus exactement des gens qui essaient de consacrer toute leur vie à la recherche de Dieu. Quant à la « contemplation », c’est une grâce que Dieu accorde à qui il veut, moine ou mère de famille ! L’adoration, qui est une forme de prière, est une des composantes de cette recherche du Seigneur qui n’est possible que parce qu’Il nous cherche le premier. La prière est nécessaire pour tout chrétien qui veut vivre de sa foi, et particulièrement pour ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle du salut : Dieu se donne dans la prière et les sacrements, si on ne reçoit pas d’abord ce don il n’est pas possible d’aider véritablement autrui à rencontrer Dieu.

Pas besoin de gravir les échelons pour être un vrai moine ou une vraie moniale

Quand nous demandons à sœur Anne-Claire « Voudriez-vous devenir un jour Mère Abbesse ? », elle répond sans hésiter : « Là où on voit que la vie monastique est une vraie forme de vie évangélique, malgré nos petites faiblesses, c’est qu’on n’y fait pas carrière. Bonne nouvelle : inutile de « gravir les échelons » pour être un vrai moine ou une vraie moniale, pour répondre à sa vocation, pour réussir sa vie comme nous disions tout à l’heure ! Pour ce qui est d’être abbesse, c’est une vocation tout à fait spéciale à laquelle je ne me sens pas appelée ».
Dans les monastères masculins non plus on ne fait pas carrière. De plus, chez les moines, certains frères peuvent être appelés au sacerdoce par l’abbé et la communauté ; mais un frère qui n’est pas prêtre n’en est pas moins un vrai moine, qui rend un vrai service dans l’Eglise, qui annonce le Seigneur à sa manière.

La crise des vocations et le rôle des familles chrétiennes

C’est Dieu qui appelle, il se débrouille pour appeler qui il veut où il veut. C’est un peu mystérieux, mais c’est parfait comme ça ! La preuve : le nombre d’ordres et de congrégations riches en saint(e)s et en beaux fruits, jaillis un beau jour de nulle part. Mais il est vrai que quand quelqu’un grandit dans une famille chrétienne, il est certainement mieux préparé à écouter l’appel. Le manque de vocations aujourd’hui dans nos monastères est douloureux par certains côtés, mais peut-être aussi qu’il nous dispose mieux à écouter ce que « l’Esprit dit aux Eglises », selon l’expression de l’Apocalypse. Et il n’est pas interdit de penser que la précarité actuelle des communautés religieuses a un certain parfum évangélique : pauvreté, simplicité, confiance en Dieu plutôt qu’en notre force, en nos grands moyens et en nos gros effectifs… Etymologiquement, la précarité est la situation de celui qui prie. Devenir toujours davantage des priants, c’est cela le plus important pour nous. Et s’il existe un remède à la crise des vocations, il est probablement là aussi.

L’enjeu de la première annonce et de la nouvelle évangélisation

« C’est primordial, conclut Sœur Anne-Claire. C’est peut-être la grâce de cette époque difficile pour l’Eglise : retrouver la compréhension de la mission que le Christ nous a confiée. »

Pour en savoir plus sur Bonneval : le site de l’abbaye

Lire aussi : le dossier spécial Thibirine

—— Notes

(1) Chez les cisterciens, selon l’organisation fixée au XIIe siècle par la Charte de charité, toute abbaye dépend d’une abbaye-mère qui lui vient en aide s’il est besoin. Le père abbé de la maison-mère est appelé Père Immédiat.
(2) Dom Hugues de Seréville, abbé de Notre Dame des Neiges, in Bonneval, une abbaye cistercienne en Rouergue, Annie Bras, Editions Privat 2008, préface.
(3) Le nom de cisterciens vient de celui de l’Abbaye de Cîteaux, en Bourgogne, fondée en 1098 par des moines bénédictins désireux de revenir à une vie monastique simple et fidèle à la Règle de saint Benoît (VIe siècle). Parmi les saints issus de Cîteaux, un des plus célèbres est Bernard de Clairvaux (1090-1153). C’est à cause de saint Bernard que les cisterciens sont parfois appelés « Bernardins », d’où le nom du collège des Bernardins à Paris, qui était une des nombreuses maisons d’études de l’Ordre ; des générations de moines de Bonneval y ont étudié.
(4) Jean-Paul II, homélie du 20 août 2000 à Tor Vergata (clôture des Journées mondiales de la jeunesse), citation de Catherine de Sienne. Cf. sur le site du Vatican
(5) Benoît XVI : « Les monastères sont comme des poumons verts pour la société », Anuncioblog, 19 novembre 2008.
(6) Angelus du 10 juillet 2005, en la veille de la fête de Saint Benoît.
(7) Constitutions OCSO, n° 31 : Fidélité à la vie monastique et zèle pour le royaume de Dieu et le salut de toute l’humanité sont intimement liés. Les moniales portent en leur cœur ce souci apostolique. Leur façon propre de participer à la mission du Christ et de son Église, ainsi que de s’insérer dans une Église locale, est leur vie contemplative elle-même. Pour cette raison, si urgente que soit la nécessité d’un apostolat actif, elles ne peuvent être appelées à fournir une aide dans les divers ministères pastoraux et autres activités extérieures.

Copyrights Editions de L’Oeuvre 2009

Mgr Rino Fisichella : « L’Eglise doit être en mesure d’apporter l’Evangile de Jésus-Christ à l’homme d’aujourd’hui »

Le président du nouveau dicastère consacré à la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, réagit sur Radio Vatican à l’annonce de la tenue d’un prochain synode des évêques sur ce thème

Il faut que l’Eglise soit « en mesure d’apporter l’Evangile de Jésus-Christ à l’homme d’aujourd’hui », a estimé Mgr Rino Fisichella sur Radio Vatican (écouter ici), réagissant à l’annonce par Benoît XVI, de la tenue d’un prochain Synode, en 2012, sur le thème de la nouvelle évangélisation.

Intervenant sur Radio Vatican, le 25 octobre, le président du nouveau Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation a évoqué une « grande surprise » doublée d’une « joie profonde de savoir que le pape, en plus d’avoir institué il y a quelques semaines un nouveau Conseil pontifical (…) pense maintenant impliquer tout l’épiscopat du monde pour le Synode de 2012 ».

Evoquant le « désert » où vit l’homme contemporain, Mgr Fisichella a souligné combien « l’homme a besoin de Dieu ». Il est important de « faire comprendre de manière juste – dans une société de plus en plus sécularisée – le thème du rapport entre foi et raison », a-t-il poursuivi.

Inévitablement, il y a aussi « le thème important de la sécularisation ». Elle « ne touche pas seulement l’Eglise », a estimé le haut prélat. « La sécularisation comme phénomène touche la culture en premier lieu, et touche donc toutes les dimensions dont l’homme vit. C’est donc tout cela qui fait que la sécularisation est un phénomène qui doit être observé et étudié avec attention ».

Outre les pasteurs, il y aura beaucoup de laïcs et de personnes consacrées présentes à ce Synode, qui « donneront un apport positif », a encore affirmé Mgr Fisichella en rappelant l’importance des laïcs pour « transformer le tissu social, culturel, politique ».

« Nous devons être capables de trouver un dénominateur commun ; nous devons être capables de dépasser cette condition de fragmentation dont vit la culture contemporaine », a-t-il enfin observé.

« Je pense que le plus grand défi est justement celui-là : comment chercher à avoir un contenu homogène et donc, des contenus qui permettent d’exprimer dans des langages différents, dans des traditions différentes, dans des rites différents, dans des disciplines différentes, le centre unique de notre foi, celle de la foi en Jésus mort et ressuscité ».

Source : Zenit

Canada : les défis de la nouvelle évangélisation

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a ouvert lundi son assemblée plénière annuelle au Centre Nav Canada, Cornwall, Ontario. Au cours de cette assemblée, qui durera jusqu’au 29 octobre, le président du Conseil pontifical de la culture, Mgr Gianfranco Ravasi, interviendra deux fois en tant qu’invité spécial, nous rapporte Zenit.

Dans une lettre au pape portant la date du 25 octobre, jour de l’ouverture des travaux, Mgr Pierre Morisette, président de la CECC, remercie Benoît XVI au nom de tous les évêques, de la canonisation du fr. André Bessette, soulignant sa grande popularité dans tous le pays.

Après s’être félicité de l’idée du pape de convoquer une assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du synode des évêques à la lumière des défis complexes que présente la situation dans cette région, Mgr Morisette a souligné l’importance de la création d’un Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, une question qui occupera largement les travaux de l’assemblée.

Le thème de l’évangélisation, précise-t-il, sera abordé sous quatre angles différents : les enjeux actuels en bioéthique ; la pastorale des catholiques non pratiquants ; la responsabilité dans l’exercice du ministère avec un accent sur les questions liées aux abus sexuels ; les approches visant à renouveler les paroisses en favorisant la participation des jeunes adultes catholiques.

A propos des travaux de l’assemblée, les quelque 90 évêques du Canada réfléchiront aussi aux relations avec les musulmans et avec les juifs, à l’application que pourrait avoir dans leur pays la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus, au rôle des évêques dans les questions pro-vie et à l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix (OCCDP).

Les sessions de travail comprendront également des exposés, des réflexions et des ateliers sur le thème : « Principes d’évangélisation dans la culture contemporaine ».

Source : Zenit

Anuncioblog fête ses quatre ans

Communiqué de presse

Créé en 2006 pour la semaine missionnaire mondiale, Anuncioblog est devenu au fil du temps le 1er blog consacré à la mission première de l’Eglise, l’évangélisation.

Rassemblant plus de 1200 articles sur le sujet, le site donne la parole à de nombreux acteurs de l’évangélisation en France et dans le monde, par le biais d’interviews ou de tribunes libres. Certains d’entre eux ont été repris dans le livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France publié aux éditions de L’Oeuvre par le créateur du blog en 2009 (*).

Pour fêter ses quatre ans, le blog a revêtu un nouveau design (le 4ème depuis 2006) dans un style plus webzine. De plus, une nouvelle rubrique voit le jour, consacrée à la doctrine sociale, car elle est aussi « annonce et témoignage de foi » (Benoît XVI, Caritas in veritate, n°15). Francois Jusot, spécialiste et coach en management pour dirigeants d’entreprises, répond en vidéo aux questions posées par un journaliste de la webtv Cançao nova.

A l’heure où Benoît XVI vient d’instituer le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Anuncioblog espère répondre à sa manière au 4ème objectif fixé par le pape au nouveau dicastère : « l’étude et l’encouragement de l’utilisation des formes modernes de communication, comme instruments pour la nouvelle évangélisation ».

Dimanche, la Journée missionnaire mondiale coïncidait avec la clôture du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, et Benoît XVI a annoncé que le prochain synode aurait précisément pour thème la nouvelle évangélisation. Anuncioblog espère là encore être au rendez-vous.

(*) A signaler, une conférence de l’auteur le jeudi 28 octobre prochain à l’Eglise Saint Léon, Paris XVe, 20h45.

Doctrine sociale : qu’est-ce que la personne humaine ?

Pour Benoît XVI, la doctrine sociale de l’Eglise est « annonce et témoignage de la foi » (Caritas in veritate, n°15) : la faire connaître est donc participer à l’évangélisation. C’est pourquoi nous vous proposons cette nouvelle rubrique consacrée à la doctrine sociale, avec les enseignements de François Jusot, spécialiste de cette question et coach en management pour dirigeants d’entreprises. Ces sujets sont diffusés en vidéo, en partenariat avec la webtv Canço nova.

Résumé de la vidéo :

D’après Aristote, la personne se définit comme corps, âme et esprit. Les trois dimensions sont importantes et l’esprit qui est le siège de l’amour, de l’intelligence et de la volonté doit commander les deux autres dimensions pour que la personne reste libre de se développer selon sa propre vocation, sa propre identité.

Par ailleurs, toute l’organisation sociale doit avoir pour objectif de permettre à la personne de se développer : c’est le sens profond de la Doctrine sociale chrétienne que tout homme de bonne foi peut comprendre sans même avoir la foi chrétienne, simplement parce qu’il est précisément une personne.

Benoît XVI citant Paul VI : « L’Église existe pour évangéliser »

Au terme de la messe célébrée dimanche matin dans la basilique du Vatican en conclusion de l’Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques, Benoît XVI a récité la prière de l’Angélus depuis la fenêtre de son bureau du Palais Apostolique du Vatican. Le pape a rappelé comme il l’avait annoncé le matin même que la prochaine Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, en 2012, serait consacrée au thème « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». Il a également rappelé le lien avec la Journée missionaire mondiale ayant lieu le même jour que la conclusion du synode, et a cité Paul VI, « L’Église existe pour évangéliser », dans l’exhortation apostolique sur l’évangélisation dans le monde moderne Evangelli nuntiandi, publiée en 1975 à l’instigation de Jean-Paul II à la fin du 4ème synode des évêques.

Paroles du Saint-Père avant la prière de l’Angelus

Chers frères et sœurs !

C’est par une célébration solennelle ce matin dans la basilique du Vatican que s’est conclue l’Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques, sur le thème : « L’Église Catholique en Moyen Orient : communion et témoignage ». En ce dimanche, de plus, on fête la Journée mondiale missionnaire, qui a pour thème : « La construction de la communion ecclésiale est la clef de la mission ». La ressemblance entre les thèmes de ces deux évènements ecclésiaux est frappante. Tous les deux invitent à regarder l’Église comme un mystère de communion qui, par sa nature, est destinée à chaque homme et à tous les hommes. Le serviteur de Dieu le Pape Paul VI affirmait ainsi : « L’Église existe pour évangéliser, c’est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du christ dans la sainte messe, qui est le mémorial de sa mort et de sa résurrection glorieuse. » (Exortation apostolique Evangelii Nuntiandi, 8 décembre 1975, 14 : AAS 68, 1976, p. 13). C’est pourquoi, la prochaine Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, en 2012, sera consacrée au thème « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». A chaque époque et en chaque lieu – même aujourd’hui au Moyen Orient – l’Église est présente et agit pour accueillir chaque homme et lui offrir Christ la plénitude de la vie dans le Christ. Comme l’écrivait le théologien Italien-allemand Romano Guardini : « La réalité « Église » implique toute la plénitude de l’être chrétien qui se développe dans l’histoire, puisqu’elle embrasse la plénitude du humain qui est en rapport avec Dieu » (Formation liturgique, Brescia 2008, 106-107).

Chers amis, dans la Liturgie d’aujourd’hui, on lit le témoignage de Saint Paul en ce qui concerne la récompense finale que le Seigneur délivrera « à tous ceux qui ont attendu avec amour sa manifestation » (2 Tm 4.8). Il ne s’agit pas d’une attente inactive ou solitaire, au contraire ! L’Apôtre a vécu en communion avec le Christ ressuscité « pour porter jusqu’au bout l’annonce de l’Évangile » si bien que « tous les gens l’écoutaient » (2 Tm 4.17). Un devoir missionnaire n’est pas de révolutionner le monde, mais le transfigurer, en puisant la force de Jésus Christ qui « nous convoque à la table de sa parole et de l’eucharistie, pour apprécier le don de sa présence, nous former à son école et vivre toujours plus consciemment en union avec lui, Maître et Seigneur » (Message pour la 84e Journée Mondiale). Même les chrétiens d’aujourd’hui – comme cela est écrit dans la lettre à Diogneto – « montrent comme est merveilleuse et… extraordinaire leur vie sociale. Ils passent leur existence sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, mais leur manière de vivre est plus parfaite que les lois… Ils sont condamnés à mort, et c’est d’elle qu’ils trouvent la vie. Aussi en faisant le bien,… ils sont persécutés et grandissent en nombre chaque jour ». (V, 4.9.12.16 ; VI, 9 SC 33, Paris 1951, 62-66).

Confions à la Vierge Marie, qui a reçu de Jésus Crucifié la nouvelle mission d’être mère de tous ceux qui veulent croire en Lui et le suivre, les communautés chrétiennes du Moyen Orient et tous les missionnaires de l’Évangile.

Le Saint-Père s’adresse aux pèlerins francophones

Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones, en particulier ceux du diocèse de Sion. En célébrant aujourd’hui la Journée mondiale des missions, nous nous rappelons que tous les baptisés sont appelés à annoncer la Bonne Nouvelle du salut, en renforçant les liens de communion entre eux et en effectuant une constante conversion personnelle et communautaire. En ce jour s’achève aussi l’Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des évêques. Je vous invite à prier pour tous les peuples de cette région, demandant au Seigneur de susciter partout dans le monde des hommes et des femmes de paix et de réconciliation. Bon dimanche à tous !

Sources : VIS et ESM

Pour Benoît XVI, la nouvelle évangélisation est un « besoin urgent »

Dimanche, la clôture de l’Assemblée du Synode pour le Moyen-Orient a coïncidé avec la Journée missionnaire mondiale. Lors d’une messe célébrée en présence de l’ensemble des pères synodaux et pour conclure cet évènement, le pape a annoncé que le prochain synode aurait lieu en 2012 sur le thème de la nouvelle évangélisation. Une annonce qui fait suite à la création par Benoît XVI du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation avec la lettre apostolique sous forme de motu proprio Ubicumque et semper (« partout et toujours »). Extraits commentés.

Lundi dernier, recevant le nouvel ambassadeur du Salavador près le Saint-Siège, Benoît XVI avait recommandé l’évangélisation comme remède à la violence. Dans son homélie de dimanche, le pape rappelle en écho que la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour l’homme est l’unique Parole en mesure d’aller contre la violence :

« Même s’ils sont peu nombreux (les chrétiens au Moyen Orient, ndlr), ils sont porteurs de la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour l’homme, amour qui s’est justement révélé en Terre Sainte en la personne de Jésus Christ. Cette Parole de salut, renforcée par la grâce des Sacrements, résonne avec une efficacité particulière dans les lieux où elle a été écrite, par Providence divine, et elle est l’unique Parole en mesure de rompre le cercle vicieux de la vengeance, de la haine, de la violence. »

Benoît XVI a également relevé que l’urgence d’évangéliser a souvent été évoquée pendant le Synode. Pour le pape, la nouvelle évangélisation est un « besoin urgent » pour le monde entier :

« Au cours des travaux de l’Assemblée, on a souvent souligné la nécessité de proposer à nouveau l’Évangile aux personnes qui le connaissent peu, voire qui se sont éloignées de l’Église. Le besoin urgent d’une nouvelle évangélisation, même pour le Moyen-Orient, a souvent été évoqué. Il s’agit d’un thème très répandu, surtout dans les pays qui ont une christianisation ancienne. La création récente du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation répond aussi à ce profond besoin. C’est pourquoi, après voir consulté l’épiscopat du monde entier et après avoir entendu le Conseil ordinaire de la Secrétairerie générale du Synode des évêques, j’ai décidé de dédier la prochaine Assemblée générale ordinaire, en 2012, au thème suivant : « Nova evangelizatio ad christianam fidem tradendam – La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ».»

Lire aussi :
texte intégral de l’homélie de Benoît XVI
Nouvelle évangélisation : Benoît XVI dans la continuité de Jean-Paul II
Benoît XVI vs nouvelle évangélisation : une vingtaine d’interventions

Homélie de Benoît XVI concluant le Synode des évêques pour le Moyen-Orient

Nous publions ci-dessous le texte intégral de l’homélie de Benoît XVI présidant la messe conclusive de l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, dans laquelle le pape a annoncé que le prochain synode aurait lieu sur le thème de la nouvelle évangélisation. Cette annonce fait suite à la création du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

Vénérés Frères,
Mesdames et Messieurs,
chers frères et soeurs !

Deux semaines après la célébration d’ouverture, nous nous sommes à nouveau réunis en ce Jour du Seigneur autour de l’autel de la Confession de la basilique Saint-Pierre, afin de conclure l’Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des évêques. Dans nos coeurs, il y a une profonde gratitude envers Dieu qui nous a fait don de cette expérience réellement extraordinaire, non seulement pour nous, mais pour le bien de l’Église, du peuple de Dieu qui vit dans les terres qui s’étendent de la méditerranée à la mésopotamie. En tant qu’évêque de Rome, je désire vous faire participer à cette reconnaissance, vénérés pères synodaux : cardinaux, patriarches, archevêques, évêques. Je remercie en particulier le Secrétaire général, les quatre présidents délégués, le rapporteur général, le secrétaire spécial et tous les collaborateurs qui, durant ces jours, ont travaillé sans relâche.

Ce matin, nous avons quitté la salle du synode et nous sommes venus « au temple pour prier » ; c’est pour cela que, la parabole du pharisien et du publicain racontée par Jésus et reprise par l’évangéliste saint Luc (cf. 18, 9-14), nous concerne directement. Nous pourrions nous aussi être tentés, comme le pharisien, de rappeler à Dieu nos mérites, en pensant notamment à l’engagement de ces journées. Mais pour monter au ciel, la prière doit jaillir d’un coeur humble, pauvre. Et donc, nous aussi, au terme de cet événement ecclésial, nous voulons avant tout rendre grâce à Dieu, non pas pour nos mérites, mais pour le don qu’Il nous a fait. Nous nous reconnaissons petits et nous avons besoin de salut et de miséricorde ; nous reconnaissons que tout vient de Lui et que, uniquement avec Sa grâce, se réalisera ce que l’Esprit Saint nous a dit. Seulement ainsi nous pourrons “retourner à la maison” véritablement enrichis, rendus plus justes et plus à même de cheminer dans les voies du Seigneur.

La première lecture et le psaume responsorial insistent sur le thème de la prière, en soulignant qu’elle est d’autant plus puissante au sein de Dieu que celui qui prie est dans le besoin et dans l’affliction. « La prière de l’humble pénètre les nuées », affirme le Siracide (35, 21) ; et le psalmiste d’ajouter : « proche est Yahvé des cœurs brisés, il sauve les esprits abattus » (34, 19). Ma pensée va vers ces nombreux frères et soeurs qui vivent dans la région du Moyen-Orient et qui se trouvent dans des situations difficiles, parfois très lourdes, tant à cause des difficultés matérielles et du découragement, qu’en raison de l’état de tension et parfois de la peur. La Parole de Dieu nous offre aujourd’hui aussi une lumière d’espérance consolante, là où elle présente la prière personnifiée et qui « ne renonce pas tant que le Très-Haut n’ait jeté les yeux sur lui, qu’il n’ait fait droit aux justes et rétabli l’équité » (Sir 35, 21-22).

Ce lien entre prière et justice nous fait aussi penser à tant de situations dans le monde, en particulier au Moyen-Orient. Le cri des pauvres et des opprimés trouve un écho immédiat en Dieu qui veut intervenir pour ouvrir une issue, pour restituer un avenir de liberté et un horizon d’espérance.

Cette confiance dans le Dieu proche, qui libère ses amis, est celle dont témoigne l’apôtre Paul dans l’épître de ce jour, tirée de la deuxième épître à Timothée. Voyant désormais proche la fin de sa vie terrestre, Paul dresse un bilan : « J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2Tm 4, 7). Pour chacun d’entre nous, chers frères dans l’épiscopat, il s’agit d’un modèle à imiter : que la bonté divine nous accorde de faire nôtre un tel bilan ! « Le Seigneur, lui – continue saint Paul – m’a assisté et m’a rempli de force afin que, par moi, le message fût proclamé et qu’il parvînt aux oreilles de tous les païens » (2Tm 4, 17). Il s’agit d’une parole qui résonne avec une force particulière en ce dimanche dans lequel nous célébrons la Journée missionnaire mondiale ! Communion avec Jésus crucifié et ressuscité, témoignage de son amour. L’expérience de l’Apôtre est paradigmatique pour tout chrétien, spécialement pour nous Pasteurs. Nous avons partagé un moment fort de communion ecclésiale. Maintenant, nous nous quittons pour retourner chacun à sa propre mission, mais nous savons que nous demeurons unis, que nous demeurons dans son amour.

L’assemblée synodale qui s’achève aujourd’hui a toujours tenu à l’esprit l’icône de la première communauté chrétienne décrite dans les Actes des apôtres : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul coeur et une seule âme » (Ac 4, 32). C’est une réalité expérimentée au cours de ces derniers jours, pendant lesquels nous avons partagé les joies et les peines, les préoccupations et les espérances des chrétiens du Moyen-Orient. Nous avons vécu l’unité de l’Église dans la variété des Églises présentes dans cette région. Guidés par l’Esprit Saint, nous sommes devenus « un seul coeur et une seule âme » dans la foi, dans l’espérance et dans la charité, surtout durant les célébrations eucharistiques, source et sommet de la communion ecclésiale, comme également dans la Liturgie des Heures, célébrée chaque matin dans l’un des sept rites catholiques du Moyen-Orient. Nous avons ainsi valorisé la richesse liturgique, spirituelle et théologique des Églises orientales catholiques, outre que de l’Église latine. Il s’est agit d’un échange de dons précieux dont ont bénéficié tous les Pères synodaux. Il est souhaitable qu’une telle expérience positive se répète également au sein des respectives communautés du Moyen-Orient, en favorisant la participation des fidèles aux célébrations liturgiques des autres rites catholiques et leur permettant ainsi de s’ouvrir aux dimensions de l’Église universelle.

La prière commune nous a également aidé à affronter les défis de l’Église catholique au Moyen-Orient. L’un d’entre eux est la communion à l’intérieur de chaque Église sui iuris, tout comme dans les rapports entre les différentes Églises catholiques de différentes traditions. Comme nous l’a rappelé la page de l’Évangile d’aujourd’hui (cf. Lc 18, 9-14), nous avons besoin d’humilité pour reconnaître nos limites, nos erreurs et nos omissions, afin de pouvoir former véritablement “un seul coeur et une seule âme”. Une communion plus pleine au sein de l’Église catholique favorise également le dialogue oecuménique avec les autres Églises et Communautés ecclésiales. L’Église catholique a réaffirmé également durant cette Assise synodale sa profonde conviction de poursuivre ce dialogue afin que s’accomplisse pleinement la prière du Seigneur Jésus : « afin que tous soient un » (Jn 17, 21).

Aux chrétiens du Moyen-Orient, peuvent s’appliquer les paroles du Seigneur Jésus : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s’est complu à vous donner le Royaume » (Lc 12, 32). En effet, même s’ils sont peu nombreux, ils sont porteurs de la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour l’homme, amour qui s’est justement révélé en Terre Sainte en la personne de Jésus Christ. Cette Parole de salut, renforcée par la grâce des Sacrements, résonne avec une efficacité particulière dans les lieux où elle a été écrite, par Providence divine, et elle est l’unique Parole en mesure de rompre le cercle vicieux de la vengeance, de la haine, de la violence. D’un coeur purifié, en paix avec Dieu et avec son prochain, peuvent naître des résolutions et des initiatives de paix au niveau local, national et international. Dans cette oeuvre, que toute la communauté internationale est appelée à réaliser, les chrétiens, citoyens de plein droit, peuvent et doivent apporter leur contribution avec l’esprit des béatitudes, en devenant des constructeurs de paix et des apôtres de la réconciliation au profit de la société tout entière.

Depuis trop longtemps au Moyen-Orient les conflits, les guerres, la violence et le terrorisme perdurent. La paix, qui est don de Dieu, est aussi le résultat des efforts des hommes de bonne volonté, des institutions nationales et internationales, en particulier des États les plus engagés dans la recherche d’une solution aux conflits. Il ne faut jamais se résigner au manque de paix. La paix est possible. La paix est urgente. La paix est la condition indispensable pour une vie digne de la personne humaine et de la société. La paix est également le meilleur remède pour éviter l’émigration du Moyen-Orient. « Appelez la paix sur Jérusalem » nous dit le Psaume (112, 6). Prions pour la paix en Terre Sainte. Prions pour la paix au Moyen-Orient, en nous engageant afin qu’un tel don de Dieu offert aux hommes de bonne volonté se répande dans le monde entier.

Une autre contribution que les chrétiens peuvent apporter à la société est la promotion d’une authentique liberté religieuse et de conscience, un des droits fondamentaux de la personne humaine que tout État devrait toujours respecter. Dans de nombreux Pays du Moyen-Orient, la liberté de culte existe, alors que l’espace de la liberté religieuse est souvent très limité. Élargir cet espace de liberté devient un besoin afin de garantir, à tous ceux qui appartiennent aux différentes communautés religieuses, la véritable liberté de vivre et de professer leur propre foi. Un tel argument pourrait faire l’objet d’un dialogue entre les chrétiens et les musulmans, un dialogue dont l’urgence et l’utilité ont été réaffirmées par les Pères synodaux.

Au cours des travaux de l’Assemblée, on a souvent souligné la nécessité de proposer à nouveau l’Évangile aux personnes qui le connaissent peu, voire qui se sont éloignées de l’Église. Le besoin urgent d’une nouvelle évangélisation, même pour le Moyen-Orient, a souvent été évoqué. Il s’agit d’un thème très répandu, surtout dans les Pays qui ont une christianisation ancienne. La création récente du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation répond aussi à ce profond besoin. C’est pourquoi, après voir consulté l’épiscopat du monde entier et après avoir entendu le Conseil Ordinaire de la Secrétairerie générale du Synode des Évêques, j’ai décidé de dédier la prochaine Assemblée générale ordinaire, en 2012, au thème suivant : « Nova evangelizatio ad christianam fidem tradendam – La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ».

Chers frères et soeurs du Moyen-Orient ! Que l’expérience de ces jours vous assure que vous n’êtes jamais seuls, que vous accompagnent toujours le Saint-Siège et toute l’Église qui, née à Jérusalem, s’est diffusée au Moyen-Orient et ensuite dans le monde entier. Confions l’application des résultats de l’Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient, tout comme la préparation de l’Assemblée générale ordinaire, à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église et Reine de la Paix. Amen.

Source : Bulletin du Synode des évêques

Benoît XVI annonce un synode pour la nouvelle évangélisation en 2012

Benoît XVI a annoncé la tenue d’un Synode sur la nouvelle évangélisation en 2012, sur le thème : « Nova evangelizatio ad christianam fidem tradendam – La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ».

Le pape en a fait l’annonce au cours de l’homélie qu’il a prononcée durant la messe de conclusion du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, ce 24 octobre dans la basilique Saint-Pierre.

« Après avoir consulté l’épiscopat du monde entier et avoir entendu le Conseil ordinaire de la secrétairerie générale du Synode des évêques, j’ai décidé de consacrer la prochaine assemblée générale ordinaire, en 2012, au thème suivant : « Nova evangelizatio ad christianam fidem tradendam – La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », a affirmé Benoît XVI.

« La nécessité de reproposer l’Evangile aux personnes qui le connaissent peu ou qui se sont éloignées de l’Eglise a souvent été soulignée durant les travaux de l’Assemblée » pour le Moyen-Orient, a-t-il rappelé.

« Le besoin urgent d’une nouvelle évangélisation, notamment pour le Moyen-Orient, a souvent été évoqué », a-t-il ajouté en évoquant un « thème assez répandu, surtout dans les pays d’ancienne christianisation ».

Le pape a aussi rappelé la création, le 12 octobre dernier par une lettre apostolique en forme de « motu proprio » intitulé « Partout et toujours », du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle évangélisation.

Source : Zenit

Pour Benoît XVI, l’évangélisation est un remède à la violence

En recevant la nouvel ambassadeur du Salvador près le Saint Siège, Benoît XVI a préconisé l’évangélisation comme remède à la violence, mais aussi contre la pauvreté, les sectes et la drogue qui causent « tant de destructions, surtout parmi les jeunes ». Il a invité les Salvatoriens à devenir des instruments de réconciliation par leur témoignage de disciples et missionnaires du Christ.

« Les liens étroits qui unissent le peuple salvadorien à la chaire de Pierre ont une longue tradition, et il est impossible de les séparer de l’histoire et des coutumes de cette terre bénie » a-t-il dit lundi matin au nouvel ambassadeur du Salvador près le Saint-Siège, Manuel Roberto López Becerra. « L’Eglise au Salvador, depuis sa compétence spécifique, a la tâche de promouvoir avec indépendance et liberté, le bien commun dans toutes ses dimensions et de favoriser les conditions de développement intégral des hommes et des femmes. En évangélisant et rendant témoignage de l’amour de Dieu pour tous les hommes sans aucune exception, elle devient un élément efficace pour l’éradication de la pauvreté et un aiguillon vigoureux pour lutter contre la violence, l’impunité et le trafic de stupéfiants qui ont causé tant de destructions, surtout parmi les jeunes. La communauté ecclésiale, elle aussi, doit se sentir concernée lorsque beaucoup n’arrivent pas à avoir une existence digne ou un travail et se voient contraints d’émigrer hors de leur patrie. »

« De la même façon, a poursuivi le pape, il serait étrange que les disciples du Christ restent neutres face à la présence agressive des sectes qui apparaissent comme une réponse religieuse facile et confortable, mais qui, en réalité, sapent la culture et les habitudes qui, depuis des siècles, ont construit l’identité salvadorienne, obscurcissant la beauté du message évangélique et craquelant l’unité des fidèles autour de leurs pasteurs ».

« Il est consolant, a ajouté Benoît XVI, de voir l’effort de votre pays dans l’édification d’une société toujours plus harmonieuse et solidaire, avançant sur le chemin ouvert par les accords signés en 1992 qui conclurent une longue lutte intestine que vécut le Salvador, terre d’énormes richesses naturelles venant de Dieu et qu’il faut conserver et protéger à tout prix afin de pouvoir les transmettre dans toute leur vigueur aux nouvelles générations. »

« Le peuple salvadorien trouvera une grande joie, dans un esprit de sacrifice et de labeur, si le processus de paix se confirme quotidiennement et si les décisions tendant à favoriser la sécurité citoyenne sont mises en œuvre. C’est pourquoi, je demande au Tout-Puissant que vos compatriotes se voient offrir l’aide nécessaire pour renoncer définitivement aux causes d’affrontements, en remplaçant les inimitiés par de la compréhension réciproque et par la sauvegarde de l’intégrité des personnes et de leurs biens. »

« Pour arriver à cette fin, il faut préciser notre conviction que la violence ne résout rien mais ne fait qu’empirer les choses, et conduit à une impasse. La paix, au contraire, est l’aspiration de tout homme digne de ce nom. Comme don du Sauveur, elle est aussi un devoir auquel tous doivent coopérer sans hésitation, trouvant pour cela en leur Etat, un solide protecteur à travers ses dispositions juridiques, économiques et sociales pertinentes, ainsi que des forces de police et de sécurité adéquates qui veillent sur le respect de la légalité pour le bien-être de la population. Dans ce dépassement, vous trouverez toujours la main tendue des fils de l’Eglise que j’exhorte vivement pour qu’avec leur témoignage de disciples et missionnaires du Christ, ils s’identifient chaque jour davantage à lui et le supplient de faire de tout salvadorien un instrument de réconciliation. »

Source : VIS

La création du dicastère pour la nouvelle évangélisation est « prophétique »

La création du dicastère pour la promotion de la nouvelle évangélisation est prophétique. Le pape donne aux fidèles les moyens de vivre ce à quoi ils sont appelés : à l’évangélisation. Mais il faut apprendre à évangéliser, en sachant que « l’évangélisation n’est pas notre oeuvre mais celle de Dieu, à laquelle il veut nous associer ».

C’est en substance ce qu’affirme dans cet entretien le P. Pierre Le Bourgeois, prêtre du diocèse de Belley-Ars depuis 1994 et curé d’un groupement de paroisses. Il vient de publier « Pour annoncer l’Evangile aujourd’hui » (1) un livre pour approfondir la mise en œuvre pastorale de la nouvelle évangélisation.

Q – Vous publiez ce mois ci un livre sur l’évangélisation : pourquoi ?

P. Pierre Le Bourgeois – Il me semble qu’au début de ce nouveau millénaire l’évangélisation est un défi majeur pour l’Église et donc pour tous les baptisés. Or, évangéliser s’apprend : l’évangélisation n’est pas notre œuvre mais celle de Dieu, à laquelle il veut nous associer. Même avec une profonde générosité, un immense désir d’aller partager la joie de sa foi au Christ Rédempteur, quelques intuitions pour entrer dans une démarche missionnaire, il est important de connaître quelques principes de bases qui s’enracinent dans une juste conception de l’ecclésiologie et de l’anthropologie.

C’est pourquoi, après quelques années d’expérience pastorale et une session de formation à l’institut missionnaire de Toulon, poussé par des amis avec qui j’en avais parlé et encouragé par un évêque – Mgr Dominique Rey -, je me suis attelé à la rédaction de cet ouvrage : Pour annoncer l’Évangile aujourd’hui. Ajoutons que pour apprendre, l’expérience sur le terrain est aussi nécessaire ! Il faut oser !

Q – Comment avez-vous reçu la création par Benoît XVI du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation ?

Avec beaucoup de joie et de gratitude. Je crois que la création de ce dicastère est tout à fait prophétique. Le pape donne vraiment à l’Église les moyens de vivre ce à quoi elle est appelée et ce pour quoi elle est l’Église du Christ, « sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain », pour reprendre les mots du Concile Vatican II dans le grand décret sur l’Église, Lumen Gentium.

Q – Etiez-vous déjà en train d’écrire votre livre quand cela a été annoncé ?

Oui, j’en avais déjà relu les épreuves. L’Esprit Saint est vraiment à l’œuvre aujourd’hui…

Q – Qu’est-ce que la lecture du motu proprio « partout et toujours » vous inspire ?

Le pape a une conscience pointue du défit pastoral dans lequel l’Église se trouve de nos jours et tout particulièrement dans les pays de vieille chrétienté. Il désire y répondre et ouvre des pistes théologiques, spirituelles et pastorales.

Q – Que relevez-vous, en particulier ?

Comme le rapporte très bien Anita S. Bourdin sur Zenit, suite à la conférence de presse du nouveau président du dicastère, « la nouvelle évangélisation, ce n’est pas une « formule passe-partout » ou « magique » ; elle suppose un travail de réflexion pour « élaborer une pensée forte, capable de soutenir une action pastorale élevée, capable de vérifier précisément les différentes traditions et objectifs que ces Eglises possèdent du fait de leur histoire » ; ce n’est pas non plus une « formule abstraite », car ses « contenus théologiques et pastoraux » ont été consolidés par le magistère récent ; en outre, elle a pris forme dans de nombreuses initiatives des évêques, des conférences épiscopales et des associations de fidèles laïcs. »

Q – Pourquoi parle-t-on de « nouvelle » évangélisation ?

Pour répondre à la question, il est bon de reprendre une expression de Jean-Paul II qui disait qu’on devait pouvoir dire la foi en « des termes audibles et crédibles » pour notre temps. Les temps sont nouveaux, il nous faut donc avoir une manière nouvelle d’annoncer le Christ qui lui est le même hier, aujourd’hui et demain (cf. He 13,8).

Q – Pourquoi la paroisse est-elle au cœur du processus de nouvelle évangélisation ?

Appuyons-nous sur une expression magnifique de Jean XXIII : « La paroisse est la fontaine du village ». En fait une paroisse est un lieu de vie où chacun doit pouvoir venir puiser à cette source qu’est le Cœur du Christ. De plus, la paroisse est le signe de l’incarnation de Jésus et donc de sa présence dans l’histoire des hommes en un lieu et un temps donné. L’expression « nouvelle évangélisation » a d’ailleurs été prononcée la première fois par Jean-Paul II à Nowa Huta, une ville de Pologne qui devait être construite sans église…

Q – Quelles sont les bases bibliques de la mission ?

Toute l’Écriture Sainte est une base essentielle pour la mission. En effet, la Bible est la Parole de Dieu qui vient jusqu’à nous pour nous annoncer l’Amour miséricordieux du Père et qui nous appelle à marcher à sa suite en en vivant toujours plus en profondeur. Mais nous pouvons nous arrêter d’une manière particulière aux livres de la nouvelle alliance et en priorité à l’Évangile afin de voir comment Jésus lui-même a préparé la mission et l’a vécue. Ensuite, il est bon de pouvoir considérer la figure de l’Apôtre Paul qui est vraiment l’archétype du missionnaire : il cherche et persécute croyant être dans la vérité, il fait une rencontre personnelle avec Jésus sur le chemin de Damas et reçoit le baptême au cœur de la communauté, il part en mission.

Q – Quels textes du Magistère faut-il relire ?

Il me semble que trois textes sont essentiels. Ce choix ne supprime évidemment pas tous les autres documents qui chacun apporte un élément de réflexion dans la réflexion théologique, spirituelle et pastorale dans le domaine de la nouvelle évangélisation.

Tout d’abord, il y a le décret Ad Gentes du Concile Vatican II qui est une merveilleuse synthèse de la réflexion des Pères conciliaires dans le domaine de l’évangélisation.

Ensuite, datant de 1975, il y a l’exhortation apostolique de Paul VI, Evangelii Nuntiandi, qui fait suite au synode de 1974 sur l’évangélisation. Elle est une véritable charte de la nouvelle évangélisation. Enfin, il me semble important de noter l’encyclique de Jean-Paul II, Redemptoris Missio, qui est comme une clé de voute de la théologie missionnaire.

Q – Quel est l’acteur principal de toute évangélisation ?

Le grand acteur de toute évangélisation, c’est l’Esprit Saint. C’est lui qui donne de pouvoir proclamer en pleine vérité que Jésus-Christ est Seigneur. C’est lui qui transforme les cœurs et donne de pouvoir aimer comme Jésus nous aime. C’est pourquoi, il est fondamental de se mettre à l’écoute de ce que l’Esprit dit aux Églises et donc à l’Église vers laquelle on est envoyé (cf Apocalypse 2, 7.11.17.29 ; 3, 6.13.22.).

Q – Quelle est l’âme de la nouvelle évangélisation ?

Tout évangélisateur est appelé à annoncer la miséricorde divine. Pour le faire, il doit lui-même en faire l’expérience qui découle d’une rencontre personnelle et toujours plus profonde de Jésus-Christ. Aussi, c’est la miséricorde qui sera l’âme de la nouvelle évangélisation.

Citons ici les mots de Jean-Paul II lors de son dernier voyage en Pologne. Lors de la messe de consécration de la basilique de Lagiewniki, sanctuaire de la miséricorde, le Saint Père nous envoie en mission en faisant œuvre de charité en annonçant la miséricorde : « Que le message qui émane de ce lieu, se répande partout dans tout notre pays natal et dans le monde entier. Puisse s’accomplir cette promesse de notre Seigneur Jésus Christ : « D’ici jaillira une étincelle qui préparera le monde pour mon retour à la fin des temps. » Il nous incombe de raviver sans cesse cette étincelle de la grâce de Dieu et de transmettre au monde ce feu de la miséricorde. C’est dans la miséricorde de Dieu que le monde obtiendra la paix, et l’homme la béatitude ! À vous chers frères et sœurs, je confie cette tâche : soyez des témoins de la miséricorde ! »

Q – Comment décrivez-vous, en quelques mots, le processus de toute évangélisation ?

Il est difficile de faire cela en quelques mots car il y a plusieurs éléments qui s’appellent mutuellement. De fait, l’évangélisation est un acte intégral qui transforme l’homme dans toutes ses dimensions, ce qui conduit au renouveau de l’humanité entière. Pour cela l’acte de l’évangélisation est un témoignage de vie qui prend sa source dans la conversion due à une rencontre personnelle avec le Christ. Or, cette rencontre, qui est un véritable changement de vie, est une Bonne Nouvelle qu’on ne peut garder pour soi mais qui se donne dans une annonce explicite de la personne de Jésus invitant à une adhésion du cœur toujours plus profonde non seulement de celui qui entendant la Parole mais également de celui qui la proclame.

Un dernier élément englobe l’ensemble de ce processus, c’est l’importance de la communauté de l’Église. On ne peut être missionnaire qu’en étant envoyé, mandaté par l’Église.

Dans ce processus missionnaire, Dieu est véritablement à l’œuvre, c’est pourquoi il est essentiel d’être à l’écoute de ce qu’il veut nous dire au travers des signes qu’Il nous donne, nous ouvrant ainsi à des initiatives d’apostolat.

Q – Quels critères de discernement et quelles étapes pour la mise en œuvre d’un projet pastoral d’évangélisation ?

La première chose est de savoir où l’on va, d’avoir une vision missionnaire sinon on risque de tourner en rond et de se décourager. Deuxièmement, la disponibilité du cœur et le désir de conversion doivent permettre au missionnaire de réajuster son projet tout en restant fidèle à la ligne directrice fondatrice du projet. A ces deux éléments on peut rajouter l’importance d’avoir une connaissance sociologique du terrain missionnaire afin de savoir comment agir pour que l’annonce de l’Évangile puisse s’accomplir avec efficacité suivant le dessein de Dieu.

Ceci étant posé, le pasteur peut mettre en œuvre un projet missionnaire en sachant déléguer et choisir des collaborateurs dont on respectera les charismes et qu’on encouragera à la mission par une authentique charité fraternelle. Puis une réflexion doit se faire sur les structures à mettre en place afin qu’elles soient véritablement au service de la mission, tout en sachant les faire évoluer si besoin est pour avoir une évangélisation qui soit adaptée au terrain.

Le lieu principal du renouvellement et de l’enracinement de la vie chrétienne est la liturgie et tout particulièrement l’Eucharistie. En étant fervente et fidèle à l’Église, elle aura une portée profondément missionnaire. Pour conduire vers cette communauté liturgique celui que l’on évangélise, il peut être nécessaire de devoir passer par différentes étapes. C’est pourquoi il est important d’avoir des lieux relais, où chacun pourra mettre ses charismes au service des autres.

Q – En conclusion, vous citez mon livre « Dieu est de retour » : qu’y avez-vous trouvé ?

On peut dire en un seul mot que j’y ai trouvé de l’Espérance. En effet, bien souvent lorsqu’on parle de la mission, de l’évangélisation, on ne sait pas trop quoi faire ni comment faire, ou on a envie de baisser les bras du fait de l’immensité de la tâche à remplir. Vous y montrez qu’avec audace, dans la fidélité à l’Église, on peut aller annoncer Jésus-Christ dans tous les milieux et avec des moyens auxquels on n’aurait jamais pensé. C’est toutes les dimensions de la vie du baptisé qui sont appelées à être missionnaires.

(1) Pour annoncer l’Evangile aujourd’hui, Pierre Le Bourgeois, Editions Salvator, septembre 2010 (acheter sur Amazon)

Propos recueillis par Jean-Baptiste Maillard

Source : Zenit

Motu proprio « Ubicumque et semper » pour la nouvelle évangélisation

Le site du Vatican publie aujourd’hui en version française le motu proprio Ubicumque et semper (« toujours et partout ») instituant le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, par Benoît XVI. Texte intégral que nous reproduisons ici.

LETTRE APOSTOLIQUE SOUS FORME DE MOTU PROPRIO

UBICUMQUE ET SEMPER

DU SOUVERAIN PONTIFE
BENOÎT XVI
PAR LAQUELLE EST INSTITUÉ LE CONSEIL PONTIFICAL
POUR LA PROMOTION
DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

L’Eglise a le devoir d’annoncer toujours et partout l’Evangile de Jésus Christ. Premier et suprême évangélisateur, le jour de son ascension au Père, il donna ce commandement aux disciples: «Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés» (Mt 28, 19-20). Fidèle à ce commandement, l’Eglise, peuple que Dieu a acquis afin qu’il proclame ses œuvres admirables (cf. 1 P 2, 9), depuis le jour de la Pentecôte où elle a reçu en don l’Esprit Saint (cf. Ac 2, 14), ne s’est jamais lassée de faire connaître au monde entier la beauté de l’Evangile, en annonçant Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, le même «hier, aujourd’hui et pour toujours» (He 13, 8), qui, à travers sa mort et sa résurrection, a réalisé le salut, accomplissant l’antique promesse. C’est pourquoi, la mission évangélisatrice, continuation de l’œuvre voulue par le Seigneur Jésus, est pour l’Eglise nécessaire et irremplaçable, expression de sa nature même.

Cette mission a revêtu dans l’histoire des formes et des modalités toujours nouvelles, selon les lieux, les situations et les moments historiques. A notre époque, l’une de ses caractéristiques particulières a été de se mesurer au phénomène du détachement de la foi, qui s’est manifesté progressivement au sein de sociétés et de cultures qui, depuis des siècles, apparaissaient imprégnées de l’Evangile. Les transformations sociales auxquelles nous avons assisté au cours des dernières décennies, ont des causes complexes, dont les racines remontent loin dans le temps et qui ont profondément modifié la perception de notre monde. Il suffit de penser aux progrès gigantesques de la science et de la technique, à l’accroissement des possibilités de vie et des espaces de liberté individuelle, aux profonds changements dans le domaine économique, au processus de mélange d’ethnies et de cultures provoqué par les phénomènes de migrations de masse, à l’interdépendance croissante entre les peuples. Tout cela n’a pas été sans conséquences également pour la dimension religieuse de la vie de l’homme. Et si, d’un côté, l’humanité a tiré des bénéfices incomparables de ces transformations et l’Eglise a reçu des encouragements supplémentaires pour rendre raison de l’espérance qu’elle porte (cf. 1 P 3, 15), de l’autre, est apparue une perte préoccupante du sens du sacré, arrivant jusqu’à remettre en question les fondements qui apparaissent indiscutables, comme la foi dans un Dieu Créateur et providentiel, la révélation de Jésus Christ unique sauveur, et la compréhension commune des expériences fondamentales de l’homme comme la naissance, la mort, la vie au sein d’une famille, la référence à une loi morale naturelle.

Si tout cela a été salué par certains comme une libération, on s’est très tôt rendu compte du désert intérieur qui naît là où l’homme, voulant devenir l’unique créateur de sa propre nature et de son propre destin, se trouve privé de ce qui constitue le fondement de toutes les choses.

Le Concile œcuménique Vatican II adopta déjà parmi ses thèmes centraux la question de la relation entre l’Eglise et ce monde contemporain. Dans le sillage de l’enseignement conciliaire, mes prédécesseurs ont ensuite réfléchi ultérieurement sur la nécessité de trouver des formes adéquates pour permettre à nos contemporains d’entendre encore la Parole vivante et éternelle du Seigneur.

Avec clairvoyance, le Serviteur de Dieu Paul VI observe que l’engagement de l’évangélisation «s’avère toujours plus nécessaire également, à cause des situations de déchristianisation fréquentes de nos jours, pour des multitudes de personnes qui ont reçu le baptême mais vivent totalement en dehors de la vie chrétienne, pour des gens simples ayant une certaine foi mais connaissant mal les fondements de cette foi, pour des intellectuels qui sentent le besoin de connaître Jésus Christ sous une lumière autre que l’enseignement reçu dans leur enfance, et pour beaucoup d’autres» (Evangelii nuntiandi, n. 52). Puis, adressant sa pensée vers ceux qui sont éloignés de la foi, il ajoutait que l’action évangélisatrice de l’Eglise «doit chercher constamment les moyens et le langage adéquats pour leur proposer ou leur reproposer la révélation de Dieu et la foi en Jésus Christ» (ibid., n. 56). Le vénérable Serviteur de Dieu Jean-Paul II fit de ce devoir exigeant l’un des points centraux de son vaste Magistère, en résumant dans le concept de «nouvelle évangélisation», qu’il approfondit de façon systématique dans de nombreuses interventions, le devoir qui attend l’Eglise aujourd’hui, en particulier dans les régions d’antique christianisation. Un devoir qui, s’il concerne directement sa façon de se rapporter avec l’extérieur, présuppose toutefois, avant tout, un renouveau constant en son sein, un passage permanent, pour ainsi dire, de la condition d’évangélisée à évangélisatrice. Il suffit de rappeler ce qui était affirmé dans l’Exhortation post-synodale Christifideles laici : «Des pays et des nations entières où la religion et la vie chrétienne étaient autrefois on ne peut plus florissantes et capables de faire naître des communautés de foi vivante et active sont maintenant mises à dure épreuve et parfois sont même radicalement transformées, par la diffusion incessante de l’indifférence religieuse, de la sécularisation et de l’athéisme. Il s’agit en particulier des pays et des nations de ce qu’on appelle le Premier Monde, où le bien-être économique et la course à la consommation, même s’ils côtoient des situations effrayantes de pauvreté et de misère, inspirent et alimentent une vie vécue “comme si Dieu n’existait pas”. Actuellement l’indifférence religieuse et l’absence totale de signification qu’on attribue à Dieu, en face des problèmes graves de la vie, ne sont pas moins préoccupantes ni délétères que l’athéisme déclaré. La foi chrétienne, même lorsqu’elle survit en certaines de ses manifestations traditionnelles et rituelles, tend à être arrachée des moments les plus importants de l’existence, comme les moments de la naissance, de la souffrance et de la mort […] En d’autres pays ou nations, au contraire, on conserve encore beaucoup de traditions très vivantes de piété et de sentiment chrétien; mais ce patrimoine moral et spirituel risque aussi de disparaître sous la poussée de nombreuses influences, surtout celles de la sécularisation et de la diffusion des sectes. Seule une nouvelle évangélisation peut garantir la croissance d’une foi claire et profonde, capable de faire de ces traditions une force de réelle liberté. Assurément il est urgent partout de refaire le tissu chrétien de la société humaine. Mais la condition est que se refasse le tissu chrétien des communautés ecclésiales elles-mêmes qui vivent dans ces pays et ces nations» (n. 34).

Faisant donc mienne la préoccupation de mes vénérés prédécesseurs, je considère opportun d’offrir des réponses adéquates afin que l’Eglise tout entière, se laissant régénérer par la force de l’Esprit Saint, se présente au monde contemporain avec un élan missionnaire en mesure de promouvoir une nouvelle évangélisation. Celle-ci se réfère en particulier aux Eglises d’antique fondation, qui vivent toutefois des réalités très diverses, auxquelles correspondent des besoins différents, et qui attendent des impulsions d’évangélisation différentes: dans certains territoires, en effet, même dans le cadre de la diffusion de la sécularisation, la pratique chrétienne manifeste encore une bonne vitalité et un profond enracinement dans l’âme de populations entières; dans d’autres régions, en revanche, on observe une prise de distance plus évidente de la société dans son ensemble à l’égard de la foi, avec un tissu ecclésial plus faible, bien que non privé d’une certaine vivacité, que l’Esprit Saint ne manque pas de susciter; nous connaissons malheureusement également des régions qui apparaissent pratiquement entièrement déchristianisées, dans lesquelles la lumière de la foi est confiée au témoignage de petites communautés: ces terres, qui auraient besoin d’une première annonce renouvelée de l’Evangile semblent être particulièrement réfractaires à de nombreux aspects du message chrétien.

La diversité des situations exige un discernement attentif; parler de «nouvelle évangélisation» ne signifie pas, en effet, devoir élaborer une unique formule identique pour toutes les circonstances. Et, toutefois, il n’est pas difficile de percevoir que ce dont ont besoin toutes les Eglises qui vivent dans des territoires traditionnellement chrétiens est un élan missionnaire renouvelé, expression d’une nouvelle ouverture généreuse au don de la grâce. En effet, nous ne pouvons oublier que le premier devoir sera toujours celui de nous rendre dociles à l’œuvre gratuite de l’Esprit du Ressuscité, qui accompagne tous ceux qui sont porteurs de l’Evangile et ouvre le cœur de ceux qui écoutent. Pour proclamer de façon féconde la Parole de l’Evangile, il faut avant tout faire une expérience profonde de Dieu.

Comme j’ai eu l’occasion de l’affirmer dans ma première Encyclique Deus caritas est : « A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive» (n. 1). De même, à l’origine de toute évangélisation, il n’y a pas un projet humain d’expansion, mais le désir de partager le don inestimable que Dieu a voulu nous faire, en nous faisant participer à sa vie même.

Par conséquent, à la lumière de ces réflexions, après avoir examiné avec soin toute chose et avoir demandé l’opinion de personnes expertes, j’établis et décrète ce qui suit:

Art. 1

§ 1. Le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation est constitué comme dicastère de la Curie romaine, selon la Constitution apostolique Pastor bonus.

§ 2. Le Conseil poursuit son objectif tant en encourageant la réflexion sur les thèmes de la nouvelle évangélisation qu’en identifiant et en promouvant les formes et les instruments aptes à la réaliser.

Art. 2

L’action du Conseil, qui s’exerce en collaboration avec les autres dicastères et organismes de la Curie romaine, dans le respect des compétences réciproques, est au service des Eglises particulières, en particulier dans les territoires de tradition chrétienne où se manifeste avec une plus grande évidence le phénomène de la sécularisation.

Art. 3

Parmi les devoirs spécifiques du Conseil figurent:

1. l’approfondissement du sens théologique et pastoral de la nouvelle évangélisation;

2. la promotion et l’encouragement, en étroite collaboration avec les Conférences épiscopales concernées, qui pourront avoir un organisme ad hoc, de l’étude, la diffusion et la mise en œuvre du Magistère pontifical relatif aux thèmes liés à la nouvelle évangélisation;

3. la divulgation et le soutien des initiatives liées à la nouvelle évangélisation déjà en cours dans les différentes Eglises particulières et la promotion de la mise en œuvre de nouvelles initiatives, en sollicitant également la participation active des ressources présentes dans les Instituts de vie consacrée et dans les Sociétés de vie apostolique, ainsi que dans les rassemblements de fidèles et dans les communautés nouvelles;

4. l’étude et l’encouragement de l’utilisation des formes modernes de communication, comme instruments pour la nouvelle évangélisation;

5. la promotion de l’utilisation du Catéchisme de l’Eglise catholique, comme formulation essentielle et complète du contenu de la foi pour les hommes de notre temps.

Art. 4

§ 1. Le Conseil est dirigé par un président archevêque, assisté par un secrétaire, un sous-secrétaire et un nombre approprié d’officiaux, selon les normes établies par la Constitution apostolique Pastor Bonus et par le Règlement général de la Curie romaine.

§ 2. Le Conseil possède ses propres membres et peut disposer de ses propres consulteurs.

J’ordonne que tout ce que j’ai décidé dans le présent Motu proprio, ait une valeur pleine et ferme, nonobstant toute disposition contraire, même digne de mention particulière, et j’établis qu’il soit promulgué au moyen de sa publication dans le journal «L’Osservatore Romano», et qu’il entre en vigueur le jour de la promulgation.

Donné à Castel Gandolfo, le 21 septembre 2010, fête de saint Matthieu, Apôtre et Evangéliste, sixième année de mon pontificat.

BENEDICTUS PP. XVI

Source : Vatican.va

Prêtres sans frontières ?

Lors du synode sur le Moyen-Orient réuni au Vatican, Mgr Giorgio Bertin, évêque de Djibouti et administrateur apostolique de Mogadiscio (Somalie), a proposé de créer des « Prêtres sans frontières » prêts à intervenir dans des situations d’urgence. A l’instar de « Médecins sans frontières », ces prêtres ou religieux seraient volontaires pour un temps déterminé, à définir, constituant une « banque des prêtres disponibles ».

Il y a parfois des « situations d’urgence où il n’y a pas de prêtres attitrés ou où ils sont devenus insuffisants. Pourquoi alors, au niveau du Moyen-Orient ou de l’Eglise toute entière, ne pas +partager+ les prêtres que nous avons ? », a demandé Mgr Bertin, affirmant que la création d’un tel organisme pourrait constituer une « bouffée d’oxygène » pour les Églises du Moyen-Orient comme aux autres, dans leur vie quotidienne ou pour développer leur dimension missionnaire et donc l’évangélisation.

L’intervention a pu faire sourire certains participants du Synode. Mais il aimerait que les catholiques puissent renforcer leur témoignage de l’Évangile et l’annoncer aux musulmans, soulignant que les prêtres faisaient partie des « biens à partager ». Il a ainsi évoqué les situations d’urgence, comme au sein de son Église à Djibouti et en Somalie, où il n’y a pas de prêtres locaux et un manque chronique de vocations.

« Nous pourrions l’appeler «Prêtres sans frontières», a ajouté Mgr Bertin, expliquant que ces clercs seraient prêts à être envoyés et reçus en peu de temps. Pour cela, il faudra peut-être créer un bureau de coordination. »

Reste à voir si cette idée apparaîtra dans la cinquantaine de propositions finales qui seront faites au pape, au terme du synode.

Prêtres «Fidei donum»

La proposition de Mgr Bertin entend adapter la situation actuelle des prêtres dits « Fidei donum ». Ainsi, depuis l’Encyclique éponyme de Pie XII (1939-1958), publiée en avril 1957, les évêques du monde entier sont invités à porter avec le pape « le souci de la mission universelle de l’Église », non seulement par la prière et l’entraide, mais aussi en mettant certains de leurs prêtres et fidèles à la disposition de diocèses d’autres continents. Les prêtres envoyés restent attachés à leur diocèse d’origine et y reviennent après plusieurs années passées en mission.

Il existe déjà, au sein de la curie romaine, une « Commission interdicastères pour une distribution plus équitable des prêtres dans le monde ». Pour autant, l’envoi des prêtres «Fidei donum» est souvent du seul ressort des évêques et des prêtres eux-mêmes. A l’origine, les prêtres de Fidei donum étaient spécialement envoyés en Afrique, puis en Asie et Amérique latine.

Les prêtres sans frontières pourraient susciter de nombreuses vocations parmi les jeunes et seraient une réponse à la mondialisation.

Sources : d’après APIC – AFP – La Croix

Nouvelle évangélisation : Benoît XVI dans la continuité de Jean-Paul II

La création du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation bouscule les évidences et les préjugés. Nombreux sont ceux qui trouvaient la formule « nouvelle évangélisation » désuète, usée, passée de monde. D’autres même pensaient y voir une mouvance mélangeant communautés nouvelles et traditionalistes, ne concernant qu’une petite partie des catholiques. En fait, il n’en est rien.

Comme je l’ai démontré dans mon livre Dieu est de retour, tous les catholiques sont concernés : les prêtres, les évêques, les diacres, les séminaristes, les laïcs, les consacrés… La nouvelle évangélisation ne se résume ni à une méthode particulière, ni à une frange de l’Eglise. Ce pourquoi aussi elle a particulièrement besoin d’être encouragée !

On entend aussi que Benoît XVI aurait peu parlé de nouvelle évangélisation, en tout cas moins que Jean-Paul II. Là aussi, c’est faux. Depuis son élection sur le trône de Pierre jusqu’à l’annonce de la création de ce nouveau dicastère, Benoît XVI en a parlé au moins une vingtaine de fois, c’est-à-dire en moyenne une fois tous les trois mois ! (Lire ce billet).

De plus, Benoît XVI joue la continuité avec Jean-Paul II. L’évangélisation est sa priorité, comme il l’écrivait ans sa lettre aux évêques catholiques suite à l’affaire Williamson et à la crise qui a suivi : « Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. »

Pourquoi alors Benoît XVI ne prendrait pas à son compte l’invitation faite hier aux catholiques par Jean-Paul II d’aller « toujours et partout » vers une nouvelle évangélisation ? Au contraire, la création de ce dicastère démontre bien cette continuité.

Mieux, loin de se contenter de rappeler ce que disait son prédécesseur, Benoît XVI fait sienne, développe et prolonge cette question pour le XXIe siècle, comme la suite logique du concile Vatican II. Ses catéchèses, ses homélies, ses interventions en témoignent : la question de l’évangélisation y est très souvent présente.

Le pape sait que son prédécesseur écrivait dans sa lettre apostolique pour le 3e millénaire, en pensant à l’événement du concile et à tous les synodes qui suivent : « Le thème fondamental est celui de l’évangélisation, et même de la nouvelle évangélisation, dont les bases ont été posées par l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi de Paul VI, publiée en 1975 après la troisième Assemblée générale du Synode des Évêques. »

De plus, pour Benoît XVI, nous sommes encore loin d’avoir fait fructifier, y compris pastoralement, toute la richesse de Vatican II. Ce pourquoi, encore cardinal, il se prononçait contre un Vatican III… Aujourd’hui, des théologiens comme le Père Mario Saint Pierre, spécialiste de cette question, avancent que la nouvelle évangélisation est la clef de compréhension du Concile. Si tel est bien le cas, en avons-nous tous pris conscience ?

Enfin, Benoît XVI n’est pas du tout étranger à cette question de la nouvelle évangélisation. Encore cardinal, le 10 décembre 2000, il fit une conférence remarquée sur ce thème pour le Jubilé des catéchistes. Dans celle-ci, le futur pape dépasse largement la question du catéchisme pour donner sa propre vision de ce que signifie la nouvelle évangélisation. Un texte à relire et méditer si l’on veut bien comprendre là où le pape veut nous conduire.

Benoît XVI vs nouvelle évangélisation : une vingtaine d’interventions

Le saviez-vous ? Depuis son élection jusqu’à l’annonce de la création du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation en juin dernier, Benoît XVI a évoqué une vingtaine de fois la « nouvelle évangélisation » dans ses interventions, soit une fois tous les trois mois en moyenne !

Voici donc une liste non-exhaustive des interventions de Benoît XVI où l’expression « nouvelle évangélisation » est employée :

1.     Le 14 mai 2005, moins d’un mois après son élection, Benoît XVI évoque déjà la nouvelle évangélisation. Dans une lettre adressée au président du conseil épiscopal latino-américain, à l’occasion du 50e anniversaire de cette structure, le nouveau pape déclare : « Jésus Christ est le coeur de la foi catholique, le but de la nouvelle évangélisation est de contribuer à faire en sorte que chaque personne rencontre le Christ vivant. »

2.     Le 12 janvier 2006, dans un discours aux membres du Chemin néocatéchuménal, il leur indique que leur activité missionnaire est «  une tâche qui vient s’inscrire dans le contexte de la nouvelle évangélisation ».

3.     Le 23 mai 2007, au cours d’une audience rendant hommage au dévouement des évêques du Brésil, Benoît XVI dira : « J’ai encouragé mes confrères à poursuivre et à renforcer l’engagement de la nouvelle évangélisation, en les exhortant à développer de manière ramifiée et méthodique la diffusion de la Parole de Dieu, afin que la religiosité innée et diffuse des populations puisse être approfondie et devenir une foi mûre, une adhésion personnelle et communautaire au Dieu de Jésus-Christ ». On y retrouve d’ailleurs cette question de la catéchèse : « Je les ai encouragés, dit-il, à retrouver partout le style de la communauté chrétienne primitive, décrite dans le Livre des Actes des Apôtres : assidue dans la catéchèse, dans la vie sacramentelle et dans la charité active. »

4.     Le 27 mai 2007, Benoît XVI adresse une lettre aux évêques, aux prêtres et aux personnes consacrées, aux fidèles laïcs de l’Eglise catholique en République populaire de Chine : « Dans le contexte dans lequel vous êtes appelés à travailler, leur dit-il, je désire vous rappeler ce que le pape Jean-Paul II a souligné avec force et vigueur : la nouvelle évangélisation exige l’annonce de l’Évangile à l’homme moderne, en étant conscient que, comme durant le premier millénaire chrétien la Croix fut plantée en Europe et durant le deuxième millénaire en Amérique et en Afrique, de même, durant le troisième millénaire, une grande moisson de foi sera recueillie dans le vaste et vivant continent asiatique. »

5.     Le 30 mai 2007, recevant le nouvel archevêque majeur de Trivandrum des syro-malankars (Inde), Benoît XVI affirme que « le temps pour une nouvelle évangélisation est arrivé ».

6.     Le 5 juillet 2007, dans un  discours aux évêques de la conférence épiscopale de la République dominicaine, Benoît XVI rappelle que la nouvelle évangélisation « a également pour objectif principal la famille. » Et il en profite pour rappeler que l’annonce explicite est nécessaire, citant le paragraphe 22 d’Evangelii nuntiandi.

7.     Le 7 octobre 2007,  à l’occasion du millénaire de la construction de la Basilique de Saint-Rémi – l’un des symboles de l’histoire du christianisme en France – le pape appelle plus particulièrement les catholiques français à une nouvelle évangélisation.

8.     Puis, le 26 octobre 2007, à Rome, dans un discours pour l’ouverture de l’année académique, Benoît XVI s’exclame : « L’Eglise attend que cette nouvelle évangélisation répande partout le message évangélique, mais plus encore qu’elle le fasse pénétrer profondément dans la pensée, dans le jugement et le comportement des peuples ».

9.     Le 30 mai 2008, à l’occasion d’une visite ad limina des évêques Birman au Vatican, le pape demande, cette fois aux séminaristes,« d’être des hérauts de la nouvelle évangélisation ».

10. À la fin du synode sur la Parole de Dieu en 2008, Benoît XVI déclarait « qu’un des devoirs prioritaires de l’Église, au début de ce nouveau millénaire, est avant tout de se nourrir de la Parole de Dieu, pour rendre efficace l’engagement de la nouvelle évangélisation ».

11.  Le 7 septembre 2008, lors d’une messe au sanctuaire de Notre Dame de Bonaria,  Benoît XVI rappelait que Marie était l’Etoile de la nouvelle évangélisation : « Je sais bien que Marie est dans votre coeur. Après cent ans, nous voulons aujourd’hui la remercier pour sa protection et lui renouveler notre confiance, en reconnaissant en Elle l’ Etoile de la nouvelle évangélisation, à l’école de laquelle apprendre comment apporter le Christ Sauveur aux hommes et aux femmes de notre époque. Que Marie vous aide à apporter le Christ aux familles, petites églises domestiques et cellules de la société, ayant aujourd’hui plus que jamais besoin de confiance et de soutien, aussi bien sur le plan spirituel que social. Qu’Elle vous aide à trouver les stratégies pastorales opportunes pour faire en sorte que les jeunes, porteurs par nature d’un nouvel élan, mais souvent victimes du nihilisme diffus, assoiffés de vérité et d’idéaux précisément lorsqu’ils semblent les nier, rencontrent le Christ. Qu’Elle vous rende capables d’évangéliser le monde du travail, de l’économie, de la politique, qui a besoin d’une nouvelle génération de laïcs chrétiens engagés, capables de chercher avec compétence et rigueur morale des solutions de développement durable. Dans tous ces aspects de l’engagement chrétien vous pouvez toujours compter sur la direction et le soutien de la Sainte Vierge. Confions-nous donc à son intercession maternelle ».

12.  Pour le mois de janvier 2009, Benoît XVI donne comme intention de prière à tous les catholiques : « Pour que les différentes confessions chrétiennes, conscientes de la nécessité d’une nouvelle évangélisation en cette époque de profondes transformations, s’engagent à annoncer la Bonne Nouvelle et à cheminer vers la pleine unité de tous les chrétiens, afin d’offrir ainsi un témoignage plus crédible de l’Evangile. »

13. Le 26 mars 2009, lors d’une messe pour la 24ème Journée mondiale de la jeunesse, Benoît XVI enfonce le clou, affirmant que personne ne peut s’y soustraire : « Le 1er engagement qui nous concerne tous est celui d’une nouvelle évangélisation qui aide les nouvelles générations à redécouvrir le visage authentique de Dieu, qui est amour ».

14. Lors de l’audience générale du 19 août 2009, dans le cadre de l’année sacerdotale, Benoît XVI donne Saint Jean Eudes comme exemple de sainteté aux prêtres du monde entier. « Chaque prêtre doit être témoin et apôtre de cet amour du cœur du Christ et de Marie. Aujourd’hui aussi, on ressent le besoin que les prêtres témoignent de l’infinie miséricorde de Dieu à travers une vie entièrement « conquise » par le Christ, et apprennent cela dès les années de leur préparation dans les séminaires. Le Pape Jean-Paul II, après le synode de 1990, a publié l’Exhortation apostolique Pastores dabo vobis dans laquelle il reprend et met à jour les règles du Concile de Trente et souligne en particulier la nécessaire continuité entre le moment initial et celui permanent de la formation; pour lui, pour nous, cela est un véritable point de départ pour une authentique réforme de la vie et de l’apostolat des prêtres, et c’est également le point central afin que la « nouvelle évangélisation » ne soit pas simplement un slogan attrayant, mais se traduise dans la réalité. »

15. Le 5 octobre 2009, Benoît XVI ouvre solennellement le synode des évêques pour l’Afrique en la basilique Saint-Pierre. Il déclare : « Le devoir premier de l’évangélisation, voire d’une nouvelle évangélisation qui tienne compte des mutations sociales rapides de notre époque et du phénomène de la mondialisation, reste naturellement valide et actuel », de même pour « le choix pastoral d’édifier l’Église comme Famille de Dieu ».

16. Le 13 janvier 2010, la prédication de l’audience générale porte sur les ordres mendiants. Benoît XVI déclare : « les plus grands penseurs, saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure, étaient mendiants, œuvrant précisément avec ce dynamisme de la nouvelle évangélisation, qui a également renouvelé le courage de la pensée, du dialogue entre raison et foi. »

17. Le 3 février 2010, la prédication de Benoît XVI porte cette fois sur Saint Dominique, fondateur de l’ordre des prêcheurs. « Ce grand saint, dit-il, nous rappelle que dans le cœur de l’Eglise doit toujours brûler un feu missionnaire, qui incite sans cesse à apporter la première annonce de l’Evangile et, là où cela est nécessaire, une nouvelle évangélisation : en effet, le Christ est le bien le plus précieux que les hommes et les femmes de chaque époque et de chaque lieu ont le droit de connaître et d’aimer ! Il est réconfortant de voir que dans l’Eglise d’aujourd’hui également il existe tant de personnes – pasteurs et fidèles laïcs, membres d’ordres religieux anciens et de nouveaux mouvements ecclésiaux – qui donnent leur vie avec joie pour cet idéal suprême : annoncer et témoigner de l’Evangile ! ».

18. Lors de son voyage à Malte, le 20 avril 2010, Benoît XVI s’exclame encore : « Je lance un appel à chacun de vous à faire sien l’exaltant défi de la nouvelle évangélisation ». Un appel qui s’adresse bien sûr à tous les catholiques, sans exception…

La nouvelle évangélisation, selon le cardinal Ratzinger

Alors que Benoît XVI vient d’instituer la création du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation par le motu proprio Ubicumque et semper (« partout et toujours »), nous publions ci-dessous le texte intégral d’une conférence donnée sur ce thème par le pape, alors cardinal Ratzinger, le 10 décembre 2000 pour le jubilé des catéchistes. Une vision, un programme. Pour le futur pape, évangéliser signifie « montrer le chemin pour apprendre l’art de vivre ». « Cet art ne peut être communiqué que par celui qui a la vie – celui qui est l’Evangile en personne » affirme-t-il. Un texte à relire d’urgence !

CONFÉRENCE DE S. Em. LE CARD. JOSEPH RATZINGER SUR LE THÈME DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION JUBILÉ DES CATÉCHISTES

Dimanche 10 décembre 2000

La vie humaine ne se réalise pas d’elle-même. Notre vie est une question ouverte, un projet incomplet qu’il nous reste à achever et à réaliser. La question fondamentale de tout homme est : comment cela se réalise-t-il – devenir un homme ? Comment apprend-t-on l’art de vivre ? Quel est le chemin du bonheur ? Evangéliser signifie : montrer ce chemin – apprendre l’art de vivre. Jésus a dit au début de sa vie publique : Je suis venu pour évangéliser les pauvres (Lc 4, 18) ; ce qui signifie : j’ai la réponse à votre question fondamentale ; je vous montre le chemin de la vie, le chemin du bonheur – mieux : je suis ce chemin. La pauvreté la plus profonde est l’incapacité d’éprouver la joie, le dégoût de la vie, considérée comme absurde et contradictoire. Cette pauvreté est aujourd’hui très répandue, sous diverses formes, tant dans les sociétés matériellement riches que dans les pays pauvres.

L’incapacité à la joie suppose et produit l’incapacité d’aimer, elle produit l’envie, l’avarice – tous les vices qui dévastent la vie des individus et du monde. C’est pourquoi nous avons besoin d’une nouvelle évangélisation – si l’art de vivre demeure inconnu, tout le reste ne fonctionne plus. Mais cet art n’est pas un objet de la science – cet art ne peut être communiqué que par celui qui a la vie – celui qui est l’Evangile en personne.

I. Structure et méthode de la nouvelle évangélisation

1. La structure

Avant de parler des contenus fondamentaux de la nouvelle évangélisation, je voudrais dire un mot à propos de sa structure et de la méthode appropriée. L’Eglise évangélise toujours et n’a jamais interrompu le cours de l’évangélisation. Elle célèbre chaque jour le mystère eucharistique, administre les sacrements, annonce la parole de vie – la Parole de Dieu, s’engage pour la justice et la charité. Et cette évangélisation porte ses fruits : elle donne la lumière et la joie, elle donne un chemin de vie à tant de personnes ; et beaucoup d’autres vivent, souvent même sans le savoir, de la lumière et de la chaleur resplendissantes de cette évangélisation permanente. Cependant, nous observons un processus progressif de déchristianisation et de perte des valeurs humaines essentielles qui est préoccupant. Une grande partie de l’humanité d’aujourd’hui ne trouve plus, dans l’évangélisation permanente de l’Eglise, l’Evangile, c’est-à-dire une réponse convaincante à la question : Comment vivre ?

C’est pourquoi nous cherchons, outre l’évangélisation permanente, jamais interrompue, et à ne jamais interrompre, une nouvelle évangélisation, capable de se faire entendre de ce monde qui ne trouve pas l’accès à l’évangélisation « classique ». Tous ont besoin de l’Evangile ; l’Evangile est destiné à tous, et pas seulement à un cercle déterminé, et nous sommes donc obligés de chercher de nouvelles voies pour porter l’Evangile à tous.

Mais ici se cache également une tentation – la tentation de l’impatience, la tentation de chercher tout de suite le grand succès, de chercher les grands nombres. Ce n’est pas la méthode de Dieu. Pour le Royaume de Dieu, comme pour l’évangélisation, instrument et véhicule du Royaume de Dieu, est toujours valable la parabole du grain de sénevé (cf. Mc 4, 31-32). Le Royaume de Dieu recommence toujours de nouveau sous ce signe. La nouvelle évangélisation ne peut pas signifier : attirer tout de suite par de nouvelles méthodes plus raffinées les grandes masses qui se sont éloignées de l’Eglise. Non – ce n’est pas cela la promesse de la nouvelle évangélisation. La nouvelle évangélisation signifie : ne pas se contenter du fait que du grain de sénevé a poussé le grand arbre de l’Eglise universelle, ne pas penser que le fait que dans ses branches toutes sortes d’oiseaux peuvent y trouver place suffit – mais oser de nouveau avec l’humilité du petit grain, en laissant Dieu choisir quand et comment il grandira (Mc 4, 26-29). Toutes les grandes choses commencent toujours par un petit grain et les mouvements de masse sont toujours éphémères. Dans sa vision du processus de l’évolution, Teilhard de Chardin parle du « blanc des origines » : Le début des nouvelles espèces est invisible et introuvable pour la recherche scientifique. Les sources sont cachées – trop petites. Autrement dit : Les grandes réalités commencent dans l’humilité. Ne nous inquiétons pas de savoir si, et jusqu’à quel point, Teilhard a raison avec ses théories évolutionnistes ; la loi des origines invisibles dit une vérité – une vérité présente précisément dans l’agir de Dieu dans l’histoire : « Ce n’est pas parce que tu es grand que je t’ai élu, bien au contraire – tu es le plus petit des peuples ; je t’ai élu parce que je t’aime…  » dit Dieu au peuple d’Israël dans l’Ancien Testament, et il exprime ainsi le paradoxe fondamental de l’histoire du salut : Certes, Dieu ne compte pas avec les grands nombres ; le pouvoir extérieur n’est pas le signe de sa présence. Une grande partie des paraboles de Jésus indiquent cette structure de l’agir divin et répondent ainsi aux préoccupations des disciples, qui attendaient du Messie bien d’autres succès et signes – des succès du genre de ceux offerts par Satan au Seigneur : Tout cela – tous les royaumes du monde – je te le donnerai… (Mt 4, 9). Certes, Paul à la fin de sa vie a eu l’impression d’avoir porté l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre, mais les chrétiens étaient de petites communautés dispersées dans le monde, insignifiantes selon des critères séculiers.

En réalité, elles furent le levain qui pénètre de l’intérieur la pâte et portèrent en elles l’avenir du monde (cf. Mt 13, 33). Un vieux proverbe dit : « Le succès n’est pas un nom de Dieu ». La nouvelle évangélisation doit se soumettre au mystère du grain de sénevé, et ne doit pas prétendre produire tout de suite un grand arbre. Nous vivons tantôt dans la trop grande sécurité du grand arbre déjà existant, tantôt dans l’impatience d’avoir un arbre plus grand, plus vigoureux – nous devons au contraire accepter le mystère que l’Eglise est à la fois le grand arbre et le grain minuscule. Dans l’histoire du salut, c’est toujours en même temps Vendredi saint et Dimanche de Pâque…

2. La méthode

De cette structure de la nouvelle évangélisation découle aussi la méthode appropriée. Certes, nous devons utiliser de manière raisonnable les méthodes modernes pour nous faire entendre – mieux : pour rendre la voix du Seigneur accessible et compréhensible… Nous ne cherchons pas seulement l’écoute pour nous – nous ne voulons pas augmenter le pouvoir et l’extension de nos institutions, mais nous voulons nous mettre au service du bien des personnes et de l’humanité en faisant place à Celui qui est la Vie. Cette expropriation de soi-même, en l’offrant au Christ pour le salut des hommes, est la condition fondamentale d’un authentique engagement pour l’Evangile. « Je suis venu au nom de mon Père et vous ne m’accueillez pas » ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là vous l’accueillez » dit le Seigneur (Jn 5, 43). Le signe distinctif de l’antéchrist est de parler en son nom propre. Le signe du Fils est sa communion avec le Père. Le Fils nous introduit dans la communion trinitaire, dans le cercle de l’amour éternel, dont les personnes sont des « relations pures », l’acte pur de se donner et de se recevoir. Le dessein trinitaire – visible dans le Fils, qui ne parle pas en son nom – montre la forme de vie du véritable évangélisateur – mieux encore, évangéliser n’est pas uniquement une façon de parler, mais une façon de vivre : vivre dans l’écoute et se faire la voix du Père. « Car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira » dit le Seigneur à propos de l’Esprit Saint (Jn 16, 13). Cette forme christologique et pneumatologique de l’évangélisation est en même temps une forme ecclésiologique : le Seigneur et l’Esprit construisent l’Eglise, se communiquent dans l’Eglise. L’annonce du Christ, l’annonce du Royaume de Dieu suppose l’écoute de sa voix dans la voix de l’Eglise. « Ne pas parler en son propre nom » signifie : parler dans la mission de l’Eglise…

De cette loi de l’expropriation découlent des conséquences très pratiques. Toutes les méthodes raisonnables et moralement acceptables doivent être étudiées – c’est un devoir d’utiliser ces possibilités de communication. Mais les paroles et tout l’art de la communication ne peuvent atteindre la personne humaine à la profondeur à laquelle doit arriver l’Evangile. Il y a quelques années, je lisais la biographie d’un excellent prêtre de notre siècle, Dom Didimo, curé de Bassano del Grappa. Dans ses notes, on trouve des paroles précieuses, fruit d’une vie de prière et de méditation. A ce propos, Dom Didimo dit par exemple : « Jésus prêchait le jour, la nuit il priait ». Par cette brève remarque il voulait dire : Jésus devait acquérir ses disciples de Dieu. Cela toujours valable. Nous ne pouvons pas gagner, nous, les hommes. Nous devons les obtenir de Dieu pour Dieu. Toutes les méthodes sont vides sans le fondement de la prière. La parole de l’annonce doit toujours baigner dans une intense vie de prière.

Nous devons y ajouter un élément supplémentaire. Jésus prêchait le jour, la nuit il priait – mais ce n’est pas tout. Sa vie tout entière fut – comme le montre de façon très belle l’Evangile de saint Luc – un chemin vers la croix, une ascension vers Jérusalem. Jésus n’a pas racheté le monde par de belles paroles, mais par sa souffrance et sa mort. Sa passion est une source de vie intarissable pour le monde ; sa passion donne force à sa parole.

Le Seigneur lui-même – en étendant et en élargissant la parabole du grain de sénevé – a formulé cette loi de fécondité dans la parole du grain de blé qui meurt, tombé en terre (Jn 12, 24). Cette loi est valable elle aussi jusqu’à la fin du monde, et – avec le mystère du grain de sénevé – elle est fondamentale pour la nouvelle évangélisation. Toute l’histoire le prouve. Il serait facile de le démontrer dans l’histoire du christianisme. Je me bornerai à rappeler ici le début de l’évangélisation dans la vie de saint Paul. Le succès de sa mission ne fut pas le fruit d’une grande habileté rhétorique ou de la prudence pastorale ; sa fécondité fut liée à sa souffrance, à sa communion dans la passion avec le Christ (cf. 1 Co 2, 1-5 ; 2 Co 5, 7 ; 11, 10 sq ; 11,30 ; Ga 4, 12-14). « Il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas » a dit le Seigneur. Le signe de Jonas est le Christ crucifié – ce sont les témoins, qui complètent « ce qui manque aux tribulations du Christ » (Col 1, 24). Dans toutes les périodes de l’histoire, se sont chaque fois de nouveau confirmés ces mots de Tertullien : Le sang des martyrs est une semence.

Saint Augustin dit la même chose d’une façon plus belle, en interprétant Jn 21, où la prophétie du martyre de Pierre et le mandat de paître les brebis, c’est-à-dire l’institution de son primat, sont intimement liés. Saint Augustin commente ainsi le texte Jn 21, 16 : « Pais mes brebis », c’est-à-dire souffres pour mes brebis (Sermo Guelf. 32 PLS 2, 640). Une mère ne peut donner la vie à un enfant sans souffrir. Tout accouchement implique la souffrance, est souffrance, et le devenir chrétien est un accouchement. Ou pour le dire avec les paroles du Seigneur : le Royaume de Dieu souffre violence (Mt 11, 12 ; Lc 16, 16), mais la violence de Dieu est la souffrance, est la croix. Nous ne pouvons donner vie aux autres sans donner notre vie. Le processus d’expropriation cité plus haut est la façon concrète (exprimée sous tant de formes diverses) de donner sa propre vie. Rappelons-nous la parole du Sauveur : « …Qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera…  » (Mc 8, 35).

II. Les contenus essentiels de la nouvelle évangélisation

1. Conversion

Pour ce qui est des contenus de la nouvelle évangélisation, il faut avant tout garder à l’esprit que l’Ancien et le Nouveau Testament sont inséparables. Le contenu fondamental de l’Ancien Testament est résumé dans le message de Jean Baptiste : Convertissez-vous ! Il n’y a pas d’accès à Jésus sans le Baptiste ; il n’est pas possible d’arriver à Jésus sans avoir répondu à l’appel de son précurseur, mieux encore : Jésus a fait sien le message de Jean dans la synthèse de sa propre prédication : Repentez-vous et croyez à l’Evangile (Mc 1, 15). Le mot grec pour se convertir signifie : repenser – remettre en question son propre mode de vie et le mode de vie ordinaire ; laisser entrer Dieu dans les critères de sa propre vie ; ne plus juger uniquement selon les opinions courantes. Se convertir signifie par conséquent : ne pas vivre comme tout le monde vit, ne pas faire ce que tout le monde fait, ne pas se sentir justifié en accomplissant des actions douteuses, ambiguës ou mauvaises par le fait que les autres font de même ; commencer à regarder sa propre vie avec les yeux de Dieu ; donc, chercher le bien, même s’il est dérangeant : ne pas s’en remettre au jugement des multitudes, des hommes, mais au jugement de Dieu – autrement dit : chercher un nouveau style de vie, une vie nouvelle. Tout cela n’implique pas de moralisme ; en réduisant le christianisme à la moralité, on perd de vue l’essence du message du Christ : Le don d’une nouvelle amitié, le don de la communion avec Jésus, et par la suite avec Dieu. Celui qui se convertit au Christ n’entend pas se créer une autarchie morale bien à lui, il ne prétend pas construire sa propre bonté par ses propres forces. La « Conversion » (métanoia) signifie précisément l’opposé : sortir de l’autosuffisance, découvrir et accepter son indigence – une indigence des autres et de l’Autre, de son pardon, de son amitié. La vie non-convertie est autojustification (je ne suis pas pire que les autres) ; la conversion est l’humilité de s’en remettre à l’amour de l’Autre, un amour qui devient mesure et critère de ma propre vie.

Ici nous devons également garder à l’esprit l’aspect social de la conversion. Certes, la conversion est avant tout un acte éminemment personnel, elle est personnalisation. Je me sépare de la formule « vivre comme tout le monde » (je ne me sens plus justifié par le fait que tous font ce que je fais) et je trouve devant Dieu mon propre moi, ma responsabilité personnelle. Mais la vraie personnalisation est également toujours une nouvelle et plus profonde socialisation. Le moi s’ouvre de nouveau au toi, dans toute sa profondeur, en donnant naissance à un nouveau Nous. Si le style de vie répandu dans le monde comporte un risque de dépersonnalisation, de vivre non pas sa propre vie, mais la vie de tous les autres, dans la conversion doit se réaliser le nouveau Nous du cheminement commun avec Dieu. En annonçant la conversion, nous devons aussi offrir un parcours de vie, un espace commun du nouveau style de vie. On ne peut pas évangéliser uniquement par des paroles ; l’Evangile crée la vie, il crée une communauté de parcours ; une conversion purement individuelle n’a pas de consistance…

2. Le Royaume de Dieu

Dans l’appel à la conversion est implicite – c’est même sa condition fondamentale – l’annonce du Dieu vivant. Le théocentrisme est fondamental dans le message de Jésus, et il doit être aussi au coeur de la nouvelle évangélisation. La parole clef de l’annonce de Jésus est : le Royaume de Dieu. Or le Royaume de Dieu n’est pas une chose, une structure sociale ou politique, une utopie. Le Royaume de Dieu est Dieu. Le Royaume de Dieu signifie : Dieu existe. Dieu vit. Dieu est présent et agit dans le monde, dans notre vie – dans ma vie. Dieu n’est pas une lointaine « cause ultime », Dieu n’est pas le « grand architecte » du déisme, qui a monté la machine du monde et qui se trouverait maintenant en dehors – bien au contraire : Dieu est la réalité la plus présente et décisive dans chaque acte de ma vie, à chaque moment de l’histoire. Dans son discours d’adieu, en quittant sa chaire à l’université de Münster, le théologien J.B. Metz a dit des choses inattendues de sa part. Metz, dans le passé, nous avait appris l’anthropocentrisme – le véritable avènement du christianisme aurait été le tournant anthropologique, la sécularisation, la découverte de la sécularité du monde. Puis il nous a appris la théologie politique – le caractère politique de la foi ; puis encore la « mémoire dangereuse » ; et enfin la théologie narrative. Après ce cheminement long et ardu, il nous dit aujourd’hui : le vrai problème de notre temps est la « Crise de Dieu », l’absence de Dieu camouflée par une religiosité vide. La théologie doit redevenir réellement theologia, un discours sur Dieu et avec Dieu. Metz a raison : L’unum necessarium pour l’homme est Dieu. Tout change, selon le fait que Dieu existe ou qu’il n’existe pas. Mais hélas ! – même nous, les chrétiens, nous vivons souvent comme si Dieu n’existait pas (si Deus non daretur). Nous vivons selon le slogan : Dieu n’existe pas, et s’il existe, il n’a rien à voir. C’est pourquoi l’évangélisation doit avant tout parler de Dieu, annoncer l’unique vrai Dieu : le Créateur – le Sanctificateur – Le Juge (cf. le Catéchisme de l’Eglise catholique).

Encore une fois, il faut garder à l’esprit l’aspect pratique. On ne peut pas faire connaître Dieu uniquement avec des paroles. On ne connaît pas une personne si on ne la connaît que par ouï-dire. Annoncer Dieu signifie introduire à la relation à Dieu : Enseigner à prier. La prière est la foi en acte. Et ce n’est que dans l’expérience de la vie avec Dieu qu’apparaît aussi l’évidence de son existence. C’est pour cette raison que sont si importantes les écoles de prière, de communauté de prière. Il y a complémentarité entre la prière personnelle (« dans sa propre chambre », seul devant les yeux de Dieu), la prière commune « para-liturgique » (« religiosité populaire ») et la prière liturgique. Oui, la liturgie est avant tout prière ; sa spécificité consiste dans le fait que son sujet primaire, ce n’est pas nous (comme dans la prière privée ou dans la religiosité populaire), mais Dieu lui-même – la liturgie est actio divina, Dieu agit et nous répondons à l’action divine. Parler de Dieu et parler avec Dieu doivent toujours aller de pair. L’annonce de Dieu nous guide à la communion avec Dieu dans la communion fraternelle, fondée et vivifiée par Jésus-Christ. C’est pourquoi la liturgie (les sacrements) n’est pas un thème secondaire par rapport à la prédication du Dieu vivant, mais la concrétisation de notre relation à Dieu. Dans ce contexte, qu’on me permette une observation générale sur la question liturgique. Notre manière de célébrer la liturgie est souvent trop rationaliste. La liturgie devient enseignement ; son critère est : se faire comprendre – ce qui aboutit bien souvent à la banalisation du mystère, à la prévalence de nos paroles, à la répétition de phraséologies qui semblent plus accessibles et plus agréables aux gens. Mais il s’agit d’une erreur non seulement théologique, mais aussi psychologique et pastorale. La vague d’ésotérisme, la diffusion des techniques asiatiques de relaxation et de vide mental montrent qu’il manque quelque chose dans nos liturgies. C’est justement dans notre monde d’aujourd’hui que nous avons besoin du silence, du mystère supra-individuel, de la beauté. La liturgie n’est pas l’invention du prêtre célébrant ou d’un groupe de spécialistes ; la liturgie (le « rite ») a grandi selon un processus organique au cours des siècles, elle porte en elle le fruit de l’expérience de foi de toutes les générations précédentes. Même si les participants ne comprennent probablement pas toutes les paroles, ils perçoivent leur signification profonde, la présence du mystère qui transcende toutes les paroles. Le centre de l’action liturgique n’est pas le célébrant ; le célébrant n’est pas devant le peuple en son nom propre – il ne parle pas de lui-même et pour lui-même, mais in persona Cristi. Ce ne sont pas les capacités personnelles du célébrant qui comptent, mais uniquement sa foi, dans laquelle transparaît Jésus-Christ. « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » (Jn 3, 30).

3. Jésus-Christ

Par cette réflexion, le thème de Dieu s’est déjà étendu, et il s’est concrétisé dans le thème de Jésus-Christ : C’est seulement dans le Christ et par le Christ que le thème de Dieu devient réellement concret : le Christ est l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous – la concrétisation du « Je suis », la réponse au déisme. Aujourd’hui la tentation est grande de réduire Jésus-Christ, le Fils de Dieu, à un simple Jésus historique, à un homme pur. On ne nie pas nécessairement la divinité de Jésus, mais au moyen de certaines méthodes on distille dans la Bible un Jésus à notre mesure, un Jésus possible et compréhensible d’après les paramètres de notre historiographie. Mais ce « Jésus historique » est un artefact, il est l’image de ses auteurs, et non l’image du Dieu vivant (cf. 2 Co 4, 4s ; Col 1, 15). Ce n’est pas le Christ de la foi qui est un mythe, mais le Jésus historique, qui est une figure mythologique auto-inventée par les divers interprètes. Les deux cents ans d’histoire du « Jésus historique » reflètent fidèlement l’histoire des philosophies et des idéologies de cette période.

Je ne peux pas, dans le cadre de cette conférence, développer les contenus de l’annonce du Sauveur. Je voudrais seulement citer brièvement deux aspects importants. Le premier est la suite du Christ – le Christ s’offre comme chemin de ma vie. Suivre le Christ ne signifie pas : imiter l’homme Jésus. Une tentative de ce genre échoue nécessairement – ce serait un anachronisme. Suivre le Christ a un but beaucoup plus élevé : ne faire qu’un avec le Christ, et arriver ainsi à l’union avec Dieu. Ce discours peut sembler étrange aux oreilles de l’homme moderne. Mais en réalité, nous avons tous soif d’infini : d’une liberté infinie, d’un bonheur sans limites. Toute l’histoire des révolutions des deux siècles passés ne s’explique que de cette façon. La drogue ne s’explique que de cette façon. L’homme ne se contente pas de solutions en de-çà du niveau de la divinisation. Et tous les chemins proposés par le « serpent » (Gn 3, 5), c’est-à-dire par le savoir du monde, échouent. Le seul chemin est la communion avec Jésus-Christ, réalisable dans la vie sacramentelle. Suivre le Christ n’est pas une question de moralité, mais un thème « mystérique » – un ensemble fait d’action divine et de réponse de notre part.

Nous rencontrons ainsi, dans le thème de la suite, l’autre centre de la christologie auquel je voulais faire allusion : le mystère pascal – la croix et la résurrection. Dans les reconstructions du « Jésus historique », le thème de la croix est en général dépourvu de signification. Selon une interprétation « bourgeoise », c’est un incident en soi évitable, sans valeur théologique ; selon une interprétation révolutionnaire, c’est la mort héroïque d’un rebelle. La vérité est tout autre. La croix appartient au mystère divin – elle est l’expression de son amour jusqu’à la fin (Jn 13, 1). Suivre le Christ est participer à sa croix, s’unir à son amour, transformer notre vie, en donnant naissance à l’homme nouveau, créé selon Dieu (cf. Ep 4, 24). Celui qui oublie la croix oublie l’essence du christianisme (cf. 1 Co 2, 2).

4. La vie éternelle

Le dernier élément central de toute véritable évangélisation est la vie éternelle. Aujourd’hui, nous devons annoncer notre foi avec une nouvelle vigueur, dans la vie quotidienne. Je me bornerai à ne citer ici qu’un aspect de la prédication de Jésus, qui est souvent négligé aujourd’hui : l’annonce du Royaume de Dieu est l’annonce d’un Dieu présent, d’un Dieu qui nous connaît et nous écoute ; d’un Dieu qui entre dans l’histoire pour faire justice. Cette prédication est donc aussi l’annonce du jugement, l’annonce de notre responsabilité. L’homme ne peut pas faire uniquement ce qu’il veut. Il sera jugé. Il doit rendre compte. Cette certitude vaut pour les puissants comme pour les simples.

Lorsqu’elle est acceptée, les limites de chaque pouvoir de ce monde sont tracées. Dieu fait justice, et lui seul peut la faire en dernier. Nous y réussirons d’autant mieux, si nous sommes capables de vivre sous le regard de Dieu et de communiquer au monde la vérité du jugement. Ainsi l’article de foi du jugement, sa puissance formatrice pour les consciences, est un contenu central de l’Evangile, qui est vraiment une bonne nouvelle. Cela l’est pour tous ceux qui subissent l’injustice du monde et cherchent la justice. De cette manière, on comprend aussi la connexion entre le Royaume de Dieu et les « pauvres », ceux qui souffrent et tous ceux dont parlent les béatitudes du discours de la montagne. Ils sont protégés par la certitude du jugement, par la certitude qu’il y a une justice. Tel est le véritable contenu de l’article sur le jugement, sur Dieu-juge : Il y a une justice. Les injustices du monde ne sont pas le dernier mot de l’histoire. Il y a une justice. Seul celui qui refuse qu’il y ait une justice peut s’opposer à cette vérité. Si nous prenons au sérieux le jugement et la gravité de la responsabilité qui en découle pour nous, nous comprenons bien l’autre aspect de cette annonce, à savoir la rédemption, le fait que par la croix, Jésus a assumé nos péchés ; que Dieu lui-même, dans la passion de son Fils, se fait l’avocat de nos péchés, en rendant ainsi possible la pénitence, l’espérance pour le pécheur repenti, une espérance merveilleusement exprimée dans les paroles de saint Jean : devant Dieu, nous réconforterons notre coeur, quoi qu’il nous reproche. Dieu est plus grand que notre coeur, et il connaît toute chose (1 Jn 3, 19s). La bonté de Dieu est infinie, mais nous ne devons pas réduire cette bonté à une mièvrerie édulcorée et privée de vérité. Ce n’est qu’en croyant au juste jugement de Dieu, en ayant faim et soif de la justice (cf. Mt 5, 6) que nous ouvrons notre coeur et notre vie à la miséricorde divine. On le voit : la foi dans la vie éternelle ne rend pas la vie terrestre insignifiante. Bien au contraire : Ce n’est que si la mesure de notre vie est l’éternité, que notre vie sur terre est grande elle aussi, et qu’elle possède une valeur immense. Dieu n’est pas le concurrent de notre vie, mais le garant de notre grandeur. Ainsi, nous revenons à notre point de départ : Dieu. Lorsque nous considérons bien le message chrétien, nous ne parlons pas de beaucoup de choses. Le message chrétien est en réalité très simple. Nous parlons de Dieu et de l’homme, et ce faisant, nous disons tout.

Source : Vatican

D’où vient la nouvelle évangélisation ?

Alors que Benoît XVI vient d’instituer le nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation par le motu proprio Ubicumque et semper (« partout et toujours »), il est bon de revenir aux sources de ce qu’est cette nouvelle évangélisation. Quelques explications extraites de mon livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France (Editions de l’Oeuvre, 2009).

Le Christ envoie ses apôtres à tous les peuples, selon la finale de l’Evangile de Mathieu : « Allez vers toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit ». Jésus promet ensuite aux disciples et à nous : « Et je serai avec vous jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19). Evangéliser, c’est répondre à cet appel du Christ à répandre l’amour de Dieu. Le message de l’Evangile doit donner au monde la révélation d’un chemin qui est aussi Vérité et Vie… Or le monde évolue. Pour répondre aux nouveaux défis qu’apporte cette modernité, l’annonce du message – et non pas le message lui-même ! – doit s’adapter.

Depuis Vatican II, cette prise de conscience est encouragée par le pape Paul VI à travers plusieurs textes conciliaires dont le décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise et le décret sur l’apostolat des laïcs en 1965. De ce dernier décret naîtra en 1967 le Conseil des Laïcs afin de promouvoir et coordonner leur apostolat. En 1974, le 4e Synode des évêques se réunit à Rome sur le thème de l’évangélisation dans le monde moderne. L’histoire raconte qu’au cours d’une des sessions finales, le Rapporteur général, un certain Karol Wojtyla, archevêque de Cracovie et consulteur au Conseil des Laïcs, demande la parole. Dans une intervention qui va s’avérer par la suite prophétique, le cardinal Wojtyla propose que les recommandations du Synode des évêques soient confiées au pape de sorte que Sa Sainteté puisse désormais les prendre à son compte. Le pape accepte. Ainsi est publiée l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi du pape Paul VI, texte de référence sur l’évangélisation dans le monde moderne, qui explique clairement et en pratique la façon dont nous devons annoncer le Christ.

Depuis Jean-Paul II…

Devenu pape, Jean-Paul II va naturellement donner son plein élan à cette prise de conscience de Vatican II. Il emploie le terme « nouvelle évangélisation » pour la première fois, le 9 juin 1979, en Pologne, devant les ouvriers de Nowa Huta, l’un des hauts lieux de résistance au communisme : « En ces temps nouveaux, en cette nouvelle condition de vie, l’Évangile est de nouveau annoncé. Une nouvelle évangélisation est commencée, comme s’il s’agissait d’une nouvelle annonce, bien qu’en réalité ce soit toujours la même. La croix se tient debout sur le monde qui change ».

Puis en 1983, à Haïti, il exhorte le peuple des croyants à se lancer dans une « nouvelle évangélisation, nouvelle dans son ardeur, nouvelle dans ses méthodes et dans son expression ».

Depuis lors, l’expression « nouvelle évangélisation » est entrée dans notre langage courant pour désigner ces nouvelles méthodes d’évangélisation. Mais poursuivons. L’apostolat des laïcs n’est pas étranger à cet appel de Jean-Paul II, bien au contraire. Il les appelle même à jouer un rôle central dans cette nouvelle évangélisation. En 1988, dans son exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici, sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde, il rappelle à plusieurs reprises « l’urgence » d’une nouvelle évangélisation menée par les laïcs :
« L’heure est venue d’entreprendre une nouvelle évangélisation, déclare-t-il ; le phénomène de la sécularisation frappe les peuples qui sont chrétiens de vieille date, et ce phénomène réclame, sans plus de retard, une nouvelle évangélisation » (1)
« L’Eglise, qui observe et vit l’urgence actuelle d’une nouvelle évangélisation, ne peut esquiver la mission permanente qui est celle de porter l’Evangile à tous ceux qui – et ils sont des millions et des millions d’hommes et de femmes – ne connaissent pas encore le Christ Rédempteur de l’homme. C’est là la tâche la plus spécifiquement missionnaire que Jésus a confiée et de nouveau confie chaque jour à Son Eglise. » (2)
« L’accord et la coopération avec le but apostolique de l’Eglise, qui est « l’évangélisation et la sanctification des hommes, et la formation chrétienne de leur conscience, afin qu’ils soient en mesure de pénétrer de l’esprit de l’Evangile les diverses communautés et les divers milieux ». Dans cette perspective, à toutes les formes d’association des fidèles laïcs et à chacune d’elles on demande qu’elles soient animées d’un élan missionnaire qui en fasse des instruments toujours plus actifs d’une nouvelle évangélisation. » (3)

Mais ce n’est pas terminé ! En 1990, pour le 25e anniversaire du décret de Vatican II sur l’activité missionnaire de l’Eglise, Jean-Paul II consacre l’encyclique Redemptoris Missio à « l’urgence de l’activité missionnaire ». Dans son introduction, Jean-Paul II écrit : « J’estime que le moment est venu d’engager toutes les forces ecclésiales dans la nouvelle évangélisation et dans la mission ad gentes (4). Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l’Eglise ne peut se soustraire à ce devoir suprême : annoncer le Christ à tous les peuples ».

Cette nouvelle évangélisation n’est donc pas un feu de paille. En 1992, Jean-Paul II publie encore Dabo Vobis, une exhortation apostolique adressée à l’épiscopat, au clergé et aux fidèles sur la formation des prêtres dans les circonstances actuelles. « La tâche pastorale prioritaire de la nouvelle évangélisation, écrit-il, incombe à tout le peuple de Dieu et demande une nouvelle ardeur, de nouvelles méthodes, et un nouveau langage pour l’annonce et le témoignage évangéliques. Il exige que les prêtres soient radicalement et totalement plongés dans le mystère du Christ et soient capables de réaliser un nouveau style de vie pastorale ». On ne saurait être plus clair.

Pour le Jubilé de l’an 2000, Jean-Paul continuera d’exhorter les croyants à une nouvelle évangélisation, en s’adressant par exemple aux diacres dans un discours intitulé « Apôtres de la nouvelle évangélisation » : « Chers diacres, leur disait-il, soyez des apôtres actifs de la nouvelle évangélisation. Apportez à tous le Christ ! Grâce à votre engagement également, que son Royaume s’étende dans votre famille, dans votre milieu de travail, dans votre paroisse, dans votre diocèse, dans le monde entier ! » (5).

Pour en savoir plus : Dieu est de retour

(1) Jean-Paul II, Christifideles laici, § 4
(2) Ibid, § 35
(3) Ibid, § 30
(4) Ad gentes signifie vers le monde païen.
(5) Discours de Jean-Paul II lors d’une rencontre avec les diacres permanents pour le Jubilé des diacres, 19 février 2000

Copyrights © Dieu est de retour – Editions de L’Oeuvre 2009

Conférence sur la nouvelle évangélisation

Alors que Benoît XVI vient d’officialiser la création du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation par le motu proprio Ubicumque et semper (« partout et toujours »), nombre de catholiques s’interrogent…

D’où vient la nouvelle évangélisation ? Est-ce une formule passée de mode ? Combien de fois Benoît XVI en a-t-il parlé depuis son élection ? En quoi est-elle « nouvelle » ? Pourquoi le « Premier monde » a-t-il besoin d’une nouvelle évangélisation ? Comment, concrètement, la mettre en oeuvre ?

A partir de son livre « Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France », paru en 2009 aux éditions de l’Oeuvre, et pour répondre à toutes ces questions, Jean-Baptiste Maillard donne une conférence sur ce thème le 28 octobre prochain à 20h45 à la paroisse Saint Léon à Paris.

Exemples donnés : un séminariste qui évangélise par l’auto-stop, un prêtre qui se laisse aborder par les jeunes en boîte de nuit, une religieuse sur les plages au milieu des dealers, un groupe de pop-louange, des enfants et leur colis-mission ou encore des laïcs qui vont à la rencontre du « Christ sans-abri » dans les gares parisiennes…

La nouvelle évangélisatin, jeudi 28 octobre, paroisse Saint Léon 1, Place du Cardinal Amette 75015 Paris – Tél. 01 53 69 60 10. Entrée gratuite.

S’inscrire à la conférence sur Facebook

Plus d’infos sur le livre (recensions, revue de presse, etc.) : www.dieuestderetour.com

Plus d’infos sur les journées « Tennis et prière » et les autres conférences : site du diocèse de Paris

Et vous, quelle sera votre expérience avec L’1visible ?

Lancement de www.l1visibleetvous.com : 12 rencontres, 12 histoires, 12 expériences avec L’1visible

Au moment même où Benoît XVI publie le motu proprio « partout et toujours » concernant la création du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, le journal L’1visible, premier mensuel gratuit catholique en France, lance un site Internet de témoignages et d’expériences en vidéo.

Ce site répond à de nombreuses questions : comment est perçu L’1visible, comment se distribue-t-il, comment s’abonner ou abonner sa propre paroisse ? Il est destiné à être alimenté régulièrement de nouveaux témoignages.

Parmi les témoiganges, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence épiscopale pour qui « l’intérêt d’un journal comme L’1visible est de permettre d’entrer en relation avec les gens ». De son côté, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et Primat des Gaules déclare dans une des vidéos : « ce nouveau journal relève d’une certaine audace évangélisatrice ». Pour Mgr Legrez, évêque de Saint Claude, L’1visible est « un gratuit réalisé par des gens très différents dans l’Eglise, et ça c’est très beau. »

On trouve aussi le Père René-Luc, à Albi pour qui ce gratuit est « un projet d’évangélisation en lien avec la réalité locale » ou encore un aumônier d’hôpital, dominicain, qui raconte que « ce journal permet de créer du lien avec les malades ».

Lancé en février 2010 dans un but d’évangélisation, L’1visible a déjà été diffusé à plus d’1 million d’exemplaires. De nombreuses paroisses, doyennés, lycées, hôpitaux et prisons ont fait le choix de s’abonner à L’1visible et 35 diocèses ont collaboré à l‘édition spéciale JMJ pour les jeunes.

Voir le site : www.l1visibleetvous.com

Mgr Fisichella : « la nouvelle évangélisation n’est pas une formule passe partout »

Ce matin près la Salle de presse du Saint-Siège, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, a présenté le motu proprio « Ubicumque et Semper » (partout et toujours) par lequel Benoît XVI institue ce nouveau dicastère.

« La question de la nouvelle évangélisation, a-t-il commencé, a été ces dernières décennies objet d’une profonde réflexion de la part du magistère… et l’objectif constitue un grand défi pour l’Eglise entière. Elle doit trouver les formes adéquates au renouvellement de son annonce auprès des nombreux baptisés qui ne perçoivent plus leur appartenance à la communauté chrétienne, sont victimes du subjectivisme ambiant ou d’un enfermement dans un individualisme privé de responsabilité. Ce motu proprio concerne principalement les Eglises d’ancienne tradition ayant besoin d’un nouvel élan missionnaire pour parvenir à répondre aux interrogations de notre temps. »

Comme l’indique le document, a ajouté Mgr Fisichella « la nouvelle évangélisation n’est pas une formule passe partout ou même magique, mais bien plus. Il s’agit d’élaborer une pensée forte, capable de soutenir une action pastorale élevée, capable de vérifier précisément les différentes traditions et objectifs que ces Eglises possèdent de par leur histoire. Une pluralité qui ne met pas en péril l’unité fournira une bonne efficacité auprès de nos contemporains. La nouvelle évangélisation, qui n’est pas une formule abstraite, a des contenus théologiques et pastoraux, renforcés par un magistère récent, ayant constamment porté son attention aux approches nouvelles. Elle tient également compte des multiples initiatives par lesquelles évêques, conférences épiscopales et associations de fidèles ont abordé la question de la nouvelle évangélisation. (…) Une des taches du nouveau dicastère est la promotion du nouveau catéchisme, un des fruits majeurs de la ligne conciliaire, car il rassemble harmonieusement tout le patrimoine dogmatique et constitue le meilleur instrument de diffusion de la foi de toujours face aux évolutions et aux nouvelles interrogations des croyants et du monde. C’est pourquoi, a conclu le président du nouveau dicastère, il faudra mettre toutes les formes que le progrès de la communication propose au service de la nouvelle évangélisation. »

Source : VIS

La nouvelle évangélisation, partout et toujours

Voici des extraits du motu proprio « Ubicumque et semper » (partout et toujours) par lequel Benoît XVI a institué le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation :

« L’Eglise a le devoir d’annoncer l’Evangile partout et toujours… Au long de son histoire, cela a revêtu des formes et des modalités différentes, selon les périodes, les contextes et les lieux. Aujourd’hui elle doit faire face au phénomène d’abandon de la foi qui grandit dans les sociétés et les cultures imprégnées depuis des siècles du message évangélique… Les récentes mutations de la société ont des causes complexes, enracinées dans le temps, qui ont profondément changé notre perception du monde… Si l’humanité a largement bénéficié de cette évolution, l’Eglise y a trouvé de nouvelles raisons d’espérance, même si elle doit enregistrer une préoccupante perte du sens du sacré allant jusqu’à remettre en question des principes fondamentaux qui semblaient acquis, tels la foi en un Dieu créateur et providentiel, la révélation de Jésus-Christ, sauveur unique ou les points de la loi morale naturelle concernant la naissance, la mort et la vie familiale. »

« Parmi les grands sujets abordés, le Concile oecuménique Vatican II avait abordé le rapport entre l’Eglise et le monde contemporain. Dans le sillage de l’enseignement conciliaire, les papes ont réfléchi à la nécessité de trouver des formes nouvelles permettant à nos contemporains d’entendre encore la Parole vivante et éternelle du Seigneur. Ainsi Jean-Paul II fit-il de cet engagement un des axes de son vaste magistère, en approfondissant et synthétisant dans le concept de la nouvelle évangélisation. C’est la mission qui attend maintenant l’Eglise, principalement dans les régions anciennement christianisés. En reprenant les préoccupations de mes prédécesseurs, j’ai considéré opportun d’offrir une réponse adaptée à la question afin que l’Eglise toute entière, régénérée par l’Esprit, se présente au monde forte d’un élan missionnaire capable de propager cette nouvelle évangélisation. »

« Dans certaines régions, malgré la progression de la sécularisation, la pratique chrétienne fait encore montre d’une belle vitalité et d’un bon enracinement populaire… D’autres malheureusement se trouvent presque totalement déchristianisées, et la lumière de la foi ne brille plus que dans de petites communautés. Ces régions, qui ont besoin d’un re-évangélisation de base sont, sous bien des aspectes, particulièrement réfractaires au message chrétien… A la base de toute évangélisation, il n’y a pourtant aucun projet expansionniste, mais seulement le désir de partager le don inestimable que Dieu nous fait, celui de prendre part à sa vie même. »

Source : d’après VIS

Nouvelle évangélisation : le motu proprio « partout et toujours » publié demain

La lettre apostolique en forme de motu proprio de Benoît XVI instituant le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation sera rendue publique le 12 octobre 2010, a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège. Elle est intitulée « Ubicumque et semper » (partout et toujours).

Trois mois après l’annonce par le pape de la création du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, ce motu proprio devrait ainsi définir le rôle, les objectifs et les pouvoirs du nouveau dicastère.

Le 28 juin dernier, célébrant les vêpres dans la basilique romaine de Saint-Paul hors-les-murs, Benoît XVI avait annoncé son intention de créer un dicastère en charge de la “nouvelle évangélisation“ des “déserts du monde sécularisé“.

Retrouvrez l’homélie de Benoît XVI à cette occasion.

Source : APIC

Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation : homélie de Benoît XVI

Alors que Benoît XVI publie demain le motu proprio “Ubicumque et Semper” (partout et toujours) pour la création du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, nous publions ici le texte intégral de l’homélie qu’il avait prononcée le 28 juin dernier dans laquelle il annonçait ce nouveau dicastère.

CHAPELLE PAPALE EN LA SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL
PREMIÈRES VÊPRES
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs
Dimanche 28 juin 2010

Chers frères et sœurs!

Avec la célébration des premières Vêpres nous entrons dans la solennité des saints Pierre et Paul. Nous avons la grâce de le faire dans la basilique papale, qui porte le nom de l’apôtre des nations, recueillis en prière auprès de sa tombe. C’est pourquoi je désire orienter ma brève réflexion dans la perspective de la vocation missionnaire de l’Eglise. C’est dans cette direction que vont la troisième antienne de la psalmodie que nous avons priée et la lecture biblique. Les deux premières antiennes sont consacrées à saint Pierre, la troisième à saint Paul et elle dit: «Tu es le messager de Dieu, Paul apôtre saint: tu as annoncé la vérité dans le monde entier». Et dans la brève lecture, tirée de l’adresse du début de la Lettre aux Romains, Paul se présente comme «apôtre par vocation, choisi pour annoncer l’Evangile de Dieu» (cf. Rm 1, 1). La figure de Paul — sa personne et son ministère, toute son existence et son dur travail pour le Royaume de Dieu — est complètement consacrée au service de l’Evangile. Dans ces textes, on a une impression de mouvement, l’acteur principal n’étant pas l’homme, mais Dieu, le souffle de l’Esprit Saint, qui pousse l’apôtre sur les routes du monde pour apporter à tous la Bonne Nouvelle: les promesses des prophètes se sont accomplies en Jésus, le Christ, le Fils de Dieu, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification. Saul n’existe plus, il y a Paul; ou mieux, c’est le Christ qui vit en lui (cf. Ga 2, 20) et qui veut atteindre tous les hommes. Si la fête des saints patrons de Rome évoque donc la double aspiration typique de cette Eglise, vers l’unité et vers l’universalité, le contexte dans lequel nous nous trouvons ce soir nous appelle à privilégier la deuxième, en nous laissant, pour ainsi dire, «entraîner» par saint Paul et par sa vocation extraordinaire.

Le serviteur de Dieu Giovanni Battista Montini, lorsqu’il fut élu Successeur de Pierre, pendant le déroulement du Concile Vatican II, choisit de porter le nom de l’apôtre des nations. Dans le cadre de son programme de mise en œuvre du Concile, Paul VI convoqua, en 1974, l’assemblée du synode des évêques sur le thème de l’évangélisation dans le monde contemporain et, environ une année plus tard, il publia l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, qui s’ouvre par ces mots: «L’effort pour annoncer l’Evangile aux hommes de notre temps, exaltés par l’espérance mais en même temps travaillés souvent par la peur et l’angoisse, est sans nul doute un service rendu à la communauté des chrétiens, mais aussi à toute l’humanité» (n. 1). On est frappé par le caractère actuel de ces expressions. On perçoit dans celles-ci toute la sensibilité missionnaire particulière de Paul vi et, à travers sa voix, la grande aspiration conciliaire à l’évangélisation du monde contemporain, une aspiration qui atteint son sommet dans le décret Ad gentes, mais qui imprègne tous les documents de Vatican II et qui, encore auparavant, animait les pensées et le travail des pères conciliaires, venus présenter d’une manière qui n’avait jamais été aussi tangible la diffusion mondiale atteinte par l’Eglise.

Les paroles ne sont pas nécessaires pour expliquer comment le vénérable Jean-Paul II, au cours de son long pontificat, a développé cette projection missionnaire, qui — cela doit toujours être rappelé — répond à la nature même de l’Eglise, laquelle, avec saint Paul, peut et doit toujours répéter: «Annoncer l’Evangile, ce n’est pas là un motif d’orgueil, c’est une nécessité qui s’impose à moi; malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile!» (1 Co 9, 16). Le Pape Jean-Paul II a représenté «en personne» la nature missionnaire de l’Eglise, à travers ses voyages apostoliques et avec l’insistance de son Magistère sur l’urgence d’une «nouvelle évangélisation»: «nouvelle» non dans ses contenus, mais dans l’élan intérieur, ouvert à la grâce de l’Esprit Saint qui constitue la force de la loi nouvelle de l’Evangile et qui renouvelle toujours l’Eglise; «nouvelle» dans la recherche de modalités qui correspondent à la force de l’Esprit Saint et qui soient adaptées à l’époque et aux situations; «nouvelle» car également nécessaire dans des pays qui ont déjà reçu l’annonce de l’Evangile. Il est évident pour tous que mon prédécesseur a donné une impulsion extraordinaire à la mission de l’Eglise, non seulement — je le répète — en raison des distances qu’il a parcourues, mais surtout de l’esprit missionnaire authentique qui l’animait et qu’il nous a laissé en héritage à l’aube du troisième millénaire.

En recueillant cet héritage, j’ai pu affirmer, au début de mon ministère pétrinien, que l’Eglise est jeune, ouverte à l’avenir. Et je le répète aujourd’hui, près du sépulcre de saint Paul: l’Eglise représente dans le monde une immense force rénovatrice, assurément non grâce à ses propres forces, mais par la force de l’Evangile, dans lequel souffle l’Esprit Saint de Dieu, le Dieu créateur et rédempteur du monde. Les défis de l’époque actuelle sont certainement au-dessus des capacités humaines: c’est le cas des défis historiques et sociaux, et à plus forte raison des défis spirituels. Il nous semble parfois, à nous pasteurs de l’Eglise, de revivre l’expérience des apôtres, lorsque des milliers de personnes dans le besoin suivaient Jésus, et qu’Il demandait: que pouvons-nous faire pour toutes ces personnes? Ceux-ci faisaient alors l’expérience de leur impuissance. Mais Jésus lui-même leur avait démontré qu’avec la foi en Dieu rien n’est impossible, et que quelques pains et quelques poissons, bénis et partagés, pouvaient nourrir tout le monde. Mais il n’y avait pas — et il n’y a pas — seulement la faim de nourriture matérielle: il y a une faim plus profonde que Dieu seul peut rassasier. Même l’homme du troisième millénaire désire une vie authentique et pleine, a besoin de vérité, de liberté profonde, d’amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l’âme de l’homme a soif de Dieu, du Dieu vivant. C’est pourquoi Jean-Paul II a écrit: «La mission du Christ Rédempteur, confiée à l’Eglise, est encore bien loin de son achèvement. Au terme du deuxième millénaire après sa venue, un regard d’ensemble porté sur l’humanité montre que cette mission en est encore à ses débuts et que nous devons nous engager de toutes nos forces à son service» (Enc. Redemptoris missio, n. 1). Il existe des régions dans le monde qui attendent encore une première évangélisation; d’autres qui l’ont reçu, mais qui ont besoin d’un travail plus approfondi; d’autres encore où l’Evangile a planté depuis longtemps ses racines, donnant lieu à une véritable tradition chrétienne, mais où, au cours des derniers siècles — à travers des dynamiques complexes —, le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise.

Dans cette perspective, j’ai décidé de créer un nouvel organisme sous la forme d’un «Conseil pontifical», ayant pour tâche spécifique de promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où a déjà retenti la première annonce de la foi et où sont présentes des Eglises d’antiques fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte d’«éclipse du sens de Dieu», qui constituent un défi à trouver des moyens adaptés pour reproposer la vérité éternelle de l’Evangile du Christ.

Chers frères et sœurs, le défi de la nouvelle évangélisation interpelle l’Eglise universelle, et nous demande également de poursuivre avec application la recherche de la pleine unité entre les chrétiens. Un signe d’espérance éloquent dans ce sens est la coutume des visite réciproques entre l’Eglise de Rome et celle de Constantinople, à l’occasion des fêtes des saints patrons respectifs. C’est pourquoi nous accueillons aujourd’hui avec une joie renouvelée et avec reconnaissance la délégation envoyée par le patriarche Bartholomaios Ier, à qui nous adressons notre salut le plus cordial. Que l’intercession des saints Pierre et Paul obtienne à l’Eglise tout entière une foi ardente et le courage apostolique, pour annoncer au monde la vérité dont nous avons tous besoin, la vérité qui est Dieu, origine et fin de l’univers et de l’histoire, Père miséricordieux et fidèle, espérance de vie éternelle. Amen.

Source : Vatican.va

Appelés à la vérité – nouvelle évangélisation et laïcité

Le numéro 50 de Liberté Politique vient de paraître et titre « Appelés à la vérité – nouvelle évangélisation et laïcité ». A ne pas manquer !

Présentation :

Le pape Benoît XVI vient de créer un nouveau dicastère pour promouvoir la nouvelle évangélisation des pays de vieille chrétienté gagnés par une sécularisation continue : une occasion de porter un regard rétrospectif sur la question. Pourquoi les Églises occidentales ont-elles pratiquement toutes cessé d’annoncer la foi pendant plusieurs générations ? Après trente années de théorisation de l’« apostolat indirect », commencée bien avant le concile Vatican II, Paul VI mettait fin en 1974 à la pastorale de l’enfouissement. Depuis, les papes ne cessent d’appeler à une « nouvelle évangélisation ». Il s’agit, explique Benoît XVI, d’aider la société contemporaine à redécouvrir la direction de la vérité. Cette mission « socratique », selon le mot du pape lui-même, n’est pas sans obstacles, à commencer par le pluralisme de droit qui constitue le « régime mental » des démocraties libérales. Or ce prisme intellectuel et moral conditionne chez certains catholiques le sens de l’évangélisation et leur participation à la vie sociale et politique. Ouvrir le chemin de la vérité dans une société laïque ne va pas de soi quand la notion de vérité, donc de dialogue, est disqualifiée. L’enjeu est la définition de la foi, et sa dévitalisation, si elle se coupe de son horizon métaphysique, anthropologique et moral.

Dans la partie sur l’évangélisation, trois articles traitent de cette question :

– Au service de la vérité dans une société sécularisée – par Thibaud Collin

Le pluralisme de droit qu’est le « régime mental » des démocraties libérales conditionne chez certains catholiques le sens de l’évangélisation et leur participation à la vie sociale et politique. L’enjeu est la rationalité de la foi, et sa dévitalisation si elle se coupe de son horizon métaphysique, anthropologique et moral.

– L’évangélisation entre chrétienté et enfouissement (1940-1965) – par Jean Chaunu

Alors que Benoît XVI vient de créer un nouveau dicastère pour l’évangélisation, un regard rétrospectif sur la question s’impose. Après trente années de théorisation plus ou moins fumeuses de l’« apostolat indirect », Paul VI mettait fin en 1974 à la pastorale de l’enfouissement.

– La dissolution du progressisme chrétien – par Gérard Leclerc

Un récent numéro de la revue Esprit est consacré au « déclin du catholicisme européen ». Un traitement partial, réducteur, mais révélateur de ce qu’est devenu le progressisme chrétien : une pensée suiviste, effrayée par la contradiction chrétienne, incapable de penser la place de l’Église dans le monde avec une réelle liberté

Pour en savoir plus : Liberté Politique

Addendum :

A l’occasion de la sortie de ce numéro, Liberté Politique et l’Espace Bernanos proposent une conférence-débat sur le thème « Nouvelle évangélisation et laïcité – comment sortir de la pastorale de l’enfouissement ? » le mercredi 13 octobre prochain. Plus d’infos : Liberté Politique

Angola : « Il faut de plus grands efforts d’évangélisation pour combattre la sorcellerie »

« Il faut de plus grands efforts d’évangélisation pour combattre la sorcellerie » a déclaré à Fides l’évêque de Caxito (Angola). La situation huit ans après la fin de la guerre, la diffusion de croyances comme la sorcellerie, l’écart entre les riches et les pauvres, la nécessité de ré-évangéliser une partie du pays après 20 ans de marxisme, sont parmi les thèmes traités par Mgr Antonio Jaca dans une interview à l’Agence Fides, dont nous reproduisons des extaits ici. Lors de son voyage en Angola en mars 2009, Benoît XVI avait justement appelé les catholiques angolais à évangéliser les adeptes de la sorcellerie (lire ici).

Fides : Pouvez-vous nous présenter votre diocèse et en particulier les problématiques de l’évangélisation ?

Mgr Antonio Jaca : Caxito est l’un des diocèses nés de la division de l’Archidiocèse de Luanda, duquel sont nés deux autres nouveaux diocèses. Caxito a un peu moins d’un million d’habitants dont 400.000 sont catholiques. Il y a plusieurs sectes, pour la plupart d’origine congolaise, et des fidèles musulmans, mais la plupart des habitants sont chrétiens et notamment catholiques.
L’Angola a fêté en 1991 ses 500 ans d’évangélisation. Nous ne sommes donc pas une nouvelle communauté, nous avons derrière nous une très longue histoire d’évangélisation. Nous avons cependant eu plus de 20 ans de marxisme qui ont laissé des séquelles, surtout chez les nouvelles générations. Nous avons commencé à ré-évangéliser le pays. Ce n’est pas une tâche facile car on a constaté, bien que les églises soient pleines le dimanche, que la population n’était pas suffisamment christianisée. La foi n’est pas suffisamment forte pour lutter contre des phénomènes comme les sectes et contre les vieilles croyances comme la sorcellerie. Il faut miser sur la formation pour faire en sorte que les nouveaux baptisés soient bien formés, mettre l’accent sur la formation biblique de nos fidèles. Pour ces tâches nous mettons notre espoir dans les catéchistes. Le défi est de les former pour qu’ils soient de précieux prêtres.

Lors de sa visite en Angola, Benoît XVI avait mis en garde les fidèles par rapport à la sorcellerie. Pouvez-vous nous décrire le phénomène ?

Les croyances relatives à la sorcellerie sont un problème très grave, surtout parce qu’il y a des enfants et des personnes âgées accusées d’être des sorciers. C’est un problème qui préoccupe l’Eglise, mais l’Etat aussi commence à prendre acte du danger représenté par ces croyances. Du point de vue ecclésial, celui qui croit en la sorcellerie est une personne qui n’a pas été suffisamment évangélisée, dont la foi n’est pas assez forte pour faire du Christ la seule réponse de sa vie. Nous cherchons à former ces personnes, en leur disant que le mal existe, que le diable est à l’œuvre, mais que le Christ a vaincu le mal par la Résurrection. La foi nous dit donc qu’il n’existe rien de plus fort que Jésus. Il n’y a donc pas de raison de croire en les esprits mauvais qui nous font du mal, car la foi est notre plus grande sécurité contre le mal. Ces croyances sont enracinées dans la culture populaire. Nous devons travailler surtout avec les nouvelles générations pour dépasser ces superstitions, en accroissant leur foi. Car plus la foi est forte plus on est capable de dépasser ces genres de croyances.

La sorcellerie est-elle un symptôme de la diffusion, même en Angola, de la culture matérialiste ?

Non, elle a davantage à voir avec la pauvreté, la misère, les difficultés de la vie et de la culture locale. Dans la culture Bantu, il faut avoir des réponses pour tout : si quelqu’un meurt il faut savoir pourquoi il est mort… Ce qui signifie comprendre comment il est mort, qui l’a tué. A cela s’ajoute la pauvreté, l’insuffisance des services médicaux, la malnutrition, la mortalité infantile encore forte. Les personnes face à ces difficultés cherchent à en sortir par la sorcellerie ou en adhérant aux sectes, qui renforcent ce genre de croyances.

La guerre civile qui s’est conclue en 2002 a-t-elle laissé des conséquences dans votre diocèse ?

Une grande partie de mon diocèse a été touché par la guerre. Dans la région, se sont établies des populations qui viennent du Sud de l’Angola. On cherche à les faire rentrer dans leur région d’origine, mais ce n’est pas facile, car la guerre a provoqué de très graves blessures. Il est vrai que comme peuple angolais nous avons fait le choix d’oublier le passé, mais les blessures n’ont pas encore été guéries, les personnes ont du mal à pardonner. Nous devons donc continuer le travail de réconciliation. Nous avons créé la Commission « Justice, paix et réconciliation » qui travaille pour que la population non seulement oublie mais pardonne.

La guerre a provoqué des dégâts sociaux très graves, mais ceux-ci sont aggravés par le fait que la politique n’accorde pas suffisamment d’attention à ces problèmes. Il faut investir dans l’éducation et le système sanitaire. Au cours de mes tournées dans le diocèse j’ai vu des missions détruites qui attendent d’être reconstruites, j’ai remarqué que les routes étaient insuffisantes et j’ai rencontré des réfugiés sans papiers, qui avaient des difficultés pour faire enregistrer leurs enfants.

Y a-t-il eu des progrès dans la redistribution des bénéfices du pétrole angolais ?

Il y a eu des progrès au niveau économique. En particulier, les grandes routes reliant les villes les plus importantes ont été reconstruites, des hôpitaux et des écoles ont été construits, les investissements étrangers dans le pays ont augmenté. Le problème est que ces progrès économiques ont du mal à se traduire par une amélioration de la vie de la population. Il y a beaucoup d’argent qui circule dans le pays mais qui n’est pas distribué. L’écart entre les riches et les pauvres augmente et cela peut déboucher sur des tensions sociales. Il faut de plus grands efforts pour améliorer la vie des personnes. Dans le cadre de la Commission épiscopale « Justice et paix », je participe à un programme de vigilance du budget de l’Etat pour vérifier comment est dépensé l’argent public. Dans le pays, les gens prennent conscience que la politique doit rendre compte de ses responsabilité à l’égard du bien-être de la population.

Source : Fides

« Vérité, annonce et authenticité de vie à l’ère du numérique »

« Vérité, annonce et authenticité de vie à l’ère du numérique ». Le thème annoncé le 29 septembre par Benoît XVI pour la 14e Journée mondiale des communications sociales évoque évidemment la question de l’évangélisation et en particulier celle du témoignage.

Le message du pape sera publié le 24 janvier 2011, fête de saint François de Sales, patron des journalistes. Une note du Conseil pontifical pour les communications sociales explique que le thème « est centré sur la personne humaine, au cœur de tous les procédés de communication. Même à notre époque dominée en grande partie, et parfois conditionnée, par les nouvelles technologies, la valeur du témoignage personnel reste essentielle ».

« S’approcher de la vérité et assumer la tâche d’annoncer requiert, pour qui travaille dans le monde de l’information et spécialement pour les journalistes catholiques, la garantie d’une authenticité de vie non moins nécessaire à l’ère numérique ».

« Ce n’est pas la technologie en elle-même – poursuit la note – qui modifie ou augmente la crédibilité de l’informateur. Elle ne peut non plus changer les valeurs de référence en matière de communication. La vérité doit rester l’immuable point de référence des nouveaux médias et du monde numérique, élargissant les frontières de l’information et de la connaissance. Elle peut rendre plus proche la recherche de la vérité qui constitue l’objet fondamental de tous ceux qui travaillent dans le domaine de la communication. »

Source : VIS (Vatican Information Service)

Benoît XVI : « Le noyau de l’évangélisation, c’est l’Eucharistie »

Le moteur de l’évangélisation est l’eucharistie, affirme Benoît XVI. Pour le pape, l’évangélisation, ce n’est pas entrer en « compétition » avec d’autres influences à vaincre, mais répondre au devoir d’annoncer l’Evangile.

Le pape a reçu lundi matin un nouveau groupe d’évêques du Brésil – des régions Nord et Nord-Ouest – à l’occasion de leur visite ad limina. Mais le texte peut devenir une vraie référence aussi pour la « nouvelle évangélisation » au service de laquelle le pape vient de créer un nouveau Conseil pontifical.

Pour le pape, « l’affaiblissement de l’esprit misisonnaire n’est pas tant dû à des limites ou des carences des forces extérieures de l’action missionnaire traditionnelle, mais à l’oubli que la mission doit se nourrir d’un noyau plus profond, et ce noyau, c’est l’eucharistie ».

Le pape a invité les évêques à faire redécouvrir aux baptisés leur « responsabilité profonde » qui est d’annoncer l’Evangile, plutôt que de se limiter à étudier de nouvelles méthodes pour rendre le message du Christ « attirant ».

Le pape insiste sur le fait que la mission ne saurait se limiter à une « simple recherche » de nouvelles techniques ou de moyens pour rendre l’Eglise plus attirante et en mesure de vaincre la compétition avec des groupes religieux ou des idéologies relativistes ».

« L’Eglise, souligne le pape, ne fonctionne pas pour elle-même : elle est au service de Jésus Christ, elle existe pour faire en sorte que la Bonne Nouvelle soit accessible à toutes les personnes ».

Benoît XVI a cité à ce propos l’exemple du bienheureux espagnol originaire des Canaries José de Anchieta (1534-1597), premier missionnaire jésuite au Brésil notamment parmi les populations indigènes, et béatifié en 1980. Le pape a confié à l’intercession de ce grand témoin les objectifs pastoraux des évêques du Brésil, de façon à ce que « le nom du Christ soit toujours dans le cœur et sur les lèvres de chaque brésilien ».

Le pape a rappelé le style du P. Anchieta qui a annnoncé la Parole de Dieu « au milieu des Indigènes et des Portugais », non sans affronter des « dangers », ce qui lui a valu le titre « d’Apôtre du Brésil ».

Même si les hommes peuvent être sauvés par « d’autres moyens, grâce à la miséricorde de Dieu », il est cependant impossible de penser pouvoir être sauvé si, « par négligence, peur, honte ou pour suivre des idées fausses », on est un obstacle à l’annonce de l’Evangile.

Et à propos de la liberté religieuse, qui s’oppose à toute contrainte dans le domaine de la foi, le pape a cité ces paroles de Paul VI dans « Evangelii nuntiandi » : « Ce serait une erreur que d’imposer quelque chose à la conscience de nos frères. Mais proposer à cette conscience la vérité évangélique et le salut en Jésus Christ avec une pleine clarté et dans le respect absolu de leurs opinions libres (…) loin d’être une atteinte à la liberté religieuse, c’est un hommage à cette liberté ».

Paul VI se demande si « seuls le mensonge et l’erreur, la dégradation et la pornographie auraient le droit d’être proposés, et souvent, hélas, imposés par la propagnade destructrice des mass media, par la tolérance des lois, par la timidité des bons et la témérité des méchants ? »

Il conclut : « Plus qu’un droit, cette façon respectueuse de proposer le Christ et son Royaume, est un devoir de l’évangélisateur ».

Benoît XVI rappelle par conséquent que « l’appel à la mission » ne s’adresse pas exclusivement à un « groupe sélectionné de membres de l’Eglise », mais est « un impératif pour tous les baptisés, un élément essentiel de leur vocation ».

Le pape a également fait référence aux « engagements fondamentaux » pris par l’Eglise du Brésil en 2007 à Aparecida et notamment à celui de « réveiller la conscience des chrétiens » comme « disciples et missionnaires ».

Source : Zenit

Mon pontificat, un pèlerinage pour apporter Dieu au monde

Mon pontificat est un pèlerinage pour apporter Dieu au monde, dans l’espérance et la simplicité, a déclaré Benoît XVI dans son message aux participants au deuxième congrès mondial pour la Pastorale des pèlerinages et des sanctuaires qui se tient en Espagne, à Saint-Jacques-de-Compostelle (27-30 septembre). Il les invite à faire participer sanctuaires et pèlerinages au mouvement de la nouvelle évangélisation.

En cette année jubilaire de Saint-Jacques, le pape doit aussi se rendre, le 6 novembre, à ce grand sanctuaire espagnol qui abrite le tombeau de l’apôtre Jacques, frère de Jean (fils de Zébédée ou Jacques le Majeur).
Le pèlerinage de Compostelle est en Occident le troisième pèlerinage le plus important après Jérusalem et Rome. Mais Saint-Jacques-de-Compostelle a aussi été déclaré, en 1987, premier itinéraire culturel du Conseil de l’Europe. L’Europe est sillonnée d’anciens « Chemins de Saint-Jacques ». La coquille est son emblème; elles est également présente dans les armoiries de Benoît XVI.

Dans son message, le pape confie au congressistes que dès le début de son pontificat, il a voulu vivre son ministère « avec les sentiments du pèlerin qui parcourt les routes du monde avec espérance et simplicité ».
« Les pèlerinages vers les sanctuaires sont, insiste-t-il, non seulement des manifestations de la vie chrétienne mais aussi des espaces d’évangélisation, car ils réunissent un nombre croissant de pèlerins et de touristes religieux dont certains vivent des situations humaines et spirituelles compliquées, ou se sont éloignés de la foi et ont un faible sentiment d’appartenance ecclésiale ».

Voilà pourquoi il est nécessaire de leur proposer une « pastorale adéquate » en ce moment de l’histoire où il est urgent de lancer une nouvelle évangélisation ». Benoît XVI fait observer que les pas du « vagabond » n’ont pas de « destination finale déterminée ». En revanche, « le pèlerin a toujours un but, même si parfois il n’en est pas explicitement conscient ».

Quel est-il ? « La rencontre avec Dieu à travers le Christ, en qui toutes nos aspirations trouvent une réponse ». Cette deuxième édition du congrès est organisée par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, en collaboration avec l’archidiocèse de Compostelle. Le comité d’honneur est présidé par le roi d’Espagne, Juan Carlos, qui recevra Benoît XVI en novembre prochain. La première édition avait eu lieu à Rome, il y a 18 ans.

Source : Zenit