Archives de catégorie : Leaders mission

Le bienheureux del Portillo, successeur du fondateur de l’Opus Dei

Successeur de saint Josémaria Escriva à la tête de l’Opus Dei, le bienheureux Alvaro del Portillo est moins connu. Artège a publié récemment une « Petite vie » écrite par François Gondrand, qui l’a côtoyé, et qui se lit comme un roman. Il y est souvent question d’évangélisation… Interview de l’auteur.

Anuncioblog : Quelle est la place de ce bienheureux dans l’histoire de l’Église ?


François Gondrand : Celle de successeur d’un fondateur, saint Josémaria Escriva, dont il a vécu le message de l’appel de tous les fidèles à la sainteté, qu’il a propagé, et celle d’un grand serviteur de l’Église, puisqu’il a reçu, à partir de 1949, des charges de plus en plus importantes du saint-siège. Celles qui lui ont pris le plus de  temps ont trait à la préparation et au déroulement des travaux de Vatican II. Il a été nommé expert de plusieurs commissions antépréparatoires et préparatoires du Concile, et surtout secrétaire d’une commission chargée de rédiger un document sur la vie et la discipline du clergé et du peuple chrétien, Presbyterorum ordinis.  Il a aussi joué un rôle très actif dans la période troublée du post-concile, consacrant beaucoup d’énergie à faire connaître ses enseignements, notamment par la publication de deux ouvrages, Fidèles et laïcs dans l’Église, et Vocation et mission du prêtre.

– Comment considérait-il l’évangélisation par les laïcs ?

– Comme une surabondance de leur vie intérieure. « Puisque nous sommes tous appelés à la sainteté, quelles que soient notre situation et notre condition, disait-il, nous sommes tous appelés à participer à la vie du Christ. Par conséquent la vie du Christ doit être centrée sur le sacrifice eucharistique, dans lequel se réalise la plus grande union possible entre l’homme et le Christ. » On retrouve là le programme de Vatican II : l’évangélisation du monde de l’intérieur, ab intra disait le Concile.

– Comment parlait-il de l’Église, de la sainteté, de la messe, de la mortification ?

– 
Il écrivait encore, s’inspirant en cela de ce que prêchait saint Josémaria Escriva, que « si toute notre existence doit être co-rédemption, c’est dans la sainte messe que la vie acquiert une dimension co-rédemptrice ; c’est là qu’elle prend sa force et se manifeste de façon spéciale.
Voilà pourquoi la messe est la racine de la vie intérieure. Nous devons être bien unis à cette racine, et cela dépend de notre réponse. Le don que nous faisons de nous-mêmes vaut ce que vaut notre messe. »

Pour lui, le paganisme contemporain se caractérisait par la recherche à tout prix du bien-être matériel, avec, pour conséquence, l’oubli (la peur, la frayeur) de tout ce qui peut faire souffrir. Dans une telle perspective, des mots comme Dieu, le péché, la croix, la mortification, la vie éternelle… deviennent en effet incompréhensibles pour un grand nombre de personnes qui en ignorent le sens et le contenu.

– Comment Alvaro del Portillo évangélisait-il lui-même ?


– D’abord en appuyant et en poursuivant l’élan fondateur de saint Josémaria, quand il travaillait en première ligne à ses côtés. Puis, quand il a été élu à la tête de cette institution, en promouvant l’expansion de ses apostolats dans de nombreux pays. Cela se traduisait, non seulement par la promotion d’œuvres sociales et éducatives (dispensaires, écoles, universités, etc.), mais aussi par une incitation au témoignage chrétien, d’égal à égal, dans tous les milieux, des plus intellectuels aux plus modestes. En cela il s’identifiait totalement à l’esprit du fondateur de l’Opus Dei.

Trophées des Associations (Fondation EDF) : le projet d’académie Sainte Faustine sélectionné !

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Aujourd’hui, fête de Sainte Faustine, le projet d’académie Sainte Faustine porté par l’association Lights in the Dark a été sélectionné pour participer aux Trophées des Associations 2016 de la Fondation EDF.

Comme le précise cette dernière, « ces Trophées récompensent les actions menées en faveur des jeunes par des associations françaises. Le Trophée du Public, d’une valeur de 20.000 euros sera attribué à l’association ayant récolté le plus de votes sur sa page du site des Trophées. »

De fait, ce projet d’une académie entièrement dédiée à la formation des jeunes autour des questions du numérique entre pleinement dans l’objet des Trophées des Associations. L’association Lights in the Dark, qui porte ce projet, forme déjà les jeunes à travers le pays, comme le week-end dernier lors du Congrès mission à Paris (lire notre précédent article), lors d’un atelier sur l’évangélisation du continent numérique à travers les films ou les séries TV.

trophee8La Fondation Groupe EDF deviendrait ainsi la troisième fondation à soutenir le projet d’implantation de Lights in the Dark. Une autre fondation, la Fondation Radio Espérance, héberge en effet depuis plusieurs mois l’association pour l’émission de reçus fiscaux (dons, ISF, legs), tandis que la Fondation La Castille (83) lui a proposé l’usage du mas provençal ‘La Richaude’, situé sur son domaine, moyennant sa rénovation avec bail emphytéotique de 30 ans. Une aide foncière importante qui permettra à l’association digitale de s’incarner dans un lieu réel, permettant les rencontres en vrai.

Il reste donc à l’académie Sainte Faustine de passer la prochaine étape du concours des Trophées des Associations, fixée au 6 novembre, en obtenant un maximum de votes des internautes. Ceux-ci peuvent dors et déjà voter sur la page consacrée du site des Trophées (cliquer sur ‘voter pour notre association’ – un seul vote par personne possible).

(le code ‘iframe’ donnant l’image ci-dessus est aussi disponible sur demande, pour les animateurs de sites web)

Plus d’informations :

Congrès mission 2016 : focus sur Lights in the Dark, la nouvelle assoc’ dédiée à l’évangélisation du continent numérique

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La cuvée 2016 du Congrès Mission ne déroge pas à la règle de ces rassemblements sur l’urgence de la mission première de l’Eglise, l’évangélisation : c’est carton plein ! Réunissant 1500 missionnaires autour de la paroisse Notre-Dame-des-Champs et du lycée Stanislas, la rencontre du mouvement Anuncio a même eu les honneurs du journal Le Monde : le quotidien parle d’un «  réveil missionnaire » des catholiques de France.

Parmi les nombreuses initiatives présentées pendant le Congrès, une petite nouvelle : l’association Lights in the Dark, à qui l’évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey, a confié la mission d’évangéliser le continent numérique. Elle démarre ainsi un grand projet incluant la création d’un centre spécialement dédié à la formation des catholiques sur ce sujet, au sein de son diocèse (voir vidéo ci-dessous).

« Je tiens à ce que cette association animée par une équipe de jeunes laïcs s’incarne dans notre réalité locale, en plein cœur du domaine de La Castille, non loin des vignes et de notre séminaire diocésain. Dans ce but, je confie à cette association la rénovation d’un mas provençal qui s’y trouve, afin d’en faire ce lieu d’accueil, incluant la construction d’une chapelle où Jésus-hostie pourra être exposé. » Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon

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L’académie Sainte Faustine : un double objectif missionnaire

Le premier objectif de cette nouvelle mission est de permettre aux missionnaires de s’y ressourcer et de se former à l’évangélisation du continent numérique pour bâtir des projets audacieux et innovants. Dans ce lieu seront donc organisées des formations en présentiel ou en e-learning pour les « éclaireurs » de la toile, des rencontres régulières sur le sujet. Mais les membres de l’association seront aussi amenés, comme ils le font déjà, à se déplacer dans les diocèses qui le demandent pour y dispenser leurs différentes formations, en particulier aux jeunes de la génération Y, très demandeurs.

Le second objectif missionnaire est de développer les actions d’évangélisation à travers différents initiatives sur la toile (Lights in the Dark a déjà un certain nombre d’expériences réussies à son actif), mais aussi d’organiser des événements locaux afin de mettre les non croyants en relation avec l’Eglise (pour mener du web au réel, la fameuse rencontre IRL = in real life). « Notre intuition est que l’internaute non croyant et chercheur de sens puisse faire une vraie rencontre avec le Christ par l’intermédiaire de son Eglise. En d’autres termes, le mettre en contact avec la paroisse ou la communauté à côté de chez lui » explique Jean-Baptiste Maillard, Secrétaire Général de Lights In The Dark. 

Par cette action, le diocèse de Toulon entend accompagner le développement des nouvelles technologies de communication et transmettre la lumière du Christ dans le monde virtuel avec tout ce qu’il comporte d’embûches, et parfois aussi, de ténèbres.

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Forte de plusieurs expériences réussies en la matière avec des initiatives comme PieXII.com, L’Inquisition pour les nuls ou Ainsi soient-ils.com, Lights in the Dark animait pendant le Congrès un atelier sur le thème « comment apporter un éclairage sur les séries TV ou les films pour évangéliser » (voir photos ci-contre). De nombreuses personnes y sont venues se former, avec l’envie de participer à de nouvelles initiatives proposées par Lights in the Dark, preuve d’un réel intérêt et besoin sur le sujet.

Plus d’informations : www.lightsinthedark.info

 

Monprofilmissionnaire : à chacun sa manière d’évangéliser !

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Après un an d’activité, plus de 10.000 internautes se sont connectés sur le site www.monprofilmissionnaire.com pour mieux identifier leurs charismes missionnaires et mieux comprendre leur mode relationnel dans l’évangélisation. Nous l’avons testé pour vous : un outil très réussi à mettre entre toutes les mains !

Un an après son lancement, Monprofilmissionnaire.com se voit recommandé (sur la front page du site) par 6 institutions missionnaires, reconnues et qui font ‘autorité’ en France en matière d’évangélisation : Alpha-France, Anuncio, les Cellules paroissiales d’évangélisation, Priscille & Aquila, et les 2 écoles internationales d’évangélisation, Jeunesse Lumière et l’ESM de Paray-le-Monial (Communauté de l’Emmanuel).

Toutes utilisent les services du site pour la formation de leurs propres membres et recommandent sa diffusion pour la croissance et le développement de l’évangélisation. De plus en plus de services diocésains, de paroisses ou de mouvements utilisent et font connaitre ce service à leurs membres.

Avec Monprofilmissionnaire.com, plus de raison de ne pas évangéliser : chacun peut connaître son propre charisme ! Un outil que chaque chrétien devrait utiliser au moins une fois pour mieux répondre à ce commandement du Christ : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 29,19-20).

Attraction-communication : une nouvelle idée de l’évangélisation !

Attraction communication

Sur cette photo, Matthias est tout à gauche, en bleu : son épouse Régine.

 

Attraction Communication est une toute nouvelle agence qui vient de naître en Suisse, et dont on parle déjà beaucoup ! Fondée par un jeune couple (Matthias et Régine Rambaud) dans le but d’aider l’Eglise dans sa mission première, l’évangélisation, nous avons voulu les interviewer. Matthias est un habitué d’Anuncioblog : nous l’avions déjà interrogé ici en… 2007 ! Nous l’avons retrouvé avec plaisir sept ans plus tard !  

Anuncioblog : Pourquoi avoir créé Attraction Communication Services, d’où vous est venue cette idée ?

Matthias : Attraction est un élan, un appel né du constat qu’une génération se lève mondialement au cœur de l’Eglise catholique pour annoncer le Salut de manière renouvelée, mais ne sait pas forcément comment le faire et avec quels moyens. Il nous a donc semblé urgent de lancer une agence pro & catho pour équiper cette nouvelle génération de leaders avec les outils professionnels nécessaires à une communication qui libère l’Evangile dans le monde avec pertinence.

D’où vient ce nom ?

Le nom Attraction vient de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François. Texte qui a été pour nous une réelle confirmation de ce que nous portions en créant notre agence. Le souverain pontife y insiste, à la suite de son prédécesseur, que tout le monde à le droit à l’Evangile et que «les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable ». Il relève ensuite avec brio que « L’Eglise ne grandit pas par prosélytisme, mais « par attraction » ». Tout est dit !

Que propose concrètement votre agence ?

Nous proposons aux leaders catholiques un coaching individualisé qui comprend leur identité et qui leur apporte un éclairage spécialisé ainsi que des outils professionnels en communication dans une profonde communion avec l’Eglise universelle. Cela va de la réalisation d’un identité graphique complète à un logo ou une affiche, en passant par le positionnement stratégique (cibles, message, etc.) et le media training ou la formation à la recherche de fonds et l’organisation événementielle.

Quelle est l’importance de la communication pour l’évangélisation ?

Elle est incontournable ! Si nous voulons annoncer le Christ au monde, nous devons aussi nous adresser à lui grâce aux moyens de communication contemporains qui sont omniprésents dans nos quotidiens. Mais cette communication, pour être crédible, doit être de qualité, car si nous ne sommes pas responsables de la manière dont les gens accueillent le message salvateur de l’Evangile dans leur vie, nous devons pouvoir répondre de la crédibilité et de la qualité de notre annonce.

Quelles sont vos attentes ?

Que nous puissions contribuer, avec les responsables catholiques, à mettre debout une génération qui aime le Christ ainsi que son Eglise et qui se mobilise pour communiquer l’Evangile dans la société avec pertinence! « Dieu à tant aimé le monde »! Equiper d’outils professionnels est nécessaire, mais nous voulons aussi rappeler qu’il est d’abord central de se laisser renouveler par le Christ pour rayonner autour de soi.

Pour aller plus loin : www.attraction-communication.com

Natalie Saracco : « Jésus pleurait devant moi ! »

Natalie Saracco @ La Mante ReligieuseaNatalie Saracco est la réalisatrice du film La Mante Religieuse, au cinéma demain mercredi 4 juin. Son témoignage de rencontre avec le Sacré-Coeur de Jésus fait le buzz sur Internet… Interview exclusive.

Anuncioblog : Comment êtes-vous venue à ce film ?

Natalie Saracco : J’ai deux passions dans la vie, Dieu et le cinéma. Je suis dans ce dernier depuis l’âge de 17 ans. J’ai d’abord été comédienne, puis j’ai réalisé et produit trois courts métrages qui ont tous très bien marché. J’ai eu la chance de travailler avec Robert Hossein, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Mocky, Christine Gouze-Rénal… Mais il y a six ans, alors que j’étais sur un premier projet de film long, Larmes blanches, j’ai eu un grave accident à 130 km/h sur l’autoroute. J’ai alors vécu ce que certains appellent une NDE (expérience de mort imminente). A ce moment-là, j’ai fait une rencontre avec le Sacré-Cœur de Jésus. Il pleurait devant moi ! Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu « de tant d’indifférence de la part des hommes, à qui pourtant j’ai tout donné ». Devant sa souffrance d’être rejeté par nous ses enfants, mon cœur n’a fait qu’un tour et je lui ai dit : « je voudrais revenir sur Terre pour témoigner de ton amour fou pour nous tous et pour consoler ton cœur souffrant de nos péchés et de ton indifférence. Et boum, me voilà ! » C’est dans ce dynanisme là qu’est né La Mante Religieuse ; il ne faut donc pas s’étonner si ce film bouscule pour aller au cœur de la miséricorde !

A. : Qu’est-ce qui a changé dans votre vie depuis cet accident ?

N. S. : J’avais déjà la foi mais j’étais alors davantage dans une « idée » de Dieu. Je suis passé de l’état d’une femme qui rêve du grand amour, de son Roméo, en quelque sorte, à l’amour concret de Dieu et à son accueil dans ma vie. En fait, je suis passé de la foi « pantoufle », à la vrai rencontre du cœur, à la vraie rencontre du cœur, qui est de l’ordre du physique. Souvent on croit connaître Dieu et en réalité on l’enferme, pour se rassurer. Mais en fait, son amour ne s’enferme pas, il nous dépasse totalement !

A. : Que vous apporte la foi ?

N. S. : Je suis traversée comme par un courant d’air chaud permanent ! Dieu est meilleur que les plus grands vins de la Terre, c’est ça le vrai bonheur : c’est de nous laisser aimer par Lui, tels que nous sommes, malgré nos nombreuses imperfections. Il n’y a pas de casting avec Lui ! La foi donne un sens à ma vie, un sens réel et éternel. Pour ainsi dire : Dieu est le sens, et l’essence, c’est l’amour. Croire en Dieu c’est croire qu’Il est tout amour et que cet amour est plus fort que la mort. Vous savez, les super héros des Comics et des grosses productions américaines sont une pâle copie de ceux qui ont la foi : eux aussi rien ne les détruit, même pas la mort. D’ailleurs, avoir la foi ce n’est pas éviter la souffrance, mais c’est porter celle-ci avec la croix du Christ : Dieu t’aide à la porter, tu te réjouis en Dieu, il te sauve !

A. : Pourquoi avoir écrit La Mante Religieuse ?

N. S. : Quelque temps après mon accident, j’ai écrit le scénario de la Mante Religieuse. En douze jours : il a jaillit spontanément. En me relisant, j’ai bien vu que c’était une belle histoire d’amour avec le Seigneur que je voulais partager. Vous me direz que pour témoigner d’une rencontre avec le Christ, il n’y a absolument pas besoin d’un film, car même une personne allongée sur son lit d’hôpital peut le faire. Mais, de mon côté, je savais que mon charisme était le cinéma… C’était donc répondre à la question « qu’as-tu fait du talent qui t’est confié ». Car pour moi, les talents que j’ai reçus en tant que metteur en scène et auteur sont de Dieu. Les mettre à son service, pour les faire fructifier, au service de l’évangélisation, c’est une façon de remercier Dieu, de lui dire mon amour pour Lui, de lui rendre grâce.

Il fallait donc vraiment que je m’y mette, et le plus sérieusement et professionnellement possible… D’ailleurs je ne compte pas m’arrêter là, ce n’est que le début et, croyez-moi, je n’ai fini de sévir dans le milieu du cinéma ! Tout en sachant que nous sommes à contre-courant de l’esprit du monde. Ce qui est le plus terrible pour le Seigneur, c’est, encore une fois, de rester indifférent à lui…

A. : Sans tout dévoiler aux lecteurs de ce blog, quel est le pitch de la Mante Religieuse ?

N. S. : C’est donc l’histoire d’une jeune femme, Jézabel qui correspond à beaucoup de nos contemporains : belle, artiste, dans l’urgence du monde actuel, peintre très cotée à l’international… Elle n’a pas la foi et tombe dans une consommation des autres et d’elle-même. Elle est ainsi dans tous les excès, comme Marie-Madeleine possédée par ses sept démons. Malgré l’argent et le succès, elle est malheureuse comme une pierre. C’est donc une dénonciation du mal. Elle correspond donc à toute une génération, qui au lieu de regarder vers la lumière, descend de plus en plus bas, en spirale. Mais là, Jézabel rencontre un prêtre, le Père David… C’est donc l’histoire de deux mondes qui vont s’affronter. Qui l’emportera ? Mystère !…

A. : Comment avez-vous fait pour réussir à réunir presque 2 millions d’euros pour produire votre film, en partant de rien ?

N. S. : « Si tu as la foi grosse comme un grain de moutarde… » Je dois bien dire que sans Dieu et la motivation de travailler pour Lui, jamais je n’y serais arrivée. Dans l’abandon et les mains du Seigneur, j’ai pu être son instrument. Alors des portes se sont mystérieusement ouvertes, avec de très belles rencontres à la clef !

A. : A qui s’adresse en priorité votre film ?

N. S. : A tous les publics, mais en priorité la jeunesse désœuvrée, en perte de sens, et tous ceux qui n’ont pas la grâce de la foi. Malheureusement, donc, un très large public !

A. : En quoi le cinéma peut-il aider à faire une rencontre avec Dieu ?

N. S. : Il n’y a rien de plus touchant, de plus physique qu’un film. Un film fait tout de suite appel à vos sens : la vue par l’image, l’ouïe par le son et la force de la musique… Un film parle au conscient et à l’inconscient. A cette prédisposition naturelle s’ajoute l’immersion : vous êtes seul, dans une salle où l’on vous demande de couper votre portable, où ne pouvez pas zapper et changer chaîne, ni visiter un autre site Internet… Ainsi, vous pouvez touchez les cœurs par le message que vous aller faire passer, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle que Dieu vous aime et ne vous a pas abandonnés, qu’il ne veut pas vous enfermer dans votre péché mais au contraire vous sauver par son infinie miséricorde ! Là, il se passe alors quelque chose. D’ailleurs, il y a déjà des débuts de conversion autour du film… mais je ne vous en dis pas plus pour le moment !

A. : Comment se sont passées les avant-premières ?

N. S. : La trentaine d’avant-premières a affiché complet alors qu’il n’y avait pas encore de retombées presse nationales. Que ce soit à Lille, Lyon, Strasbourg, Versailles, Toulouse, ou Paris, les salles étaient remplies de jeunes. Demain le film sort en salles : l’aventure ne fait que commencer !

Nouvelle évangélisation : en avant toute !

 

Comment se préparer au synode de Rome ? Bons plans pour cet été… 

A l’occasion du synode pour la nouvelle évangélisation, Anuncioblog vous propose une série d’articles sur ce thème très régulièrement abordé ici depuis la création de ce blog en octobre 2007, il y a cinq ans, mais aussi de nombreuses propositions pour que chacun puisse y participer et vivre concrètement une expérience de mission.

Mais qu’est-ce qu’un synode ? C’est la réunion des évêques du monde entier autour du pape, comme un « séminaire » d’entreprise, sur un sujet donné.

En 1974, par exemple, avait lieu le 4ème synode des évêques, autour de Paul VI, sur la question de « l’évangélisation dans le monde moderne ». Comme ceci est raconté dans le livre Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France, cette rencontre au « sommet » de l’Eglise donna lieu, grâce au futur Jean-Paul II, à l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi. Cinq ans plus tard, Karol  Wojtyla devenu pape réclamait une « nouvelle évangélisation », depuis Nowa Uta, ville nouvelle de Pologne où les soviétiques n’avaient pas voulu construire d’église. Cet appel pour une évangélisation « nouvelle dans son ardeur, ces méthodes et son expression » fut précisé en 1983 à Haïti et très souvent rappelé ensuite. Benoît XVI, depuis qu’il est élu, l’évoque en moyenne tous les trois mois.

Il est tout naturel que le thème du prochain synode soit celui de la « nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » puisque la mission première de cette extraordinaire aventure humaine et spirituelle qu’est la vie de l’Eglise est justement l’évangélisation.

En attendant cet événement important dans cette vie de l’Eglise, déjà commenté par de nombreux médias, nous vous proposons également, amis internautes, un été tout spécialement missionnaire, pour vous y préparer.

Vous pouvez par exemple évangéliser sur la route de vos vacances, comme dans les trains (nous en reparlerons), mais aussi dans les aéroports, comme l’a suggéré récemment Benoît XVI, ou encore sur les plages, à vélo, en moto ou en stop !

Si la mission « en vrai » vous taraude, vous avez aussi, par exemple :

–       en ce moment même, la semaine de mission de rue et de porte-à-porte d’Adveniat (mission d’évangélisation du diocèse de Pontoise fondé par un groupe de jeunes)

–       une mission d’évangélisation de plages de la Communauté de l’Emmanuel

–       la troupe Duc in Altum qui recrute

–       sans oublier le Festival Anuncio, qui se dote d’un tout nouveau site Internet !

« Le temps de la proposition de l’Evangile est revenu ! »

En réponse à l’appel de l’évêque pour la quizaine missionnaire, et à l’occasion de la venue des reliques de Sainte Thérèse (patronne des missions!) à Marseille, une évangélisation de rue est proposée le dimanche 10 juin 2012 pour inviter les gens à prier dans l’église de St Ferréol – Vieux Port avant la messe des jeunes de 19h, pour proposer le Christ, comme IL nous l’a demandé et témoigner de Son Amour !

PROGRAMME :
de 15h30 à 19h : Mission dans les rues de Marseille.
19h : Messe des jeunes.

Si nous sommes assez nombreux, nous aimerions faire un flashmob dans l’après-midi, pour annoncer notre joie ! Tout dépend de votre présence !

Pour ceux qui le souhaitent, nous nous rencontrons au Centre Notre Dame du Roucas – 341 chemin du Roucas Blanc, 13007 Marseille –  le dimanche 10 juin 2012 à partir de 11h30 (pour adoration), 12h30 pic-nic partagé, puis prière et topo avant la mission….

CONTACT :saintethereseamarseille@gmail.com – 06 87 45 88 71

 
Extrait de l’interview du Mgr Pontier sur KTO – La vie des diocèses – diffusé le 04/11/2011
« Dieu est l’allié de notre joie » citation du Père Raniero Cantalamessa. Évangélisation organisée par le service des pèlerinages du diocèse et coordonnée par la Communauté du Chemin Neuf.

« Que notre langue ne soit pas engourdie ! »

Une homélie de Saint Grégoire le Grand

Notre Seigneur et Sauveur, frères très chers, nous instruit tantôt par ses paroles, tantôt par ses actions. Ses actions elles-mêmes sont des commandements, parce que, lorsqu’il fait quelque chose sans rien dire, il nous montre comment nous devons agir. Voici donc qu’il envoie ses disciples en prédication deux par deux, parce que les commandements de la charité sont deux : l’amour de Dieu et du prochain.

Le Seigneur envoie prêcher ses disciples deux par deux pour nous suggérer, sans le dire, que celui qui n’a pas la charité envers autrui ne doit absolument pas entreprendre le ministère de la prédication.

Il est fort bien dit qu’il les envoya devant lui dans toutes les villes et les localités où lui-même devait aller. En effet, le Seigneur vient après ses prédicateurs, parce que la prédication est un préalable : le Seigneur vient habiter notre âme lorsque les paroles d’exhortation sont venues en avant-coureur et font accueillir la vérité dans l’âme. C’est pourquoi Isaïe dit aux prédicateurs : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez les sentiers de notre Dieu.

(…)

Écoutons maintenant ce qu’il dit aux prédicateurs qu’il envoie : La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Les ouvriers sont peu nombreux pour une moisson abondante ; nous ne pouvons pas le répéter sans une grande tristesse. Il y a des gens pour entendre de bonnes choses, il n’y en a pas pour les dire. Le monde est rempli de prêtres, mais on rencontre rarement un ouvrier dans la moisson de Dieu ; nous acceptons bien la fonction sacerdotale, mais nous ne faisons pas le travail de cette fonction.Considérez, frères très chers, considérez le poids de cette parole : Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Vous-mêmes, priez pour nous, afin que nous puissions faire le travail auquel vous avez droit : que notre langue ne soit pas engourdie, quand il faut exhorter ; une fois que nous avons accepté la charge de la prédication, que notre silence ne nous assigne pas devant le juste Juge !

Communion-évangélisation 2012 : la nouvelle évangélisation, défi de l’Esprit Saint

Le week-end du 11-13 mai 2012 se déroulera à Avignon le Xème Forum national « Communion & Evangélisation » rassemblant 300 à 500 baptisés de toute la France impliqués dans la nouvelle évangélisation. Ce Forum prendra une importance toute particulière car il se déroule à 5 mois du synode à Rome sur la nouvelle évangélisation lancé par le pape Benoît XVI, et son thème général s’y rapporte directement : « Au cœur de l’Eglise, la nouvelle évangélisation : le défi de l’Esprit-Saint ! »

Il fête sa 10ème édition en 2012, confirmant en cela l’intuition initiale du Forum d’ancrer en Eglise la diversité et la richesses des nouvelles initiatives missionnaires. 

Le Forum se conclura par une grande célébration le dimanche après-midi avec plusieurs milliers de personnes attendues place du Palais des Papes, messe-anniversaire des 900 ans de l’Eglise cathédrale, la Métropole d’Avignon.

Forum exceptionnel intéressera particulièrement tous les catholiques et les pasteurs mobilisés par les nouvelles formes et le renouvèlement de l’évangélisation … ou susceptibles de l’être : prêtres, séminaristes, religieux, mais aussi de nombreux laïcs, beaucoup de jeunes, des animateurs en pastorale, responsables d’aumôneries, membres de conseils pastoraux, membres de communautés anciennes ou nouvelles !

Durant ce week-end, il sera question de :
– se former pour annoncer
– charité et évangélisation
– religieux dans la nouvelle évangélisation
– les jeunes sur le pont de la mission.

Avec :

Mgr Jean-Pierre CATTENOZ (Diocèse d’Avignon),
Mgr Dominique REY (Diocèse de Fréjus-Toulon),
Constance et Jean Philippe Le BLOAS
(Parcours EVEN),
Père GUERPILLON (Diocèse de St Etienne),
Moh-Christophe BILEK (Notre Dame de Kabylie),
Kolia et Marie-Dominique ROZE
(Communion Priscille & Aquilas),
Francis CAUWE (Parcours Zachée),
Romain ALLAIN-DUPRE (Semeurs d’espérance),
Jean Guilhem XERRI (aux captifs la libération),
Eric d’ALANÇON (le Rocher),
Père ESCLEF (Paroisse Notre Dame de Lourdes),

Une petite Soeur de l’Agneau,
Père Robert WRONA
(Fraternité Missionnaire Jean-Paul II),
Père Giorgio DIALE (Paroisse Ste Marie des Anges),
Sr Espérance PICOT
(Pastorale étudiante Toulouse),
Frère Baudouin ( Bethel & Réveillons les Cathos),
Alexis et Anne-Luce de LABARTHE
(Festival Anuncio),
Olivier LEFRANÇOIS (Pélé VTT),
Loraine RIVÉRIEULX (Adveniat),
Père LAGADEC (Isère-Anybody ?),
Guillaume LEONARDI (Surf & Pray).

Le Forum national « Communion évangélisation », c’est donc 48 heures pour faire le plein de grâces, d’idées et d’enthousiasme au service de la mission !

Pour tout savoir sur l’événement annuel en France consacré à la nouvelle évangélisation : www.communionetevangelisation.fr

Cantalamessa aux jeunes d’Anuncio

Raniero Cantalamessa au Festival Anuncio (c) Festival Anuncio

Le Festival Anuncio présent aux JMJ de Madrid a eu la chance d’accueillir Raniero Cantalamessa, prédicateur de la maison pontificale. Il a donné une conférence aux jeunes évangélisateurs d’Anuncio pour l’occasion.

Raniero Cantalamessa a décrit les fruits de la pentecôte à l’origine de l’évangélisation :

« Commençons par nous demander qu’est-ce que le Saint Esprit ? De quoi furent-ils remplis ? L’Esprit Saint c’est l’amour complet, substantiel, cet amour qui unie le Père et le Fils dans la Trinité, cette flamme d’amour, cette fournaise, plus forte que toute forme d’amour que nous connaissons dans le monde : l’amour érotique des époux, l’amour des parents pour les enfants, l’amour des amis. Tous ces amours sont des étincelles qui sortent de cet incendie d’amour qui est Dieu parce que Dieu est amour. Donc dire qu’ils furent tous remplis du Saint Esprit, veut dire tout simplement qu’ils furent tous remplis de l’Amour de Dieu. Ils firent une expérience inexprimable, d’être aimés par Dieu.

Dans la vie, la vie humaine, lorsqu’on s’aperçoit qu’on est aimé par la personne que l’on aime – vous les jeunes vous le savez ou vous le saurez plus tard – que se passe-t-il ? La vie change, il y a une lumière nouvelle, une énergie nouvelle. Tomber amoureux cela crée une différence immense. J’ai moi-même connu des garçons qui étaient paresseux, le matin leurs parents n’arrivaient pas à les faire sortir du lit pour aller à l’école, mais dés qu’ils sont tombés amoureux ils voulaient finir leurs études… C’est l’Amour !

Imaginez maintenant que les apôtres, ces créatures humaines, furent remplis de cela. C’est Paul qui nous explique la pentecôte comme cela – pas moi – en disant dans la lettre aux romains, chapitre 5 verset 5 «  L’amour de Dieu a été répandus dans nos cœurs (cela ne signifie pas notre amour pour Dieu mais l’amour de Dieu pour nous) par le Saint Esprit qui nous a été donné ». Pourquoi ne pas le dire ensemble maintenant :« l’Amour de Dieu a été répandus dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné ». Ça, c’est une explication synthétique de la pentecôte. La pentecôte c’est une expérience réelle et inoubliable. De fait, à partir de ce moment nous voyons les apôtres changer complétement, se sont de nouvelles créatures : pas de timidité, pas de peur, pas d’hypocrisie, pas de querelles… Nous verrons qu’à partir de ce moment-là lesapôtres sont complètement changés.

Mais, c’est un point essentiel, chers jeunes, parce que le premier message que nous devons donner aux jeunes et au monde c’est précisément ce message-là, celui de l’amour de Dieu. C’est ça que le monde attend et c’est celui-là le premier message que l’Eglise se doit de donner au monde : que le monde, et chacun de nous, est aimé d’un amour particulier par Dieu. »

La conférence se poursuit… mais nous vous laissons le plaisir de la lire et de la relire, sur le site d’Anuncio et télécharger la version PDF . Bonne lecture !

 

Africa munus : la nouvelle évangélisation

Partie consacrée à la nouvelle évangélisation, extraite du texte intégral de l’exhortation apostolique Africa Munus de Benoît XVI sur l’Afrique, rendue publique samedi dernier, lors de son voyage au Bénin, et disponible sur le site du Vatican.

LA NOUVELLE EVANGELISATION

159. Avant de conclure ce document, je désire revenir à nouveau sur la tâche de l’Église en Afrique qui est celle de s’engager dans l’évangélisation, dans la missio ad gentes, ainsi que dans la nouvelle évangélisation, afin que la physionomie du continent africain se modèle toujours plus sur l’enseignement toujours actuel du Christ, vraie « lumière du monde » et authentique « sel de la terre ».

A. Porteurs du Christ, « Lumière du monde »

160. L’œuvre urgente de l’évangélisation se réalise de manière différente, selon la diversité des situations de chaque pays. « Au sens propre, il y a la mission ad gentes pour ceux qui ne connaissent pas le Christ. Au sens large, on parle d’ “évangélisation” pour ce qui concerne l’aspect ordinaire de la pastorale, et de la “nouvelle évangélisation” pour ceux qui ne suivent plus une conduite chrétienne ».[212] Seule l’évangélisation qui est animée par la force de l’Esprit-Saint, devient la « loi nouvelle de l’Évangile » et porte des fruits spirituels.[213] Le cœur de toute activité évangélisatrice est l’annonce de la personne de Jésus, le Verbe de Dieu incarné (cf. Jn 1, 14), mort et ressuscité, pour toujours présent dans la communauté des fidèles, dans son Église (cf. Mt 28, 20). Il s’agit d’une tâche urgente non seulement pour l’Afrique, mais pour le monde entier, car la mission que le Christ rédempteur a confiée à son Église n’a pas encore atteint sa pleine réalisation.

161. L’« Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu » (Mc 1, 1) est le chemin sûr pour rencontrer la Personne du Seigneur Jésus. Scruter les Écritures nous permet de découvrir toujours plus le véritable visage de Jésus, révélation de Dieu le Père (cf. Jn 12, 45), et son œuvre de salut. « Redécouvrir la centralité de la Parole divine dans la vie chrétienne nous fait retrouver la signification la plus profonde de ce que le Pape Jean-Paul II a rappelé avec force : poursuivre lamissio ad gentes et entreprendre de toutes nos forces la nouvelle évangélisation ».[214]

162. Conduite par l’Esprit-Saint, l’Église en Afrique doit annoncer – en le vivant – le mystère du salut à ceux qui ne le connaissent pas encore. L’Esprit Saint que les chrétiens ont reçu au Baptême est le feu d’amour qui pousse à l’action évangélisatrice. Après la Pentecôte, les disciples « remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2, 4) sont sortis du Cénacle, où, par peur, ils s’étaient enfermés, pour proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. L’évènement de la Pentecôte, nous permet de mieux comprendre la mission des chrétiens, « lumière du monde » et « sel de la terre » sur le continent africain. Le propre de la lumière est de se diffuser et d’éclairer de nombreux frères et sœurs qui sont encore dans les ténèbres. La missio ad gentes engage tous les chrétiens d’Afrique. Animés par l’Esprit, ils doivent être porteurs de Jésus-Christ, « lumière du monde », partout sur le continent, dans tous les domaines de la vie personnelle, familiale et sociale. Les Pères synodaux ont souligné « l’urgence et la nécessité de l’évangélisation qui est la mission et la véritable identité de l’Église ».[215]

B. Témoins du Christ ressuscité

163. Le Seigneur Jésus exhorte encore aujourd’hui les chrétiens d’Afrique à prêcher en son nom « à tous les peuples, la conversion et le pardon des péchés » (Lc 24, 47). Pour cela, ils sont appelés à être témoins du Seigneur ressuscité (cf. Lc 24, 48). Les Pères synodaux ont souligné que l’évangélisation « consiste essentiellement à rendre témoignage au Christ dans la puissance de l’Esprit par la vie, puis par la parole, dans un esprit d’ouverture aux autres, de respect et de dialogue avec eux, en s’en tenant aux valeurs de l’Évangile ».[216] Pour ce qui est de l’Église en Afrique, ce témoignage doit être au service de la réconciliation, de la justice et de la paix.

164. L’annonce de l’Évangile doit retrouver l’ardeur des débuts de l’évangélisation du continent africain, attribuée à l’évangéliste Marc, suivi par une « foule innombrable de saints, de martyrs, de confesseurs et de vierges ».[217] Avec gratitude, il faut se mettre à l’école de l’enthousiasme de nombreux missionnaires qui, pendant plusieurs siècles, ont sacrifié leur vie pour apporter la Bonne Nouvelle à leurs frères et sœurs africains. Au cours de ces dernières années, l’Église a commémoré en différents pays le centenaire de l’évangélisation. Elle s’est justement engagée à diffuser l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore le nom de Jésus-Christ.

165. Afin que cet effort devienne toujours plus efficace, la missio ad gentes doit aller de pair avec la nouvelle évangélisation. En Afrique aussi, les situations qui requièrent une nouvelle présentation de l’Évangile, « nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes et dans ses expressions »,[218] ne sont pas rares. En particulier, la nouvelle évangélisation doit intégrer la dimension intellectuelle de la foi dans l’expérience vive de la rencontre avec Jésus-Christ présent et agissant dans la communauté ecclésiale. Car à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. La catéchèse doit donc intégrer la partie théorique, constituée de notions apprises par cœur, à celle pratique, vécue au niveau liturgique, spirituel, ecclésial, culturel et caritatif, afin que la semence de la Parole de Dieu, tombée sur une terre fertile, laisse de profondes racines et puisse grandir et parvenir à maturité.

166. Pour que cela advienne, il est indispensable d’employer de nouvelles méthodes qui sont à notre disposition aujourd’hui. Quand il s’agit des moyens de communication sociale dont j’ai déjà parlé, il ne faut pas oublier ce que j’ai noté récemment dans l’Exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini : « Saint Thomas d’Aquin, en mentionnant saint Augustin, insiste avec force : “Même la lettre de l’Évangile tue s’il manque, à l’intérieur de l’homme, la grâce de la foi qui guérit” ».[219] Conscients de cette exigence, il faut aussi toujours se rappeler qu’aucun moyen ne peut ni ne doit se substituer au contact personnel, à l’annonce verbale, ainsi qu’au témoignage d’une vie chrétienne authentique. Ce contact personnel et cette annonce verbale doivent exprimer la foi vive qui engage et transforme l’existence, et l’amour de Dieu qui touche et rejoint chacun tel qu’il est.

C. Missionnaire à la suite du Christ

167. L’Église qui chemine en Afrique est appelée à contribuer à la nouvelle évangélisation également dans les pays sécularisés, d’où provenaient auparavant de nombreux missionnaires et qui aujourd’hui manquent malheureusement de vocations sacerdotales et à la vie consacrée. Entre-temps, un grand nombre d’Africains et d’Africaines ont accueilli l’invitation du Maître de la moisson (cf. Mt 9, 37-38) à travailler à sa vigne (cf. Mt 20, 1-16). Sans diminuer l’élan missionnaire ad gentes dans les différents pays, et même sur le continent tout entier, les Évêques d’Afrique doivent accueillir avec générosité l’invitation de leurs confrères des pays qui manquent de vocations, et venir en aide aux fidèles privés de prêtres. Cette collaboration, qui doit être réglementée par des accords entre l’Église qui envoie et celle qui reçoit, devient un signe concret de fécondité de la mission ad gentes. Bénie par le Seigneur, Bon Pasteur (cf. Jn10, 11-18), elle soutient ainsi de façon précieuse la nouvelle évangélisation dans les pays d’ancienne tradition chrétienne.

168. L’annonce de la Bonne Nouvelle fait naître dans l’Église de nouvelles expressions,appropriées aux nécessités du temps, des cultures, et aux attentes des hommes. L’Esprit Saint ne manque pas de susciter aussi en Afrique des hommes et des femmes qui, rassemblés en différentes associations, mouvements, et communautés, consacrent leur vie à la diffusion de l’Évangile de Jésus-Christ. Selon l’exhortation de l’Apôtre des nations – « n’éteignez pas l’Esprit, ne dépréciez pas les dons de prophéties ; mais vérifiez tout : ce qui est bon, retenez-le ; gardez-vous de toute espèce de mal » (1 Th 5, 19-22) – les Pasteurs ont le devoir de veiller afin que ces nouvelles expressions de la fécondité pérenne de l’Évangile s’insèrent dans l’action pastorale des paroisses et des diocèses.

169. Chers frères et sœurs, à la lumière du thème de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afri-
que, la nouvelle évangélisation concerne, en particulier, le service de l’Église en vue de la réconciliation, de la justice et de la paix. Par conséquent, il est nécessaire d’accueillir la grâce de l’Esprit Saint qui nous invite : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Les chrétiens sont donc tous invités à se réconcilier avec Dieu. Alors, vous serez en mesure de devenir des artisans de la réconciliation au sein des communautés ecclésiales et sociales dans lesquelles vous vivez et œuvrez. La nouvelle évangélisation suppose la réconciliation des chrétiens avec Dieu et avec eux-mêmes. Elle exige la réconciliation avec le prochain, le dépassement des barrières de toutes sortes comme celles provenant de la langue, de la culture et de la race. Nous sommes tous fils d’un seul Dieu et Père « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45).

170. Dieu bénira un cœur réconcilié, en lui accordant sa paix. Le chrétien deviendra ainsi un artisan de paix (cf. Mt 5, 9) dans la mesure où, enraciné dans la grâce divine, il collabore avec son Créateur à la construction et à la promotion du don de la paix. Le fidèle réconcilié deviendra aussi promoteur de la justice en tout lieu, surtout dans les sociétés africaines divisées, en proie à la violence et à la guerre, qui ont faim et soif de la vraie justice. Le Seigneur nous invite : « Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).

171. La nouvelle évangélisation est une tâche urgente pour les chrétiens en Afrique, car eux aussi doivent ranimer leur enthousiasme d’appartenir à l’Église. Sous l’inspiration de l’Esprit du Seigneur ressuscité, ils sont appelés à vivre, au niveau personnel, familial et social, la Bonne Nouvelle et à l’annoncer avec un zèle renouvelé aux personnes proches et lointaines, en employant pour sa diffusion les nouvelles méthodes que la Providence divine met à notre disposition. En louant Dieu le Père pour les merveilles qu’il continue d’accomplir dans son Église en chacun de ses membres, les fidèles sont invités à vivifier leur vocation chrétienne dans la fidélité à la Tradition ecclésiale vivante. Ouverts à l’inspiration de l’Esprit Saint, qui continue de susciter différents charismes dans l’Église, les chrétiens doivent poursuivre ou entreprendre avec détermination le chemin de la sainteté pour devenir toujours plus apôtres de la réconciliation, de la justice et de la paix.

« La nouvelle évangélisation, c’est l’annonce du Christ »

 

Entretien avec le sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs

La nouvelle évangélisation n’est pas seulement la réponse à un défi mais l’« annonce » du Christ, fait observer M. Guzman Carriquiry, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs.

Une journée de réflexion, d’étude et de débat sur le synode et la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi en Amérique latine a eu lieu vendredi 11 novembre au Vatican, au siège de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, en présence de ses membres, les cardinaux Leonardo Sandri et Antonio Cañizares, du secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, Mgr Jean-Louis Brugues, et du chancelier de l’Académie pontificale des sciences, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo.

Etaient également présents des responsables latino-américains de la curie romaine, des recteurs de collèges pontificaux, des supérieurs et religieuses latino-américaines à Rome, ainsi que des responsables de mouvements et communautés nouvelles présents sur le continent.

Dans cet entretien à Zenit, M. Carriquiry souligne que la conférence a permis de définir les défis et objectifs pour l’Amérique latine, rappelant le précieux témoignage que représente la tradition catholique dans la mosaïque des dévotions populaires.

C’est sur le nouveau continent que s’est diffusée la nouvelle évangélisation, non pas comme une réponse à la menace de sécularisation, des sectes ou de tous ceux qui considèrent la foi comme une anomalie, mais plutôt comme fidélité au Christ, à l’Eglise et à l’annonce du message chrétien.

Zenit – M. Carriquiry, de quoi a-t-on parlé durant cette journée d’étude, qui étaient les participants ?

G. Carriquiry – Nous étions un groupe de 50 personnes qui a passé toute la journée à développer ce thème pour se mettre sur la voie du prochain synode : cela signifie marcher ensemble, marcher en communion. Cela est d’ailleurs un rappel de la nouvelle évangélisation telle qu’elle a été proposée par Jean-Paul II en Amérique latine.

Quel a été le thème central de vos discussions?

Vendredi, Mgr Fisichella a tenu la première conférence sur la nouvelle évangélisation, l’expliquant selon le magistère de l’Eglise. Il a rappelé que le premier rendez-vous sur la nouvelle évangélisation a été la conférence de Puebla, aussitôt après le voyage en Pologne. Jean-Paul II revint sur la question à Port-au-Prince en 1983. Le 12 octobre 1984, en vue de la neuvaine de préparation au Vème centenaire de l’évangélisation du nouveau continent, le pape rappela qu’une nouvelle évangélisation était nécessaire, comme celle des origines, avec le même potentiel de sainteté et de zèle missionnaire.

A quel point ce terme de « nouvelle évangélisation » a-t-il un rapport avec l’Amérique latine ?

On a évoqué le processus de définition du terme « nouvelle évangélisation » même à travers une étude très profonde, voire analytique à certains moments. Et cela depuis le Concile Vatican II, en passant par Evangelii Nuntiandi de Paul VI, et maintenant avec le pontificat de Benoît XVI et l’institution du dicastère pour la nouvelle évangélisation. On a étudié le concept de nouvelle évangélisation dans le magistère de l’Eglise, avec une forte référence à l’Amérique latine.

En quoi consistera le défi concret ?

La deuxième étape a été de définir les défis et les objectifs pour l’Amérique latine, affirmant que le patrimoine le plus précieux de ces peuples c’est la tradition de la foi catholique et que cette tradition est vivante parmi nous. Elle l’est grâce au nombre des baptisés mais grâce aussi aux trésors de cette grande mosaïque qu’est la religion populaire.

Cela s’exprime aussi dans la sagesse de la vie, dans la passion pour la justice, dans toutes les nombreuses expressions de la vie et de la culture de notre peuple. C’est pourquoi, à Aparecida, les évêques ont affirmé que la tradition catholique est le fondement même de l’identité originelle et de l’unité de l’Amérique latine.

Indubitablement la tradition est très importante …

C’est vrai, mais nous ne saurions nous contenter d’un « souvenir romantique » de la première évangélisation. Depuis, l’appellation de « continent catholique » a traversé les océans de la sécularisation. En Amérique, notre tradition catholique vit un fort processus d’érosion. A Aparecida, le pape Benoît XVI a parlé d’un processus d’affaiblissement de la foi en Amérique latine.

Quels sont les facteurs négatifs?

Il y a certainement une partie de la marée de la sécularisation qui envahit partout les réseaux urbains de l’Amérique latine. Il y a l’émigration de nombreux catholiques vers d’autres communautés chrétiennes et des sectes. Surtout là où l’Eglise est absente et n’offre pas de réponses suffisantes aux besoins religieux car affaiblie par son auto-sécularisation.

Par ailleurs, même les pouvoirs internationaux et locaux considèrent la « persistance » catholique en Amérique latine comme une anomalie à guérir. Plus profondément, toutefois, il y a l’effet de la présence particulière de l’hédonisme et du relativisme qui étouffent peu à peu la tradition chrétienne et l’ethos culturel de notre peuple.

Quelle réponse apporter à ces difficultés?

Là n’est pas le danger principal. La nouvelle évangélisation, selon Mgr Fisichella, n’est pas une réponse aux menaces que nous subissons. Non, le problème plus grand est celui de rester fidèles au Seigneur : dans la célébration, dans l’annonce du message et dans la transmission de la foi. La nouvelle évangélisation ne naît pas comme une réponse mais plutôt comme une exigence de base de notre état de chrétien, de la mission de l’Eglise. Si bien que, pour pouvoir évangéliser avec ardeur, il est fondamental que l’Eglise soit continuellement évangélisée pour pouvoir évangéliser.

Quelles sont les priorités?

Ce scénario a fait apparaître de nombreux éléments. La nécessité de disposer de plus de prêtres et de plus de saints, de former à une nouvelle évangélisation dans la culture de notre peuple. On a parlé de l’évangélisation des jeunes, un objectif fondamental, des paradigmes éducatifs et évangélisateurs des Journées mondiales de la jeunesse et de la marche des jeunes latino-américains vers Rio de Janeiro. On a approfondi le thème de l’évangélisation de la famille – aujourd’hui agressée et remise en question – comme la première Eglise domestique et école de communion, en commençant par le témoignage de la beauté d’un amour fidèle, fécond et heureux comme partie intégrante du mariage et du noyau familial.

On a parlé aussi de la coresponsabilité des laïcs dans la formation des nouvelles générations, des responsables laïcs présents dans tous les secteurs de la vie publique, académique, des communications sociales, de la politique, etc.

Enfin nous avons échangé nos expériences et propositions pour l’évangélisation en Amérique latine qui, aujourd’hui, se traduit par des missions sur le continent.

Propos recueillis par Hernán Sergio Mora – traduction : Isabelle Cousturié

Vient de paraître : Dieu et Internet

 


Internet concerne tous les chrétiens. Qui ne l’utilise pas pour communiquer et parler de Dieu ?

En quarante questions, Jean-Baptiste Maillard, auteur de Dieu est de retour, la nouvelle évangélisation de la France aux Editions de L’Œuvre en 2009, revient avec ce nouveau livre : Dieu et Internet*, publié aux Editions des Béatitudes, pour nous partager son expérience du réseau des réseaux.

Une première partie dresse le portrait du web d’aujourd’hui et y analyse la présence de Dieu dans le continent numérique, toute religion confondue. Un deuxième chapitre détaille l’esprit de toute mission sur Internet, ce qu’en dit l’Eglise, ses obstacles, ses enjeux, ses stratégies, ses promesses. La dernière partie traite des moyens concrets, simples ou plus complexes, pour se lancer dans cette aventure.

Un livre plein de recettes pratiques, d’anecdotes et de témoignages, pour tout public.
Premier témoignage sur le livre d’une lectrice : « Un livre que je prête à ma mère pour parler à son petit-fils sur Facebook ! » (Annick F.)

Préface de Mgr Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

Avec notamment :

Erwan Le Morhedec (Koztoujours), Edmond Prochain, Paul Ohlott (Topchretien), Père Joseph-Marie Verlinde (Final-age), Sylvain Gilardeau (Spreading light), Florent Masson (Etanchermasoif), Sylvie Carnoy (Le Jour du Seigneur), François Lespes (KTO), Aubry Pierrens (We consulting), Olivier Bonnassies et Guillaume Anselin (Aleteia), Guillaume de Prémare (Urgencecomcatho/Médias&Evangile), Père Pierre-Hervé Grosjean (Padreblog), Frigide Barjot (Appelalaverite), les Dominicains de Lille (Retraite dans la ville), Bertrand Couderc (L’Evangile au quotidien), Katja Tootil (ICEnet)

Interview de l’auteur en vidéo :


(*) Plus d’infos : le blog consacré www.dieuetinternet.com

Benoît XVI aux francophones : « Puisse l’Esprit Saint susciter des missionnaires généreux et audacieux »

 

Dimanche dernier, après la prière de l’Angélus, le pape Benoît XVI a rappelé l’importance de la « transmission de la foi », invitant à prier « pour les peuples des pays de vieille et de nouvelle évangélisation » et pour que se lèvent des « missionnaires généreux et audacieux ».

« Chers pèlerins francophones, la semaine missionnaire mondiale qui débute aujourd’hui oriente notre regard vers la transmission de la foi », a affirmé le pape en s’adressant aux pèlerins francophones, ce dimanche à l’issue de la prière de l’angélus, avant d’ajouter : « Ce don de Dieu naît lorsque le cœur est touché par sa Parole et s’ouvre à sa lumière ».

« Par le baptême, les chrétiens ont reçu la mission de faire connaître et aimer le Christ autour d’eux. Dans l’Église, ils sont nombreux à annoncer la Bonne nouvelle du Salut avec foi et courage », a-t-il précisé.

« Je vous invite à prier, a insisté Benoît XVI, pour les peuples des pays de vieille et de nouvelle évangélisation. Le Christ est venu pour tous. Puisse l’Esprit Saint susciter pour notre temps des missionnaires généreux et audacieux ! Bon dimanche à tous ! ».

Source : Zenit

« J’ai soif » cherche des volontaires pour le 22 juin

Réunion d’information le 16 juin à 20h…

Le 22 Juin, soir de la fin du bac, un gigantesque cube bleu luminescent de 9 m de haut sera dressé au beau milieu de l’avenue de Breteuil, à Paris. A l’intérieur, des prêtres serviront aux 3500 jeunes présents une boisson phosphorescente bleu mystérieux et remettrons à chacun d’entre eux un cube (« goodie ») contenant une parole du Christ.

L’Eglise Saint François Xavier, au bout de l’avenue de Breteuil, sera ouverte toute la nuit avec adoration permanente et la possibilité de se confesser.

Plusieurs milliers de jeunes étant attendus, « J’ai soif » cherche 200 volontaires : pour tous ceux qui veulent servir le jour J, la réunion des volontaires a lieu le 16 juin à 20h, au Bon Conseil, 6 rue Albert de Lapparent, dans le 7ème arrondissement de Paris. Venez !

Rdv sur la page communauté FB de l’opération pour de fréquents updatings :

page de l’événement sur Facebook

Renseignements : 06 79 72 43 68 et 01 53 69 64 28

(En partenariat avec Etanchermasoif.com)

Ecole de charité et de mission (ECM) : venez vous ressourcer !

L’Ecole de Charité et de mission (ECM), c’est prendre le temps de construire sa vie sur le Christ afin de rendre compte de notre espérance et être témoins de notre foi.

L’ECM propose un concentré de vie chrétienne. Nourri, guidé et accompagné pendant 9 mois, on y apprend à entendre la voix de Dieu, à lui répondre, et à faire l’expérience des transformations qui résultent de ce dialogue.

Les 4 piliers qui soutiennent ce chemin sont :
– la prière, louange, et temps de retraite
– la formation, qui nous permet de grandir dans l’intelligence de la foi, et goûter la joie de mieux connaître Dieu et son projet d’amour pour l’humanité.
– la charité, pour apprendre toujours plus à aimer et à être aimé en vérité, avec des temps de partage et du temps avec les plus pauvres.
– Et surtout la mission – l’évangélisation – pour découvrir la joie de devenir des témoins de l’Évangile et les instruments de Dieu.

Une année pour Dieu, une lumière pour toute la vie !

Venez découvrir l’ECM de la paroisse Trinité les mercredi 15 et 29 juin 2011 à la crypte de l’église. Plus d’infos : www.latriniteparis.com (rubrique jeunes pro).

Sur Facebook : l’invitation à l’évènement

Les pétitions peuvent faire avancer l’évangélisation

Quelle surprise de trouver sur le blog d’Edmond Prochain ce qui ressemble fort à une attaque en règle contre les pétitions et leurs coreligionnaires. Si d’ordinaire je suis et demeure assez largement d’accord avec notre blagueur en verve, je suis ici très étonné de découvrir cette sortie, que j’ai peut-être, il est vrai, mal comprise.

Il n’empêche. Déjà, au billet précédent, Edmond Prochain s’attaquait – sans vraiment le faire – à Jean-Marc Nesme, député de Saône-et-Loire, accessoirement maire de Paray-le-Monial. Du coup, Raymond Parquet n’a pas pu s’empêcher de lui répondre avec force et arguments via le blog Poil au nez.com. Et voilà que maintenant, c’est au tour des pétitionnaires d’en prendre plein leur grade, sous prétexte que certains ratent parfois leur timing(!).

Nous avons d’abord dans ce billet une reprise assez réussie de la Cigale et la fourmi, la cigale ayant bien sûr le rôle du signataire invertébré non repenti. Puis une description du catholique qui signe une pétition comme étant un vulgaire mouton à plusieurs pattes (l’histoire ne dit pas combien) ; « il faut bien avouer, dit-il, que c’est une habitude assez répandue chez les grenouilles de bénitiers, d’aller croasser en groupe à coups de signatures sous des textes écrits par d’autres ». Ce n’est pas très très cool pour ceux qui prennent la peine, d’une manière générale, de mouiller officiellement leur chemise. Mais Edmond Prochain va plus loin : il suggère même que le « catho pétitionnaire » rejoigne la série pas toujours très flatteuse de Révélateur TV, avec le « catho excessif charismatique », le « catho distrait » et le « catho parano ». Pas très sympa non plus pour tous nos frères cosignataires des mouvements de masse online !

Et puis alors quoi ? Je ne vois pas où est le problème de signer multitude de pétitions. En l’espèce, on ne peut pas dire qu’on se bat trop sur les lois de bioéthique… Et puis il y a quand même un certain nombre de pétitions qui ont eu de beaux résultats, utiles pour prendre conscience et réfléchir sur des sujets de société, utiles pour faire entendre la voix des catholiques, utiles pour faire avancer les choses… Lorsqu’il y a derrière une sérieuse stratégie d’influence, avec un volet lobbying, le succès n’est pas loin d’être au rendez-vous, et la cause entendue. Je pense par exemple à la pétition du Lundi de Pentecôte (racontée dans le livre de Marc Baudriller, Les réseaux cathos), qui fut une grande réussite. Je pense aussi à celle de Nous voulons KTO, racontée dans ce même livre (Frigide Barjot en parle aussi dans ses Confessions d’une catho branchée, paru ces jours-ci chez Plon) : ces 150.000 signatures permirent de faire annuler une décision laïciste du CSA par le Conseil d’Etat, ouvrant la porte à l’obtention d’une fréquence sur la TNT… Je pense encore à d’autres plus récentes, sans un immense succès apparent mais avec de belles retombées en terme de communication, comme Benoît j’ai confiance en toi ou l’Appel à la Vérité. Toutes celles-ci ont, n’en doutons pas, joué un rôle pour l’annonce du Christ. Et pour le soutien fraternel.

Mais je me pose alors cette question : à force de crier au loup à propos des pétitions – qui c’est vrai, ‘dérangent’ les parlementaires – à force d’agiter le chiffon rouge quand on voit grimper le nombre de signatures sans pouvoir le contrôler, ne risque t-on pas de décourager tous ceux qui signent régulièrement et qui, ainsi, participent, à leur façon, même modeste, aux grands combats d’aujourd’hui ?

A quelle nouveauté la nouvelle évangélisation fait-elle référence ? (1/4)

Evangélisation lors du festival de Cannes avec Anuncio

Dans la suite de l’entretien d’Alex et Maud Lauriot Prévost réalisé pour Zenit, nous leur laissons la parole pour vous proposer une série de billets sur cette question de la nouvelle évangélisation, de façon plus approfondie encore. Premier volet : pourquoi s’agit-il d’une impulsion missionnaire nouvelle ?

En créant cet automne le Conseil pontifical consacré à la nouvelle évangélisation et en annonçant la réunion d’un synode en 2012 sur ce thème, Benoît XVI place la nouvelle évangélisation à l’épicentre de la mission universelle de l’Eglise en ce début de 3ème millénaire.

Une impulsion missionnaire nouvelle

Pour beaucoup, la nouvelle évangélisation reste un mystère ; elle a cependant été bien définie dans ses contours et sa substance par Jean-Paul II.

1°/ Son contenu : il est bien entendu le même depuis 2000 ans. L’Eglise et le monde ont besoin d’une nouvelle évangélisation, non d’un nouvel Evangile ! Il s’agit simplement d’annoncer d’une manière nouvelle et avant tout renouvelée, en veillant à se concentrer sur le cœur de la foi qui peut retourner des vies, toucher et attirer les cœurs des croyants et non-croyants.

2°/ Ses causes : « On doit considérer comme dépassé dans les pays d’ancienne évangélisation, la situation d’une ‘’société chrétienne’’ qui se référait explicitement aux valeurs évangéliques… Alors que l’humanité est en recherche et bien souvent malade, notre époque nécessite une impulsion missionnaire nouvelle » (1). D’où l’importance, d’être avant tout à l’écoute du vécu de nos contemporains, de ses souffrances et de ses « maladies » intérieures, de ses attentes existentielles et des voies de traverse si souvent utilisées pour compenser leur méconnaissance du Christ et de son amour pour nous.

3° / Son état d’esprit : « Il faut raviver en nous l’élan des origines, en nous laissant pénétrer de l’ardeur de la prédication apostolique qui a suivi la Pentecôte (…) avoir la même disponibilité que les apôtres pour écouter les voix de l’Esprit, le même courage pour relever les défis missionnaires » (2). D’où l’importance d’une plus grande vie dans l’Esprit des communautés chrétiennes pour vivre de cet esprit apostolique, et d’une formation à la prédication kérygmatique.

4° / Ses conditions de mise en œuvre : « Celui qui a vraiment rencontré le Christ, il ne peut le garder pour lui-même, il doit l’annoncer, au risque de devoir se poser courageusement cette question : ‘si je n’ai pas le goût de l’annoncer, l’ai-je vraiment rencontré ?’ » (3). D’où l’importance pour les catholiques de relire et de discerner dans l’Esprit-Saint comment et où le Christ nous a rencontrés, aimés et sauvés, et de ne pas se contenter de se dire chrétien ou de pratiquer la religion catholique par tradition, habitude, simple choix intellectuel ou choix de valeurs.

5° / Ses exigences ecclésiales : « La mission est le signe le plus clair de la maturité de la foi » car elle témoigne d’une « conversion radicale de son état d’esprit » tant « au niveau des personnes que des communautés. C’est en devenant missionnaire que la communauté chrétienne pourra dépasser ses divisions et ses tensions internes et retrouver son unité et la vigueur de sa foi (…) On devra apprécier la valeur des organismes, des mouvements, des paroisses et des œuvres apostoliques de l’Eglise à la lumière de l’impératif missionnaire » (4). D’où la surprenante grille de discernement que le magistère de l’Eglise propose désormais d’utiliser pour mesurer – à partir de la mise en œuvre ou non de cette dynamique personnelle et collective de la nouvelle évangélisation – la « valeur » des différentes institutions ecclésiale et la « maturité » chrétienne des baptisés.

6 °/ Son universalité : il s’agit d’un impératif qui s’adresse à tous les baptisés. « La nouvelle évangélisation est un engagement qui nous concerne tous » (Benoît XVI) car il s’agit de « susciter dans l’Eglise un nouvel esprit missionnaire qui ne saurait être réservé un groupe de ‘spécialistes’, mais qui devra engager la responsabilité de tous les membres du peuple de Dieu » (5). C’est pourquoi la nouvelle évangélisation s’empare aujourd’hui progressivement de toute l’Eglise, bien au delà des seuls nouveaux mouvements (paroisses, diocèses, aumôneries, etc.) qui ont été parmi les premiers à faire jaillir toutes sortes d’initiatives missionnaires adaptées à notre génération.

7°/ Ses caractéristiques pratiques : « la nouvelle évangélisation demande à chacun une nouvelle ardeur, de nouvelles méthodes et un nouveau langage pour l’annonce et le témoignage évangéliques » (6).

Il est à noter qu’au travers de ces éléments, les papes lancent avec vigueur et de façon réitérée, à la suite de Saint Paul, un appel à « être toujours prêt à rendre compte de l’espérance qui nous habite à quiconque nous en fait la demande ». Demandons ensemble la force de l’Esprit-Saint pour que nous soyons à notre tour les témoins dont le Christ à besoin pour rassasier la soif de tous nos contemporains !

Nous allons revenir sur les trois éléments majeurs qui caractérisent la nouvelle évangélisation selon Jean Paul II: « une nouvelle ardeur, de nouvelles méthodes et un nouveau langage ».

La semaine prochaine : pourquoi s’agit-il d’une évangélisation nouvelle par son ardeur ?

Références

(1) Jean-Paul II « Au début du nouveau millénaire » § 47
(2) Idem § 3 puis 30
(3) Jean-Paul II « Au début du nouveau millénaire » idem § 40
(4) « La Mission du Christ Rédempteur » § 48 et 49
(5) Jean-Paul II « Au début du nouveau millénaire » idem § 40
(6) Jean Paul II – 25 mars 1992

Cultiver la joie

En évangélisation, il est un témoignage qui marque plus que les autres, c’est celui de la joie. Dans un monde où tant de gens sont tristes – à commencer par les plus jeunes – être joyeux, sans être neuneu, détonne tellement que l’on ne peut s’empêcher de creuser pour savoir « d’où ça vient ». Remettons à l’honneur le témoignage direct, de personne à personne – 70% des conversions d’après des spécialistes – pour lequel il est essentiel de rayonner de joie. Et si nous en manquons, c’est une bonne occasion de nous demander pourquoi !

Pier-Giorgio Frassati. Ce n’est évidemment pas un hasard si l’un des plus grands papes de l’histoire nous a donné comme guide l’un des bienheureux les plus attachants qui soient. Il est un bon exemple pour notre temps, où, sans vouloir jouer les vieilles râleuses, « les jeunes » sont quand-même dans l’ensemble assez tristes. D’autres générations sont mortes en masse de lèpre ou à la guerre, aujourd’hui, c’est le suicide, et les nuits de beuveries sur les routes, ce qui s’en rapproche. Désespoir, tristesse, manque de joie, marquent de leur fer rouge de jeunes âmes, qui devraient au contraire rayonner de soleil et d’appétit de vivre. Quelle peut être la cause d’un tel état de fait ? Les difficultés ? Mais Pier-Giorgio lui même vivait dans des situations que beaucoup auraient jugées désespérées, entre des parents qui se déchiraient et qui n’étaient pas loin de le considérer comme un idiot, et un pays qui se vautrait dans le fascisme et les trahisons. Il en aura porté, des combats, des souffrances, et des humiliations, et si tel ou tel cliché très rare laisse entrevoir un peu dans le feu de ses yeux l’intensité des souffrances intérieures qui le torturaient parfois, il passe avant tout pour être rayonnant de joie. Il savait transformer en joie ses croix. Non pas de lui-même, de sa propre substance, mais dans la foi. Il portait toutes ses croix à la suite de Jésus, dans une foi absolue et confiante, se nourrissant jour après jour, fidèlement, quotidiennement, bêtement diraient certains, de Jésus dans l’Hostie, d’une prière jamais vraiment rompue, d’une grande intimité avec Notre-Dame. Appuyé sur la foi catholique, faible en lui-même, petit, humain, comme vous et moi, il a puisé en Christ, son Seigneur et notre Seigneur, la force de recevoir épreuves et consolations avec un même cœur. Et de mettre sa foi en actes.

On retrouve en Pier-Giorgio quelque chose de saint François – dans sa simplicité, dans son rapport aux autres, dans son goût de la création. Dans la façon aussi d’être dur avec soi mais de tout pardonner aux autres. Un peu du regard de Jésus – qui serait bien placé pour condamner, le seul à pouvoir donner des leçons, et que l’on voit au contraire doux, humble, obéissant.

La vraie joie est dans l’obéissance à la volonté du Père. La vraie joie est de vivre dans l’instant présent. La vraie joie est dans le « fiat » sans cesse renouvelé, l’acceptation pleine et sans retenue de la volonté de Dieu pour moi. La vraie joie est dans ces vertus qui ne seront jamais à la mode, qui semblent aller contre l’épanouissement de soi, la liberté et la virilité, mais que pourtant les plus grands saints ont décidé de vivre, et qui font la différence : fidélité au magistère, humilité, confiance, obéissance. S’y ajoutent louange, fréquentation des sacrements, de la Parole. Et, cerise sur le gâteau, ou couronne sur la tête, la charité active.

La vraie joie, c’est de faire son ménage avec application, pour offrir à mon visiteur une pièce propre. La vraie joie, c’est de remplir avec précision ma feuille d’impôts, de payer mes employés à l’heure, d’obéir avec le sourire quand mon évêque me demande des choses qui me déplaisent ou vont contre mes rêves et mes aspirations. La vraie joie, c’est de prendre un quart d’heure pour montrer au stagiaire comment marche la photocopieuse, quand mon « rang » et mon « grade » devraient me faire mépriser ce genre d’occupation. La vraie joie, c’est de tenir les portes, de vider les poubelles, de sourire à la standardiste, d’écouter les flots de paroles d’un enfant de six ans, de ramasser les chaussettes sales, de nettoyer le lavabo, ou de curer les chiottes. La joie n’est pas dans les discours ou les scènes de quinze mètres par dix. Enfin, elle l’est aussi, mais si on écrit les discours ou imagine les scènes de quinze par dix avec la même humilité que si l’on se cantonnait à vider les poubelles ou balayer le pavé. La vraie joie, c’est de considérer comme supérieur à moi, comme un prince, celui, ou celle, qui vide les poubelles et balaye le pavé. Et comme on demandait à Pier-Giorgio, fils du Sénateur et Directeur de la Stampa, pourquoi il voyageait en troisième, il répondait, et c’était véritablement sincère : « parce qu’il n’existe pas de quatrième ».

Vous savez, il y a une image qui revient parfois, celle de l’humilité de l’eau : « Seigneur, rends-moi humble et disponible comme l’eau ». Disponible, on voit, l’eau rafraîchit qui la boit, et au bord des fontaines, elle se donne, elle coule, que l’on soit là ou pas pour y puiser : ainsi devons-nous être, ainsi de notre joie. Mais humble, comment l’eau est-elle humble ? C’est une simple histoire de gravité : elle descend, elle descend toujours, elle atteint quoi qu’il lui arrive le point bas. L’eau, quelle que soit la configuration du lieu, prend toujours la dernière place, elle se glisse toujours au plus bas. Ainsi doit être notre humilité : simple, avec gravité.

La vraie joie n’est pas le fruit de la louange, comme je l’ai longtemps cru ; elle y conduit. On ne fait pas pousser les salades en tirant sur les feuilles, on ne fait pas du champagne en secouant du vin, on ne rend pas témoignage à la Joie en accrochant sur ses dents de devant un sourire de vert luisant. La Joie naît de la fidélité. La Joie naît de l’obéissance. La Joie naît de l’humilité. Et si Dieu me veut cruche oubliée sur une étagère, je serai une belle cruche, et j’entretiendrai bien mon étagère. Au jour qu’Il décidera, Il me prendra, me posera sur une table, me remplira de fleurs, un bouquet de lumières, mille sourires, et plus que mille martyres, c’est ma fidélité qui portera son fruit, même si les fleurs me cachent, descendent jusqu’à terre, et que je n’entends pas s’exclamer « quelle belle cruche » ! Et ça Lui ressemble assez de mettre des fleurs dans une cruche. Le vase s’est cassé, il avait mieux à faire, que d’attendre sur une étagère ; il avait un projet génial et un plan différent ! Il était incompris, il fallait qu’il respire, qu’il soit lui, qu’il leur montre. Il a malheureusement fini à la poubelle. Mais s’il se convertit, qui sait ! Peut-être sera-t-il remblai sur la route, ou peut-être un enfant peindra-t-il des soleils sur ses éclats.

«  Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes. Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. » (Ro 14, 17-19).

Que le Dieu de Jésus nous donne à tous la paix, qu’Il entretienne en nous des sentiments d’humilité, de pauvreté, et de simplicité, qu’Il déploie en nos âmes des trésors de bonté, qu’Il mette en nous sa Joie, celle qui passe les morts et les souffrances, et qui naît à la Croix, qui est comme un reflet, sur nos visages, de sa Gloire et de sa Beauté. Amen.

Florent Masson

Un site à visiter au sujet de Pier Gorgio Frassati : la Compagnie des Types Louches

Guérir les cœurs brisés

Il peut s’appeler Saïd, François ou bien Kevin. Il a seize ans. Et il vit un enfer. Pour tous ses camarades, il le sait, s’ils savaient qui il est, il serait rejeté, maltraité, humilié. Il vit dans la tristesse, en permanence. Aucune joie ne l’atteint. Car il y a, entre le monde et lui, un secret redoutable qui filtre toute sa joie, qui gomme tout son plaisir ; c’est un autre, lui semble-t-il, qui vit sa vie à sa place. Lui est là, hors d’atteinte, dans une citadelle de peur et de silence.

Il ne peut jamais se détendre, jamais se relâcher, il craint la faute, le geste, le regard, qui pourraient le trahir. Il est sur le qui-vive, en permanence. Et il vit un enfer quand, entre camarades, ils raillent ceux qui sont comme lui. La peur génère la haine. On en rajoute. Il est bien le premier à se moquer « d’eux ». Surtout, ne rien montrer.

Le sport est un enfer, les douches aussi. Il en vient à craquer nerveusement. Plus il avance en âge, plus il est traversé de soubresauts, de crises ; ce corps qui ne demande qu’à s’épanouir, il lui semble devoir le brider, le punir, de ne pas lui obéir, d’aller vers ces tendances qu’il ne peut maîtriser. Et pourtant, il est « ça », il est « comme ça ». Il voudrait demander pardon à ces filles avec qui il est sorti, qui n’ont pas compris sa distance, qui ont pris sa mélancolie pour un beau romantisme, qui ont aimé ses goûts, et son humour. C’est tellement facile d’être drôle, quand on pense à se pendre. L’enfer pousse à grandir, la survie en terrain ennemi pousse à l’intelligence, celle des gens, celle des situations.

Le plus dur, c’est encore l’aumônerie, la messe, sa relation à Dieu. Il croit, pourtant, il croit, de toute son âme, à l’âge ou beaucoup d’autres ricanent de toutes ces choses, lui il croit en un Dieu unique, aimant, et bon. Oui, bon, même s’il ne comprend pas pourquoi Il l’a créé comme ça, pour lui dire, en substance : meurs à ce que tu es.

Il a vu dans un catéchisme, chez l’aumônier, tout ce que la foi catholique lui propose de vivre : porter sa croix. Maîtriser ses instincts. Porter sa croix. Rester célibataire. Porter sa croix. Ne jamais faire l’amour. Porter sa croix. Ne vivre aucune tendresse. Porter sa croix. Attendre que son corps soit vieux, qu’il ne puisse plus rien faire, pour être libéré des désirs qui le crucifient. Porter sa croix, en silence, affronter les questions muettes, affronter les marieuses familiales, repousser tous les partis, ne rien dire, ne jamais rien trahir.

Parfois, quand il se sait tout seul à la maison, il se place devant sa glace, il touche son épaule avec le dos de sa main, et il marche les deux pieds sur une ligne, en imitant les « folles ». Et puis il s’injurie : « Pédale ! fiotte ! tarlouze ! » Et puis, il fond en larmes. Et il pleure des torrents de larmes. Et il a même une fois emprunté ces mots à Jésus-Christ : mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Je demande pardon pour toutes les fois où je t’ai fait souffrir, mon ami, pardon pour n’avoir pas su voir tes peurs ; pardon pour, au lycée, m’être moqué des « tantes » ou des « pédés ». Pardon pour nous, les catholiques, qui, si tu es des nôtres, te poussons soit au silence total, soit à quitter nos rangs, et à te marginaliser, à t’éloigner de Dieu, parce que t’avons fait croire que nous sommes meilleurs que toi, qu’il n’y a pas de place pour toi dans le Royaume de Dieu. Pardon pour tous ces pères qui se croient infaillibles, qui ont poussé leur fils vers la sortie, pour n’avoir pas su dire « je t’aime » quand il a surmonté des montagnes de peur et de douleur pour tout leur avouer. Car lequel de nos actes, dans notre vie, est moitié aussi courageux que ceux de ces enfants qui affrontent le regard de leurs parents ? Et quelle douleur peut naître dans le cœur d’un ado de se sentir coupable de ce qu’il n’a pas voulu, et qui comprend bien qu’il déçoit, « trahit », que ses parents vont passer le reste de leur temps à se demander « ce qu’ils ont raté », ou pire, « ce qu’ils ont fait pour mériter » un fils, une fille comme ça ?

Il y a chez les protestants de « God TV » une émission appelée « Coming out » où des hommes et des femmes témoignent à visage découvert comment Jésus les a libérés de l’homosexualité. J’admire leur courage, je pleure notre lâcheté. A force de ne plus annoncer Jésus ressuscité et maître de résurrection, nous en venons à ne pas laisser s’exprimer la puissance du Saint-Esprit. Ces chemins de libération que, par nous, Jésus donne pour les hommes, nous les voilons. Car il est plus facile de condamner les dérives de ce temps, que de vider ses tripes sur la table, oser se coltiner à la misère humaine, et croire, contre toute espérance, que Jésus est la Voie pour chacun. Voie de Vie, Voie de Joie, Voie de Guérison. Cela ne peut se vivre dans des groupes frileux, chez des tièdes, qui ne croient plus en rien, surtout la compassion. Ceux qui se disent en boucle qu’il faut d’abord appeler les psys, les toubibs, et les éléments naturels, comme paravent ou explication à tous les phénomènes bizarres, mer qui s’ouvre ou garçon qui guérit.

Il n’y a jamais de miracle sans folie de croire. Il n’y a pas de miracle intellectuellement acceptable. Il n’y a que la folie de croire qui répond à la folie d’aimer de Dieu. Il y a des enfants qui crèvent, des jeunes qui s’ouvrent les veines, et qui, plus que tous autres, attendent un espérance. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi, et marche. Tu es beau, plus beau que le plus beau des enfants des hommes. Et ton Père te chérit. Il enverra ses anges, et tes pieds ne seront pas écorchés. Ton bien-aimé arrive, il court sur les collines, il te dit à quel point Il t’aime.

Qui n’a jamais suivi le cercueil d’un ami, reçu des confidences, ou essuyé des larmes, a peut-être du mal à comprendre tout ça. Mais le Maître Lui-même le dit : Il n’est pas venu condamner, mais guérir. Il s’en va vers le Père, pour nous donner l’Esprit, et nous rendre capables de saisir sa Vie, pour la donner à d’autres, et faire même de plus grandes œuvres que Lui. Laissons les journalistes gloser sur la capote. Dire que le pape est vieux. Reparler des croisades. Par contre, ne restons plus en-dehors des combats pour l’Homme. Toute souffrance est nôtre, et Christ l’a portée. A travers des adolescents, des adultes, Il dit : j’ai soif.

C’est aussi cela, l’évangélisation : il nous faut inventer des chemins de courage, de tendresse et de guérison. Des chemins d’amitié sincère, qui osent la prière, et qui ouvrent à la résurrection. Des chemins qui essuient les larmes, qui versent sur les plaies le vin de vérité, l’huile de compassion. Dire le mal, dire le bien, et surtout, se faire le prochain. Ne jamais rien trahir de la foi catholique romaine, garder en ligne de mire la Parole et les Sacrements. Et se faire pauvre avec les pauvres, se sentir solidaire de qui pleure et espère. Redonner de la joie à ceux que même leur maman ne connaît pas, que seul Dieu voit et aime comme ils sont à la vérité. Avoir pour eux comme le regard de Dieu. Celui qui aime de manière inconditionnelle, qui appelle à la Vie, et qui est éternel.

Ca commence aujourd’hui, autour de toi. Ca commence par ton frère ou ton meilleur ami. Ou par ton fils peut-être.

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. » Lc 4, 18-19.

Que l’Esprit du Seigneur soit sur toi et sur moi. Amen.

Florent Masson

Jean-Pierre Denis (La Vie) : « l’évangélisation est une question fondamentale pour l’Eglise et pour la société »

A Lille les 23, 24 et 25 septembre prochains auront lieu les premiers Etats Généraux du christianisme. Un projet simple, mais un peu fou : rassembler des milliers de participants et une centaine d’intervenants autour de la question « Notre époque a-t-elle besoin de Dieu ? ». Zenit publiait hier une interview que nous avons faite de Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie, à l’initiative de l’évènement.

J.-B. Maillard – Pourquoi organisez-vous ces Etats Généraux du christianisme ?

J.-P. Denis – Depuis la longue séquence de l’affaire Williamson jusqu’au débat sur la pédophilie, il nous a semblé qu’il était indispensable de montrer que le christianisme est autre chose que des polémiques stériles.

Le message du christianisme est très important pour notre société et il faut tout faire pour qu’on l’entende. De plus, j’ai rencontré ces derniers temps de nombreuses personnes et j’ai constaté que beaucoup d’entre elles ont très envie de parler du christianisme.

L’époque appelle à un véritable œcuménisme, c’est-à-dire un dialogue avec ceux qui ne sont pas forcément d’accord avec nous. Nous avons besoin d’un état des lieux du christianisme, sans nier nos identités et nos convictions. La crise du christianisme est indéniable, et en même temps il y a véritable attente spirituelle dans notre société. Il faut saisir ces deux bouts pour faire entendre un message positif. Enfin, nous en restons trop souvent à des débats de culte ou de sacristie, alors qu’on nous attend sur les questions de société abordées sans tabou.

Y a-t-il une urgence à se poser la question de la place du christianisme ?

Oui, il y a urgence. La société est aujourd’hui déchristianisée. Elle accepte le message quand il est dans son sens, mais sinon on trouve l’Eglise moralisatrice, ringarde et déplacée. Je crois que le christianisme est le caillou dans la chaussure, la seule contre-culture critique et imaginative. Le message chrétien est une nouveauté pour la société, une radicalité provocatrice. D’ailleurs, je publie ces jours-ci un livre qui s’intitule « Pourquoi le christianisme fait scandale ? ». En même temps, il y a dans la société déchristianisée un regain d’intérêt pour le spirituel.

Quelle est la différence entre christianisme et chrétienté, entre un christianisme défensif et un christianisme rayonnant ?

Le mot chrétienté renvoie à un passé où le christianisme était dominant et donnait forme à la culture. C’est parfois une nostalgie qui enferme et dont il faut sortir. Le christianisme rayonnant s’incarne dans le monde sans être du monde, il témoigne. Lorsqu’on atteste sans arrogance sa foi, cela intéresse. C’est nouveau et très prometteur dans notre société : nous sommes sortis de l’époque où nous pouvions partir en conquérants, déclarant « je détiens la vérité ». Maintenant, il faut dire ce en quoi nous croyons.

Les personnalités invitées ont des positions très diverses, on trouve quelques catholiques qui ne suivent pas toujours le magistère de l’Eglise. Pourquoi ?

Les clivages existent toujours : si nous ne sommes pas d’accord entre nous, parlons-en ! Oublions nos petites excommunications réciproques. L’époque nous appelle au dialogue. Je n’ai pas demandé aux intervenants de me dire à l’avance ce dont ils vont parler, je ne leur demande pas à l’entrée de certificats de bonne pensée ou de diplômes de théologie. C’est ainsi que Christine Pedotti, de la conférence des baptisé(e)s de France, débattra avec M. l’abbé Vincent Ribeton, de la Fraternité Saint Pierre. Aucune sensibilité ne sera exclue. Il y aura aussi des non-chrétiens et nous avons le soutien de l’Université catholique de Lille, de l’évêque Mgr Ulrich, sans qui les Etats Généraux n’auraient pas lieu.

Un débat est intitulé « Changer l’Eglise, oui, mais dans quel sens ? » : croyez-vous qu’il faille changer l’Eglise ?

Les fondamentaux ne changent pas, l’Eglise est toujours en mouvement et la tradition, vivante. Il s’agit donc de distinguer ce qui est fondamental et qui ne doit pas changer de ce qui évolue et peut être amélioré. Je n’ai pas la conclusion, l’aventure est en marche.

La dernière séance plénière pose la question de l’évangélisation. En quoi est-ce une question importante ?

Depuis les origines du christianisme, l’annonce est ce qui nous fait vivre. L’évangélisation est donc une question fondamentale pour l’Eglise et pour la société.

Mais il y a beaucoup de débats derrière ce mot. Premier débat, faut-il une évangélisation explicite ? Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour dire qu’une annonce de la foi est nécessaire. Deuxième débat, quels sont les contenus de l’évangélisation et comment faut-il procéder ? Il y a de nombreuses méthodes : seront présents les responsables des Cours Alpha, les Scouts de France et les protestants évangéliques.

Votre journal parle de plus en plus d’évangélisation. Est-ce une volonté affichée ?

Oui, clairement ! Les chrétiens sont soucieux d’annoncer l’Evangile depuis les origines de l’Eglise, cela me semble une évidence. Mais l’évangélisation n’est pas le monopole des mouvements qui répondent à l’appel de la nouvelle évangélisation, ce souci est à la racine même de l’Action catholique, par exemple. Il y a des approches différentes : l’opposition faite entre les différentes sensibilités est dépassée Un mauvais procès est souvent fait aux chrétiens de fibre sociale quand on pense qu’ils n’ont pas ce souci. La « catho pride » n’est pas la seule évangélisation, toute mission suppose une certaine forme d’humilité.

Quelle place aura la prière lors de ces Etats Généraux ?

Les Etats Généraux ne sont pas un colloque, mais une rencontre. Se rassembler sans Dieu serait dommage, aussi la prière sera présente tout du long. Il y aura une nuit entière de prière, pour toutes les sensibilités. Les moines trappistes du Mont-des-Cats diront exceptionnellement l’office de la nuit avec nous. Un temps d’adoration sera animé par Jeunesse 2000, une louange avec la communauté de l’Emmanuel, et puis Taizé, le Chemin Neuf, Coexister, les sœurs cisterciennes bernardines de Saint André, le cœur orthodoxe de la paroisse Saint Nicolas de Lille… Nous terminerons ces journées par une célébration œcuménique avec le vice-président de la conférence des évêques de France et son homologue orthodoxe.

J’ose dire qu’au-delà des paroles, cette dimension de communion, ce moment de prière en commun sera un moment historique pour l’Eglise en France. Je crois qu’il n’y a pas d’engagement sans spirituel, et de spirituel sans engagement. La prière permet de croiser la dimension horizontale et verticale du christianisme.

(1) Pourquoi le christianisme fait scandale, éloge d’une contre culture, Editions du Seuil, septembre 2010

Source : Zenit

Pour en savoir plus et suivre l’évènement en temps réel : le blog des Etats Généraux du christianisme (sur La Vie.fr)

Elle court pour les Enfants du Mékong

Pourquoi courrez-vous ?

Des amis m’ont entraînée l’année dernière à participer aux 20 kilomètres, ce qui m’a demandé de nombreuses séances d’entraînement pour me mettre à niveau, car la barre me semblait haute. Finalement, mon corps a lâché le premier pendant la course et j’ai du finir les derniers 300 mètres… embarquée sur un zodiac, entourée de deux forts beaux garçons de la protection civile en mer, sur la Seine. Malgré ce passage sympatique, ce fut une immense déception. Je me suis promise de ne pas rester sur cet échec et de repasser avec plus de gloire la ligne l’année suivante. Mais j’avais tout de même besoin d’une motivation de choc pour m’y remettre. Le Défi du Mékong m’a donné envie de retenter l’expérience, de manière plus décontractée ! Ce qui me rassure, c’est que je sais que je ferai mieux que l’année dernière.

Quand à la collecte, je suis bluffée par la générosité de mes amis. Je ne pensais pas qu’ils me suivraient sur ce coup-là. Il a suffit que je créé une page de collecte, que j’envoie un mail à eux tous… et que j’attende. Je promets d’inscrire leur noms sur mon tee-shirt pour le jour J !

D’où est venue votre idée ?

J’ai un jour reçu un mail de l’association Enfants du Mékong, qui me connaît bien. Enfants du Mékong est pour moi plus qu’une association. C’est une page de ma vie. Derrière son doux nom qui sent bon l’Asie et ses mystères se cache une incroyable richesse humaine : des yeux sombres et rieurs, des cœurs fondants de joie, des misères humblement portées… ce sont les enfants et les familles soutenus par l’ONG ! Tout comme son équipe de bénévoles, j’ai senti le désir d’aller à leur rencontre. C’est pourquoi, je suis partie une année aux Philippines comme volontaire « bambou » en 2004. Cette joyeuse aventure, simple et quelque fois difficile, est donc la première raison qui m’a inspirée pour courir le fameux Défi du Mékong : continuer à servir l’Asie ! Car on a beau être marraine, il faut se faire violence de temps en temps pour écrire régulièrement à sa filleule. Voilà donc, me suis-je dit, une bonne occasion de compléter mes maigres efforts de fidélité avec ce bon vieux continent…

Quel lien voyez-vous entre évangélisation et humanitaire ?

Quand j’étais à Manille et ses environs, j’ai vite compris que j’étais regardée non seulement comme une volontaire, mais surtout comme une personne à valeur d’exemple. Les philippins sont de fervents catholiques, avec une foi très ancrée dans leur vie quotidienne. Cependant, ils commencent à se laisser influencer par les images que notre société occidentale leur envoie… et se profile à l’horizon une dégradation de la qualité de leur foi. Une volontaire européenne qui prie et qui croit en Dieu est donc le simple témoignage que j’ai pu leur donner. Essayer de les aimer malgré les moments où l’on n’est plus très en forme, être à leur écoute et tenter de passer un peu d’espoir… un petit pas vers l’Espérance.

Pour moi, l’humanitaire sans la foi, c’est un arbre sans fruit. C’est pas mal, mais ça ne suffit pas ! Or les Philippins ont un grand besoin de découvrir plus profondément la relation personnelle à Dieu, car personne ne leur en parle. Enfin, je n’ai pas dit grand chose, ce n’était pas mon travail, alors je me suis juste agenouillée…

Soutenez ma collecte ! 20km.aiderdonner.com/krabida
Aller, un petit dépaysement ! agnes.manille.free.fr

Cet été, bronzez-vous l’âme avec Holy Beach

Holy Beach est une semaine d’évangélisation de plage et de formation proposée pour les 18-30 ans par la pastorale des jeunes du diocèse de Nanterre, avec la participation de Mgr Nicolas Brouwet, évêque auxiliaire.

Les dates :

Holy Beach se déroulera en Bretagne sud, du dimanche 25 juillet 2010 au samedi 31 juillet 2010.

L’invitation :

Que tu t’appelles Pierre, Maxime, Antoine, Cédric, Clément, Guillaume, Arthur, Sébastien, Paul, Stéphane, Anthony ou Geoffroy ; Claire, Clémence, Carine, Anne, Sixtine, Isabelle, Jessica, Camille, Valentine, Virginie, Marie, Pauline, ou autrement…
Que tu habites Paris, Boulogne, ou Nanterre…
Que tu sois étudiant(e) ou jeune pro, entre 18 et 30 ans…
Que tu sois blond(e) ou brun(e)…

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« N’ayez pas peur ! Ayez le courage de vivre l’évangile et l’audace de le proclamer. Pour cela, je vous encourage à avoir les mots qu’il faut pour annoncer Dieu autour de vous », Benoît XVI.

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« Portez la Bonne Nouvelle aux jeunes de votre âge et aussi aux autres. Témoignez de Dieu, car, en tant que jeunes, vous faites pleinement partie de la communauté catholique en vertu de votre baptême et en raison de la commune profession de foi (cf. Eph 4, 5). L’Église vous fait confiance, je tiens à vous le dire ! » C’est le message qu’a adressé Benoît XVI à tous les jeunes de France, lors de sa visite à Paris en septembre 2008.

Evangéliser : « si nous ne le faisons pas, qui le fera ? »

Actuellement et jusqu’au 4 juillet, se déroule la semaine missionnaire de la fraternité d’Adveniat à Ermont (diocèse de Pontoise). Ils sont originaires de tout le 95 et en invitent d’autres à les aider (possibilité de les rejoindre en route !). La responsable missions, Camille Gérard, a donné une interview que nous reprenons ici avec leur aimable autorisation.

Camille, vous êtes responsable de la mission cette année. Pourquoi évangéliser ?

Nous le savons, nous sommes «le sel de la terre», «la lumière du monde». Nous désirons suivre les pas de Jésus, vivre en chrétien et donc vivre dans la charité, l’accueil, le partage. Fort de sa foi, le chrétien est heureux, il est dans la joie de l’Amour sans limite de Dieu. Mais quelle est cette joie si elle n’est pas partagée ?

Chez Adveniat, nous sommes des jeunes, de parcours différents, de milieux différents. Certains sont issus de famille chrétienne, d’autres ont accompli leur cheminement seuls, d’autres ont découvert Jésus il y a peu. Nous avons nos vies, et elles ne sont pas irréprochables. Seulement, Dieu en fait partie et c’est pour Lui que nous voulons changer nos vies, changer notre monde. Nous voulons éduquer nos yeux et notre cœur au non-jugement, éduquer nos yeux et notre cœur à voir en chaque personne le visage de Jésus. Voir le visage de Jésus en toute autre personne nous pousse à lui faire connaître Celui qui peut le sauver et Celui qui l’aime plus que tout. Voilà pourquoi, encouragés par la prière, nous allons dans la rue pour parler à nos frères, nous qui avons «revêtu le Christ» par notre baptême comme le dit Saint Paul dans sa lettre aux Galates.

L’annoncer ! Oui, ce n’est pas toujours évident, il y a déjà nos familles, notre travail, nos amis. Et pourtant est-ce suffisant ? Qui ira annoncer Jésus à ceux qui n’ont aucun chrétien autour d’eux ? Qui ira annoncer Jésus à ceux qui sont seuls ? Qui ira annoncer Jésus à ceux qui ont une autre confession ?

« Qui regarde vers Lui resplendira » permet de faire découvrir à ceux qui ne connaissent pas Dieu ou s’en sont éloignés un Dieu qui s’intéresse à eux, un Dieu qui aime, un Dieu qui écoute, un Dieu qui a une confiance absolue en chacun de nous, un Dieu qui est le Dieu de tous.

Source : d’après le site du diocèse de Pontoise

Pour en savoir plus : le site d’Adveniat

Voir aussi : le profil Facebook « Martine à Adveniat »

Lire aussi : le témoignage de Clotilde sur Facebook : « en évangélisant, j’ai reçu le centuple »

Frère Jean-Claude : « Evangéliser, c’est ce que j’ai toujours désiré le plus dans ma vie »

Le témoignage de Frère Jean-Claude, cofondateur de la communauté de l’Agneau, qui a participé à la mission Adveniat 2009.

Frère Jean-Claude, co-fondateur de la Communauté de l'Agneau, sur les marches de l'église d'Enghien

Frère Jean-Claude, co-fondateur de la Communauté de l'Agneau, sur les marches de l'église d'Enghien

Bien évidemment ce qui m’a le plus marqué dans cette mission d’Enghien-les-Bains ça a été l’évangélisation !
Oui ! Évangéliser ! C’est ce que j’ai toujours désiré le plus dans ma vie. Partager la bonne nouvelle à tous, absolument tous ! Or dans la grande crise qui a frappé l’église et se manifestait déjà dans ma première formation, c’était un soupçon et un doute touchant Jésus lui-même : son historicité, sa divinité, ses miracles, sa résurrection et même sa mort ! Et puis le grand slogan, qui nous venait des marxistes, c’était : « Faisons un monde juste, mettons les hommes debout et de lui-même l’Évangile jaillira ! » Et l’évangélisation était remise à demain ! Et pendant ce temps les églises se vidaient et on se demandait pourquoi ?
Évangéliser c’est annoncer Jésus, son royaume, son bonheur, son amitié, l’amour fou de son père pour chacune de ses créatures ! Pour cela il faut connaître et aimer Jésus, ne faire qu’un avec Lui. Puis Le laisser, Lui, mener les affaires. Et c’est précisément ce que nous avons fait pendant la mission d’Enghien-les-Bains. De longs moments dans la liturgie et l’adoration de jour et de nuit. Le grand contact avec Jésus. Recherchant son amitié, son intimité. Puis nous sortions dans les rues, avec les T-shirts annonçant Jésus, nous efforçant de le laisser Lui, Jésus, agir au milieu de nos peurs et de nos inquiétudes rencontrant et nous adressant à ceux que nous croisions. Petites sœurs, et petits frères de l’agneau privilégiaient les rencontres à l’occasion de la mendicité du pain.

Retrouvez de nombreux témoignages (rencontres poignantes) sur le site d’Adveniat ou en cliquant ici.

Plus d’infos sur la Communauté de l’Agneau.

Fr. Humbrecht : « La foi naît d’une annonce explicite de l’Evangile »

Fr. Thierry-Dominique Humbrecht, o p

Fr. Thierry-Dominique Humbrecht, o p

Fr. Thierry-Dominique Humbrecht est religieux dominicain, docteur en philosophie, du couvent de Bordeaux.  Son dernier ouvrage paru est Lire saint Thomas d’Aquin (nouvelle édition), Ellipses, déc. 2009. Pour lui, l’évangélisation est une urgence, car la foi se transmet et s’enseigne. Un entretien sans concession publié dans le numéro du 10 avril de l’Homme Nouveau, que nous republions ici.

Jean-Baptiste Maillard : En 2006, vous avez écrit un livre intitulé « L’avenir des vocations ». Quel était votre constat ?

Fr. Thierry-Dominique Humbrecht : Que l’on n’osait pas en parler en public, ou sous cape, ou avec trop peu de profondeur et même de courage. Il fallait libérer le discours et, à travers lui, l’analyse des causes, des effets, des problèmes et des solutions.

J.-B. M. : Ce constat a-t-il changé depuis ?

T.-D. H. : Trop peu ! Tout le monde a la trouille : les clercs de ce qui va arriver dans les prochaines années, les laïcs de ce que cela pourrait exiger d’eux. Il y a aussi des résistances, comme l’introduction d’une théologie où le rôle du prêtre est modifié en profondeur, relativisé quant à son pouvoir sacramentel d’agir « dans la personne du Christ », au profit d’une fonction d’animation. Ce qui prélude au remplacement des prêtres par des laïcs. Ce n’est alors plus le sacerdoce catholique.

J.-B. M. : « La foi s’enseigne », disiez-vous : est-ce toujours vrai ?

T.-D. H. : La foi se transmet et s’enseigne. La foi ne se réduit pas à l’expérience qu’on a d’elle. Elle nous est commune, elle n’est pas seulement individuelle, elle se reçoit du Christ, de l’Église, se professe dans le Credo.

J.-B. M. : Comment naît la foi ?

T.-D. H. : D’une annonce explicite de l’Évangile, de la célébration de la liturgie, de la vie sacramentelle, de la charité théologale vécue dans l’Église. Comme depuis le mandat de Jésus à ses Apôtres. À cela s’ajoute la vie chrétienne en famille et la relance de l’école catholique, les deux en péril grave.

J.-B. M. : Quels sont les symptômes d’une crise de la foi ?

T.-D. H. : L’apostasie silencieuse dont parlait Jean-Paul II. On est passé en quarante ans, en France, de 30 à 3% de pratiquants réguliers. En outre, les chrétiens se sont laissés intimider par le laïcisme. Ils n’osent plus vivre en chrétiens dans la sphère publique. La culture a changé de bord, les médias distillent un certain anti-catholicisme, et nous avons laissé la culture chrétienne tirer sa révérence. On parle aujourd’hui d’une « exculturation » des catholiques. Il faut privilégier les métiers de transmission de la culture (professeurs, chercheurs, éducateurs, journalistes, écrivains, artistes), plutôt que ceux seulement lucratifs. Je dis cela pour les garçons, pas seulement pour les filles !

J.-B. M. : Comment y remédier ?

T.-D. H. : La fidélité à l’Église, la prière instante, la formation catéchétique personnelle (lisons le Catéchisme de l’Église Catholique en entier !), un zeste de culture tout court, et l’évangélisation.

J.-B. M. : Que pensez-vous du débat sur la visibilité de l’Église et l’évangélisation ?

T.-D. H. : Dans un monde post-chrétien, rendons l’Église visible. Finissons-en avec la clandestinité.

J.-B. M. : Que diriez-vous à un jeune qui se pose la question de la vocation à la prêtrise ?

T.-D. H. : Aimes-tu le Christ au point de lui donner ta vie, renonçant à la vie de tout le monde, celle que tes parents et tes amis (même chrétiens…) rêvent pour toi ? Aimes-tu l’Église au point de faire ton « métier » de la servir ? Aimes-tu les âmes, que tu veuilles passer ta vie à chercher à les sauver ? Tout cela, au lieu d’une vie chrétienne mariée, celle d’un laïc dont le métier restera profane pendant un demi-siècle, quoi qu’on en dise ? Considérons l’agenda d’une vie.

J.-B. M. : Que pouvez-vous nous dire de votre vie de prêtre ?

T.-D. H. : Comme prêtre, tout tient dans la messe et dans la confession. Comme religieux dominicain, dans la consécration, la vie contemplative, la vie commune, le travail de la théologie et la prédication doctrinale.

J.-B. M. : Avez-vous un souvenir marquant ?

T.-D. H. : Une confession est toujours marquante. Comme me le disait un magistrat, nous, prêtres, avons face à nous un pénitent qui se repent, alors que les juges ont un coupable qui se débat !

J.-B. M. : Les vocations naissent des familles chrétiennes : que faut-il, selon vous, pour être une famille vraiment chrétienne ?

T.-D. H. : Prier, si possible ensemble ; montrer Jésus par des choses à voir, des gestes, une transmission, une parole. C’est simple d’empêcher les enfants de se poser la question d’une vocation consacrée : n’en parler jamais, les enfouir sous les priorités matérialistes, l’ambition, la mondanité et le sexe. L’année du prêtre est une bénédiction pour nos esprits rouillés.

J.-B. M. : Pensez-vous que l’Église de France a réellement emboîté le pas d’une nouvelle évangélisation ?

T.-D. H. : Oui, mais avec beaucoup de retard. Paul VI l’a lancée, en 1975, et Jean-Paul II lui a donné son nom en 1979. Trente ans pour se bouger, c’est deux générations perdues de trop. Les initiatives apostoliques les plus originales sont venues des mouvements spirituels récents plus que des institutions assises et financées.

J.-B. M. : Que manque-t-il à l’Église de France pour évangéliser davantage ?

T.-D. H. : Pour les nouveaux évangélisateurs, une formation spirituelle et théologique. Nous Français, gens de culture, restons anti-intellectualistes pour les choses de la foi, et donc des sous-doués du message, avec une fausse opposition entre intellectuel et spirituel. Manque la conviction d’avoir à s’y mettre de façon continue. Ce courage change une vie.

J.-B. M. : L’évangélisation est-elle un sujet tabou au point qu’on entend encore peu ce terme, au profit de la mission ?

T.-D. H. : La mission est un terme équivalent, dès qu’il s’agit d’être envoyé pour prêcher l’Évangile. Ce qui ne l’est pas, c’est « le levain dans la pâte », le mutisme, le soi-disant exemple qui prétend suffire à la transmission, le dialogue où l’on ne dit rien de constructif. Avec cette chape de silence, on a déchristianisé la France, au moment où, au contraire, sous la pression des idées les plus corrosives, il fallait d’un côté, affronter et, de l’autre, annoncer, dire au nom du Christ. La foi s’annonce ou meurt.

J.-B. M. : Réfléchissons-nous assez aux cibles de notre évangélisation et à la façon dont nous pouvons les toucher ?

T.-D. H. : Pas assez quand on en reste aux schémas mort-nés des années 60. Trop quand on se focalise sur les instruments et non sur la vérité du message, ni sur la vérité de la vie du témoin. Primauté du spirituel ! Il faire tout ce que l’on peut, le faire bien et avec les instruments intellectuels, spirituels et aussi techniques les plus affûtés. Mais la seule vraie question est : qui s’y met ?

Comment évangéliser à la fac ?

Tee-shirt Jesus first in my life

C’est la question du mois, envoyée par Béatrice :

« J’ai 19 ans et j’aimerais beaucoup évangéliser ; en septembre je serai étudiante et  je rentre à l’université. Il n’y aura pas beaucoup de catholiques, alors j’en profiterai pour évangéliser. Mais je suis timide et je ne sais pas comment m’y prendre. Est-ce que j’aborde immédiatement les étudiants en leur disant que je suis catholique, etc. ? Ou je m’habille de telle façon qu’on remarque que suis catho, avec un chapelet autour du poignet ? Comment je peux faire concrètement ? Car j’ai envie de commencer dès le premier jour de la rentrée, car si j’attends je n’évangéliserai pas. »

Notre réponse :

Bravo pour ton désir d’annoncer le Christ. Le mieux, pour apprendre à évangéliser, est de faire un « stage » d’évangélisation avec d’autres jeunes, sur le terrain. Il y a par exemple le Festival Anuncio (19 – 20 août), ou encore l’évangélisation de plages avec la Communauté de Béatitudes (10 – 25 juillet, regarde là). Dans ces camps de jeunes, on est formé à évangéliser : tu apprendras les « bases » de l’évangélisation, tu la pratiqueras en vrai. Forte de cette expérience – qui est aussi une expérience d’Eglise – à ton retour là où Dieu t’a placée, tu arriveras mieux à annoncer son nom, que ce soit à la fac auprès de tes copains mais aussi dans ton entourage plus ou moins proche, auprès de ceux que tu rencontres… Tu peux aussi commencer dès maintenant.

Maintenant, pour répondre plus concrètement à ta question.

  1. Il faut essayer d’avoir un témoignage cohérent entre ce que tu vis et le message annoncé. Pour le vivre, il faut que tu aimes tout azimut.
  2. Effectivement, une médaille bien visible (sans provoquer) peut aider, mais aussi par tes prises de position, en hésitant pas à rendre compte de l’espérance qui est en toi, avec douceur et respect (Cf 1, Pierre 3-15)
  3. Pour annoncer, c’est très simple, il s’agit d’ouvrir les yeux pour repérer les occasions de dire que tu es catho, et plus important encore, que tu as la foi et que tu aimes le Seigneur. C’est le témoignage de ta relation avec Jésus. C’est beaucoup plus important à donner qu’un débat qui peut être sans fin, tu dois le faire passer en priorité.
  4. Sois attentive aux « feux verts », c’est-à-dire quand tes perches sont accueillies favorablement. C’est peut-être le moment pour cette personne de faire un pas de plus, de venir à un groupe de prière, par exemple ? Si le feu est rouge, attend encore pour aller plus loin, laisse toujours l’autre libre et donne-lui du temps.
  5. Prie le Seigneur de te donner des occasions et tu verras qu’elles ne tarderont pas : une conversation entre potes sur la sexualité ou un sujet de société, une sortie qui ne tourne pas comme tu l’espérais, une discussion en tête à tête avec une copine sur sa life qui part en vrille, ou des opportunités comme la Toussaint, Noël, Pâques… Par exemple, si on te demande « que fais-tu à Noël ? », tu peux répondre « je vais la messe de minuit, c’est hyper beau, on fête la naissance de Jésus… » et proposer de t’accompagner avec des amis sympas. Laisse ensuite le Seigneur agir.
  6. Un autre point : évite si tu peux de parler politique, c’est le meilleur moyen de te fâcher avec certains copains ou de les agacer inutilement
  7. Sois toi-même, ne leur dit pas ce qu’ils veulent entendre, mais annonce-leur que Jésus veut les sauver, qu’Il les aime chacun infiniment plus que n’importe qui d’autre (c’est ce qu’on appelle le « kérygme », cf Jn 3,16). Dis-leur personnellement, droit dans les yeux, avec douceur. Demande à l’Esprit Saint de t’éclairer, parle-leur avec tout ton cœur. Dieu fera le reste. Bonne mission !

Vous aussi posez-nous votre question en nous l’envoyant sur anuncioblog@gmail.com.

Evangéliser la culture ?

Culture

Comment peut-on évangéliser la culture, ou plutôt les cultures ? La réponse est donnée dans la fantastique exhortation apostolique de Paul VI sur l’évangélisation dans le monde moderne, Evangelii Nuntiandi, au numéro 20. Avec à la clef, la nécessité de proclamer la Bonne Nouvelle du salut.

Evangélisation des cultures

20. Nous pourrions exprimer tout cela en disant : il importe d’évangéliser — non pas de façon décorative, comme par un vernis superficiel, mais de façon vitale, en profondeur et jusque dans leurs racines — la culture et les cultures de l’homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et spes(1), partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des personnes entre elles et avec Dieu.

L’Evangile, et donc l’évangélisation, ne s’identifient certes pas avec la culture, et sont indépendants à l’égard de toutes les cultures. Et pourtant le Règne que l’Evangile annonce est vécu par des hommes profondément liés à une culture, et la construction du Royaume ne peut pas ne pas emprunter des éléments de la culture et des cultures humaines. Indépendants à l’égard des cultures, Evangile et évangélisation ne sont pas nécessairement incompatibles avec elles, mais capables de les imprégner toutes sans s’asservir à aucune.

La rupture entre Evangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d’une généreuse évangélisation de la culture, plus exactement des cultures. Elles doivent être régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle. Mais cet impact ne se produira pas si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée.

(1) Cf. n. 53 : AAS 58 (1966), p 1075.

Source : Evangelii Nuntiandi

Evangéliser les musulmans, selon Charles de Foucauld

Bienheureux Charles de Foucauld

Bienheureux Charles de Foucauld

Voici une lettre de Charles de Foucauld adressée en 1907 à René Bazin, de l’Académie française. Parlant du risque d’un empire africain musulman indépendant, il explique comment pratiquer l’évangélisation des musulmans dans ces pays : « tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime. » Extrait.

« Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l’Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l’esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l’étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d’autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu’elle a avec les Français (représentants de l’autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d’elle. Le sentiment national ou barbaresque s’exaltera dans l’élite instruite : quand elle en trouvera l’occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l’islam comme d’un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.
L’empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d’habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d’habitants rompus au maniement de nos armes, dont l’élite aura reçu l’instruction dans nos écoles. Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens.
Il ne s’agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s’y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l’un, celui du medhi, il n’y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu’à l’approche du jugement dernier le medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l’islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve;  » l’oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s’il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération « , disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu’aux Allemands, parce qu’ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d’honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du medhi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d’un peuple étranger qu’on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d’apostasie, un renoncement à la foi du medhi… »

Charles de Foucauld

(Merci à JM)